XXX.

Elle va à Paris; elle assiste à tout; elle soulage tout.--Avant de

retourner au Cayla rejoindre son père, elle va passer quelques

semaines en Nivernais chez une charmante amie digne d'elle, jeune,

belle, lettrée, Mme de Maistre. Elle se lie d'amitié avec cette

compagne dont l'âme aimante et mystique a de l'analogie avec la

sienne.

Description de journées de joie et d'ennui dans son vieux château du

Berry et de quelques courses jusqu'aux neiges de l'Auvergne.

Effusions intimes par-ci par-là, qui rappellent l'âme à son nid comme

le chalumeau du berger rappelle au bercail le troupeau dispersé.

À cette époque percent çà et là quelques mots qui font entrevoir un

goût naissant, mais caché, pour un ami de son frère, M. d'Aurevilly,

homme de même race, qui lui donne de temps en temps des nouvelles de

son frère et qu'elle semble aimer par reconnaissance. Mais la pitié,

tout aimable qu'elle est, n'est pas de l'amour! Il semble que M.

d'Aurevilly avait le coeur engagé ailleurs. On ne sait rien à cet

égard, tout flotte dans la pénombre, tout s'évanouit dans le silence

et peut-être dans les larmes.--«Pauvre coeur, n'auras-tu pas trop de

poids?--Oh! le mot! encore un mot de sainte Thérèse. Ou souffrir ou

mourir! Xavier de Maistre est à Paris, je l'ai vu, je lui écris, je

l'aime.» Qui n'eût pas aimé le vieillard de quatre-vingt-cinq ans,

dont l'âme avait la naïve jeunesse de vingt-cinq ans?

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 201 / 229 题