XXVII.

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«Par intervalles, Cosette bégayait une parole. Son âme tremblait à ses

lèvres comme une goutte de rosée à une fleur.

«Peu à peu ils se parlèrent. L'épanchement succéda au silence, qui est

la plénitude. La nuit était sereine et splendide au-dessus de leur

tête. Ces deux êtres, purs comme des esprits, se dirent tout, leurs

songes, leurs ivresses, leurs extases, leurs chimères, leurs

défaillances, comme ils s'étaient adorés de loin, comme ils s'étaient

souhaités, leur désespoir quand ils avaient cessé de s'apercevoir. Ils

se confièrent dans une intimité idéale, que rien déjà ne pouvait plus

accroître, ce qu'ils avaient de plus caché et de plus mystérieux. Ils

se racontèrent, avec une foi candide dans leurs illusions, tout ce que

l'amour, la jeunesse et ce reste d'enfance qu'ils avaient, leur

mettaient dans la pensée. Ces deux coeurs se versèrent l'un dans

l'autre, de sorte qu'au bout d'une heure c'était le jeune homme qui

avait l'âme de la jeune fille et la jeune fille qui avait l'âme du

jeune homme. Ils se pénétrèrent, ils s'enchantèrent, ils

s'éblouirent.

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 69 / 229 题