A Édouard Schuré.
I
En ce temps-là, nous avions vingt ans. Ce n’était pas aujourd’hui,
messires. C’était autrefois.
Si vous croyez, mes pauvres amis, que les oiseaux de ce temps-là
piaillaient de la même manière que ceux d’aujourd’hui, vous vous
trompez, pauvres gens, du tout au tout, et franchement me donnez à
penser que vous êtes hommes de décadence, n’ayant aucune idée précise
sur la réalité des choses passées ni, conséquemment, des présentes.
C’était autrefois. Un beau temps! où les moineaux chantaient comme des
rossignols et peut-être mieux. Un temps, vous dis-je, qu’on ne reverra
plus! Ni vous, qui ne le vîtes jamais, ni moi qui l’ai vu, ni ceux qui
viendront, personne ne le reverra!
Il y a, comme cela, des temps et des choses qu’on ne voit qu’une
fois--et que beaucoup ne voient jamais.