Quant à nous, nous persistons à croire que 1815 fut le désastre
immérité d'une armée vaillante et sublime, que Napoléon commanda mal
ce jour-là des manoeuvres tardives, et abandonna au hasard du reste de
la journée sa fortune, c'est-à-dire la moitié du génie d'un
conquérant.
Nous laissons M. Hugo, M. Thiers, M. Quinet, M. Charras, mâcher et
remâcher cette journée, revanche des vaincus au jeu des batailles, et
nous disons: Il est plus beau d'accepter une défaite et de s'en
relever, que de se révolter sans cesse contre la triste vérité,
surtout devant sa capitale conquise, son empereur à Sainte-Hélène, son
pays rançonné, et de soutenir au monde qu'on a marché de victoire en
victoire, de Madrid à Toulon, de Moscou au Rhin, de Leipsik à Mayence,
de Waterloo à Paris, à la suite d'un homme infaillible qui n'a pas
fait un faux pas dans sa vie. La franchise a sa noblesse, et
l'histoire a ses leçons.