Un médecin militaire russe, le docteur Wraden, vient d'adresser, de
l'armée de Mandchourie à un journal de médecine de son pays,
d'intéressants documents sur les blessures produites par le fusil
japonais.
Pour cet observateur, ce fusil mérite vraiment, autant qu'une pareille
expression peut être justifiée, la dénomination d'_arme humanitaire_.
L'enveloppe de son projectile, très épaisse, ne se déchire jamais, même
quand le plomb se déforme.
Bien entendu, de près, l'action hydrodynamique du projectile est
considérable! et, jusqu'à 200 pas, le cerveau, l'estomac, les intestins
éclatent sous son choc. Mais cette action explosive n'existe plus à
partir de 400 à 500 pas, et alors il se produit seulement des
perforations très nettes, dont l'évolution est remarquablement
favorable. Les os et les articulations semblent avoir été traversés par
un corps pointu aseptique, et même les blessures de l'intestin et du
poumon ne doivent pas être considérées comme graves.
De 800 à 1.000 pas, l'action de la balle devient de moins en moins
nette, et les tissus sont dilacérés et souillés de débris
vestimentaires. Ces blessures sont alors fréquemment infectées.
Enfin, au delà de 1.000 pas, les projectiles restent dans les tissus
sans être déformés et sans briser les os.
La balle japonaise est donc bien une balle humanitaire. Et, en effet,
moins d'un mois après leur blessure, 32% des blessés sont déjà revenus
dans les rangs.
Le paquet de pansement du soldat japonais donne d'ailleurs d'excellents
résultats. Imaginé par le docteur Kihouchi, médecin militaire japonais,
il se compose d'une compresse de gaze stérilisée dans laquelle on
emmagasine une certaine quantité de cendre de paille. Il paraît en tout
cas bien supérieur au paquet de pansement du soldat russe, qui se
compose d'une gaze au sublimé, qui a des propriétés irritantes.