XXIX.

Le 22 août.

«Mme et M. de Faramond, une lettre de Louise, hier une d'Antoinette,

plaisir et bonheur. Demain, je pars avec ces demoiselles. Adieu,

cahier; mais je le prendrai peut-être pour me trouver avec toi.»

Le 25 août.

«Oh! les vieux châteaux, avec leurs grandes salles, leurs meubles

antiques, leurs larges fenêtres d'où l'on voit tout le ciel, les

portraits de belles dames et de grands seigneurs, cela fait je ne sais

quel plaisir à voir, à s'y voir errant de chambre en chambre. Oh!

j'aime les vieux châteaux, et je me complais depuis un jour dans cette

jouissance. C'est de Montels que je t'écris, dans une chambre écartée

où j'ai, par bonheur, trouvé de l'encre; j'avais oublié d'en prendre,

et c'était grande privation de ne pouvoir rien tracer de tout ce qui

se peint en moi dans cette demeure de mon goût. Je m'y plairais

toujours, d'autant qu'à chaque endroit ce sont des souvenirs

d'enfance, et tu sais comme ce passé fait plaisir. J'avais neuf ans

quand je vins à Montels. En arrivant j'ai reconnu l'église sous son

grand ormeau où j'allais sauter à l'ombre, puis la grande cour et puis

la petite avec son puits, la porte à vitres du salon, et, dans ce

salon, les grandes belles dames que j'aimais tant à voir; une à côté

d'un capucin en méditation qui fait contraste, chose que je n'avais

pas tant remarquée qu'à présent. Dans l'enfance, les effets de

réflexion touchent peu. Nous sortons, nous courons.»

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 200 / 229 题