IV.

Le château du Cayla était de père en fils possédé et habité par la

famille de M. de Guérin, dont la jeune femme était née dans le bourg

de Cahuzac. Mademoiselle de Cahuzac, d'une maison assez riche pour le

pays, avait apporté en dot à M. de Guérin quelques petites terres, et,

après la mort de ses grands-parents, une assez grande maison meublée

dans la petite ville de Cahuzac. Cette alliance donnait aux Guérin une

aisance et une parenté plus larges dans le rayon du Cayla.

Le château du Cayla se composait d'une cour, autrefois pavée, et dont

les eaux des écuries avaient défoncé les larges dalles. Les fumiers

des chevaux, des vaches et des moutons, entassés immémorialement aux

portes, tapissaient les murailles de ces bâtiments, et servaient

partout de clôture.

Les cuisines ouvraient, par un perron élevé de quelques marches, sur

ce vaste cloaque; quelques sureaux et quelques houx, dont la forte

racine ne craint pas le sol des bergeries, croissaient dans les angles

des murs.

Les portes, ou les barrières à claire-voie, étaient sans cesse

ouvertes, et permettaient nuit et jour aux passants de monter les

degrés de pierre pour venir demander le morceau de pain, le coup d'eau

à puiser au seau suspendu derrière la porte, et aux paysans du hameau

d'Andillac de vivre pour ainsi dire en commun avec les habitants de la

maison.

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 123 / 229 题