LETTRE XXXVII.

_Madrid, 15 mai 1681._

Je ne suis point encore partie; les pluies ont été si excessives et si

continuelles ici, que les carrosses ni les litières ne peuvent se mettre

en chemin. Présentement que le temps se met au beau, et qu'on nous fait

espérer que nous apprendrons par le premier courrier, que le roi a nommé

le successeur de M. _de Villars_, je partirai plus volontiers avec la

certitude qu'il ne demeurera pas long-temps ici après moi. Leurs

majestés Catholiques revinrent samedi d'Aranjuez. La reine a eu la bonté

de me dire qu'elle eût été au désespoir d'en revenir sitôt, sans la joie

qu'elle avoit de me revoir. Elle n'a pas pourtant engraissé dans ce

charmant séjour. Je l'ai trouvée changée. J'ai vu la reine mère ces

jours passés, dont j'ai tous les sujets du monde de me louer, par toutes

les choses obligeantes qu'elle dit de la conduite de M. _de Villars_ et

de la mienne, quant à l'union de sa belle-fille avec elle; et je suis

bien persuadée qu'elle en écrit conformément à la reine en France. Je

suis à vous, ma chère madame, plus que je ne puis vous le dire.

_Fin des Lettres de Madame de Villars._

Lettres de Mmes. de Villars, de Coulanges et de La Fayette, de Ninon de L'Enclos et de Mademoiselle Aïssé accompagnées de notices bibliographiques, de notes explicatives par Louis-Simon Auger · 第 57 / 267 题