Marguerite.
SOPHIE, _embarrassée_.
C'est-à-dire.... Je répondais seulement,... mais c'est elle qui a
commencé.
MARGUERITE.
C'est vrai, Élisa; je lui ai dit qu'elle disait des sottises; j'avais
raison, puisqu'elle a dit que Camille était ennuyeuse.
ÉLISA.
Mes enfants, mes enfants, est-ce ainsi que vous finissez une si heureuse
journée, en vous querellant, en vous injuriant?»
Sophie et Marguerite rougirent et baissèrent la tête; elles se
regardèrent et dirent ensemble:
«Pardon! Sophie.
--Pardon! Marguerite.»
Puis elles s'embrassèrent. Sophie demanda pardon aussi à Camille, qui
était trop bonne pour lui en vouloir. Elles achevèrent toutes de se
déshabiller, et se couchèrent après avoir dit leur prière avec Élisa.
Élisa les remercia encore tendrement de toute leur affection et de la
journée qui venait de s'écouler.
XXVIII
LA PARTIE D'ANE
MARGUERITE.
Maman, pourquoi ne montons-nous jamais à âne? c'est si amusant!
MADAME DE ROSBOURG.
J'avoue que je n'y ai pas pensé.
MADAME DE FLEURVILLE.
Ni moi non plus; mais il est facile de réparer cet oubli; on peut avoir
les deux ânes de la ferme, ceux du moulin et de la papeterie, ce qui en
fera six.
CAMILLE.
Et où irons-nous, maman, avec nos six ânes?
SOPHIE.
Nous pourrions aller au moulin.
MARGUERITE.
Non, Jeannette est trop méchante; depuis qu'elle m'a volé ma poupée, je
n'aime pas à la voir; elle me fait des yeux si méchants que j'en ai
peur.
MADELEINE.
Allons à la maison blanche, voir Lucie.
SOPHIE.
Ce n'est pas assez loin! nous y allons sans cesse à pied.
MADAME DE FLEURVILLE.
J'ai une idée que je crois bonne; je parie que vous en serez toutes très
contentes.
CAMILLE.
Quelle idée, maman? dites-la, je vous en prie.
MADAME DE FLEURVILLE.
C'est d'avoir un septième âne....
MARGUERITE.
Mais ce ne sera pas amusant du tout d'avoir un âne sans personne dessus.
MADAME DE FLEURVILLE.
Attends donc; que tu es impatiente! Le septième âne porterait les
provisions, et..., et vous ne devinez pas?
MADELEINE.
Des provisions? pour qui donc, maman?
MADAME DE FLEURVILLE.
Pour nous, pour que nous les mangions!
MARGUERITE.
Mais pourquoi ne pas les manger à table, au lieu de les manger sur le
dos de l'âne?»
Tout le monde partit d'un éclat de rire: l'idée de faire du dos de l'âne
une table à manger leur parut si plaisante, qu'elles en rirent toutes,
Marguerite comme les autres.
«Ce n'est pas sur le dos de l'âne que nous mangerons, dit Mme de
Fleurville, mais l'âne transportera notre déjeuner dans la forêt de
Moulins; nous étalerons notre déjeuner sur l'herbe dans une jolie
clairière, et nous mangerons en plein bois.
--Charmant, charmant! crièrent les quatre petites en battant des mains
et en sautant. Oh! la bonne idée! embrassons bien maman pour la
remercier de sa bonne invention.
--Je suis enchantée d'avoir si bien trouvé, répondit Mme de Fleurville
en se dégageant des bras des enfants qui la caressaient à l'envi l'une
de l'autre. Maintenant je vais commander un déjeuner froid pour demain
et m'assurer de nos sept ânes.»
Les petites coururent chez Élisa pour lui faire part de leur joie et
pour lui demander de venir avec elles.
ÉLISA, _en les embrassant_.
Mes chères petites, je vous remercie de penser à moi et de m'inviter à
vous accompagner; mais j'ai autre chose à faire que de m'amuser. A moins
que vos mamans n'aient besoin de moi, j'aime mieux rester à la maison et
faire mon ouvrage.
MADELEINE.
Quel ouvrage? tu n'as rien de pressé à faire!
ÉLISA.
J'ai à finir vos robes de popeline bleue; j'ai à faire des manches, des
cols, des jupons, des chemises, des mou....
MARGUERITE.
Assez, assez, grand Dieu! comme en voilà! Et c'est toi qui feras tout
cela?
ÉLISA.
Et qui donc? sera-ce vous, par hasard.
CAMILLE.
Eh bien, oui; nous t'aiderons toutes pendant deux jours.
ÉLISA, _riant_.
Merci bien, mes chéries! J'aurais là de fameuses ouvrières, qui me
gâcheraient mon ouvrage au lieu de l'avancer! Du tout, du tout, à chacun
son affaire. Amusez-vous; courez, sautez, mangez sur l'herbe; mon devoir
à moi est de travailler: d'ailleurs, je suis trop vieille pour gambader
et courir les forêts.
SOPHIE.
Vous dansiez pourtant joliment le jour du bal.
ÉLISA.
Oh! cela, c'est autre chose: c'est pour entretenir les jambes. Mais sans
plaisanterie, mes chères enfants, ne me forcez pas à être de la partie
de demain, j'en serais contrariée. Une bonne est une bonne, et n'est pas
une dame qui vit de ses rentes; j'ai mon ouvrage et je dois le faire.
L'air sérieux d'Élisa mit un terme à l'insistance des enfants; elles
l'embrassèrent et la quittèrent pour aller raconter à leurs mamans le
refus d'Élisa.
«Élisa, dit Mme de Fleurville, fait preuve de tact, de jugement et de
coeur, chères petites, en refusant de nous accompagner demain; c'est
la délicatesse qu'elle met dans toutes ses actions qui la rend si
supérieure aux autres bonnes que vous connaissez. C'est vrai qu'elle a
beaucoup d'ouvrage; et, si elle perdait à s'amuser le peu de temps qui
lui reste après avoir fait son service près de vous, vous seriez les
premières à en souffrir.»
Les enfants n'insistèrent plus et reportèrent leurs pensées sur la
journée du lendemain.
«Dieu! que la matinée est longue! dit Sophie après deux heures de
bâillements et de plaintes.
--Nous allons dîner dans une demi-heure, répondit Madeleine.
SOPHIE.
Et toute la soirée encore à passer! Quand donc arrivera demain?
MARGUERITE, _avec ironie_.
Quand aujourd'hui sera fini.
SOPHIE, _piquée_.
Je sais très bien qu'aujourd'hui ne sera pas demain, que demain n'est
pas aujourd'hui, que..., que....
MARGUERITE, _riant_.
Que demain est demain, et que M. la Palisse n'est pas mort.
SOPHIE.
C'est bête, ce que tu dis! Tu crois avoir plus d'esprit que les
autres....
MARGUERITE, _vivement_.
Et je n'en ai pas plus que toi. C'est cela que tu voulais dire?
SOPHIE, _en colère_.
Non, mademoiselle, ce n'est pas cela que je voulais dire: mais, en
vérité, vous me faites toujours parler si sottement....
MARGUERITE.
C'est parce que je te laisse dire.
CAMILLE, _d'un air de reproche_.
Marguerite, Marguerite!
MARGUERITE, _l'embrassant_.
Chère Camille, pardon, j'ai tort; mais Sophie est quelquefois... si...,
si..., je ne sais comment dire.
SOPHIE, _en colère_.
Voyons, dis tout de suite _si bête_! Ne te gêne pas, je te prie.
MARGUERITE.
Mais non, Sophie, je ne veux pas dire _bête_; tu ne l'es pas, mais... un
peu... impatientante.
SOPHIE.
Et qu'ai-je donc fait ou dit de si impatient?
MARGUERITE.
Depuis deux heures tu bâilles, tu te roules, tu t'ennuies, tu regardes
l'heure, tu répètes sans cesse que la journée ne finira jamais....
SOPHIE.
Eh bien, où est le mal? je dis tout haut ce que vous pensez tout bas.
MARGUERITE.
Mais du tout; nous ne le pensons pas du tout! N'est-ce pas, Camille?
n'est-ce pas, Madeleine?
CAMILLE, _un peu embarrassée_.
Nous qui sommes plus âgées, nous savons mieux attendre.
MARGUERITE, _vivement_.
Et moi qui suis plus jeune, est-ce que je n'attends pas?
SOPHIE, _avec une révérence moqueuse_.
Oh! toi, nous savons que tu es une perfection, que tu as plus d'esprit
que tout le monde, que tu es meilleure que tout le monde!
MARGUERITE, _lui rendant sa révérence_.
Et que je ne te ressemble pas, alors.»
Mme de Rosbourg avait entendu toute la conversation du bout du salon, où
elle était occupée à peindre; elle ne s'en était pas mêlée, parce
qu'elle voulait les habituer à reconnaître d'elles-mêmes leurs torts;
mais, au point où en était venue l'irritation des deux _amies_, elle
jugea nécessaire d'intervenir.
MADAME DE ROSBOURG.
Marguerite, tu prends la mauvaise habitude de te moquer, de lancer des
paroles piquantes, qui blessent et irritent. Parce que Sophie a su
moins bien que toi réprimer son impatience, tu lui as dit plusieurs
choses blessantes qui l'ont mise en colère: c'est mal, et j'en suis
peinée; je croyais à ma petite Marguerite un meilleur coeur et plus de
générosité.
MARGUERITE, _courant se jeter dans ses bras_.
Ma chère, ma bonne maman, pardonnez à votre petite Marguerite; ne soyez
pas chagrine; je sens la justesse de vos reproches, et j'espère ne plus
les mériter à l'avenir. (_Allant à Sophie._) Pardonne-moi, Sophie; sois
sûre que je ne recommencerai plus, et, si jamais il m'échappe une parole
méchante ou moqueuse, rappelle-moi que je fais de la peine à maman:
cette pensée m'arrêtera certainement.»
Sophie, apaisée par les reproches adressés à Marguerite et par la
soumission de celle-ci, l'embrassa de tout son coeur. Le dîner fut
annoncé, et on lui fit honneur; la soirée se passa gaiement; Sophie
contint son impatience et se mêla avec entrain aux projets formés pour
le lendemain. La nuit ne lui parut pas longue, puisqu'elle dormit tout
d'un somme jusqu'à huit heures, moment où sa bonne vint l'éveiller.
Quand sa toilette fut faite, elle courut à la fenêtre et vit avec
bonheur sept ânes sellés et rangés devant la maison. Elle descendit
précipitamment et les examina tous.
«Celui-ci est trop petit, dit-elle; celui-là est trop laid avec ses
poils hérissés. Ce grand gris a l'air paresseux; ce noir me paraît
méchant; ces deux roux sont trop maigres; ce gris clair est le meilleur
et le plus beau: c'est celui que je garde pour moi. Pour que les autres
ne le prennent pas, je vais attacher mon chapeau et mon châle à la
selle. Elles voudront toutes l'avoir, mais je ne le céderai pas.»
Pendant que, songeant uniquement à elle, elle choisissait ainsi cet âne
qu'elle croyait préférable aux autres, Nicaise et son fils, qui devaient
accompagner la cavalcade, plaçaient les provisions dans deux grands
paniers, qu'on attacha sur le bât de l'âne noir.
Mme de Fleurville, Mme de Rosbourg et les enfants arrivèrent: il était
neuf heures; on avait bien déjeuné, tout était prêt; on pouvait partir.
MADAME DE FLEURVILLE.
Choisissez vos ânes, mes enfants. Commençons par les plus jeunes.
Marguerite, lequel veux-tu?
MARGUERITE.
Cela m'est égal, chère madame; celui que vous voudrez, ils sont tous
bons.
MADAME DE FLEURVILLE.
Eh bien, puisque tu me laisses le choix, Marguerite, je te conseille de
prendre un des deux petits ânes; l'autre sera pour Sophie. Ils sont
excellents.
SOPHIE, _avec empressement_.
J'en ai déjà pris un, madame: le gris clair; j'ai attaché sur la selle
mon chapeau et mon châle.
MADAME DE FLEURVILLE.
Comme tu t'es pressée de choisir celui que tu crois être le meilleur,
Sophie! Ce n'est pas très aimable pour tes amies, ni très poli pour Mme
de Rosbourg et pour moi. Mais, puisque tu as fait ton choix, tu garderas
ton âne, et peut-être t'en repentiras-tu.»
Sophie était confuse; elle sentait qu'elle avait mérité le reproche de
Mme de Fleurville, et elle aurait donné beaucoup pour n'avoir pas montré
l'égoïsme dont elle ne s'était pas encore corrigée. Camille et Madeleine
ne dirent rien et montèrent sur les ânes qu'on leur désigna; Marguerite
jeta un regard souriant à Sophie, réprima une petite malice qui allait
sortir de ses lèvres, et sauta sur son petit âne.
Toute la cavalcade se mit en marche: Mmes de Fleurville et de Rosbourg
en tête, Camille, Madeleine, Marguerite et Sophie les suivant, Nicaise
et son fils fermant la marche avec l'âne aux provisions.
On commença par aller au pas, puis on donna quelques petits coups de
fouet, qui firent prendre le trot aux ânes; tous trottaient, excepté
celui de Sophie, qui ne voulut jamais quitter son camarade aux
provisions. Elle entendait rire ses amies; elle les voyait s'éloigner au
trot et au galop de leurs ânes, et, malgré tous ses efforts et ceux de
Nicaise, son âne s'obstina à marcher au pas, sur le même rang que son
ami. Bientôt les cinq autres ânes disparurent à ses yeux; elle restait
seule, pleurant de colère et de chagrin; le fils de Nicaise, touché de
ses larmes, lui offrit des consolations qui la dépitèrent bien plus
encore.
«Faut pas pleurer pour si peu, mam'selle; de plus grands que vous s'y
trompent bien aussi. Votre _bourri_ vous semblait meilleur que les
autres: c'est pas étonnant que vous n'y connaissiez rien, puisque vous
ne vous êtes pas occupée de bourris dans votre vie. C'est qu'il a l'air,
à le voir comme ça, d'un fameux bourri; moi qui le connais à l'user, je
vous aurais dit que c'est un fainéant et un entêté. C'est qu'il n'en
fait qu'à sa tête! Mais faut pas vous chagriner; au retour, vous le
passerez à mam'selle Camille, qui est si bonne qu'elle le prendra tout
de même, et elle vous donnera le sien, qui est parfaitement bon.»
Sophie ne répondait rien; mais elle rougissait de s'être attiré par son
égoïsme de pareilles consolations. Elle fit toute la route au pas; quand
elle arriva à la halte désignée, elle vit tous les ânes attachés à des
arbres; ses amies n'y étaient plus; elles avaient voulu l'attendre, mais
Mme de Fleurville, qui désirait donner une leçon à Sophie, ne le permit
pas: elle les emmena avec Mme de Rosbourg dans la forêt. Elles y firent
une charmante promenade et une grande provision de fraises et de
noisettes; elles cueillirent des bouquets de fleurs des bois, et,
lorsqu'elles revinrent à la halte, leurs visages roses et épanouis et
leur gaieté bruyante contrastaient avec la figure morne et triste de
Sophie, qu'elles trouvèrent assise au pied d'un arbre, les yeux bouffis
et l'air honteux.
«Ton âne ne voulait donc pas trotter, ma pauvre Sophie? lui dit Camille
d'un ton affectueux et en l'embrassant.
--J'ai été punie de mon sot égoïsme, ma bonne Camille; aussi ai-je formé
le projet de prolonger ma pénitence en reprenant le même âne pour
revenir.
--Oh! pour cela, non; tu ne l'auras pas! s'écria Madeleine: il est trop
paresseux.
--Puisque c'est moi qui ai eu l'esprit de le choisir, dit Sophie avec
gaieté, j'en porterai la peine jusqu'au bout.»
Et Sophie, ranimée par cette résolution généreuse, reprit sa gaieté et
se joignit à ses amies pour déballer les provisions, les placer sur
l'herbe et préparer le déjeuner. Les appétits avaient été excités par la
course; on se mit à table en s'asseyant par terre, et l'on entama
d'abord un énorme pâté de lièvre, ensuite une daube à la gelée, puis des
pommes de terre au sel, du jambon, des écrevisses, de la tourte aux
prunes, et enfin du fromage et des fruits.
MARGUERITE.
Quel bon déjeuner nous faisons! Ces écrevisses sont excellentes.
SOPHIE.
Et comme le pâté était bon!
CAMILLE.
La tourte est délicieuse!
MADELEINE.
Nous avons joliment mangé!
MARGUERITE.
J'avais une faim affreuse.
MADAME DE ROSBOURG.
Veux-tu encore un peu de vin pour faire passer ton déjeuner?
MARGUERITE.
Je veux bien, maman. A votre santé!»
Tous les enfants demandèrent du vin et burent à la santé de leurs
mamans. Le repas terminé, on fit dans la forêt une nouvelle promenade,
et cette fois en compagnie de Sophie.
Nicaise et son fils déjeunèrent à leur tour pendant cette promenade, et
rangèrent les restes du repas et de la vaisselle, qu'ils placèrent dans
les paniers.
«Papa, dit le petit Nicaise, faut pas que mam'selle Camille ait le
bourri _fainéant_ de Mlle Sophie; mettons-lui sur le dos le bât aux
provisions et mettons la selle sur le bourri noir; il n'est pas si
méchant qu'il en a l'air; je le connais, c'est un bon bourri.
--Fais, mon garçon, fais comme tu l'entends.»
Quand les enfants et leurs mamans revinrent, elles trouvèrent les ânes
sellés, prêts à partir. Sophie se dirigeait vers son gris clair et fut
surprise de lui voir le bât aux provisions. Nicaise lui expliqua que son
garçon ne voulait pas que mam'selle Camille restât en arrière.
«Mais c'était mon âne, et pas celui de Camille.
--Faites excuse, mam'selle; mam'selle Camille a dit à mon garçon que ce
serait le sien pour revenir. Mais n'ayez pas peur, mam'selle, le bourri
noir n'est pas méchant; c'est un air qu'il a; faut pas le craindre: il
vous mènera bon train, allez.»
Sophie ne répliqua pas: dans son coeur elle se comparait à Camille;
elle reconnaissait son infériorité; elle demandait au bon Dieu de la
rendre bonne comme ses amies, et ses réflexions devaient lui profiter
pour l'avenir. Camille voulut lui donner son âne, mais Sophie ne voulut
pas y consentir et sauta sur l'âne noir. Tous partirent au trot, puis au
galop; le retour fut plus gai encore que le départ, car Sophie ne resta
pas en arrière. On rentra pour l'heure du dîner; les enfants,
enchantées de leur journée, remercièrent mille fois leurs mamans du
plaisir qu'elles leur avaient procuré.
Mme de Fleurville ouvrit une lettre qu'on venait de lui remettre.
«Mes enfants, dit-elle, je vous annonce une heureuse nouvelle: votre
oncle et votre tante de Ruges et votre oncle et votre tante de Traypi
m'écrivent qu'ils viennent passer les vacances chez nous avec vos
cousins Léon, Jean et Jacques; ils seront ici après-demain.
--Quel bonheur! s'écrièrent toutes les enfants; quelles bonnes vacances
nous allons passer!»
Les vacances et les cousins arrivèrent peu de jours après. Le bonheur
des enfants dura deux mois, pendant lesquels il se passa tant
d'événements intéressants que ce même volume ne pourrait en contenir le
récit. Mais j'espère bien pouvoir vous les raconter un jour[1].
[1] Voyez _les Vacances_ du même auteur.
FIN.
TABLE DES CHAPITRES
Pages.
Dédicace 1
I. Camille et Madeleine 3
II. La promenade, l'accident 5
III. Marguerite 14
IV. Réunion sans séparation 17
V. Les fleurs cueillies et remplacées 22
VI. Un an après.--Le chien enragé 33
VII. Camille punie 40
VIII. Les hérissons 52
IX. Poires volées 72
X. La poupée mouillée 93
XI. Jeannette la voleuse 104
XII. Visite chez Sophie 119
XIII. Visite au potager 128
XIV. Départ 133
XV. Sophie mange du cassis; ce qui en résulte 139
XVI. Le cabinet de pénitence 149
XVII. Le lendemain 163
XVIII. Le rouge-gorge 168
XIX. L'illumination 183
XX. La pauvre femme 195
XXI. Installation de Françoise et de Lucie 215
XXII. Sophie veut exercer la charité 225
XXIII. Les récits 243
XXIV. Visite chez Hurel 249
XXV. Un événement tragique 255
XXVI. La petite vérole 275
XXVII. La fête 287
XXVIII. La partie d'âne 300
FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES
Paris.--Imprimerie LAHURE, 9, rue de Fleurus.
* * * * *
Liste des modifications:
page 15: «elles» remplacé par «elle» (Camille et à Madeleine de
sortir avec elle)
page 24: «n'eut» par «n'eurent» (ni l'une ni l'autre n'eurent le
courage)
page 26: «de» par «du» (que j'ai du chagrin!)
page 38: «mordu» par «mordue» (C'est un chien enragé qui m'a mordue.)
page 48: «petit» par «petite» (sa bonne petite soeur)
page 62: ajouté «pas» (La courageuse enfant ne perdit pas la tête)
page 131: «éclopé» par «éclopée» (toute souffreteuse et toute éclopée)
page 148: «couehée» par «couchée» (quand elle est couchée)
page 151: «Ellle» par «Elle» (Elle s'ennuya pendant deux heures)
page 158: «payerez» par «paierez» (vous paierez les objets)
page 160: «dis» par «dit» (ensuite ce que je t'avais dit d'écrire)
page 174: «appellait» par «appelait» (lorsque Madeleine l'appelait)
page 179: «amertune» par «amertume» (l'amertume du repentir)
page 181: «bon» par «bond» (lorsque Marguerite, qui marchait en avant,
fit un bond)
End of Project Gutenberg's Les petites filles modèles, by comtesse de Ségur