XXXII.

Et plus loin:

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«Je demande à mon âme ce qu'elle a vu aujourd'hui, ce

qu'elle a appris, ce qu'elle a aimé, car chaque jour elle aime quelque

chose.

«Ce matin j'ai vu un beau ciel, le marronnier verdoyant, et entendu

chanter les petits oiseaux. Je les écoutais sous le grand chêne, près

du Téoulé dont on nettoyait le bassin.

«Ces jolis chants et ce lavage de fontaine me donnaient à penser

diversement: les oiseaux me faisaient plaisir, et, en voyant s'en

aller toute bourbeuse cette eau si pure auparavant, je regrettais

qu'on l'eût troublée, et me figurais notre âme quand quelque chose la

remue; la plus belle même se décharme quand on en touche le fond, car

au fond de toute âme humaine il y a un peu de limon.

«Voilà bien la peine de prendre de l'encre pour écrire de ces

inutilités!»

Cette âme aimante épie toute chose pour l'aimer. Le 15, elle entend le

premier rossignol.

Le 15 avril.

«À mon réveil, j'ai entendu le rossignol, mais rien qu'un soupir, un

signe de voix. J'ai écouté longtemps sans jamais entendre autre chose.

Le charmant musicien arrivait à peine et n'a fait que s'annoncer.

C'était comme le premier coup d'archet d'un grand concert. Tout chante

ou va chanter.»

Et quelques pages plus loin, à propos d'un enfant de deux ans, à qui

la mort a enlevé sa mère:

«Le coeur apprend à s'affliger comme il apprend à aimer, en

grandissant.»

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 151 / 229 题