[50] Ce curieux passage ne se trouve que dans la rédaction d

Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par

le typographe ont été corrigées. L'orthographe d'origine a été

conservée. Les numéros des pages blanches n'ont pas été repris.

Le texte imprimé en gras ou en italiques dans l'original est

représenté =en gras= ou _en italiques_.

Certaines abréviations ne sont pas courantes: rº et vº se lisent

recto et verso respectivement, Fº ou fº Folio ou folio, Fºs se lit

Folios; ch{er} représente une abréviation de «chevalier», avec «er»

en exposant.

Les notes de bas de page ont été renumérotées et placées

directement sous le paragraphe concerné.

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

9924.--PARIS, TYPOGRAPHIE LAHURE

Rue de Fleurus, 9

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

PUBLIÉES POUR LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE

PAR SIMÉON LUCE

TOME QUATRIÈME

1346-1356

(DEPUIS LE SIÉGE DE CALAIS JUSQU’À LA PRISE DE BRETEUIL ET AUX

PRÉLIMINAIRES DE LA BATAILLE DE POITIERS)

[Logo: SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE]

A PARIS

CHEZ Mme Ve JULES RENOUARD

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE

RUE DE TOURNON, Nº 6

M DCCC LXXIII

Nº 164.

EXTRAIT DU RÈGLEMENT.

ART. 14. Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et choisit

les personnes les plus capables d’en préparer et d’en suivre la

publication.

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire responsable

chargé d’en surveiller l’exécution.

Le nom de l’Éditeur sera placé en tête de chaque volume.

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans

l’autorisation du Conseil, et s’il n’est accompagné d’une déclaration

du Commissaire responsable, portant que le travail lui a paru mériter

d’être publié.

_Le Commissaire responsable soussigné déclare que le tome IV de

l’Édition des_ CHRONIQUES DE J. FROISSART, _préparée par_ M. SIMÉON

LUCE, _lui a paru digne d’être publié par la_ SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE

FRANCE.

_Fait à Paris, le 7 novembre 1872._

_Signé_: L. DELISLE.

_Certifié_,

Le Secrétaire de la Société de l’Histoire de France,

J. DESNOYERS.

SOMMAIRE

CHAPITRE LXI.

INVESTISSEMENT ET SIÉGE DE CALAIS; PREMIÈRE PÉRIODE: DU 3 AOÛT A LA

FIN DE DÉCEMBRE 1346[1] (§§ 288 à 291).

[1] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. LXXIII et LXXIV,

p. 95 à 103.

Édouard III investit Calais[2], dont la garnison, composée surtout

de chevaliers de l’Artois, a pour capitaine Jean de Vienne, d’une

famille de Bourgogne[3]. Entre les remparts, la rivière[4] et le pont

de Nieuley[5], le roi anglais fait construire une véritable ville

pour y loger son armée. Le plan des assiégeants est d’affamer cette

place qu’ils n’espèrent point prendre d’assaut. Jean de Vienne, de

son côté, donne l’ordre de sortir à tous ceux des habitants de Calais

qui ne sont point suffisamment approvisionnés pour un long siége; le

roi d’Angleterre laisse passer généreusement ces malheureux à travers

son armée après les avoir fait manger et leur avoir distribué quelque

argent. P. 1 à 3, 201 à 205.

[2] D’après Michel de Northburgh, chapelain et confesseur

d’Édouard III, qui accompagnait ce prince dans l’expédition de

1346, les Anglais arrivèrent devant Calais le 2 septembre 1346.

(_Hist. Ed. III_, par Robert de Avesbury, p. 140 et 141.) Ainsi

le roi d’Angleterre mit le siége devant cette place forte une

semaine seulement après sa victoire de Crécy. On nous permettra

de citer ici une pièce d’une importance capitale, relative à

l’incident le plus décisif de cette dernière bataille, que nous

avons connue postérieurement à la publication du troisième volume

de notre édition. En novembre 1375, des lettres de rémission

furent octroyées à Pierre Coquet, âgé de cinquante ans, de

l’Étoile (Somme, arr. Amiens, c. Picquigny), «_du fait de la mort

des Geneuoiz_ et autres estrangiers qui, après la desordenance

qui fu sur la rivière de Somme quant Edwart d’Angleterre nostre

adversaire et ses alliez passèrent la Blanche Tache, et au retour

du conflict de la bataille de Crecy, _trente ans a_ ou environ,

avint _en plusieurs lieux_ ou pais de Picardie, POUR CE QUE

RENOMMÉE ET VOIX PUBLIQUE COUROIT QUE YCEULX GENEUOIS ET

ESTRANGIERS AVOIENT TRAY LE ROY PHELIPPE NOSTRE AYEUL, que

Dieu absoille, nostre dit ayeul fesist dès lors general remission

et abolicion.... de ce que ou temps dessus dit _ot aucuns des diz

Geneuoys ou autres estrangiers occis, en la ville de l’Estoille

sur la dite rivière de Somme, à une lieue de Lonc en Pontieu

ou environ où il demouroit et encore demoure, par les habitanz

d’icelle_. (Arch. nat., sect. hist., JJ107, fº 150, p. 310.)

[3] D’après la plupart des manuscrits de Froissart, Jean de

Vienne aurait appartenu à une famille de Champagne; mais c’est

une erreur: le défenseur de Calais descendait d’une des plus

illustres familles de Bourgogne. Jean de Vienne, de la branche

des seigneurs de Pagny et de Seignelay, l’un des quatre fils de

Jean de Vienne et de Jeanne de Genève, seigneur de Pollans et de

Rothelanges, reçut le 14 novembre 1338 une pension sur le trésor

royal de cent livres portée à trois cents le 17 septembre 1340 et

à six cents en 1348; il mourut à Paris le 4 août 1361 (Anselme,

_hist. généal._, t. VII, p. 806). Il faut bien se garder de

confondre le héros du siége de Calais avec Jean de Vienne, amiral

de France sous Charles V, de la branche des seigneurs de Rollans,

de Clairvaux et de Listenois.

[4] Il s’agit sans doute ici de la rivière de Hem qui passe à

Guines et vient se jeter dans la mer à Calais.

[5] Le pont de Nieuley se trouvait près de remplacement qu’occupe

aujourd’hui le fort de Nieuley, au sud-ouest de Calais, dans le

voisinage de la _basse ville_, du côté de Sangatte; il était jeté

sur la rivière de Hem.

Sur ces entrefaites, Philippe de Bourgogne[6] meurt d’une chute de

cheval au siége devant Aiguillon, que Jean, duc de Normandie, lève par

l’ordre de son père, à la suite du désastre de Crécy. Le capitaine de

la garnison d’Aiguillon, Gautier de Mauny, en harcelant la retraite

des Français, fait prisonnier un des chevaliers de l’entourage du duc

de Normandie nommé Grimouton de Chambly[7]; informé par ce chevalier

de la victoire des Anglais à Crécy, il promet de le mettre en liberté

sans rançon, si Grimouton réussit à obtenir du duc un sauf-conduit

qui permette à Gautier de Mauny de chevaucher à travers la France

avec une escorte de vingt compagnons, pour aller rejoindre à Calais

le roi d’Angleterre, son maître. Jean accorde de très-bonne grâce le

sauf-conduit, moyennant quoi Grimouton de Chambly recouvre sa liberté;

mais au moment où Gautier de Mauny, muni de ce sauf-conduit, traverse

la France, il est arrêté à Orléans[8] et amené prisonnier à Paris par

l’ordre de Philippe de Valois qui veut le faire mettre à mort. Le

chevalier anglais doit son salut à l’intervention chaleureuse du duc

de Normandie en sa faveur; il est mis en liberté et dîne à l’hôtel

de Nesle à la table du roi, qui lui fait au départ de magnifiques

présents; Gautier les renvoie, sur l’invitation de son souverain,

aussitôt après son arrivée à Calais. P. 3 à 10, 205 à 218.

[6] Le siége d’Aiguillon fut levé dès le 20 août (v. t. III de

notre édition, sommaire, p. XXXII, note 2 [note 132 de l’édition

Gutenberg]); et Philippe de Bourgogne ne mourut que le 22

septembre 1346. Par conséquent si Grimouton de Chambly fut fait

prisonnier avant le 26 août, il ne put donner à Gautier de Mauny

des nouvelles de la journée de Crécy. Froissart se trompe en

attribuant à Philippe le titre de duc de Bourgogne. Philippe,

marié en 1338 à Jeanne, comtesse d’Auvergne et de Boulogne, était

simplement le fils et l’héritier présomptif du duc Eudes IV qui

ne mourut qu’en 1350.

[7] Philippe de Chambly, dit Grismouton, était, comme le dit

Froissart, un des favoris du duc de Normandie. Par lettres datées

d’Arras en août 1347, Jean, duc de Normandie, céda à son amé et

féal chevalier Philippe de Chambly, dit Grismouton, frère de son

amé et féal Pierre de Chambly, chevalier, moyennant 1000 livres

tournois, une rente de 100 livres sur les halles et moulins de

Rouen achetée 1000 livres de Pierre de Chambly et donnée par

Philippe de Valois à son fils aîné (Arch. nat., sect. hist.,

JJ68, p. 198, fº 108).

[8] Nous apprenons par une lettre de Derby (Robert de Avesbury,

p. 143) qu’avant le 20 septembre des gens de la suite de

Gautier de Mauny avaient été arrêtés, malgré leur sauf-conduit,

à Saint-Jean-d’Angély d’où Gautier lui-même s’était sauvé à

grand’peine avec deux compagnons.

CHAPITRE LXII.

1346. CHEVAUCHÉE DU COMTE DE DERBY EN SAINTONGE ET EN POITOU[9]

(§§ 292 à 294).

[9] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. LXXV, p. 106 à

108.

Le comte de Derby, qui s’est tenu à Bordeaux[10] pendant le siége

d’Aiguillon par les Français, aussitôt qu’il apprend que le duc

de Normandie vient de lever ce siége, entreprend de faire une

chevauchée[11] en Saintonge et en Poitou à la tête de douze cents[12]

hommes d’armes, de deux mille archers et de trois mille piétons. P. 10

et 11, 218 et 219.

[10] Le comte de Derby ne se tint pas à Bordeaux, au moins

pendant le dernier mois du siége d’Aiguillon. Le 12 août 1346, il

partit de la Réole pour Bergerac, et il reçut dans cette ville

des messagers du duc de Normandie, qui venaient lui demander

une trêve; il ne voulut pas l’accorder, parce qu’il venait

d’apprendre le débarquement d’Édouard III en Normandie, et c’est

sans doute la nouvelle de ce débarquement qui força le fils du

roi de France à lever précipitamment le siége d’Aiguillon. Robert

de Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 141 et 142.

[11] Le 12 septembre 1346, Derby inaugura cette chevauchée

en Saintonge par la prise d’Aubeterre (Aubeterre-sur-Dronne,

Charente, arr. Barbezieux) suivie de celle de

Chateauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac). Robert de

Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 142 et 143.

[12] Derby dit dans sa lettre déjà citée qu’il avait seulement

mille hommes d’armes. _Ibid._, p. 242.

Prise de _Mirabel_[13], d’Aulnay[14], de Surgères[15] et

de Benon[16];--assaut infructueux de Marans[17];--prise de

Mortagne-sur-mer[18];--assaut infructueux du château de

Lusignan[19];--prise de Taillebourg-sur-Charente[20];--arrivée des

Anglais devant Saint-Jean-d’Angély. P. 11 et 12, 219 et 220.

[13] Peut-être Mirambeau (Charente-Inférieure, arr. Jonzac).

D’après Jean le Bel, dont Froissart reproduit ici la

narration, en intervertissant l’ordre des faits d’une manière

très-malheureuse, Derby prit successivement Taillebourg,

Surgères, Aulnay, Saint-Jean-d’Angély, Niort, Saint-Maixent,

Lusignan, Vivonne, Montreuil-Bonnin, Poitiers.

[14] Aujourd’hui Aulnay-de-Saintonge, Charente-Inférieure,

arrond. Saint-Jean-d’Angély.

[15] Charente-Inférieure, arr. Rochefort-sur-Mer.

[16] Charente-Inférieure, arr. la Rochelle, c. Courçon.

[17] Charente-Inférieure, arr. la Rochelle.

[18] Mortagne-sur-Gironde, Charente-Inférieure, arr. Saintes, c.

Cozes.

[19] L’assaut de Lusignan précédé et suivi de la prise

de Mortagne et de Taillebourg semblerait indiquer

Saint-Germain-de-Lusignan (Charente-Inférieure, arr. et c.

Jonzac); mais on voit par la lettre de Derby que le Lusignan

qui fut pris par les Anglais est le célèbre Lusignan au Poitou

(Vienne, arr. Poitiers).

[20] Charente-Inférieure, arr. Saint-Jean-d’Angély, c.

Saint-Savinien.

Après un assaut, Saint-Jean-d’Angély se rend aux Anglais, qui y

restent quatre jours[21];--Derby est repoussé devant Niort, place

très-forte et bien fortifiée, dont la garnison a pour capitaine

Guichard d’Angle;--il emporte d’assaut Saint-Maixent[22] et

Montreuil-Bonnin[23]. P. 12 à 14, 220 à 222.

[21] La prise de Saint-Jean-d’Angély, qui suivit celle de Saintes

(_Grandes Chroniques_, éd. in-12, t. V, p. 464 et 465), eut lieu

vers le 21 septembre 1346; Derby resta huit jours dans cette

ville. Robert de Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 143.

[22] Deux-Sèvres, arr. Niort.

[23] Vienne, arr. Poitiers, c. Vouillé. Il n’est question dans

la lettre de Derby ni de l’attaque de Niort ni de la prise de

Saint-Maixent et de Montreuil-Bonnin. Henri de Lancastre dit

seulement qu’en chevauchant de Saint-Jean-d’Angély vers Poitiers,

il s’empara du château de Lusignan, l’un des plus forts de France

et de Gascogne, et qu’il y laissa une garnison de cent hommes

d’armes, sans compter les gens de pied. _Ibid._ p. 143 et 144.

Les Anglais attaquent Poitiers et sont repoussés à un premier assaut;

ils se rendent maîtres[24] de cette vaste cité en donnant l’assaut

par trois côtés à la fois. Poitiers est mis à sac[25], à feu et à

sang. Derby, après s’y être reposé douze[26] jours, reprend à petites

journées le chemin de Saint-Jean-d’Angély; puis il retourne à Bordeaux,

d’où il ne tarde pas à s’embarquer pour Londres[27]. P. 14 à 17, 222 à

226.

[24] D’après la lettre de Derby, Poitiers tomba au pouvoir

des Anglais «le proschein mersquerdy après le Seint Michel»,

c’est-à-dire le 4 octobre 1346. _Ibid._, p. 144.

[25] L’évêque de Poitiers et quatre barons qui avaient essayé de

résister aux envahisseurs, s’étant sauvés à la prise de la ville,

les Anglais firent main basse sur tout ce qu’ils trouvèrent.

Harbert Bellant, l’un des seize hommes d’armes de la garnison de

Poitiers, fut dépouillé de tous ses biens meubles évalués six

mille livres. (Arch. nat., sect. hist., JJ81, p. 450.) «....

apparuit episcopum, capitula, collegia et alias gentes ecclesie

ville Pictavis, in capcione facta per inimicos nostros de dicta

villa, omnia bona que tunc habebant, libros, calices, vestimenta,

vasa argentea.... amisisse....» Il résulte d’une enquête faite

en 1351 que les parties du diocèse de Poitiers qui souffrirent

le plus, tant de la chevauchée de Henri de Lancastre en 1346

que de la peste de 1348, ce furent les archiprêtrés et lieux

_de Lisigniaco_ (Lusignan, Vienne, arr. Poitiers), _de Sanxaio_

(Sanxay, Vienne, arr. Poitiers, c. Lusignan), _de Boyno_ (Bouin,

Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Chef-Boutonne), _de Roffiaco_

(Rouffiac-d’Aubeterre, Charente, arr. Barbezieux, c. Aubeterre),

_de Romio_ (Rom, Deux-Sèvres, arr. Melle, c. Lezay), _de

Chauniaco_ (Chaunay, Vienne, arr. Civray, c. Couhé), _de Exoduno_

(Issoudun, Creuse, arr. Aubusson, c. Chénérailles), et partie des

archiprêtrés et lieux _de Gencayo_ (Gençay, Vienne, arr. Civray)

et de Melle. JJ80, 778.

[26] Derby dit qu’il resta à Poitiers huit jours seulement, après

quoi il revint à Saint-Jean-d’Angély d’où est datée la curieuse

lettre qui contient le récit de son expédition. Aux conquêtes de

Derby mentionnées plus haut, des pièces du Trésor des Chartes

nous autorisent à ajouter Tonnay-Charente (JJ76, p. 821), le

château de Soubize (JJ81, p. 147), les châtellenies de Loudun

(JJ80, p. 577), de Soubize, de Taillebourg (JJ77, p. 34) et la

plupart des forteresses de Saintonge, Poitou et Périgord (JJ77,

p. 51).

[27] Derby était de retour à Londres le 14 janvier 1347, jour où

il s’entretint à la Tour avec David Bruce, roi d’Écosse.

CHAPITRE LXIII.

1346. INVASION DES ÉCOSSAIS EN ANGLETERRE; VICTOIRE DES ANGLAIS A

NEVILL’S CROSS[28] (§§ 295 à 299).

[28] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. LXXVI, p. 109 à

114.

David Bruce, roi d’Écosse, à l’instigation du roi de France, son

allié[29], profite de l’absence d’Édouard III retenu au siége de

Calais pour envahir l’Angleterre à la tête d’une puissante armée. Le

rassemblement se fait à Édimbourg: les forces des Écossais s’élèvent

à trois mille armures de fer[30], sans compter trente mille d’autres

gens tous montés sur haquenées selon l’usage d’Écosse. David Bruce,

laissant derrière lui Roxburgh[31], la forteresse la plus avancée

de l’Angleterre du côté de l’Écosse, dont la garde a été confiée à

Guillaume de Montagu, entre en Northumberland, et, après une halte

entre Percy[32] et _Urcol_[33], sur une rivière, vient camper à une

journée de Newcastle-upon-Tyne. P. 17 à 20, 226 à 231.

[29] Les Écossais, qui avaient été compris dans la trêve de

Malestroit du 18 janvier 1343 comme alliés de la France (Arch.

nat., sect. hist., J636, nº 17), furent aussi compris au même

titre dans la trêve de Calais du 28 septembre 1347 (J636, nº

21). Dans le poëme de Laurent Minot sur la campagne qui aboutit

à la victoire des Anglais à Nevill’s Cross, le poëte prête à

David Bruce des paroles où le roi d’Écosse, vaincu et prisonnier,

attribue son malheur aux conseils de Philippe de Valois et de

Jean son fils.

[30] Un clerc du diocèse d’York, nommé Thomas Samson, dans une

lettre conservée à la Bibliothèque Bodléienne, à Oxford, qui

est relative à la bataille de Durham ou de Nevill’s Cross et

contemporaine de cet événement, Thomas Samson, dis-je, fait ainsi

le dénombrement des forces écossaises: «baronets, chivalers

et gents d’armes noumbrés entour deux mille, et alteres armés

envirun vingt mille, et des comunes ou lances, haches et arcs,

près de quarante mille.» Kervyn de Lettenhove, _Œuvres de

Froissart_, t. V, p. 489.

[31] Old Roxburgh, château aujourd’hui détruit, non loin de

Kelso, près du confluent des rivières de Teviot et de Tweed.

[32] Aujourd’hui Alnwick, dans le Northumberland, entre

Berwick-upon-Tweed et Newcastle-upon-Tyne. Ce fief devint au

commencement du quatorzième siècle la propriété de lord Henri de

Percy, et prit le nom de cette illustre famille normande, tige

des ducs de Northumberland.

[33] Sur _Urcol_, voy. le tome I de notre édition, sommaire, p.

CLXX, note 1 [note 225 de l'édition Gutenberg].

Philippe de Hainaut, reine d’Angleterre, chargée de la défense du

royaume en l’absence de son mari, fait les plus grands préparatifs

pour repousser l’invasion des Écossais et rassemble ses forces à

Newcastle-upon-Tyne. Elle divise son armée en quatre corps[34]: le

premier est commandé par l’évêque de Durham et le sire de Percy, le

second par l’archevêque d’York et le sire de Nevill, le troisième

par l’évêque de Lincoln et le sire de Mowbray, le quatrième par

Édouard Baillol, gouverneur de Berwick et l’archevêque de Cantorbéry.

Écossais et Anglais en viennent aux mains, à quelque distance de

Newcastle-upon-Tyne[35], le mardi après la Saint-Michel[36] 1346. Les

Écossais sont vaincus et laissent quinze mille des leurs sur le champ

de bataille. David Bruce est fait prisonnier par Jean de Copeland,

écuyer de Northumberland[37], qui se hâte d’emmener le roi d’Écosse,

de peur qu’on ne lui dispute sa capture, loin du champ de bataille, et

l’enferme dans un château appelé _Chastel Orgueilleux_[38].

[34] D’après la lettre de Thomas Samson, citée plus haut, l’armée

anglaise, composée de mille hommes d’armes, de mille _hobbiliers_

ou cavaliers armés à la légère, de dix mille archers et de

vingt mille gens des communes, fut divisée en trois corps ou

_échelles_: la première sous les ordres des seigneurs de Percy

et de Nevill, la seconde que commandait l’archevêque d’York en

personne, la troisième, qui formait l’arrière-garde, sous la

conduite du seigneur de Mowbray.

[35] La bataille se livra, non dans les environs de Newcastle,

comme Froissart semble l’indiquer, mais beaucoup plus au sud et

tout près de Durham, en un lieu de la banlieue méridionale de

cette ville, appelé Nevill’s Cross: _ad crucem Nevyle in campo

juxta Durham_, dit Robert de Avesbury. Aussi tous les historiens

anglais désignent-ils cette bataille sous le nom de bataille de

Durham ou de Nevill’s Cross.

[36] D’après Thomas Samson, Robert de Avesbury et Knyghton, la

bataille de Durham ou de Nevill’s Cross se livra le 17 octobre

1346, veille de Saint-Luc. Robert de Avesbury, _Hist. Ed. III_,

p. 145.

[37] Le château de Copeland ou Coupland, qui appartenait à cet

écuyer, est situé dans le comté de Northumberland et le district

de Kirk-Newton, sur la rivière de Glen; il a été rebâti par les

Wallace au commencement du dix-septième siècle.

[38] Aujourd’hui Ogle ou Ogles, dans le comté de Northumberland,

au nord de Newcastle et au sud-ouest de Morpeth; on voit encore

les ruines du château à motte féodale où Jean de Copeland mit en

sûreté sa royale capture.

Du côté des Écossais, les comtes de Fife[39], de Buchan[40], de

Sutherland[41], de Strathdearn[42], de Marr[43], Jean[44] et Thomas de

Douglas, Simon[45] Fraser et Alexandre de Ramsey[46] sont tués; les

comtes de Murray[47] et de March[48], Guillaume[49] et Archibald de

Douglas, Robert de Vescy, les évêques d’Aberdeen et de St-Andrews sont

faits prisonniers. P. 20 à 24, 231 à 239.

[39] Le comté de Fife, en Écosse, est borné au nord par le golfe

de Tay, à l’est par la mer du Nord, au sud par le golfe de Forth,

à l’ouest par les comtés de Perth, de Kinross et de Clackmann.

Duncan, comte de Fife, ne fut pas tué, comme le dit Froissart,

mais seulement fait prisonnier; et ordre fut donné le 8 décembre

1346 de le conduire à la Tour de Londres. Rymer, _Fœdera_, vol.

III, p. 95.

[40] L’ancien comté de Buchan formait autrefois une des quatre

subdivisions du comté d’Aberdeen; il correspond aux districts

actuels de Deer et d’Ellon.

[41] Le comté de Sutherland est, comme chacun sait, à la pointe

septentrionale de l’Écosse. Walsingham et Boethius disent que le

comte de Sutherland fut fait prisonnier.

[42] Ancien comté, aujourd’hui district des comtés de Nairn et

d’Inverness, en Écosse, à l’ouest du comté d’Elgin ou de Moray.

Maurice de Murray, comte de Strathdearn, fut tué à Nevill’s

Cross, au témoignage non-seulement de Froissart, mais encore de

Robert de Avesbury (p. 14) et de Thomas Samson.

[43] La seigneurie de Marr, à laquelle était attaché le titre de

comte, est un ancien district du comté d’Aberdeen, en Écosse.

[44] Jean de Douglas ne fut pas tué, mais fait prisonnier par

Robert de Ogle et Robert Bertram. Rymer, vol. III, p. 95.

[45] Ce fut Guillaume Fraser, et non Simon Fraser, qui fut tué à

la bataille de Nevill’s Cross. Voyez _Annals of Scotland_ by lord

Hailes, éd. de 1797, vol. III, p. 108.

[46] Alexandre de Ramsey ne fut pas tué, mais fait prisonnier par

Jean de Ever. Rymer, vol. III, p. 95.

[47] Jean ou John Randolph, comte de Murray, fut tué et non fait

prisonnier. Robert de Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 145.

[48] Il s’agit ici de Patrick, comte de Dunbar et de March.

Dunbar, siége d’un comté et forteresse très-importante au moyen

âge, est aujourd’hui une ville du comté de Haddington, en Écosse.

Patrick de Dunbar, comte de March, ne fut pas tué, mais fait

prisonnier par Raoul de Nevill. (Rymer, vol. III, p. 95.)

[49] Guillaume de Douglas l’aîné fut en effet fait prisonnier

par Guillaume Deincourt. (Rymer, vol. III, p. 95.) Thomas Samson

mentionne un autre Guillaume Douglas qu’il appelle «monsir

William Douglas le frère» et «monsir Henri Douglas, le frère

monsir William» comme ayant été faits prisonniers à Nevill’s

Cross.

«Et moi Jean Froissart[50], auteur de ces Chroniques et Histoires, je

fis un voyage en Écosse en 1365, et je fus de l’hôtel de David Bruce

pendant quinze semaines. Ma très-honorée dame, la reine Philippe

d’Angleterre, m’avait donné des lettres pour le roi et les barons

d’Écosse, qui, à sa recommandation, me firent très-bon accueil,

spécialement le roi, qui parlait fort bien français, car il avait été

dès sa jeunesse élevé en France, ainsi qu’il a été dit plus haut en

cette histoire; et j’eus cette bonne fortune que, tout le temps que je

fus auprès de lui et de son hôtel, il visita la plus grande partie de

son royaume. J’appris ainsi à connaître l’Écosse en l’accompagnant dans

ses excursions, et je l’entendis souvent parler, ainsi que plusieurs

gens de sa suite, de la bataille où il avait été fait prisonnier. Il

y avait là, entre autres chevaliers qui avaient combattu à Nevill’s

Cross, messire Robert de Vescy, qui y fut fait prisonnier par le

seigneur de Sees en Northumberland, messire Guillaume de Glaudigevin,

messire Robert Bourme et messire Alexandre de Ramsey; quant aux comtes

de Douglas et de Murray que je trouvai en Écosse, ils étaient les fils

de ceux qui avaient été à la bataille. Je dis ceci, parce que le roi

d’Écosse avait encore à la tête la pointe de la flèche dont il fut

atteint; et à toutes les nouvelles lunes, il avait coutume de souffrir

beaucoup à la partie de la tête où le fer était resté; il n’en vécut

pas moins encore douze ans après mon voyage d’Écosse: il porta donc ce

fer trente-deux ans.» P. 235 et 236.

[50] Ce curieux passage ne se trouve que dans la rédaction de

Rome.

La reine d’Angleterre, qui s’est tenue à Newcastle[51] pendant la

bataille, informée que le roi d’Écosse a été pris par un écuyer nommé

Jean de Copeland, écrit à celui-ci pour l’inviter à lui amener son

prisonnier. Jean de Copeland répond qu’il ne livrera David Bruce qu’au

roi d’Angleterre lui-même; il est mandé par Édouard et se rend à

Calais. P. 24 à 26, 239 à 244.

[51] Cette mention de la présence de Philippe de Hainaut à

Newcastle pendant que se livrait la bataille de Nevill’s

Cross est une erreur que Froissart a empruntée à Jean le Bel

(_Chroniques_, t. II, p. 110). La reine d’Angleterre dut passer

la mer vers le 10 septembre, car des lettres de sauvegarde furent

délivrées à quatre personnes qui devaient l’accompagner dans

son voyage sur le continent, et ces lettres devaient avoir leur

effet depuis le 10 septembre jusqu’à Noel 1346. (Rymer, _Fœdera_,

vol. III, p. 90). On conserve d’ailleurs aux archives de Mons

une charte qui prouve que le jour même où se livrait la bataille

de Nevill’s Cross, c’est-à-dire le 17 octobre 1346, Philippe de

Hainaut se trouvait à Ypres avec sa sœur l’impératrice Marguerite.

Édouard III comble Jean de Copeland de félicitations[52] et d’honneurs;

il l’invite à livrer à la reine son prisonnier, lui assigne cinq

cents livres[53] sterling de pension annuelle et l’attache à son

service personnel. Philippe de Hainaut fait enfermer à la Tour de

Londres David Bruce et le comte de Murray[54], met des garnisons à

Berwick, à Roxburgh, à Durham, à Newcastle et en général dans toutes

les forteresses des frontières d’Écosse dont elle confie la garde

aux seigneurs de Percy et de Nevill; puis elle passe la mer avec une

nombreuse suite de dames et de damoiselles pour aller rejoindre son

mari; elle débarque à Calais trois jours avant la Toussaint: le roi

Édouard célèbre cette fête, à l’occasion de la venue de sa femme, avec

un éclat inusité. P. 26 à 29, 244 à 247.

[52] Des lettres de félicitation et de remerciment, datées de la

Tour de Londres le 20 octobre 1346, furent adressées à l’occasion

de la victoire de Nevill’s Cross par Lionel, régent du royaume en

l’absence du roi son père, à Guillaume de la Zouche, archevêque

d’York, et à onze seigneurs du nord de l’Angleterre parmi

lesquels figure Jean de Copeland. Rymer, _Fœodera_, vol. III, p.

91 et 92.

[53] Le 20 janvier 1347, le roi d’Angleterre assigne à son amé

Jean de Copeland, qui lui a livré David Bruce, roi d’Écosse, son

prisonnier, cinq cents livres de rente annuelle et perpétuelle

sur les ports de Londres et de Berwick et en outre cent livres

de rente annuelle et viagère sur le port de Newcastle pour son

service de banneret. Rymer, _Fœdera_, vol. III, p. 102 et 103.

[54] Ce n’est pas le comte de Murray tué à la bataille, mais les

comtes de Fife et de Menteith qui furent enfermés à la Tour de

Londres.

CHAPITRE LXIV.

1347. SIÉGE DE CALAIS; SECONDE PÉRIODE: DE LA FIN DE 1346 À MAI

1347.--LOUIS, COMTE DE FLANDRE, POUSSÉ CONTRE SON GRÉ PAR LES

FLAMANDS DANS L’ALLIANCE DU ROI D’ANGLETERRE DONT IL A FIANCÉ LA

FILLE, SE RÉFUGIE AUPRÈS DU ROI DE FRANCE[55] (§§ 300 à 303).

[55] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. LXXVII, p. 115 à

118.

Calais résiste victorieusement à toutes les attaques des Anglais;

mais les habitants commencent à souffrir de la famine, car ils ne

reçoivent des vivres que subrepticement, grâce à deux intrépides

marins d’Abbeville, Marant et Mestriel. Les assiégeants ont à soutenir

de continuelles escarmouches contre les garnisons françaises de

Guines[56], de Hames[57], de Nesles[58], d’Oye[59], de Bayenghem[60],

de Fiennes[61], de la Montoire[62], de Saint-Omer, de Thérouanne[63] et

de Boulogne. P. 29 et 30, 247 à 249.

[56] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer.

[57] Auj. Hames-Boucres, Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c.

Guines.

[58] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Samer.

[59] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c. Audruicq.

[60] Auj. Bayenghem-lez-Eperlecques, Pas-de-Calais, arr.

Saint-Omer, c. Ardres.

[61] Pas-de-Calais, arr. Boulogne-sur-Mer, c. Guines.

[62] Auj. hameau de Zutkerque, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, c.

Audruicq.

[63] Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer. c. Aire-sur-la-Lys.

Pendant l’expédition d’Édouard III en Normandie, les Flamands,

alliés du roi d’Angleterre, avaient assiégé Béthune[64], d’où ils

avaient été repoussés par Geoffroi de Charny, Eustache de Ribemont,

Beaudouin d’Annequin, Jean de Landas, que le roi de France avait mis

à la tête de la garnison. Dès le commencement du siége de Calais, le

roi d’Angleterre négocie, de concert avec les communes flamandes, un

mariage entre sa fille Isabelle et le jeune comte Louis[65]. Ce projet

est combattu par Jean, duc de Brabant, qui, voulant faire épouser sa

propre fille au comte de Flandre, parvient à mettre le roi de France

dans ses intérêts[66]. Par l’entremise du duc de Brabant et du roi

de France[67], le comte de Flandre se réconcilie avec ses sujets et

retourne dans son comté. Il est pressé de nouveau de contracter

mariage avec la fille du roi d’Angleterre; et comme il résiste, ses

bonnes villes le tiennent en chartre privée. P. 30 à 34, 249 à 252.

Le comte de Flandre, pour amener ses sujets à se relâcher de l’étroite

surveillance où ils le soumettent, feint de consentir au mariage qu’on

lui propose. Il a une entrevue à Bergues, entre Nieuport et Gravelines,

avec le roi et la reine d’Angleterre dont il fiance solennellement

la fille Isabelle[68]; Édouard III et la reine Philippe retournent

à Calais, où ils font des préparatifs magnifiques en vue de la

célébration prochaine du mariage. Mais peu après cette entrevue, le

jeune comte de Flandre, profitant de la liberté plus grande dont les

Flamands le laissent jouir, s’égare à dessein un jour qu’il est en

partie de chasse et se réfugie en Artois, d’où il se rend auprès du roi

de France[69]. P. 34 à 37, 252 à 259.

[64] Philippe de Valois fait sans doute allusion à ce siége dans

une charte d’avril 1347, où il amortit mille livres de terre en

faveur des hôpitaux et maladreries de Béthune «pour ce que nos

amez les eschevins, prevost, maieur et comunauté de la ville

de Betune _ont esté moult domagiet ceste presente année_ pour

cause de noz guerres et leurs maisons arses.» (Arch. nat., sect.

hist., JJ68, p. 168.) D’autres pièces du 27 octobre 1346 (JJ81,

p. 944), de janvier 1347 (JJ81, p. 950), de février 1347 (JJ81,

p. 945, 946 et 948), de mars 1347 (JJ81, p. 947), de juillet 1347

(JJ68, p. 331 et JJ81, p. 949) contiennent des confirmations ou

concessions de priviléges en faveur des habitants de Béthune.

La plus importante de ces donations est celle de la ville de la

Gorgue (Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville) située au nord de

Béthune entre cette ville et Armentières (JJ81, p. 948).

[65] Louis, III du nom, dit de Male, comte de Flandre, de Nevers

et de Rethel, baron de Donzy.

[66] Mahieu Legier de Mouy fut le négociateur employé par le roi

de France, avant le 10 janvier 1347, pour ses «besoignes secretez

ès parties de Brebant». Arch. nat., JJ68, p. 128.

[67] Par lettres de janvier 1347 (n. st.) le roi de France

autorise le comte de Flandre à aller et venir en Flandre,

espérant que «pour la presence de lui en son pais de Flandre les

habitans et subgez d’icellui se porteront et auront envers lui

comme bons et vrais subgez.... en se retraiant et delaissant de

leurs simples et indeues emprises et assemblées.» (Arch. nat.,

sect. hist., JJ77, p. 42.) Louis de Male fit sa première entrée à

Bruges le 23 janvier 1347. _Inventaire des Archives de Bruges_,

in-4º, Bruges, 1871, p. 500.

[68] Un contrat, stipulant promesse de mariage et fiançailles

entre le comte de Flandre et Isabelle d’Angleterre, fut signé

par Louis de Male, à Dunkerque, le 3 mars 1347. Édouard III

donnait pour dot à sa fille le comté de Ponthieu et Montreuil,

ou en échange vingt-cinq mille livrées de terre, et en outre,

comme cadeau de mariage, quatre cent mille deniers d’or à l’écu.

L’instrument authentique de ce contrat fut délivré solennellement

par le chancelier du comte de Flandre, le 14 mars 1347, à

Bergues, comme le dit Froissart, en présence du roi d’Angleterre,

du marquis de Juliers, de Guillaume comte de Northampton, de

Renaud de Cobham, de Barthélemy de Burghersh et de Jean Darcy le

Jeune. Rymer, _Fœdera_, vol. III, p. 111 et 112.

[69] Louis de Male dut s’échapper de Flandre entre le 14 mars

et les Pâques suivantes, c’est-à-dire le 1er avril 1347. Le

principal instigateur de cette évasion fut un seigneur à la

dévotion du roi de France, nommé Marquet du Galleel, chambellan

et écuyer du jeune comte. Par lettres datées de Montdidier en

_mai_ 1347, Philippe de Valois assigne cent livrées de rente à

parisis à prendre sur le havage des grains et argent appartenant

au havage de Vernon, à son amé et féal Marquet du Galleel,

chambellan et écuyer du comte de Flandre, «par le conseil duquel,

avecques la très grant loiauté de nostre dit cousin, nostre dit

cousin est, _en grant peril de son corps et de son estat, venu

devers nous et parti d’avec noz anemis et de leur plus grant

povoir...._» Bibl. nat., dép. des mss., _Chartes royales_, t. II,

p. 161.

Sur ces entrefaites, Robert de Namur[70] vient à Calais se mettre au

service du roi d’Angleterre qui lui assigne trois cents livres sterling

de pension annuelle. P. 37, 38, 259 et 260.

[70] Robert de Namur était fils de Jean Ier, comte de Namur,

et de Marie d’Artois. Froissart écrivit la première rédaction

du premier livre de ses _Chroniques_ à l’instigation et sous

le patronage de ce pensionnaire d’Édouard III, personnage à la

fois si important et si détesté du roi de France, que le roi

d’Angleterre, en concluant les trêves du 28 septembre 1347, du

18 novembre 1348 et du 30 juin 1350, eut soin de stipuler que

Robert de Namur y était compris. (Rymer, _Fœdera_, vol. III,

p. 137, 177, 197.) Ce passage sur Robert de Namur, ajouté par

Froissart au texte de Jean le Bel, a été retranché dans la

seconde rédaction de son premier livre écrite sous le patronage

d’un prince de la maison de France, de Gui de Blois.

CHAPITRE LXV.

1345. PRISE DE LA ROCHE-DERRIEN PAR LES ANGLAIS.--1347. SIÉGE

DE CETTE FORTERESSE PAR CHARLES DE BLOIS, QUI EST VAINCU ET

FAIT PRISONNIER PAR THOMAS DE DAGWORTH A LA BATAILLE DE LA

ROCHE-DERRIEN[71] (§§ 304 et 305).

[71] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, t. II, chap. LXXIX, p. 123 à

126.

La trêve de Malestroit[72] avait été bien observée[73] en Bretagne,

tant par Charles de Blois et les Français que par les partisans de la

comtesse de Montfort et les Anglais ses alliés. A l’expiration de

cette trêve, la guerre se rallume: Édouard III expédie en Bretagne un

renfort de deux cents hommes d’armes et de quatre cents archers sous

la conduite de Thomas de Dagworth[74] et de Jean de Hartsel. Ces deux

chevaliers font souvent, en compagnie d’un vaillant homme d’armes

breton nommé Tannegui du Châtel, des chevauchées contre les gens de

Charles de Blois. P. 38, 39, 260.

[72] Cette trêve, conclue le 19 janvier 1343, devait durer

jusqu’à la Saint-Michel 1343 et de là en trois ans, c’est-à-dire

jusqu’à la Saint-Michel 1346. Voyez le sommaire du t. III de

notre édition, p. VIII et IX.

[73] Cette assertion de Froissart est erronée. La trêve de

Malestroit fut toujours fort mal observée, comme l’atteste, entre

beaucoup d’autres témoignages, la pièce suivante dont on nous

saura gré peut-être de donner l’analyse, ne fût-ce qu’à cause de

la rareté des actes relatifs à cette période de la vie de Charles

de Blois. Par acte donné «en noz tentes devant Guérande» le 18

août 1344, Charles, duc de Bretagne, vicomte de Limoges, sire

de Guise et de Mayenne, charge son sénéchal de Dinan, Olivier

de Morzelle, de faire une enquête sur une demande d’un marché

fixé au dimanche présentée par son amé Alain de Rochefort en

faveur de la ville de Ploer (auj. Plouer, Côtes-du-Nord, ar.

et c. Dinan). Une réponse favorable à la demande d’Alain de

Rochefort, délibérée aux plaids de Dinan, tenus le jeudi après la

Saint-Lucas 1344, en présence de Geffroy Lebart, de Robin Braon,

de Pierre Leroy, receveur de Dinan, de Trehan Ploret, de Lucas

Lebouteiller, de Jean Terbuille, de Jean Leroy, après bans faits

par le sergent Olivier Lemée, une réponse favorable, dis-je,

est transmise à Charles qui accorde à Alain de Rochefort, en

dédommagement de «dommages qu’il sueffre de jour en jour à cause

de noz guerres» le marché demandé, par lettres scellées du sceau

de sa chancellerie de Guingamp le 25 novembre 1344 et confirmées

par le roi de France en février 1346 (n. st.) Arch. nat., sect.

hist., JJ68, p. 161, fº 87.

[74] Le 10 janvier 1347, Édouard III nomme son amé et féal Thomas

de Dagworth lieutenant et capitaine dans le duché de Bretagne.

Rymer, _Fœdera_, vol. III, p. 100.

Thomas de Dagworth, Jean de Hartsel et Tannegui du Châtel s’emparent de

la Roche-Derrien[75] au nom de la comtesse de Montfort. P. 39, 40, 261,

262.

[75] Côtes-du-Nord, ar. Lannion. Froissart, reproduisant une

erreur de Jean le Bel (v. p. 124), dit que la forteresse de

la Roche-Derrien fut prise par Thomas de Dagworth, ce qui

reporterait la date de cet événement à la fin de janvier 1347

au plus tôt; en l’absence d’actes à date certaine, il y a lieu

de préférer aux données vagues et incertaines, quand elles ne

sont pas inexactes, de Jean le Bel et de Froissart, le récit

très-précis et très-circonstancié des _Grandes Chroniques_

d’après lequel le château de la Roche-Derrien se rendit à

Guillaume de Bohun, comte de Northampton, en décembre 1345. Voyez

l’édit. de M. P. Paris, in-12, t. V, p. 443 et 444.

A cette nouvelle, Charles de Blois rassemble à Nantes une armée

de douze cents armures de fer, de quatre cents chevaliers, dont

vingt-trois bannerets, et de douze mille hommes de pied[76] et vient

mettre le siége devant la Roche-Derrien. Il fait dresser trois engins

dont le jet incommode fort la garnison de cette forteresse[77]. La

comtesse de Montfort[78] charge Thomas de Dagworth, Jean de Hartsel

et Tannegui du Châtel de marcher au secours des assiégés à la tête de

mille armures de fer et de huit mille hommes[79] de pied. Une première

rencontre entre l’armée de Charles de Blois et la moitié des forces

de Thomas de Dagworth a lieu au milieu de la nuit; Thomas de Dagworth

y est grièvement blessé et fait prisonnier, après avoir perdu la plus

grande partie de ses gens. Au moment où Jean de Hartsel et Tannegui

du Châtel se préparent à effectuer leur retraite dans la direction

d’Hennebont, Garnier, sire de Cadoudal, arrive avec un renfort de cent

armures de fer et les décide à recommencer le combat; ils surprennent,

vers le lever du soleil, l’armée de Charles de Blois endormie et que

ne garde aucune sentinelle[80]. Cette armée est taillée en pièces:

deux cents chevaliers et bien quatre mille hommes restent sur le champ

de bataille[81]. Les Anglais reprennent Thomas de Dagworth; Charles

de Blois, fait prisonnier pendant la bataille, est enfermé au château

d’Hennebont, et le siége de la Roche-Derrien est levé. Les hostilités

n’en continuent pas moins entre Jeanne de Penthièvre, femme de Charles

de Blois, qui dirige les opérations au lieu et place de son mari, et

les partisans de Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort. P. 40 à 44,

262 à 269.

[76] D’après une lettre adressée en Angleterre par Thomas de

Dagworth, qui est, comme nous dirions aujourd’hui, le _bulletin_

de la bataille rédigé par le vainqueur, l’armée de Charles de

Blois se composait de douze cents chevaliers et écuyers, de six

cents autres gens d’armes, de six cents archers du pays et de

deux mille arbalétriers, sans compter les gens de commune. Robert

de Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 159.

[77] D’après les _Grandes Chroniques_ (t. V, p. 472), ces engins

étaient au nombre de neuf, dont un, d’une dimension énorme,

lançait des pierres pesant trois cents livres. Du reste, tout

le récit de la bataille de la Roche-Derrien dans les _Grandes

Chroniques_ (p. 471 à 478), par l’étendue des développements, par

l’abondance des détails et des particularités, par la précision

des indications locales qu’il renferme, semble écrit par un

témoin oculaire ou du moins sous sa dictée.

[78] Il y a tout lieu de penser, selon l’observation de dom

François Plaine, que la comtesse de Montfort, qui s’était retirée

en Angleterre avec son fils, après la trêve de Malestroit, ne se

trouvait pas alors en Bretagne. Voyez la brochure intitulée: _De

l’autorité de Froissart comme historien des guerres de Bretagne_,

Nantes, 1871, p. 29 à 31.

[79] Dans le _bulletin_ de sa victoire, dont nous avons parlé

plus haut, Thomas de Dagworth prétend qu’il n’avait que quatre

cents hommes d’armes et trois cents archers, sans compter la

garnison de la Roche-Derrien qui vint au secours des Anglais

et tomba sur les derrières de l’armée de Charles de Blois, dès

que le jour fut levé. L’habile capitaine anglais avait eu soin

de donner à ses hommes un mot d’ordre qui leur permit de se

reconnaître dans la confusion de cette mêlée de nuit; faute de

cette précaution, il arriva aux gens de Charles de Blois de

combattre les uns contre les autres, et de faire eux-mêmes la

besogne des Anglais. Robert de Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 158

à 160.

[80] La bataille de la Roche-Derrien se livra le 20 juin 1347,

suivant le témoignage de Thomas de Dagworth: «le vingtième

jour de juyn, environ le quarter, devaunt le jour.» Robert de

Avesbury, _Hist. Ed. III_, p. 159.

[81] D’après Thomas de Dagworth, six ou sept cents chevaliers et

écuyers périrent à la Roche-Derrien. Le capitaine anglais cite,

parmi les morts, Alain, vicomte de Rohan, les seigneurs de Laval,

de Châteaubriand, de Malestroit, de Quintin, de Rougé, de Derval,

le fils et héritier de ce dernier, Raoul de Montfort; et, parmi

les prisonniers, Charles de Blois, Gui de Laval, fils du sire de

Laval, les seigneurs de Rochefort, de Beaumanoir, de Lohéac, de

Tinteniac (Robert de Avesbury, p. 160). Le seigneur de Rougé, qui

fut tué à la Roche-Derrien, s’appelait Guillaume. Le 12 mai 1361,

Charles de Blois donna la châtellenie de _Pontcaleuc_ à Bonabbé,

seigneur de Rougé et de Derval, «fils de Guillaume, seigneur de

Rougé, qui morut à la Roche Derian pour la defense de nostre

droit, quant prins fumes de noz ennemis.» (Arch. nat., sect.

hist., JJ90, p. 13). Avant de se rendre aux Anglais, Charles

de Blois s’était battu comme un lion et avait reçu dix-sept

blessures; un écuyer de sa compagnie, fait prisonnier avec son

maître, nommé Michel de Chamaire, fut taxé par les Anglais à si

forte rançon que, pour la payer, il dut se mettre au service de

Foulque de Mathas, chevalier de Saintonge, comme simple archer.

JJ85, p. 113.

CHAPITRE LXVI.

1347. SIÉGE DE CALAIS, TROISIÈME PÉRIODE: DE MAI A AOÛT

1347.--ARRIVÉE PRÈS DE CALAIS ET RETRAITE SANS COMBAT DE PHILIPPE

DE VALOIS A LA TÊTE D’UNE NOMBREUSE ARMÉE.--REDDITION DE CALAIS

(3 AOÛT); DÉVOUEMENT D’EUSTACHE DE SAINT-PIERRE ET DE CINQ AUTRES

BOURGEOIS[82] (§§ 306 à 314).

[82] Cf. Jean le Bel, _Chroniques_, chap. LXXX et LXXXI, p. 127 à

142.

Philippe de Valois entreprend de réunir une armée pour marcher au

secours de Calais; il donne rendez-vous à ses gens à Amiens[83] pour le

jour de la Pentecôte. Il n’adresse son mandement qu’aux gentilshommes,

car il pense que les gens des communautés, à la guerre, ne sont qu’un

obstacle et un encombrement: ces gens-là fondent dans une mêlée comme

la neige au soleil, ainsi qu’on l’a vu à Caen, à Blanquetaque, à Crécy

et dans toutes les affaires où ils ont figuré. Le roi de France n’en

veut plus avoir, excepté les arbalétriers des cités et des bonnes

villes. Il veut bien leur or et leur argent pour subvenir aux frais et

payer les gages des gentilshommes: voilà tout. Qu’ils se contentent

de rester chez eux pour garder leurs femmes et leurs enfants, labourer

la terre et faire le commerce: le métier des armes n’appartient qu’aux

gentilshommes qui l’ont appris et s’y sont formés dès l’enfance[84].

Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu, connétable de France par intérim

en l’absence du comte d’Eu, prisonnier en Angleterre, les seigneurs

de Beaujeu et de Montmorency, maréchaux de France, le seigneur de

Saint-Venant, maître des arbalétriers, sont à la tête des forces

françaises réunies à Amiens. On n’y compte pas moins de douze mille

heaumes, ce qui fait soixante mille hommes, car chaque heaume suppose

au moins cinq hommes, et en outre vingt-quatre mille arbalétriers

génois, espagnols et hommes des cités et bonnes villes. P. 44, 269 à

272.

[83] Philippe de Valois était à Montdidier le 27 avril 1347

(Bibl. nat., dép. des mss., _Chartes royales_, t. III, p. 70;

Arch. nat., JJ68, p. 281); il était à Moreuil, entre Montdidier

et Amiens, au mois de mai (JJ68, p. 140); il passa la plus

grande partie du mois de mai à Amiens (JJ68, p. 167); il quitta

cette ville avant la fin de mai, car plusieurs actes qui portent

la date de ce mois sont donnés, soit sur les champs entre

Beauquesne (Somme, arr. et c. Doullens, entre Amiens et Doullens)

et Lucheux, soit à Lucheux (Somme, arr. et c. Doullens, entre

Doullens et Arras) JJ68, p. 137, 272, 301.

[84] Ce curieux passage, où l’on voit si bien les préventions

passionnées de Philippe de Valois et de sa noblesse contre

l’emploi des villains à la guerre, ne se trouve que dans la

rédaction de Rome (p. 270 et 271 de ce volume). Des trois combats

cités, il y en a un au moins où les villains firent très-bonne

figure, c’est celui de Caen, dont les bourgeois, d’après les

propres paroles d’Édouard III lui-même, «se defenderent _mult

bien et apertement_, si que la melle fut _très fort et lung

durant_.» Voyez Jules Delpit, _Collection générale des documents

français qui se trouvent en Angleterre_, in-4º, 1847, p. 71.

Le roi de France, qui voudrait bien envoyer une partie de ses gens

du côté de Gravelines[85] et qui a besoin pour cela du concours

des Flamands, essaye de détacher ceux-ci de l’alliance d’Édouard

III; il n’y réussit pas et se décide alors à se diriger du côté de

Boulogne.--Informé de ces préparatifs de son adversaire, le roi

d’Angleterre redouble d’efforts pour réduire Calais par la famine;

il fait construire sur le bord de la mer, à l’entrée du havre, un

énorme château muni d’espringales, de bombardes, d’arcs à tour, et

il y établit soixante hommes d’armes et deux cents archers: aucune

embarcation ne peut entrer dans le port de Calais ni en sortir sans

s’exposer à être criblée par l’artillerie de ce château. En même temps,

les Flamands, à l’instigation d’Édouard III, viennent, au nombre de

cent mille, mettre le siége devant Aire[86]; ils brûlent tout le

pays des environs, Saint-Venant[87], Merville[88], la Gorgue[89],

Estaires[90], Laventie[91], localités situées sur une marche qu’on

appelle Laleu[92], et ils se répandent jusqu’aux portes de Saint-Omer

et de Thérouanne.--Sur ces entrefaites, Philippe de Valois vient camper

à Arras[93] et envoie Charles d’Espagne tenir garnison à Saint-Omer. P.

45, 46, 272 à 274.

[85] Nord, arr. Dunkerque, à l’est de Calais.

[86] Aire-sur-la-Lys, Pas-de-Calais, arr. Saint-Omer, au

sud-est de Calais et de Saint-Omer, entre Thérouanne à l’ouest

et Saint-Venant à l’est. En novembre 1348, Philippe de Valois

accorda aux maire, échevins et commune d’Aire, en récompense de

leur fidélité, des priviléges confirmés en 1350 par le roi Jean

(JJ80, p. 97). En novembre 1353, le roi Jean accorda à la ville

d’Aire au comté d’Artois, en considération de ce qu’elle avait

souffert pendant les guerres, une foire annuelle durant quatre

jours, à partir du lundi avant la Pentecôte (JJ82, p. 151).

[87] Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Lillers.

[88] Nord, arr. Hazebrouck.

[89] Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[90] Nord, arr. Hazebrouck, c. Merville.

[91] Pas-de-Calais, arr. Béthune.

[92] Le pays de Laleu, au diocèse d’Arras, était situé à peu

près au point de jonction de ce diocèse avec ceux de Saint-Omer,

d’Ypres et de Tournai.

[93] Philippe de Valois et son fils Jean passèrent à Arras la

plus grande partie du mois de juin (JJ68, p. 170, 300, 323); le

roi de France était à Hesdin à la fin de ce mois (JJ68, p. 335).

Chroniques de J. Froissart, tome 04/13 · 第 1 / 41 段