TROIS MOIS DE LA RÉGENCE--HOSTILITÉ DE L'ESPAGNE[1]

[Note 1: Noailles a été trop maltraité par Saint-Simon. Ses

idées étaient praticables. L'expulsion des Jésuites, le

lendemain de la mort de Louis XIV, eût été populaire, facile

(autant qu'elle l'avait été en Sicile au duc de Savoie). Elle

eût terrifié le parti jésuite, le duc du Maine. Le rappel des

protestants eût été plus difficile, parce qu'ils avaient

contre eux, non-seulement les Jésuites, mais les jansénistes,

le cardinal de Noailles (_ms. Buvat_, janvier 1716).

Néanmoins, dans l'extrême détresse où on était, lorsque 1,500

personnes mouraient de faim dans une seule paroisse,

Saint-Sulpice (_ibidem_), on eût trouvé fort bon que

l'émigration protestante rapportât ses capitaux, ses

nombreuses et si utiles industries.

Il est certain qu'à ce moment, la Régence fut admirable

d'élan, de bonnes intentions, de réformes utiles, dont

plusieurs sont restées (exemple, la comptabilité régulière,

la suppression d'une foule d'offices, etc.). Les fautes, les

vices du Régent, sont bien moins excusables que la situation

dont il hérite. V. Noailles, Forbonnais, Bailly, mais surtout

M. Doniol, qui a formulé parfaitement que nul remède ne

suffisait dans la situation _sans issue_ que laissait Louis

XIV.]

Histoire de France 1715-1723 (Volume 17/19) · 第 14 / 99 题