Ce n'est pas là de la critique littéraire seulement; nous n'en faisons
pas: ce livre a bien une autre portée que des phrases. C'est de la
critique philosophique, sociale, morale, historique; c'est le
soulèvement du coeur français contre l'ignobilité du mot qu'on lui
prête. Ce mot est une adulation à la trivialité de la multitude
hébétée de rage, qui, faute de trouver une parole, jette l'excrément
au visage du destin; c'est de la démagogie grammaticale qui, voulant
que tout lui ressemble, enlève au soldat et au peuple une réplique
immortelle, pour lui substituer ce qui n'a de nom dans aucune langue,
une bestialité muette cherchant une injure sur ses lèvres, et n'y
trouvant qu'un sale idiotisme dans le coeur de tant de héros! Mieux
valait mourir en silence!
Nous n'aimons pas davantage ces chicanes à la victoire, qui
rapetissent les vainqueurs en rapetissant les vaincus.
Il serait temps d'en finir, ou bien de changer résolument l'histoire,
et d'écrire, à l'exemple du père Loriquet ou des libéraux de 1815:
Waterloo, grande victoire gagnée par Napoléon sur les Anglais et sur
les Prussiens dans les plaines de Belgique.
Cela serait plus simple, et tout aussi vrai que ces hymnes au génie
fatigué de Napoléon; et, comme l'histoire n'est souvent qu'une vérité
convenue, cela finirait tout, et tout serait dit!