Principe héroïque de l'éducation.
Il n'est pas difficile de savoir ce que rêve cette dormeuse de
Michel-Ange. Son enfant, à coup sûr. C'est le rêve de toute mère. Elle
le voit qui rayonne, tout gracieux, charmant, et de lumière et de
sourire.
Il tient d'elle beaucoup, aimable miniature, et de figure plus
féminine encore. Est-ce un ange? ou le doux Jacob, l'aimable Benjamin?
Si pourtant il était trop doux, il lui plairait bien moins. La femme
adore la force. La figure s'accentue. Le blond reluit en teintes d'or.
L'or royal! que c'est beau! Ne dirait-on le roi David? Qu'il est fier,
quel regard! L'or est flamme, a des teintes fauves. Tel apparemment
fut David quand il tua le géant.
Voilà les fluctuations maternelles. Le double idéal marie, associe
tout. L'enfant est un miracle: il aura toutes beautés, toutes grâces
et toutes grandeurs. Il sera si doux, si doux que nul coeur
n'échappera. Il sera si fort, si fort que rien ne résistera.
Ainsi va l'Océan du rêve.
Elle s'éveille. Quel dommage! Elle tâche, quoique éveillée, de rêver
encore, repasse amoureusement tout cela. La charmante image a pâli.
Elle est devenue confuse. Est-ce une vraie vue de l'avenir? «Si c'est
un rêve divin, peut-il être contradictoire? Est-ce qu'on peut être à
la fois un héros et un saint? S'il est bon et doux, paisible,
pourra-t-il être un héros? S'il a la force héroïque, sera-t-il un
homme de Dieu?...