XXVI.

Ce n'est pas là de la critique littéraire seulement; nous n'en faisons

pas: ce livre a bien une autre portée que des phrases. C'est de la

critique philosophique, sociale, morale, historique; c'est le

soulèvement du coeur français contre l'ignobilité du mot qu'on lui

prête. Ce mot est une adulation à la trivialité de la multitude

hébétée de rage, qui, faute de trouver une parole, jette l'excrément

au visage du destin; c'est de la démagogie grammaticale qui, voulant

que tout lui ressemble, enlève au soldat et au peuple une réplique

immortelle, pour lui substituer ce qui n'a de nom dans aucune langue,

une bestialité muette cherchant une injure sur ses lèvres, et n'y

trouvant qu'un sale idiotisme dans le coeur de tant de héros! Mieux

valait mourir en silence!

Nous n'aimons pas davantage ces chicanes à la victoire, qui

rapetissent les vainqueurs en rapetissant les vaincus.

Il serait temps d'en finir, ou bien de changer résolument l'histoire,

et d'écrire, à l'exemple du père Loriquet ou des libéraux de 1815:

Waterloo, grande victoire gagnée par Napoléon sur les Anglais et sur

les Prussiens dans les plaines de Belgique.

Cela serait plus simple, et tout aussi vrai que ces hymnes au génie

fatigué de Napoléon; et, comme l'histoire n'est souvent qu'une vérité

convenue, cela finirait tout, et tout serait dit!

Cours familier de Littérature - Volume 15 · 第 35 / 229 题