XLVIII.

Arrêtons-nous un moment ici, où ses dernières joies finissent, et

demandons à nos lecteurs s'ils ont trouvé ailleurs ces ouvertures sur

l'âme humaine qui laissent mieux voir au fond d'un coeur. Et quel

coeur! et quelle admirable imagination! et quelle beauté dans la

simplicité des événements, toujours les mêmes! et quelle variété dans

la monotonie!

Mais est-ce que l'événement, quelque semblable qu'il soit à lui-même,

est jamais monotone?

Est-ce que l'eau du fleuve pur, qui coule la même en se renouvelant

toujours, ennuie jamais l'oeil qui la voit couler en reflétant les

scènes de son rivage?

La monotonie n'est pas dans la nature, elle est un nom; l'âme douée

d'une vie éternelle donne la vie à tout ce qui l'impressionne; sa

candeur n'est pas le néant, sa candeur est sa sincérité; plus elle

s'observe, plus elle se peint elle-même; plus elle se passionne et

plus elle nous intéresse.

Allons encore quelques pas dans cette belle vie, et voyons-la finir

comme elle a commencé: dans la douce candeur de la douleur confiante,

comme dans la naïve joie de la fleur qui vient d'éclore pour jouir,

aimer, souffrir, et embaumer ce qui la foule aux pieds sans la

cueillir et sans la voir.

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 167 / 229 题