[32] L'appareil du télégraphe électrique imprimeur.

[33] Expérience vulgaire en physique. Si de deux points lumineux on fait

entrer deux rayons rouges dans une chambre noire de manière à les faire

tomber sur une surface blanche, dans le cas où ils diffèrent en longueur

d'un cent millionième de pouce, leur intensité est doublée. Il en est de

même, si cette différence en longueur est un nombre entier multiple

de cette fraction. Un multiple de 2-1/4, de 3-2/3, etc ... donne une

intensité égale à un seul rayon; mais un multiple de 2-1/2, 3-1/2, etc

... donne une obscurité complète. Pour les rayons violets on observe

les mêmes effets, quand la différence de leur longueur est d'un cent

soixante-sept millionième de pouce; avec tous les autres rayons

les résultats sont les mêmes--la différence s'accroissant dans une

proportion uniforme du violet au rouge.

Des expériences analogues par rapport au son produisent des résultats

analogues.

[34] Mettez un creuset de platine sur une lampe à esprit, et

maintenez-le au rouge; versez-y un peu d'acide sulfurique; cet acide,

bien qu'étant le plus volatile des corps à une température ordinaire,

sera complètement fixé dans un creuset chauffé, et pas une goutte ne

s'évaporera--étant environné de sa propre ionosphère, il ne touche pas,

de fait, les parois du creuset. Introduisez alors quelques gouttes

d'eau, et immédiatement l'acide venant en contact avec les parois

brûlantes du creuset, s'échappe en vapeur acide sulfureuse, et avec une

telle rapidité que le calorique de l'eau s'évapore avec lui, et laisse

au fond du vase une couche de glace, que l'on peut retirer en saisissant

le moment précis avant qu'elle ne se fonde.

[35] Le Daguerréotype.

[36] Quoique la lumière traverse 167,000 milles en une seconde, la

distance des soixante et un Cygni (la seule étoile dont la distance soit

certainement constatée) est si inconcevable que ses rayons mettraient

plus de dix ans pour atteindre la terre. Quant aux étoiles plus

éloignées, vingt ou même mille ans seraient une estimation modeste.

Ainsi, à supposer qu'elles aient été anéanties depuis vingt ou mille

ans, nous pourrions encore les apercevoir aujourd'hui, au moyen de la

lumière émise de leur surface il y a vingt ou mille ans. Il n'est donc

pas impossible, ni même improbable que beaucoup de celles que nous

voyons aujourd'hui soient en réalité éteintes.

Herschel l'ancien soutient que la lumière des plus faibles nébuleuses

aperçues à l'aide de son grand télescope doit avoir mis trois millions

d'années pour atteindre la terre. Quelques-unes, visibles dans

l'instrument de Lord Rosse doivent avoir au moins demandé vingt millions

d'années.

[37] Aristote.

[38] Euclide.

[39] Kant.

[40] Hogg, poète anglais, à la place de Bacon. Jeu de mots: _Bacon_ en

anglais signifiant _lard_, et _hog_, _cochon_.

[41] Le fameux John Stuart Mill, auteur d'un traité de Logique

expérimentale. Le mot Mill en anglais veut dire Moulin, d'où le jeu de

mot à l'adresse de Bentham, dont Mill était le disciple.

[42] Poe a cité et développé ces considérations philosophiques dans son

_Eureka_.

[43] Populace.

[44] Héros.

[45] Héliogabale.

[46] Madler. Poe a exposé et réfuté plus au long le système de cet

astronome dans son _Eureka_.

[47] Le texte anglais explique ce jeu de mots intraduisible en français:

_Cornwallis_ y devient: _some wealthy dealer in corn_, un riche

négociant en blé.

[48] Cuistre prétentieux.

[49] Tabitha Navet.

[50] Vieux canard.

[51] Tintamarre démagogique.

[52] _Critique de la Raison pure.--Eléments métaphysiques des sciences

naturelles._

[53]

Le fuyard peut combattre encore,

Ce que ne peut celui qui est tué.

[54] Romancier américain, que Poe juge ainsi dans ses _Marginalia_: «Son

art est grand et d'un haut caractère, mais massif et sans détails. Il

commence toujours bien, mais il ne sait pas du tout achever; il est

excessivement volage et irrégulier, mais plein d'action et d'énergie.»

[55] «Comme un chien ne se laissera pas détourner d'un lambeau de cuir

graissé».

[56] Nous ne l'avons pas trouvé.

[57] Dans le sens de l'ancien mot _mouleer_, qui moud son blé au moulin

banal. (La Curne de Sante-Palaye.)

[58] Chats tigrés.

[59] phrenes

[60] Le mot attribué à Platon signifie «l'âme est immatérielle.»

Le Diable, en changeant aulos en augos, prétend avoir enlevé à la

définition de Platon tout sens intelligible.

[61] «Cicéron, Lucrèce, Sénèque écrivaient sur la philosophie, mais

c'était la philosophie grecque.»--Condorcet.

[62] Arouet de Voltaire.

[63] Machiavel, Mazarin, Robespierre.

[64] Graham's Magazine, 1841.

[65] «On a imaginé bien des méthodes différentes pour transmettre

d'individu à individu des informations secrètes au moyen d'une écriture

illisible pour tout autre que le destinataire; et on a généralement

appelé cet art de correspondance secrète la _cryptographie_. Les anciens

ont connu plusieurs genres d'écriture secrète. Quelquefois on rasait la

tête d'un esclave, et l'on écrivait sur le crâne avec quelque fluide

coloré indélébile; après quoi on laissait pousser la chevelure, et ainsi

l'on pouvait transmettre une information sans aucun danger de la voir

découverte avant que la dépêche ambulante arrivât à sa destination. La

Cryptographie proprement dite embrasse tous les modes d'écriture rendus

lisibles au moyen d'une clef explicative qui fait connaître le sens réel

du chiffre employé.»

[66] «Un mot suffit au sage.»

[67] «Des phrases sans suite et des combinaisons de mots sans

signification, comme le reconnaîtrait lui-même le savant lexicographe,

cachées sous un chiffre cryptographique, sont plus propres à

_embarrasser_ le chercheur curieux, et défient plus complètement la

pénétration que ne le feraient les plus profonds _apophthegmes_ des plus

savants philosophes. Si les recherches abstruses des scoliastes ne lui

étaient présentées que dans le vocabulaire non déguisé de sa langue

maternelle....»

[68] «Nous avons besoin de nous voir immédiatement pour choses de grande

importance. Les plans sont découverts, et les conspirateurs entre nos

mains. Venez en toute hâte.»

[69] Cet essai, comme l'indique sa forme, n'est autre chose qu'une des

lectures ou conférences que Poe fit en 1844 et 1845 sur la poésie et sur

les poètes en Amérique.

[70] Cette version est empruntée à la traduction que nous avons publiée

des _Poésies complètes de Shelley_,(3 v. in-18, Albert Savine,

éditeur.) Nous saisissons avec empressement cette occasion d'ajouter le

remarquable jugement de Poe sur Shelley aux nombreuses appréciations de

la Critique Anglaise que nous avons citées dans notre livre: _Shelley:

sa vie et ses oeuvres_ (1 v. in-18) qui commente et complète notre

traduction.

«Si jamais homme a noyé ses pensées dans l'expression, ce fut Shelley.

Si jamais poète a chanté (comme les oiseaux chantent)--par une impulsion

naturelle,--avec ardeur, avec un entier abandon--pour lui seul--et pour

la pure joie de son propre chant--ce poète est l'auteur de la _Plante

Sensitive_. D'art, en dehors de celui qui est l'instinct infaillible du

Génie--il n'en a pas, ou il l'a complètement dédaigné. En réalité il

dédaignait la Règle qui est l'émanation de la Loi, parce qu'il

trouvait sa loi dans sa propre âme. Ses chants ne sont que des notes

frustes--ébauches sténographiques de poèmes--ébauches qui suffisaient

amplement à sa propre intelligence, et qu'il ne voulut pas se donner la

peine de développer dans leur plénitude pour celle de ses semblables.

Il est difficile de trouver dans ses ouvrages une conception vraiment

achevée. C'est pour cette raison qu'il est le plus fatigant des poètes.

Mais s'il fatigue, c'est plutôt pour avoir fait trop peu que trop; ce

qui chez lui semble le développement diffus d'une idée n'est que la

concentration concise d'un grand nombre; et c'est cette concision qui le

rend obscur.

»Pour un tel homme, imiter était hors de question, et ne répondait à

aucun but--car il ne s'adressait qu'à son propre esprit, qui n'eût

pas compris une langue étrangère--c'est pourquoi il est profondément

original. Son étrangeté provient de la perception intuitive de cette

vérité que Lord Bacon a seul exprimée en termes précis, quand il a dit

«Il n'y a pas de beauté exquise qui n'offre quelque étrangeté dans ses

proportions.» Mais que Shelley soit obscur, original, ou étrange, il est

toujours sincère. Il ne connaît pas l'_affectation_.»

[71] N.P. Willis, essayste, conteur et poète américain. Poe lui a

consacré un long article dans ses Essais Critiques sur la littérature

américaine. Il reproche surtout à ses compositions «une teinte marquée

de mondanité et d'affectation.»

[72] Poe est revenu à plusieurs reprises sur ce morceau dans ses _Notes

marginales_. L'éloge qu'il fait ici du poète américain Longfellow ne

l'empêche pas de le juger en maint endroit avec une singulière sévérité.

«H.W. Longfellow,» dit-il dans un curieux essai intitulé _Autographie_

où il rapproche le caractère et le génie des écrivains de leur écriture,

«a droit à la première place parmi les poètes de l'Amérique--du moins à

la première place parmi ceux qui se sont mis en évidence comme poètes.

Ses qualités sont toutes de l'ordre le plus élevé, tandis que ses fautes

sont surtout celles de l'affectation et de l'imitation--une imitation

qui touche quelquefois au larcin.»

[73] Poe critique ainsi cette strophe dans ses _Marginalia_:

«Une _seule_ plume qui tombe ne peint que bien imparfaitement la

toute-puissance envahissante des ténèbres; mais une objection plus

spéciale se peut tirer de la comparaison d'une plume avec la chute d'une

autre. La nuit est personnifiée par un oiseau, et les ténèbres, qui sont

la plume de cet oiseau, tombent de ses ailes, comment? comme une autre

plume tombe d'un autre oiseau. Oui, c'est bien cela. La comparaison se

compose de deux termes identiques--c'est-à-dire, qu'elle est nulle.

Elle n'a pas plus de force qu'une proposition identique en logique.»

[74] William Cullen Bryant, l'un des poètes américains les plus admirés

de Poe. «M. Bryant,» dit-il dans son essai critique sur ce poète,

«excelle dans les petits poèmes moraux. En fait de versification, il

n'est surpassé par personne en Amérique, sinon, peut-être, par M.

Sprague.... M. Bryant a du génie et un génie d'un caractère bien

tranché; s'il a été négligé par les écoles modernes, c'est qu'il a

manqué des caractères uniquement extérieurs qui sont devenus le symbole

de ces écoles.»

[75] Poète américain, professeur à l'Université de Maryland, mort à

l'âge de vingt-six ans, 1828. En 1825, il publia à Baltimore le volume

de poésies d'où celle que cite Poe est tirée. Ce volume fut accueilli en

Amérique par les éloges les plus enthousiastes.

[76] Poe a consacré à l'auteur si populaire de la _Chanson de la

chemise_ un assez long article critique où il développe ce qu'il en dit

ici. A côté de la _Belle Inès_ et de la _Maison hantée_, il met a peu

près au même niveau: L'Ode à la _Mélancolie_, le _Rêve d'Eugène Aram_,

le _Pont des Soupirs_ et une pièce qui lui semble peut-être caractériser

le plus profondément le génie de ce singulier poète fantaisiste: _Miss

Kilmanseg et sa Précieuse jambe_. «C'est l'histoire, dit-il, d'une très

riche héritière excessivement gâtée par ses parents; elle tombe un jour

de cheval, et se blesse si gravement la jambe, que l'amputation devient

inévitable. Pour remplacer sa vraie jambe, elle veut à toute force

une jambe d'or massif, ayant exactement les proportions de la jambe

originale. L'admiration que cette jambe excite lui en fait oublier les

inconvénients.

Cette jambe excite la cupidité d'un _chevalier d'industrie_ qui décide

sa propriétaire à l'épouser, dissipe sa fortune, et finalement lui vole

sa jambe d'or, lui casse la tête avec, et décampe. Cette histoire est

merveilleusement bien racontée et abonde en morceaux brillants, et

surtout riches en ce que nous avons appelé la _Fantaisie_.»

[77] Ce poème est adressé à Augusta Leigh, la soeur de Byron.

[78] Nous extrayons des _Marginalia_ de Poe un passage qui complètera

l'idée qu'il ne fait qu'indiquer ici, et où la poétique amoureuse de

Byron jeune est admirablement caractérisée:

«Les anges,» dit madame Dudevant, une femme qui sème une foule

d'admirables sentiments à travers un chaos des plus déhontées et des

plus attaquables fictions, «les anges ne sont pas plus purs que le coeur

d'un jeune homme qui aime en vérité.» Cette hyperbole n'est pas très

loin de la vérité. Ce serait la vérité même, si elle s'appliquait à

l'amour fervent d'un jeune homme qui serait en même temps un poète.

L'amour juvénile d'un poète est sans contredit un des sentiments humains

qui réalise de plus près nos rêves de chastes voluptés célestes.

»Dans toutes les allusions de l'auteur de Childe-Harold à sa passion

pour Mary Chaworth, circule un souffle de tendresse et de pureté presque

spirituelle, qui contraste violemment avec la grossièreté terrestre qui

pénètre et défigure ses poèmes d'amour ordinaires. Le _Rêve_, où se

trouvent retracés ou au moins figurés les incidents de sa séparation

d'avec elle au moment de son départ pour ses voyages, n'a jamais été

surpassé (jamais du moins par lui-même) en ferveur, en délicatesse, en

sincérité, mêlées à quelque chose d'éthéré qui l'élève et l'ennoblit.

C'est ce qui permet de douter qu'il ait jamais rien écrit d'aussi moins

universellement populaire. Nous avons quelque raison de croire que

son attachement pour cette Mary (nom qui semble avoir eu pour lui un

enchantement particulier) fut sérieux et durable. Il y a de ce fait cent

preuves évidentes disséminées dans ses poèmes et ses lettres, ainsi que

dans les mémoires de ses amis et de ses contemporains. Mais le sérieux

et la durée de cet amour ne vont pas du tout à l'encontre de cette

opinion que cette passion (si on peut lui donner proprement ce nom)

offrit un caractère éminemment romantique, vague et imaginatif. Née

du moment, de ce besoin d'aimer que ressent la jeunesse, elle fut

entretenue et nourrie par les eaux, les collines, les fleurs et les

étoiles. Elle n'a aucun rapport direct avec la personne, le caractère

ou le retour d'affection de Mary Chaworth. Toute jeune fille, pour peu

qu'elle ne fût pas dénuée d'attraction, eût été aimée de lui dans les

mêmes circonstances de vie commune et de libres relations, que nous

réprésentent les gravures. Ils se voyaient sans obstacle et sans

réserve. Ils jouaient ensemble comme de vrais enfants qu'ils étaient.

Ils lisaient ensemble les mêmes livres, chantaient les mêmes chansons,

erraient ensemble la main dans la main à travers leurs propriétés

contiguës. Il en résulta un amour non seulement naturel et probable,

mais aussi inévitable que la destinée même.

»Dans de telles circonstances, Mary Chaworth (qui nous est représentée

comme douée d'une beauté peu commune et de quelques talents) ne pouvait

manquer d'inspirer une passion de ce genre, et était tout ce qu'il

fallait pour incarner l'idéal qui hantait l'imagination du poète. Il est

peut-être préférable, au point de vue du pur roman de leur amour, que

leurs relations aient été brisées de bonne heure, et ne se soient point

renouées dans la suite. Toute la chaleur, toute la passion d'âme, la

partie réelle et essentielle de roman qui marquèrent leur liaison

enfantine, tout cela doit être mis entièrement sur le compte du poète.

Si elle ressentit quelque chose d'analogue, ce ne fut sur elle que

l'effet nécessaire et actuel du magnétisme exercé par la présence

du poète. Si elle y correspondit en quelque chose, ce ne fut qu'une

correspondance fatale que lui arracha le sortilège de ses paroles de

feu. Loin d'elle, le barde emporta avec lui toutes les imaginations

qui étaient le fondement de sa flamme--dont l'absence même ne fit

qu'accroître la vigueur; tandis que son amour de la femme, moins idéal

et en même temps moins réellement substantiel, ne tarda pas à s'évanouir

entièrement, par la simple disparition de l'élément qui lui avait donné

l'être. Il ne fut pour elle en somme, qu'un jeune homme qui, sans être

laid ni méprisable, était sans fortune, légèrement excentrique et

surtout boiteux. Elle fut pour lui l'Egérie de ses rêves--la Vénus

Aphrodite sortant, dans sa pleine et surnaturelle beauté, de

l'étincelante écume au-dessus de l'océan orageux de ses pensées.»

[79] William Motherwell (1797-1835) critique et poète écossais; il

publia en 1822 la collection de ses poésies sous ce titre: «Poems,

narrative and Lyrical.» On a publié en 1851 des _Poèmes posthumes_. Il

est aussi remarquable dans ses poèmes élégiaques et tendres que dans ses

chants de guerre.

[80] Jeu de mots intraduisible en français, entre _anointed_, oint,

sacré, et _arointed_, mot fabriqué de _aroint_, exclamation de dégoût:

_arrière!_ qui ne se trouve que dans Shakespeare.

[81] Mûrier.

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