En outre, j’avais été mis à la tête de l’armée égyptienne pour la

défense du territoire, de par la volonté expresse du khédive et de son

ministère d’abord, et de par celle de la nation ensuite.

Tant de faits proclament mon innocence et confirment la justice de ma

cause.

*

* *

Je prie maintenant mes défenseurs, M. Broadley et M. Napier, M. Blunt et

ses dignes amis qui ont le sentiment de l’honneur britannique, de bien

vouloir prendre en considération ce mémoire que j’ai rédigé, avec le

seul souci de l’exactitude, ne cherchant à établir sur les derniers

événements que la vérité, rien que la vérité.

16 El-Higgah 1299 de l’hégire, 29 octobre 1882.

VU, le 19 mai 1924,

_Le Doyen de la Faculté des Lettres de l’Université

de Paris._

Signé : F. BRUNOT.

VU, et permis d’imprimer,

_Le Recteur de l’Académie de Paris_,

Pour le Recteur :

_L’Inspecteur de l’Académie,_

[Note 273 : Dervisch pacha adressa, le 10 juillet, à M. Cartwright — qui

remplaçait provisoirement M. Malet — une protestation contre l’attitude

menaçante prise par la flotte britannique ; il affirmait que le khédive

resterait solidaire avec son ministère ou tomberait avec lui.]

[Note 274 : Il n’est pas sans intérêt de reproduire ici le texte de la

réponse que l’ultimatum de l’amiral Seymour suggéra au Conseil des

Ministres égyptien, _présidé par le Khédive Tewfick_ : « L’Egypte n’a

rien fait qui ait pu justifier l’envoi des flottes combinées. L’autorité

civile et militaire n’a à se reprocher aucun acte autorisant les

réclamations de l’amiral. Sauf quelques réparations urgentes aux

anciennes constructions, les forts sont à cette heure, dans l’état où

ils se trouvaient à l’arrivée des flottes. Nous sommes ici chez nous, et

nous avons le droit et le devoir de nous y prémunir contre tout ennemi

qui prendrait l’initiative d’une rupture de l’état de paix, lequel,

selon le gouvernement anglais, n’a pas cessé d’exister. L’Egypte,

gardienne de ses droits et de son honneur, ne peut rendre aucun fort ni

aucun canon, sans y être contrainte par le sort des armes. Elle proteste

contre votre déclaration de ce jour et tiendra responsable de toutes les

conséquences directes ou indirectes qui pourront résulter d’une attaque

des flottes ou d’un bombardement, la nation qui, en pleine paix, aura

lancé le premier boulet sur la paisible ville d’Alexandrie, au mépris du

droit des gens et des lois de la guerre. »]

[Note 275 : Arabi ignorait-il réellement les causes de l’envoi d’environ

400 fantassins pour faire cordon autour du palais ? L’affirmative nous

étonnerait ; on sait que certains chefs révolutionnaires, voyant

l’attitude douteuse de Tewfick et la présence inattendue de Bédouins

armés, insistaient auprès d’Arabi pour qu’il provoquât le retour

immédiat du khédive au Caire sous la garde des troupes égyptiennes.

Arabi, dont le caractère était entaché de faiblesse et d’indécision,

hésita à prendre parti et envoya, dit-on, les fantassins en question

commandés par un certain Mohamed Monib, une créature du khédive.

Broadley affirme que les 11 et 12 juillet furent deux jours

d’inquiétudes pour le khédive et que ce fut seulement le 13 juillet,

lorsque Monib lui jura fidélité, qu’il put goûter la tranquillité, et

préparer sa fuite.]

[Note 276 : Le khédive, pour donner le change, monta, avec le ministère,

le représentant du Sultan et le personnel de la Cour, dans le train

spécial qui devait le ramener au Caire. Seulement, il prit la direction

d’Alexandrie, forçant ainsi son président du Conseil, par exemple,

Ragheb pacha, à accepter une situation inévitable et donner à l’action

du khédive un air de légalité. Néanmoins, Ragheb pacha resta, pendant la

guerre, fidèle à la cause nationale. Quant à Dervisch pacha, le

représentant du Sultan, il parvint à faire la traversée de la

Méditerranée et retourner à Constantinople malgré la surveillance de la

flotte britannique.]

[Note 277 : Ahmed bey El-Sioufy était un notable commerçant. Quant à Aly

pacha Mobarek, tour à tour ministre de l’Instruction et ministre des

Travaux publics depuis le règne d’Ismaïl, il contribua, dans une large

mesure, par son zèle infatigable à la renaissance égyptienne.]

[Note 278 : Nombre de princes et de princesses de la famille khédiviale

soutenaient la cause d’Arabi. Dans une lettre adressée au commandant en

chef à Kafr-el-Dawar, le prince Ibrahim disait : « Je vous envoie de

tout cœur mes remerciements pour la sollicitude dont vous faites preuve

à l’égard de notre pays qui nous est si cher. Je me rejouis à l’idée que

les hommes de notre pays se sont dévoués pour le défendre contre

l’ennemi. »]

[Note 279 : L’adversaire, c’est le khédive Tewfick.]

[Note 280 : On trouvera dans Broadley le texte des dépêches adressées

par Arabi à M. de Lesseps. On y lira également avec fruit une lettre que

M. de Lesseps avait adressée à M. Blunt à ce sujet et dont il communiqua

une copie à M. Broadley : « Mon seul but, disait M. de Lesseps, était la

préservation de la neutralité du canal maritime — neutralité à laquelle

Arabi resta toujours fidèle et la protection de la vie et de la

propriété des Européens en Egypte. »]

[Note 281 : D’après John Ninet — _Arabi pacha_ — le journal _Al-Ahram_

était entièrement dévoué au contrôle. « Aussi, son rédacteur, M. Takla,

syrien maronite, se montra-t-il sévère à l’endroit de l’honorable baron

de Ring, lorsque les « colonels séditieux » apparurent à l’horizon.

« Riaz et son régime s’écroulèrent. Le journal resta debout, mais il

changea de couleur. Pendant les événements, après le 11 juin, M. Tekla

préféra les environs de Beyrouth aux rues d’Alexandrie. Il revint avec

les Anglais, et ayant trouvé une imprimerie d’occasion, il reprit les

_Pyramides_, et insulta, à tant la ligne, les nationalistes. »

Nous citons cette opinion à titre documentaire. Nous ne sommes pas en

mesure, toutefois, de la confirmer ou de l’infirmer.]

[Note 282 : Le Sultan qui, comme on le sait, se laissa influencer par

Lord Dufferin et déclara Arabi rebelle, était le premier à encourager

Arabi à résister à l’ingérence étrangère et à sauvegarder les droits de

l’Egypte. Son point de vue est exposé dans une de ces deux lettres

curieuses auxquelles fait allusion Arabi et que publie M. Blunt dans son

_Secret History_. Il n’est pas sans intérêt d’en donner ici un extrait :

« Etant donné que Sa Majesté met la plus grande confiance en Ahmed pacha

(Rateb), Sa Majesté me charge de vous dire qu’Elle se fie à vous. Vous

considérant comme un homme d’une haute intégrité, digne de confiance, Sa

Majesté vous demande, avant tout, d’empêcher que l’Egypte ne tombe entre

les mains des étrangers, et de se garder bien de leur fournir aucun

prétexte d’intervention.

« Et, à titre tout à fait confidentiel, je vous informe que le Sultan

n’a pas confiance en Ismaïl, ni en Halim ou Tewfick, mais l’homme qui

songe à l’avenir de l’Egypte et consolide les liens qui la rattache au

Caliphat ; qui assure l’autorité indépendante de Sa Majesté à

Constantinople et ailleurs ; qui est versé dans les intrigues et les

machinations de nos ennemis européens ; qui surveillera leurs faits et

gestes : l’homme qui remplit ces conditions aura la faveur et la

sollicitude de notre Seigneur le Sultan. »

Evidemment, le Sultan ne pense qu’à ses intérêts et veut très habilement

se servir de la religion pour river l’Egypte aux chaînes du Caliphat,

c’est-à-dire de la Turquie suzeraine.]

Note du transcripteur :

Page 1, " Momamed Abduh est une des plus " a été remplacé par

" Mohamed "

Page 6, " civiles, des persécuions religieuses " a été remplacé par

" persécutions "

Page 11, " se servir d’érangers comme " a été remplacé par

" d’étrangers "

Page 11, " créées dans la Basse-Sgypte " a été remplacé par " Basse-

Egypte "

Page 22, " la responsabilité l’Ismaël c’est " a été remplacé par

" d’Ismaël "

Page 25, " la Tuqruie seulement en 1867 " a été remplacé par

" Turquie "

Page 40, note 22, " _Contemperary Review_ en octobre 1882, quand

Idmaïl " a été remplacé par " _Contemporary Review_ en octobre 1882,

quand Ismaïl "

Page 46, " corporation des « bonholders » étrangers " a été

remplacé par " bondholders "

Page 57, " furent runiées et dépeuplées pour " a été remplacé par

" ruinées "

Page 57, " plus grandes institutions fianncières " a été remplacé par

" financières "

Page 58, " le consul franais écrivait le 24 " a été remplacé par

" français "

Page 62, note 38, " Non seulement Nabar " a été remplacé par " Nubar "

Page 65, " de la machine adminisrtative " a été remplacé par

" administrative "

Page 66, " reçut un imense bienfait " a été remplacé par " immense "

Page 68, " sont l’esemble et le prototype " a été remplacé par

" l’ensemble "

Page 69, note 48, " En 1140 la France comptait " a été remplacé par

" 1740 "

Page 70, " _l’unité de légsilation_ " a été remplacé par

" _législation_ "

Page 74, " rencontré l’oppostion sous toutes " a été remplacé par

" l’opposition "

Page 75, note 56, " la barre de ces bribunaux " a été remplacé par

" tribunaux "

Page 82, note 66, " il y avait peut à recommander " a été remplacé par

" peu "

Page 84, note 69, " _W. Beaitty Kingston_ " a été remplacé par

" _Beatty_ "

Page 85, note 70, " ces monuments modernes qu sont le " a été remplacé

par " que "

Page 86, " ports d’Alexaudrie et de Suez " a été remplacé par

" d’Alexandrie "

Page 86, note 71, " déduction de l’intér. 5.328.000) " a été remplacé

par " déduction de l’intér. (5.328.000) "

Page 87, note 73, " se passer de maîres étrangers " a été remplacé par

" maîtres "

Page 95, " Les sympômes de mécontentement qui " a été remplacé par

" symptômes "

Page 97, note 86, " to the R. H. Parmelston " a été remplacé par

" Palmerston "

Page 101, " Ainsi le progès moral " a été remplacé par " progrès "

Page 106, " Nous ne nions pas, di-il " a été remplacé par " dit-il "

Page 107, " Inerrogée alors sur le compte " a été remplacé par

" Interrogée "

Page 110, " chose inouïe en Egype " a été remplacé par " Egypte "

Page 113, note 108, " menaces de Constantinopale " a été remplacé par

" Constantinople "

Page 115, note 112, " pleine propérité et le quitta " a été remplacé

par " prospérité "

Page 116, " grande expédiiton de 20.000 " a été remplacé par

" expédition "

Page 116, " accomplgné d’un état-major formé " a été remplacé par

" accompagné "

Page 120, " avec lui, qu j’avais devant moi " a été remplacé par " que

j’avais "

Page 122, " religieuse incombera essentillement " a été remplacé par

" essentiellement "

Page 124, note 122, " l’ordre du jour, surout financières " a été

remplacé par " surtout "

Page 131-133 note 133, " l’inspcteur cite cet exemple " a été remplacé

par " l’inspecteur "

Page 141, " Un aritcle paru dans " a été remplacé par " article "

Page 141-142 note 139, " _Chapers of my official life_ " a été

remplacé par " _Chapters_ "

Page 148, " ministres ont été con-raires " a été remplacé par

" contraires "

Page 151, " Le khédive, fort le l’appui " a été remplacé par " fort

de "

Page 152, " façon à répoondre aux exigences " a été remplacé par

" répondre "

Page 154, Référence à la note 154 ajoutée après " plus de 7 mois). "

Page 161, " pour le hédive une sage " a été remplacé par " khédive "

Page 161, " du reste, san authenticité " a été remplacé par " son "

Page 162, " protectrice des deux pussances " a été remplacé par

" puissances "

Page 163, " et annançant la nomination de Son Excellece " a été

remplacé par " annonçant la nomination de Son Excellence "

Page 166, Référence à la note 170 ajoutée après " les avons confiés.

» "

Page 170, " absolu du hédive rétabli " a été remplacé par " khédive "

Page 173, note 181, " Abduh, dmans des _Notes_ " a été remplacé par

" dans "

Page 177, note 186, " branches du gouverenment égyptien " a été

remplacé par " gouvernement "

Page 182, " est le vériatble maître des " a été remplacé par

" véritable "

Page 182, " sa responsabilié est couverte " a été remplacé par

" responsabilité "

Page 183, Ajouté « avant " contrôle effectif » établi "

Page 183, " combattre les superstitons " a été remplacé par

" superstitions "

Page 187, " dans le gouvernemnt " a été remplacé par " gouvernement "

Page 190-191 note 202, " à à une compagnie anglaise " a été remplacé

par " à une compagnie anglaise "

Page 198, " A Constantinople Il fallait " a été remplacé par " A

Constantinople ? Il fallait "

Page 202, " soudé l’uion entre le parti " a été remplacé par

" l’union "

Page 215, " hors du khédivialt d’Egypte " a été remplacé par

" khédiviat "

Page 217, " M. Sienkiewcz informait M. de Freycinet " a été remplacé

par " Sienkiewicz "

Page 220, " Ragbeh Pacha président " a été remplacé par " Ragheb "

Page 221, " Sous préexte qu’Arabi Pacha " a été remplacé par

" prétexte "

Page 222, " gagné par le hédive " a été remplacé par " khédive "

Page 228, Référence à la note 248 ajoutée après " la domination

anglaise. "

Page 250, " nous rendre à Kars-el-Nil " a été remplacé par " Kasr-el-

Nil "

Page 251, " Jadressai ensuite un exposé " a été remplacé par

" J’adressai "

Page 255, " Mais Abeld-el Aal bey resta " a été remplacé par " Abd-el

Aal "

Page 258, note 263, " et ces conséqneces dans " a été remplacé par

" ses conséquences "

Page 265, " pouvoir, je ne puvais le faire " a été remplacé par

" pouvais "

Page 266, " mais cette pensée corres-dait-elle " a été remplacé par

" correspondait-elle "

Page 267, note 271, " s’insinuait dans l’amité de chacun " a été

remplacé par " l’amitié "

Page 267, note 272, " champion du mouvement constitutionnell " a été

remplacé par " constitutionnel "

Page 268, " le conmmandement de Toulba " a été remplacé par

" commandement "

Page 268, " firman de Sa Masjesté " a été remplacé par " Majesté "

Page 269, " rendus, injustement triatés " a été remplacé par

" traités "

Page 274, " présence du hédive, de Dervisch " a été remplacé par

" khédive "

Page 275, " Ramleh. Ja répondis que je " a été remplacé par

" Je répondis "

Page 275, note 275, " Arabi igonrait-il réellement " a été remplacé

par " ignorait-il "

Page 276, " jusqu’à El-Bad El-Charky " a été remplacé par " El-Bab "

Page 284, " pacha à Kraf-el-Dawar " a été remplacé par " Karf-el-

Dawar "

De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe

ont été apportés.

La genèse de l'esprit national égyptien (1863-1882) · 第 26 / 26 段