bataille avoecques les aultres. Fº 414.--_Les mss. A 18, 19 ajoutent_:
contre Trente. Fº 176 vº.
P. 70, l. 8: li mieudres.--_Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33_; le
meilleur combatant. Fº 172.--_Mss. A 8 à 10, 15 à 17_: le mendre. Fº
152.--_Ms. B 3_: le meilleur. Fº 152.
P. 70, l. 16: trois cens.--_Mss. A 1 à 6_: trois mille. Fº 172
vº.--_Ms. B 3_: quatre cens. Fº 152.
P. 70, l. 19: trebucha.--_Ms. B 6_: Sy se brisa le dit Crokars le
hateriel. Fº 414.
P. 70, l. 21: ensi.--_Ms. B 6_: Sy brigans monteplyèrent puissedy tant
que maint damaige en avint en pluiseurs marches par le royalme de
Franche. Fº 414.
§ =317=. P. 70, l. 22: En ce temps.--_Ms. d’Amiens_: Celle trieuwe fu
assés bien tenue, mais il avint en celle année que messires Joffrois
de Cargny, qui se tenoit à Saint Omer et à qui durement anuioit, et à
aucuns chevaliers de Picardie, de le prise de Callais, tretièrent tant
deviers monseigneur Ainmeri de Pavie, un chevalier lombart, cappittaine
de Callais, que pour argent il leur eut en couvent de rendre et livrer
Callais, à un certain jour qui mis y fu, parmy vingt mil escus qu’il en
devoient paiier. Or avint que li roys d’Engleterre seut ce markiet, je
ne say comment, et manda à Londrez monseigneur Ainmeri et l’espoenta
bien. Touttesfois, finablement, il li dist qu’il poursieuvist son
marchiet et qu’il seroit à le journée, et parmy tant il li pardonroit
tout son fourfet. Messires Ainmeri, qui cuida bien estre mors, li eut
en couvent et vint de recief à Callais. Fº 98.
--_Ms. de Rome_: Or retournons à la matère dont je parloie, qant je
conmençai à parler de Bacon et de Crokart. Vous devés sçavoir que en la
ville de Saint Omer se tenoit uns moult vaillans chevaliers françois,
liquels se noumoit mesires Joffrois de Cargni, et croi que il soit as
armes Campegnois. Chils mesires Joffrois estoit en coer trop grandement
courouchiés de la prise et dou conquès de la ville et dou chastiel
de Calais, que les Englois tenoient, et metoit toutes ses ententes et
imaginations au regarder conment il le peuist ravoir, et sentoit pour
ce temps un chapitainne en Calais, qui n’estoit pas trop haus homs, ne
de l’estration d’Engleterre. Si se avisa mesires Joffroy de Carni que
il feroit asaiier au dit chapitainne, qui se nonmoit mesires Ainmeris
de Pavie, se pour argent pronmetre et donner, il poroit marceander à
lui par quoi il peuist avoir Calais. Et se enclina en ceste pensée
le plus, pour tant que mesires Ainmeris estoit Lombars et de nation
estragne; car se il fust Englois ou Hainnuiers, il ne se fust jamais
avanchiés de faire ce que il fist. Et envoia secretement tretier
deviers cel mesire Ainmeri par un Lombart demorant [à Paris] qui se
disoit son cousin.
Ainmeris entendi à ces trettiés et se dissimula trop fort, ensi que il
apparu, car il fist entendant à ce Lombart parisiien que on nonmoit
Ambrosin, que il renderoit Calais as François pour vint mille esqus,
car il estoit tanés de servir le roi d’Engleterre et voloit retourner
en son pais. Et tout che que il disoit, estoit bourde, car jamais ne
l’euist fait; et bien le creoient de ses paroles Ambrosins et mesires
Joffrois. Et furent les coses si aprochies que jours mis et asis que de
rendre et livrer as François le chastiel de Calais, et par le chastiel
on enteroit en la ville. Et de ce se tenoient tout à segur et à
conforté mesires Joffrois et ses consauls. Et s’en vint li dis mesires
Joffrois de Carni à Paris, et remostra ce marchiet et ce trettiet as
plus proçains dou roi. Li auqun le voloient croire et li aultre non; et
disoient que ce estoit une barterie couverte, et que jamais pour vint
mille esqus, on ne retourneroit à avoir Calais. Li aultre disoient,
qui desiroient à veoir le marchiet acompli, que si poroit bien faire.
Mesires Joffrois afremoit les coses si acertes que il en fu creus. Et
furent ºrdonné et delivré par le tresorier de France li vint mille
esqus; et furent envoiiet et aporté en l’abeie de Saint Bertin à Saint
Omer. Messires Joffrois de Cargni fist une semonse et priière secrète
de gens d’armes en Artois, en Boulenois et là environ; et ne sçavoient
nuls encores pour où c’estoit à aler.
Entrues que mesires Joffrois de Cargni entendoit de grant desir et
volenté au procurer ses besongnes, mesires Ainmeris de Pavie, d’autre
costé, qui les voloit decevoir, monta en mer et vint en Angleterre.
Et trouva le roi à Eltem, et li remostra toute la besongne, conment
elle aloit et demenée elle estoit. Li rois entendi à ces paroles, qui
fu moult esmervilliés de ce, et pensa sus un petit. Et apella mesire
Gautier de Mauni qui pour ces jours estoit dalés li, et fist à mesire
Ainmeri de Pavie recorder toute la marceandise, conment elle aloit; et
en demanda consel, quel cose en estoit bonne à faire. Mesires Gautiers
en respondi son entente et dist: «Sire, li François folient et abusent
trop grandement, qui, en bonnes trieuves jurées et données, marceandent
de vous trahir, et voellent avoir la ville et le chastiel qui tant vous
ont cousté: il ne fait point à souffrir. Vous m’avés demandé consel et
je vous consillerai. Vous envoierés là à Calais des bonnes gens d’armes
assés et par raison, pour resister à l’encontre des François, et dirés
à Ainmeri que il procède avant en son marchié, et bien se garde que
de son lés il n’i ait fraude ne traison, car vous vos estes confiiés
en li et vous confiierés encores.»--«Gautier, respondi li rois, vous
dites bien, et je le ferai ensi et vous institue à estre souverains
de celle armée. Traiiés vous viers Douvres et celle marce là, et je
vous envoierai gens assés.» Mesires Gautiers de Mauni respondi au
roi: «Sire, je le ferai volentiers.» Puis appella li rois Ainmeri de
Pavie et li dist à part: «Je voel, dist li rois, que tu poursieves
ton marchiet. Gautiers de Mauni retournera avoecques toi, et de tout
ce que il te conselle, uses apriès son consel.» Il respondi et dist:
«Volentiers.» Fºs 146 vº et 147.
P. 70, l. 22: En ce temps.--_Ms. B 6_: en l’an de grace mil trois cens
quarante huit. Fº 414.
P. 70, l. 26: touchans.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 19 ajoutent_: fait d’armes.
Fº 172 vº.--_Ms. B 3_: le fait d’armes. Fº 152.
P. 71, l. 10: convoiteus.--_Ms. B 3_: ambicieux. Fº 152.
P. 72, l. 2: part.--_Ms. A 29_: et lui demanda des nouvelles de
Callais: «Chier, sire, respondit le Lombart, je n’y sache que tout
bien.» Adonc il le traict à part, si lui dit: «Tu sçais que pour la
grant fiance que j’ay eu en toy, je t’avoye donné en garde.»
P. 72, l. 3: la riens.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 22 et B 3_: la chose. Fº
173.--_Ms. A 7_: la rien. Fº 162 vº.
P. 72, l. 23: se Diex me vaille.--_Mss. A 1 à 22_: se Dieu me vueille
aidier. Fº 173.
P. 73, l. 4: empensé.--_Mss. A 15 à 17, 20 à 22_: en pensée. Fº
170.--_Ms. B 3_: pensoit. Fº 152 vº.
P. 73, l. 13: monseigneur de Fiennes.--_Mss. A 1 à 6_: messire Morel de
Fiennes. Fº 173.
P. 73, l. 14: Ribeumont.--_Mss. A 20 à 22_: Ribeaumont. Fº 243 vº.
P. 73, l. 15: Kreki.--_Mss. A 20 à 22_: Creci.
P. 73, l. 15: Were.--_Mss. A 20 à 22_: Ware.
P. 73, l. 16: dou Bos.--_Mss. A 7 à 17_: du Boys. Fº 163.
P. 73, l. 24: par nuit.--_Ce mots manquent dans les mss. A 1 à 6, 8 à
14._--_Ms. B 3_: à ce jour, de nuyt. Fº 152 vº.
§ =318=. P. 73, l. 27: Quant li rois.--_Ms. d’Amiens_: Li roys
d’Engleterre ne mist mies en oubli ce que faire volloit, mès se bouta
à mil hommez d’armes de nuit secretement en le ville de Callais. Au
jour que li dis messire Ainmeris dubt delivrer le ville de Callais,
y vinrent messires Joffroix de Cargny, messires Moraux de Fiennez,
messires Jehans de Landas, messires Ustasses de Ribeumont, messires
Pepins de Were, messires Henris dou Bos, li sirez de Kikempoi et
pluisseurs autres d’Artois, de Vermendois et de Picardie, et fissent
ung secret mandement. Si furent mis en le ville de Callais de nuit.
Dont saillirent li Englès hors et envaïrent les Franchois, et les
reboutèrent hors de la ville. Et là eut grant bataille et crueuse, car
li Franchois se requeillièrent, qui estoient grant fuisson. Fº 98.
--_Ms. de Rome_: Adonc se departirent dou roi d’Engleterre mesires
Ainmeris et mesires Gautiers et vinrent à Douvres, et là passèrent la
mer et vinrent sus un tart à Calais. Depuis envoia li rois d’Engleterre
gens d’armes et archiers d’Exsesses et de Sousexses et de la conté
de Kent viers Douvres et viers Zandvich, et passèrent petit à petit
la mer et se boutèrent couvertement à Calais et tant que la ville en
fu bien pourveue. Et droit sus le point dou darrain jour, de quoi à
l’endemain li marchiés devoit estre livrés à l’entente des François,
li rois d’Engleterre en prope personne vint à Calais, non congneus de
plenté de gens: de quoi mesires Gautiers de Mauni fu moult esmervilliés
qant il le vei; nequedent il se fissent bonne chière. Et dist li rois:
«Gautier, je voel veoir et connoistre quels gens vendront pour moi
tolir Calais, que je ai tant comparet. Je le voel aidier à deffendre et
à garder; mais je me meterai desous vostre pennon, ensi conme uns de
vostres chevaliers, ne je ne voel pas que toutes mes gens sachent que
je soie ichi venus maintenant pour tèle cose.»--«Sire, respondi mesires
Gautiers, vous avés raison. Or en ordonnés à vostre ordenance, car bien
me plaist.»
Moult des gens le roi d’Engleterre ne sçavoient pour quoi il estoient
venu et furent bouté en cambres et en celiers ens ou chastiel; et
cheuls liquel estoient en la ville, se tinrent tous qois en lors
hostels. Et leur fu dit: «Ne vous bougiés de chi, tant que vous auerés
aultres nouvelles.» Tout se acordèrent à l’ordenance que on les volt
metre.
Ceste besongne estoit poursievoite moult aigrement et couvertement de
mesire Joffroi de Carni, et ne quidoit point fallir à ravoir Calais;
si fort se confioit il ens ès paroles et convenances de mesire Ainmeri
de Pavie, et avoit segnefiiet à pluisseurs bons chevaliers et esquiers
d’Artois, de Boulenois et de Piqardie, à tels que à mesire Jehan de
Landas, à mesire Ustasse de Ribeumont, à mesire Pepin de Were, au
visconte des Qènes, au chastelain de Biauvais, au signeur de Creqi,
au signeur de Cresèques, au signeur de Brimeu, au signeur de Santi,
au signeur de Fransures et à moult d’aultres. Et qant il furent venu
en l’abeie de Liques, il dist as capitainnes de l’ordenance de la
marceandise que il avoit à cel Ainmeri de Pavie. Li auqun supposoient
assés que Ainmeris, pour tant que il estoit Lombars, prenderoit les
deniers et renderoit le chastiel de Calais, et se il avoient le
chastiel, il aueroient la ville. Et li aultre creoient mieuls le
contraire que le fait, et doubtoient fort traison; et chil qui estoient
de celle opinion, se tenoient tous jours derière.
Mesires Jofrois de Carni, liquels avoit fait son amas de gens d’armes
et d’arbalestriers, remist, sus un ajournement qui fu le nuit de l’an
mil trois cens quarante huit, toutes ces gens d’armes ensamble et
aproça Calais; et cevauchièrent de nuit et vinrent sus un ajournement
assés priès de Calais, ensi que devisé se portoit. Et envoia li dis
mesires Jofrois de Cargni deus de ses varlès devant, pour parler à
mesire Ainmeri et pour sçavoir le couvenant de Calais. Li varlet
trouvèrent à la porte dou chastiel, à celle qui oevre sus la mer,
mesire Ainmeri, et leur dist: «Oil. Faites les traire avant.» Li varlet
retournèrent et recordèrent toutes ces paroles à mesire Joffroi qui de
ce fu grandement resjoïs, et dist as chevaliers qui là estoient dalés
li: «Calais est nostre. Sievés me tout le pas, car je m’en vois prendre
la sasine dou chastiel.» Il le fissent et estoient bien euls cinq cens
en une brousse, sans les arbalestriers qui venoient derrière. Adonc se
ravisa mesires Jofrois et dist à mesire Oudart de Renti liquels estoit
dalés li: «Oudart, prenés les florins; portés les. Vous ferés le
paiement. Je voel entrer en Calais par la porte toute ºuverte. Je n’i
enterai jà par le guichet, ne moi, ne ma banière.»
Mesires Oudars de Renti s’i acorda et prist les florins qui estoient en
deus bouges et les fist encargier par ses varlès; et vint deviers le
chastiel et trouva le guichet de la porte ouvert, et mesire Ainmeri à
l’entrée. Et entrèrent tout chil qui entrer vorrent adonc, et chil qui
ordonné estoient de aler pour prendre la sasine dou chastiel. Si tos
que il furent tout entré dedens, mesires Aimmeris fist reclore et barer
le guicet: de quoi mesires Oudars de Rend li dist: «Pourqoi serrés vous
le guichet? il apertient que il soit ouvers. Si enteront nostres gens
dedens.» Donc dist mesires Ainmeris: «Il n’i enteront meshui fors que
par la porte toute ouverte, et tantos le sera, mais que je aie recheu
les deniers que je doi avoir. Vous estes gens assés.» Et puis dist par
couvreture: «Vous veés bien que vous estes signeur dou chastiel.»
Mesires Oudars de Renti s’apaisa de ceste parole et sievi mesire
Ainmeri; et aussi fissent tout li aultre, et trouvèrent le pont dou
castel avalé et la porte ouverte. Il passèrent sus et oultre, et ne
veirent pas samblant, ne oïrent honme ne fenme. Mesires Ainmeris enmena
mesire Oudart de Renti en la chambre dou portier, à l’entrée de la
porte, et li dist: «Metés ichi les deniers.» Mesires Oudars de Renti
le fist à sa resqueste. Il furent mis sus une table. Et dist messires
Ainmeris: «I sont il tout?»--«Oil, par ma foi, dist mesires Oudars.
Mesires Jofrois de Cargni le mes a ensi fait prendre.»--«Je vous en
croi bien, dist messires Ainmeris. Or vous tenés ichi un petit, je
voi querir les clefs des portes de la ville, car je les fis her soir
toutes aporter ichi dedens.» Mesires Oudars de Renti le crei bien
de ceste parole. Mesires Ainmeris entra dedens une salle qui estoit
toute plainne de gens d’armes. Si tretos que elle fu ouverte, tout à
une fois il sallirent hors, et ausi chil de la grose tour, où li rois
d’Engleterre estoit. En mesire Oudars de Renti et en ses gens qui là
estoient venu, n’ot point de deffense, car il furent pris as mains et
tout boutés en tours et en prisons.
Je vous dirai que mesires Ainmeris de Pavie avoit fait pour resjoïr
les François. Il avoit bouté hors dou chastiel les banières dou roi
de France; mais si tretos que ceste aventure fu avenue que pris chil
qui estoient alé devant pour saisir le chastiel, il osta ces banières
et mist cestes dou roi d’Engleterre. Il estoit encores moult matin,
environ solel levant.
Qant li François, qui estoient sus le sabelon devant Calais, veirent ce
couvenant, il congneurent tantos que il estoient trahi. Mesires Jofrois
de Carni, qui grant desir avoit d’entrer ens ou chastiel et liquels
estoit avoecques ses gens et desous banière, regarde viers une porte
et le voit ouvrir, et issir à brousse grant fuisson de gens d’armes et
d’archiers et venant le bon pas sur euls, et dist à mesire Ustase de
Ribeumont et à mesire Jehan de Landas qui n’estoient pas trop lonch de
li: «Signeur et compagnon, nous sonmes trahi. Chils faus Lombars m’a
deceu, et je vous ai bouté en ce dangier, ce poise moi, se amender le
pooie; et puisque combatre nous fault, moustrons que nous sonmes gens
de volenté et de deffense.»--«Sire, respondirent il, c’est bien nostre
intention.» Lors se missent ces trois banères ensamble et requellièrent
lors gens par bonne ordenance et apuignièrent les glaves et moustrèrent
visage.
Evous les Englois venus, le pennon mesire Gautier de Mauni tout
devant, et le roi d’Engleterre desous celi; et savoient trop petit de
gens de son costé que li rois fust là. Les Englois avoient retailliet
lors lances jusques à cinq piés de lonc et s’en vinrent le bon pas
et entrèrent en ces François et conmenchièrent à pousser, et les
François à euls. Et là ot très fort pousseis avant que il peuissent
entrer l’un dedans l’autre; et trop bien se tinrent en estat sans
perdre ne gaegnier terre, une longe espasse. Li François estoient là
grant fuisson, et se tout euissent moustré corage et deffense, ensi
que li troi chevalier desus nonmet fissent, il euissent espoir mieuls
besongniet que il ne fissent; car [qant] chil qui estoient derrière et
qui recranment traioient avant, entendirent que il estoient trahi et
que lors gens se combatoient, il se missent grant fuisson au retour. Et
chil qui voloient aler avant ne pooient, car il estoient sus un cemin
destroit que il ne pooient dou plus aler ou cevauchier que euls quatre
de front. Se les couvenoit requler avoecques les esbahis et les fuians,
vosissent ou non. Et auquns vaillans hommes, qant il se trouvèrent au
large sus les camps, et bien savoient que mesires Joffrois de Carni,
mesires Ustasses de Ribeumont et mesires Jehans de Landas estoient
devant, s’arestoient et atendoient là l’un l’autre et disoient, tels
que mesires Pepins de Were, mesires Henris de Qreqi, li sires de Reli:
«Se nous en alons sans nostres chapitainnes qui sont encores derrière
et qui se conbatent, nous sonmes deshonnouret à tous jours mès.» Et par
la parole et monitions des bons et vaillans honmes s’en requellièrent
plus de sept cens qui tout voloient tourner les dos. Or parlerons dou
pouseis et de la bataille qui fu devant Calais. Fºs 147 à 148 vº.
P. 74, l. 7: trois cens.--_Mss. A 15 à 17_: quatre cens. Fº 170 vº.
P. 74, l. 24: Calais.--_Ms. B 6_: à tout grant bachelerie et grant
foison de gens d’armes et bien dix mille hommes de piet. Fº 417.
P. 74, l. 26 et 27: à priès de mienuit.--_Mss. A 1 à 14, 18, 19 et B
3, 4_: après mienuit. Fº 173 vº.--_Mss. A 15 à 17_: après la mienuit.
Fº 170 vº.--_Mss. A 20 à 22, 30 à 33_: environ heure de mynuit. Fº
244.--_Mss. A 23 à 29_: environ mynuit. Fº 188.
P. 74, l. 27: vint.--_Ms. A 29_: à une lieue.
P. 76, l. 4: sach.--_Ms. A 29 ajoute_: de cuir.
P. 76, l. 14: veriel.--_Mss. A 1 à 6_: verroil. Fº 174.--_Mss. A 8 à
10, 15 à 19, 23 à 33_: verroul. Fº 153 vº.--_Mss. A 7, 11 à 14, 20 à
22_: verrouil. Fº 164.--_Ms. B 3_: verroux. Fº 153 vº.--_Ms. B 4_:
verueil. Fº 143 vº.
P. 77, l. 8 et 9: as chevaliers.--_Ms. B 3_: aux archiers. Fº 153 vº.
P. 77, l. 12: Were.--_Mss. A 11 à 14, 20 à 22_: Wastre. Fº 162.--_Mss.
A 18, 19_: Wasère. Fº 178 vº.--_Mss. A 23 à 29_: Ware. Fº 189.--_Ms. B
3_: la Were. Fº 153 vº.
P. 77, l. 12: sont.--_Ms. A 29_: par usage, gens subtils, avaricieux et
pleins de grand malice.
P. 77, l. 17: evous.--_Mss. A 1 à 6, 11 à 14_: veez ci venir. Fº
174.--_Mss. A 15 à 17_: atant va venir. Fº 171.--_Mss. A 20 à 22_: veés
vous yci venir. Fº 245.
P. 77, l. 19: Akesufforch.--_Ms. B 3_: d’Aque. Fº 153 vº.--_Ms. B 4_:
d’Eskesuforch. Fº 144.
P. 78, l. 8: par saint Jorge.--_Mss. A 18 à 22_: par saint Denis. Fº
178 vº.
P. 78, l. 9: mal dehait ait.--_Mss. A 15 à 22_: mal ait. Fº 171
vº.--_Ms. B 3_: maudit soit. Fº 154.
P. 78, l. 14: tout quoi.--_Mss. A 1 à 22_: tantost. Fº 174 vº.--_Ms. B
3_: tout court. Fº 154.
P. 78, l. 20: fait.--_Ms. B 6_: Et yssy le roy par le porte et tous
les aultres après, et coururent vistement sus messire Joffroy et ses
gens d’armes, dont il y avoit grant foison de Picardie, d’Artois et de
Boulenois avecq messire Joffroy, telz que le seigneur de Fiènes, le
seigneur de Cresecke, le seigneur de Bassentin, le seigneur de Jocourt,
le seigneur de Creky, monseigneur Ustasse de Ribemont, monseigneur
Henry du Bois, messire Pepin de Werre, monseigneur Jehan de Landas,
messire Oudart de Renty et pluiseurs autres. Quant chil seigneur
perchurent qu’il estoient decheu et trahis, sy furent tous esbahis et
se retrairent che qu’il peurent. Et se recuellèrent les aucuns, et ly
aucuns montèrent sur leurs chevaulx et s’en partirent le plus tost
qu’il porent. Là eult dure mellée et grant hustin, car les Englès, gens
d’armes et archiers, qui s’estoient enbuschiet en ches murailles et
en ces maisons de Calais, sallirent hors vistement si trestost qu’il
oïrent sonner ung cors, qui leur estoit signe de envaïr ches Franchois,
et les envaïrent moult radement. Et ches chevaliers de Franche
entendoient à yaulx deffendre; mais les Englès recullèrent les gens de
piet jusques à une grose rivière qui queurt au quart d’une lieue ou pau
mains desous Callais. Et là y eult grant foison de noiiés et de mors
sur le rivière et sur le rivaige entre Calais [et] la rivière.
Tant s’ensonnièrent ly chevaliers et escuiers, d’un costé et d’aultre,
que le jour vint et qu’il commenchièrent à recongnoistre l’un l’autre.
Sy se requellèrent avoecques monseigneur Godeffroy de Cargny aulcun bon
chevalier quy envis s’enfuioient sans luy, telz que messire Ustasses
de Ribemont, messire Jehan de Landas, messire Pepins de Werre, messire
Gavain de Bailleul, messire Henry du Bos, le sire de Creky, messire
Oudart de Renty et pluiseurs autres. Fºs 418 et 419.
P. 79, l. 3: Kresekes.--_Mss. A 1 à 6 et B 3_: Cresques. Fº 174
vº.--_Ms. A 7_: Krekes. Fº 164 vº.
P. 79, l. 13: Saintpi.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 14, 18, 19_: Cempy. Fº
175.--_Mss. A 23 à 33 et B 3, 4_: Sempy. Fº 189 vº.
P. 79, l. 13: Loncvillers.--_Mss. A 1 à 6, 8 à 14, 18, 19_:
Longvillier. Fº 175.--_Ms. A 7_: Lonchvileis. Fº 164 vº.--_Ms. B 3_:
Loncvilliers. Fº 154.--_Mss. A 23 à 33_: Lonchimberth. Fº 189 vº.
P. 79, l. 14: Maunier.--_Mss. A 15 à 17_: Maumer. Fº 171 vº.--_Ms. B
3_: Nannier. Fº 154.
§ =319=. P. 79, l. 22: Nous parlerons.--_Ms. d’Amiens_: Et se combati
ce jour li roys d’Engleterre desoubs le bannière messire Gautier de
Mauny. Et y fu très bons chevaliers, dou costet des Franchois, messires
Ustassez de Ribeumont. Touttezfois, li Franchois furent tout desconfi,
tout mort et tout pris, et rammené au soir en le ville de Callais. Fº
98 vº.
--_Ms. de Rome_: Bien moustra là li gentis rois Edouwars que il avoit
grant desir de conbatre et amour as armes, qant il s’estoit mis en
tel parti et tant humeliiés que desous le pennon mesire Gautier de
Mauni, son chevalier. Et s’en vint li rois conbatre main à main à
mesire Ustasse de Ribeumont, et escremirent de lors espées et jettèrent
pluisseurs cops l’un sus l’autre, une longe espace; car tout doi en
savoient bien jeuer et escremir, et mieuls assés li rois d’Engleterre
et de plus soutieus tours ne fesist li dis messire Ustasse, car il
l’avoit apris d’enfanche. Mesires Ustasses ne savoit à qui il se
conbatoit; mais li rois le sçavoit bien, car il le recongnissoit par
ses armes. Et li rois estoit armés simplement ensi que uns aultres
chevaliers; et toutes fois il estoit gardés d’auquns chevaliers et
esquiers qui là estoient ordonné pour son corps, à la fin que il ne
fust trop avant sourquis. Tant issirent de gens d’armes de Calais que
li François, qui là estoient sus le sabelon et requlé en la place où
l’anée devant li rois d’Engleterre avoit mis son siège, ne porent
souffrir celle painne; et en i ot grant fuisson de mors et de pris,
et par especial li troi chevalier là demorèrent. Et prist li rois
d’Engleterre mesire Ustasse de Ribeumont, et se rendi à lui et le
fiança: de quoi li dis chevaliers fu moult resjoïs depuis, qant il
sceut que li rois d’Engleterre l’avoit combatu et pris à prisonnier. Là
furent pris mesires Jofrois de Carni et mesires Jehans de Landas, et
trop petit se sauvèrent de ces premiers.
Adonc montèrent pluisseurs Englois as chevaus que il avoient tous
apparilliés, et passèrent delivrement la rivière, les auquns à gué, car
elle estoit basse, et les aultres au pont, et se missent en cace et sus
les camps apriès les François; et là trouvèrent il les bons chevaliers
entre Hames et Calais, tels que mesire Henri dou Bois, mesire Pepin de
Were, le signeur de Qreqi, le signeur de Reli, le signeur de Brimeu,
le signeur de Fransures et pluissieurs aultres qui moustrèrent visage
et deffense moult vaillanment. Et descendirent les auquns à piet pour
mieuls combatre; car pour ce jour et pour ce que il faisoit grant
relin, les terres estoient si molles que ceval ne s’en pooient ravoir.
Et fu là uns pousseis et uns esteqeis moult grans et bien soustenus
et vaillanment des François, mais finablement il les couvint perdre;
car lors honmes se esclarcisoient toutdis et les Englois mouteplioient.
Là furent mort, dont ce fu damages, mesires Pepins de Were et mesires
Henris dou Bois, et pris, li sires de Qreqi et li sires de Reli. Et
se sauvèrent par estre bien montés mesires Moriauls de Fiennes, li
sires de Cresèqes, li sires de Santi, li viscontes des Qènes, li
chastelains de Biauvais et li sires de Fransures et moult d’aultres,
et s’en alèrent bouter ens ès forterèces proçainnes; et les Englois
retournèrent et n’alèrent plus avant.
Ceste besongne avint droitement le nuit de l’an mil trois cens quarante
huit; et en fu grant nouvelle en France et en Engleterre, pour tant que
li rois d’Engleterre i avoit esté. Fºs 148 vº et 149.