I.

Il y a une littérature extérieure et publique, il y a une littérature

intérieure et privée. Celle-là est aussi supérieure à l'autre que

l'âme est au-dessus du corps. C'est d'elle que nous continuons de

vous entretenir aujourd'hui en feuilletant jusqu'à la fin cette

correspondance et ce journal intime de cet ange terrestre qu'on

appelait Eugénie de Guérin, ce saint Augustin des femmes, seulement un

saint Augustin sans péché, dont les larmes ne furent point de

l'expiation, mais des effusions du coeur, effusions tantôt

d'enthousiasme pour Dieu, tantôt de pitié pour ses créatures, tantôt

d'admiration pour la nature, et qui ne vécut comme la fleur de l'herbe

des champs que pour verser sa douce odeur sous les pieds de son père,

de son frère et de ses amis.

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 172 / 229 题