LETTRE VINGT-CINQUIÈME.

Le Kremlin au grand jour.--Ses hôtes naturels.--Caractère de son

architecture.--Sens symbolique.--Dimension des églises

russes.--L'histoire des hommes employée comme un moyen de décrire les

lieux.--L'influence d'Ivan IV.--Mot de Pierre Ier.--Patience

coupable.--Les sujets d'Ivan IV et les Russes actuels.--Ivan IV comparé

à tous les tyrans cités dans l'histoire.--Source où j'ai puisé les faits

racontés.--Brochure du prince Wiasemski.--Pourquoi on doit se fier à

Karamsin.

Moscou, ce 8 août 1839.

Une ophthalmie que j'ai gagnée entre Pétersbourg et Moscou m'inquiète et

me fait souffrir. Malgré ce mal, j'ai voulu recommencer aujourd'hui ma

promenade d'hier au soir, afin de comparer le Kremlin du grand jour avec

le fantastique Kremlin de la nuit. L'ombre grandit, déplace toutes

choses, mais le soleil rend aux objets leurs formes et leurs

proportions.

À cette seconde épreuve, la forteresse des Czars m'a encore surpris. Le

clair de lune agrandissait et faisait ressortir certaines masses de

pierres, mais il m'en cachait d'autres, et tout en rectifiant quelques

erreurs, en reconnaissant que je m'étais figuré trop de voûtes, trop de

galeries couvertes, trop de chemins suspendus, de portiques et de

souterrains, j'ai retrouvé assez de toutes ces choses pour justifier mon

enthousiasme.

Il y a de tout au Kremlin: c'est un paysage de pierres.

La solidité de ses remparts surpasse la force des rochers qui les

portent; le nombre et la forme de ses monuments est une merveille. Ce

labyrinthe de palais, de musées, de donjons, d'églises, de cachots est

effrayant comme l'architecture de Martin, c'est aussi grand et plus

irrégulier que les compositions du peintre anglais. Des bruits

mystérieux sortent du fond des souterrains; de telles demeures doivent

être hantées par des esprits, elles ne peuvent convenir à des êtres

semblables à nous. On y rêve aux scènes les plus étonnantes; et l'on

frémit quand on se souvient que ces scènes ne sont point de pure

invention. Là les bruits qu'on entend semblent sortir du tombeau; on y

croit à tout, hors à ce qui est naturel.

Persuadez-vous bien que la citadelle de Moscou n'est nullement ce qu'on

dit qu'elle est. Ce n'est pas un palais, ce n'est pas un sanctuaire

national où se conservent les trésors historiques de l'Empire; ce n'est

pas le boulevard de la Russie, l'asile révéré où dorment les saints,

protecteurs de la patrie: c'est moins et c'est plus que tout cela; c'est

tout simplement la prison des spectres.

Ce matin, marchant toujours sans guide, je suis arrivé jusqu'au milieu

même du Kremlin, et j'ai pénétré seul dans l'intérieur de quelques-unes

des églises qui font l'ornement de cette cité pieuse, aussi vénérée par

les Russes pour ses reliques que pour les richesses mondaines et les

glorieux trophées qu'elle renferme. Je suis trop agité en cet instant

pour vous décrire les lieux avec détail; plus tard je ferai une visite

méthodique au trésor, et vous saurez ce que j'y aurai vu.

Le Kremlin sur sa colline m'est apparu de loin comme une ville

princière, bâtie au milieu de la ville populaire. Ce tyrannique château,

cet orgueilleux monceau de pierres domine le séjour du commun des hommes

de toute la hauteur de ses rochers, de ses murs et de ses campaniles, et

contrairement à ce qui arrive aux monuments d'une dimension ordinaire,

plus on approche de cette masse indestructible, et plus on est

émerveillé. Tel que certains ossements d'animaux gigantesques, le

Kremlin nous prouve l'histoire d'un monde dont nous ne pouvons nous

empêcher de douter encore, même en en retrouvant les débris. À cette

création prodigieuse, la force tient lieu de beauté, le caprice

d'élégance; c'est le rêve d'un tyran, mais c'est puissant, c'est

effrayant comme la pensée d'un homme qui commande à la pensée d'un

peuple; il y a là quelque chose de disproportionné: je vois des moyens

de défense qui supposent des guerres comme il ne s'en fait plus; cette

architecture n'est pas en rapport avec les besoins de la civilisation

moderne.

Héritage des temps fabuleux, où le mensonge était roi sans contrôle:

geôle, palais, sanctuaire; boulevard contre l'étranger, bastille contre

la nation, appui des tyrans, cachots des peuples: voilà le Kremlin!

Espèce d'Acropolis du Nord, de Panthéon barbare, ce sanctuaire national

pourrait s'appeler l'Alcazar des Slaves.

Tel fut donc le séjour de prédilection des vieux princes moscovites, et

pourtant ces redoutables murailles ne suffirent pas encore à calmer

l'épouvante d'Ivan IV.

La peur d'un homme tout-puissant est ce qu'il y a de plus terrible en ce

monde, aussi n'approche-t-on du Kremlin qu'en frémissant.

Des tours de toutes les formes: rondes, carrées, à flèches aiguës, des

beffrois, des donjons, des tourelles, des vedettes, des guérites sur des

minarets, des clochers de toutes les hauteurs, différant de couleurs, de

style et de destination; des palais, des dômes, des vigies, des murs

crénelés, percés; des meurtrières, des mâchicoulis, des remparts, des

fortifications de toutes sortes, des fantaisies bizarres, des inventions

incompréhensibles, un kiosque à côté d'une cathédrale; tout annonce le

désordre et la violence, tout trahit la continuelle surveillance

nécessaire à la sûreté des êtres singuliers qui se condamnèrent à vivre

dans ce monde surnaturel. Mais ces innombrables monuments d'orgueil, de

caprice, de volupté, de gloire, de piété, malgré leur variété apparente

n'expriment qu'une seule et même pensée qui domine ici partout: la

guerre soutenue par la peur. Le Kremlin est sans contredit l'oeuvre d'un

être surhumain, mais d'un être malfaisant. La gloire dans l'esclavage,

telle est l'allégorie figurée par ce monument satanique, aussi

extraordinaire en architecture que les visions de saint Jean sont

extraordinaires en poésie: c'est l'habitation qui convient aux

personnages de l'Apocalypse.

En vain chaque tourelle a son caractère et son usage particulier, toutes

ont la même signification: la terreur armée!

Les unes ressemblent à des bonnets de prêtres, d'autres à la gueule d'un

dragon, d'autres à des glaives renversés: la garde en bas, la pointe en

haut: d'autres rappellent la forme et jusqu'à la couleur de certains

fruits exotiques: d'autres encore ont la figure d'une coiffure de Czars

pointue et ornée de pierreries comme celle du doge de Venise: d'autres

enfin sont de simples couronnes, et toutes ces espèces de tours revêtues

de tuiles vernissées; toutes ces coupoles métalliques, tous ces dômes

émaillés, dorés, azurés, argentés brillent au soleil comme des émaux sur

une étagère, ou plutôt comme les stalactites colossales des mines de sel

qu'on voit aux environs de Cracovie. Ces énormes piliers, ces flèches de

diverses formes, pyramidales, rondes, pointues, mais rappelant toujours

un peu la figure humaine, dominent la ville et le pays.

À les voir de loin briller dans le ciel, on dirait d'une réunion de

potentats richement vêtus et décorés des insignes de leur dignité: c'est

une assemblée d'ancêtres, un conseil de Rois siégeant sur des tombeaux;

ce sont des spectres qui veillent sur le faîte d'un palais.

Habiter le Kremlin ce n'est pas vivre, c'est se défendre; l'oppression

crée la révolte, la révolte nécessite les précautions; les précautions

accroissent le danger, et de cette longue suite d'actions et de

réactions naît un monstre, le despotisme qui s'est bâti une maison à

Moscou: le Kremlin! voilà tout. Les géants du monde antédiluvien s'ils

revenaient sur terre visiter leurs faibles successeurs, pourraient

encore se loger là.

Tout a un sens symbolique, volontaire ou non, dans l'architecture du

Kremlin; mais ce qui reste de réel quand vous avez surmonté votre

première épouvante pour pénétrer au sein de ces sauvages magnificences,

c'est un amas de cachots pompeusement surnommés palais et cathédrales.

Les Russes ont beau faire, ils ne sortent pas de prison.

Leur climat lui-même est complice de la tyrannie. Le froid de ce pays ne

permet pas d'y construire de vastes églises, où les fidèles seraient

gelés pendant la prière; ici l'esprit n'est point élevé au ciel par la

pompe de l'architecture religieuse; sous cette zone, l'homme ne peut

bâtir au bon Dieu que des donjons obscurs. Les sombres cathédrales du

Kremlin, avec leurs voûtes étroites et leurs épaisses murailles

ressemblent à des caves, ce sont des prisons peintes comme les palais

sont des geôles dorées.

Des merveilles de cette effrayante architecture il faut dire ce que les

voyageurs disent de l'intérieur des Alpes: ce sont de belles horreurs.

_Suite de la lettre vingt-cinquième_.

Le même jour, au soir.

Mon oeil s'enflamme de plus en plus: je viens de faire appeler un médecin

qui m'a condamné à rester trois jours dans ma chambre avec un bandeau.

Heureusement que l'un de mes yeux me reste; je puis m'occuper.

J'ai le projet d'employer ces trois jours de loisir forcé à terminer un

travail commencé pour vous à Pétersbourg et interrompu par les

agitations de la vie que je menais dans cette ville. C'est l'aperçu du

règne d'Ivan IV, le tyran par excellence, et l'âme du Kremlin. Ce n'est

pas qu'il ait bâti cette forteresse, mais il y est né, il y est mort, il

y revient, son esprit y demeure.

Le plan en fut conçu et exécuté par son aïeul Ivan III et par des hommes

de cette trempe; et je veux me servir de ces figures colossales comme de

miroirs pour vous représenter le Kremlin, qu'il me faut, je le sens,

renoncer à vous peindre tout simplement; car ici mes paroles ne vont pas

aux choses. D'ailleurs cette manière détournée de compléter une

description me paraît neuve, et je la crois sûre; aussi bien j'ai fait

jusqu'à présent ce qui dépendait de moi pour vous donner l'idée du lieu

en lui-même, il faut maintenant vous faire l'histoire des hommes qui

l'habitèrent.

Si de l'arrangement d'une maison nous déduisons le caractère de la

personne qui l'habite, ne pouvons-nous pas, par une opération d'esprit

analogue, nous figurer l'aspect des édifices d'après les hommes pour

lesquels ils furent construits? Nos passions, nos habitudes, notre génie

sont bien assez puissants pour se graver ineffaçablement jusque sur les

pierres de nos demeures.

Certes, s'il existe un monument auquel puisse s'appliquer ce procédé de

l'imagination, c'est le Kremlin...

On voit là l'Europe et l'Asie en présence, et le génie des Grecs du

Bas-Empire les unit.

À tout prendre, soit que l'on considère cette forteresse sous le rapport

purement historique, soit qu'on la contemple du point de vue poétique et

pittoresque, c'est le monument le plus national de la Russie, et, par

conséquent, le plus intéressant pour les Russes comme pour les

étrangers.

Je vous l'ai dit, Ivan IV n'a point bâti le Kremlin: ce sanctuaire du

despotisme fut reconstruit en pierre sous Ivan III, en 1485, par deux

architectes italiens, Marco et Pietro Antonio, appelés à Moscou par le

_Grand Prince_[27], qui voulait relever les remparts naguère de bois de

la forteresse fondée plus anciennement sous Dmitri Donskoï.

Mais si ce palais n'est pas l'oeuvre d'Ivan IV, il est sa pensée. C'est

par esprit de prophétie que ce grand Roi a élevé le palais du tyran son

petit-fils. Il y a eu des architectes italiens partout: nulle part ces

hommes n'ont rien produit qui ressemble à l'oeuvre accomplie par eux à

Moscou. J'ajoute qu'il y a eu ailleurs des souverains absolus, injustes,

arbitraires, bizarres, et que pourtant le règne d'aucun de ces monstres

ne ressemble au règne d'Ivan IV: la même graine germant sous des zones

et dans des terrains différents produit des plantes du même genre, mais

de dimensions et d'aspects divers. La terre ne verra pas deux

chefs-d'oeuvre du despotisme pareils au Kremlin, ni deux nations aussi

superstitieusement patientes que le fut la nation moscovite sous le

règne fabuleux de son tyran.

Les suites s'en font encore sentir de nos jours. Si vous m'aviez

accompagné dans ce voyage, vous découvririez, avec moi, au fond de l'âme

du peuple russe les inévitables ravages du pouvoir arbitraire poussé à

ses dernières conséquences; d'abord c'est une indifférence sauvage pour

la sainteté de la parole, pour la vérité des sentiments, pour la justice

des actes; puis c'est le mensonge triomphant, le manque de probité, la

mauvaise foi, la fraude sous toutes les formes; en un mot, le sens moral

est émoussé.

Il me semble voir une procession de vices sortir par toutes les portes

du Kremlin pour inonder la Russie.

Pierre Ier disait qu'il faudrait trois juifs pour tromper un Russe; nous

qui ne sommes pas obligés de ménager nos termes comme un Empereur, nous

traduisons ce mot ainsi: «Un Russe à lui seul attraperait trois juifs.»

D'autres nations ont supporté l'oppression, la nation russe l'a aimée;

elle l'aime encore. Ce fanatisme d'obéissance n'est-il pas

caractéristique? Ici, toutefois, on ne peut nier que cette manie

populaire ne devienne, par exception, le principe d'actions sublimes.

Dans ce pays inhumain, si la société a dénaturé l'homme, elle ne l'a pas

rapetissé: il n'est pas bon, mais il n'est pas mesquin: c'est aussi ce

qu'on peut dire du Kremlin. Cela ne fait pas plaisir à regarder, mais

cela fait peur. Ce n'est pas beau, c'est terrible, terrible comme le

règne d'Ivan IV.

Un tel règne aveugle à jamais l'âme humaine chez la nation qui l'a subi

patiemment jusqu'au bout: les derniers neveux de ces hommes, stigmatisés

par les bourreaux, se ressentiront de la prévarication de leurs pères:

le crime de lèse-humanité dégrade les peuples jusque dans leur postérité

la plus reculée. Ce crime ne consiste pas seulement à exercer

l'injustice, mais à la tolérer; un peuple qui, sous prétexte que

l'obéissance est la première des vertus, lègue la tyrannie à ses neveux,

méconnaît ses propres intérêts; il fait pis que cela, il manque à ses

devoirs.

L'aveugle patience des sujets, leur silence, leur fidélité à des maîtres

insensés sont de mauvaises vertus: la soumission n'est louable, la

souveraineté vénérable qu'autant qu'elles deviennent des moyens

d'assurer les droits de l'humanité. Quand le Roi les méconnaît, quand il

oublie à quelles conditions il est permis à un homme de régner sur ses

semblables, les citoyens ne relèvent plus que de Dieu, leur maître

éternel, qui les délie du serment de fidélité au maître temporel.

Voilà des restrictions que les Russes n'ont jamais admises ni comprises;

pourtant elles sont nécessaires au développement de la vraie

civilisation; sans elles, il arriverait un moment où l'état social

deviendrait plus nuisible qu'utile à l'humanité, et les sophistes

auraient beau jeu pour renvoyer l'homme au fond des bois.

Cependant une telle doctrine, avec quelque modération qu'on l'expose et

qu'on veuille la mettre en pratique, passe pour séditieuse à

Pétersbourg, bien qu'elle ne soit que l'application des saintes

Écritures. Donc, les Russes de nos jours sont les dignes enfants des

sujets d'Ivan IV. C'est un des motifs qui me décident à vous faire le

court résumé de ce règne.

En France j'avais oublié cette histoire; mais en Russie on est bien

forcé de s'en retracer les affreux détails. Ce sera le sujet de ma

prochaine lettre; ne craignez pas l'ennui: jamais récit ne fut plus

intéressant, ou du moins plus curieux.

Cet insensé a, pour ainsi dire, dépassé les limites de la sphère où la

créature a reçu de Dieu, sous le nom de libre arbitre, la permission de

faire du mal: jamais le bras de l'homme n'a porté si loin. La brutale

férocité d'Ivan IV fait pâlir les Tibère, les Néron, les Caracalla, les

Louis XI, les Pierre-le-Cruel, les Richard III, les Henri VIII, enfin

tous les tyrans anciens et modernes avec leurs juges les plus

incorruptibles: Tacite à leur tête.

Aussi, avant de vous retracer les détails de ces incroyables excès, je

sens le besoin de protester de mon exactitude. Je ne citerai rien de

mémoire; en commençant ce voyage, j'ai rempli ma voiture des livres qui

m'étaient nécessaires, et la principale source où j'ai puisé, c'est

Karamsin, auteur qui ne peut être récusé par les Russes, puisqu'on lui

reproche d'avoir adouci plutôt qu'exagéré les faits défavorables à la

renommée de sa nation. Une prudence excessive et qui va jusqu'à la

partialité, tel est le défaut de cet auteur: en Russie le patriotisme

est toujours entaché de complaisance. Tout écrivain russe est courtisan:

Karamsin l'était: j'en trouve la preuve dans une petite brochure publiée

par un autre courtisan, le prince Wiasemski: c'est la description de

l'incendie du palais d'hiver à Pétersbourg, description qui est écrite

tout à la louange du souverain, lequel cette fois a mérité les éloges

qu'on lui adresse. On y trouve le passage suivant:

«Quelle est la noble famille de Russie qui n'ait aussi quelque glorieux

souvenir à revendiquer dans ses murs[28]? Nos pères, nos ancêtres,

toutes nos illustrations politiques, administratives, guerrières, y

reçurent des mains du souverain, et au nom de la patrie, les témoignages

éclatants dus à leurs travaux, à leurs services, à leur valeur. C'est

ici que Lomonosloff, que Derjavine firent résonner leur lyre nationale,

que _Karamsin lut les pages de son histoire_ devant un auditoire

auguste[29]. Ce palais était le palladium (_sic_) des souvenirs de

toutes nos gloires; c'était le Kremlin de notre histoire moderne.»

(_Incendie du palais d'hiver à Saint-Pétersbourg_, par le prince

Wiasemski. Paris, G. A. Dentu, Palais-Royal, galerie vitrée, n° 13, page

11.)

On peut, on doit donc ajouter foi à Karamsin quand il raconte les

monstruosités de la vie d'Ivan IV. J'affirme que tous les faits que vous

lirez dans mon précis, se trouvent racontés avec plus de détails, par

cet historien, dans son livre intitulé: _Histoire de l'Empire de

Russie_, par M. de Karamsin, traduite par Jauffret et terminée par M. de

Divoff, conseiller d'État actuel et chambellan de l'Empereur de Russie;

onze volumes grand in-8°. Paris, à la galerie de Bossange père, libraire

de S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans, rue de Richelieu, n°60, près

de l'arcade Colbert, 1826.

La Russie en 1839, Volume III · 第 15 / 28 题