Le 25, la nuit est superbe; c'est un des événements de cette solitude.
Voyez comme elle en jouit:
«Je regarde par ma fenêtre avant de me coucher, pour voir quel temps
il fait et pour en jouir un moment, s'il est beau.
«Ce soir, j'ai regardé plus qu'à l'ordinaire, tant c'était ravissant,
cette belle nuit! Sans la crainte du rhume, j'y serais encore. Je
pensais à Dieu qui a fait notre prison si radieuse; je pensais aux
saints qui ont toutes ces belles étoiles sous leurs pieds; je pensais
à toi qui les regardais peut-être comme moi. Cela me tiendrait
aisément toute la nuit; cependant il faut fermer la fenêtre à ce beau
dehors et cligner les yeux sous des rideaux!
«Éran m'a apporté ce soir deux lettres de Louise. Elles sont
charmantes, ravissantes d'esprit, d'âme, de coeur, et tout cela pour
moi! Je ne sais pourquoi je ne suis pas transportée, ivre d'amitié.
Dieu sait pourtant si je l'aime.
«Voilà ma journée jusqu'à la dernière heure. Il ne me reste que la
prière du soir et le sommeil à attendre. Je ne sais s'il viendra, il
est loin.
«Il est possible que Mimi vienne demain. À pareille heure, je l'aurai;
elle sera là, ou plutôt nous reposerons sur le même oreiller, elle me
parlant de Gaillac, et moi du Cayla.»