Ma soeur, je ne puis vous porter cette bonne nouvelle moi-même, mais
réjouissez-vous, votre ami est sauvé, et désormais vous aurez facilement
de ses nouvelles. Vous pourrez aussi me remettre vos lettres pour lui.
Je pense qu'il vous sera doux de correspondre du fond de votre retraite
avec cet homme respectable.
Oui, Lélia, il m'a frappé de tristesse et de respect, cet infortuné qui
travaille pour la vertu et qui fuit la gloire avec autant de soin que
les autres en mettent à la chercher. Il a voulu me dire son secret, me
raconter sa jeunesse, son crime et son malheur. Admirable délicatesse
d'un coeur qui ne veut point accepter l'intérêt d'autrui sans
l'éprouver par d'austères aveux! Étrange et magnifique destinée d'un
pénitent qui confesse ce que tout autre voudrait tenir caché, et qui, au
contraire de tous les hommes dégradés par la société, fait de tels aveux
que nul ne se sent porté à les trahir! Oui, cet homme cherche la honte,
la souffrance, l'expiation avec une effrayante persévérance. Il n'est
point chrétien, et il a toute la ferveur, toute l'abnégation, tout
l'enthousiasme des premiers chrétiens. Il est un exemple vivant de la
profonde et inépuisable source de divinité qui jaillit des profondeurs
de l'âme humaine. Il est une énergique protestation contre la faiblesse
et la grossièreté des jugements humains. Il a abdiqué sa propre vie, et
il ne respire plus que dans l'humanité. Toutes ses pensées sont pour la
grande famille des malheureux. Il lui consacre ses travaux, ses
souffrances, ses veilles, ses désirs, tous les élans de son
intelligence, toutes les pulsations de son coeur; et la plus simple
récompense l'effraie, la plus légitime marque d'approbation ou d'estime
le trouble! Au premier abord, ou pourrait croire que c'est une manière
habile d'opérer sa réhabilitation sociale; quand on descend au fond de
ses pensées, on voit que l'excès de son humilité est un excès d'orgueil.
Mais quel orgueil noble et pieux! Il connaît les hommes; brisé
cruellement par eux, il ne peut plus estimer leur suffrage, ni désirer
leurs sympathies. Il les mépriserait s'il n'avait en lui un profond
sentiment d'amour et de pitié qui le porte à les plaindre. Alors il se
dévoue à les servir, parce qu'il trouve dans leur conduite à son égard
la preuve de leur égarement et de leur ignorance; et ce qu'ils ne
peuvent plus faire pour lui, il voudrait qu'ils apprissent à le faire
les uns pour les autres.--Eh bien! me disait-il tandis que nous
traversions rapidement les bois à la faveur des ténèbres, quand même
tout le travail de ma vie ne servirait qu'à amener dans quelques siècles
la réconciliation complète d'un criminel avec Dieu et avec la famille
humaine, ne serais-je pas bien assez récompensé? Dieu pèse dans une
balance équitable les actions des hommes; mais comme, dans les lois de
sa perfection, l'idée de justice implique celle de pitié et de
générosité, il a fait pour nos crimes un plateau infiniment plus léger
que celui qui doit porter nos expiations. Un grain de blé pur jeté dans
celui-là l'emporte donc sur des montagnes d'iniquités jetées dans
l'autre, et ce grain béni, je l'ai semé. C'est peu de chose sur la
terre, c'est beaucoup dans les cieux, parce que là est la source de vie
qui fera germer, fructifier et centupler ce grain.
O Lélia! l'exemple de cet homme m'a fait faire un singulier retour sur
moi-même; et moi, prince de la terre, moi qui bénis les hommes
prosternés sur mon passage, moi qui élève l'hostie sur la tête inclinée
des rois, moi qui vais par des chemins semés de fleurs, traînant l'or et
la pourpre comme si j'étais d'un sang plus pur et d'une race plus
excellente que le commun des hommes, je me suis trouvé bien petit, bien
frivole et bien ridicule auprès de ce proscrit qui se traîne la nuit par
les chemins, poursuivi, traqué comme un animal dangereux, toujours
suspendu entre l'échafaud et le poignard stipendié du premier assassin
qui reconnaîtra son visage. Et cet homme porte l'idéal dans son âme,
l'humanité dans ses entrailles! Et moi, je ne porte en mon sein que des
sentiments d'orgueil, le tourment d'une ambition vulgaire et la
souillure de mes vices!
O Lélia! vous m'avez confessé. Vous avez bien fait, je vous en remercie.
Il me semble que je serai purifié de mes taches si je puis vous ouvrir
mon âme tout entière. Voyez: nous nous mettons à genoux devant un simple
prêtre, et nous lui racontons nos péchés; mais nous ne nous confessons
pas pour cela. Nous ne pouvons oublier, nous puissants, que si nous
sommes là pliés sur nos genoux devant ce subalterne, il est, lui,
prosterné en esprit devant l'éclat de nos titres. Il écoute en tremblant
ce que nous lui disons avec arrogance; il a peur d'entendre l'aveu de
nos fautes, car il craint d'être forcé par son ministère à nous
réprimander; si bien que c'est le juge qui se trouble et s'effraie,
tandis que le pénitent, souriant de son angoisse, est le véritable juge
et le contempteur superbe de l'humaine faiblesse. Ou bien, si nous nous
confessons à nos égaux, nous ne sommes occupés qu'à écarter de nos aveux
toute circonstance particulière qui pourrait servir d'aliment à
l'intrigue ou d'arme à la jalousie. Au milieu de ces préoccupations
étroites, quelle âme assez pieuse, quel repentir assez fervent
pourraient s'élever vers Dieu, dégagés de toute pensée terrestre? Non,
Lélia, je ne me suis jamais confessé en esprit et en vérité; et
pourtant, nul plus que moi n'est pénétré de la grandeur et de la
sublimité de ce sacrement, qui eût sauvé Trenmor de l'horreur du bagne
si l'esprit de la pénitence chrétienne et la sainteté de l'absolution
religieuse eussent porté quelque lumière dans les lois sociales. Oh!
oui, je comprenais l'importance et le bienfait de cette auguste
institution! J'eusse voulu pouvoir y retremper mes forces affaiblies, et
renouveler mon âme dans les eaux salutaires de ce nouveau baptême! Mais
je ne le pouvais pas, car il m'eût fallu un confesseur digne de mon
repentir, et je ne l'ai pas trouvé. J'ai toujours rencontré dans le
clergé l'intelligence unie à l'orgueil ou à l'intrigue, la candeur
jointe à la superstition ou à l'ignorance. Quand le pénitent est à la
hauteur du sacrement, le confesseur n'y est pas; et réciproquement,
quand le confesseur est digne de délier l'âme de ces chaînes impures, le
captif ne mérite pas sa délivrance. C'est que, pour consacrer le mystère
sublime de l'absolution, il faudrait l'association de deux âmes
également croyantes, également remplies du sentiment divin. Eh bien,
Lélia, il me semble qu'à défaut d'un prêtre, à défaut d'un homme saint,
je puis invoquer une soeur, une mère, si vous voulez; car, quoique
vous soyez la plus jeune de beaucoup d'années, vous êtes la plus forte
et la plus sage de nous deux, et je me sens, moi dont le front commence
à se dévaster, tremblant et soumis comme un enfant devant vous.
Confessez-moi. Puisque vous n'avez pas craint de me dire en face que
j'étais un pécheur, consentez à descendre au fond de ma conscience, et
si vous y trouvez une douleur et des remords sentis, absolvez-moi! Il me
semble que le ciel ratifiera votre sentence, et que pour la première
fois mon âme sera purifiée.
Dites-moi toute votre pensée, et condamnez-moi suivant la rigueur de
votre justice. Parce que je cède à des entraînements dont je rougis
comme homme, et que, comme prêtre, je suis forcé de cacher, suis-je donc
un hypocrite? Si je le croyais, je me ferais horreur à moi-même; mais,
en vérité, il ne me semble pas que ce rôle odieux puisse m'être
attribué. Au temps où nous vivons, cette conduite que je tiens et que je
suis loin de vouloir justifier en elle-même, est-elle celle de Tartufe
au dix-septième siècle? Non, je ne puis le croire! Le faux dévot des
siècles passés était un athée, et moi je ne le suis pas. Il se raillait
de Dieu et des hommes: moi, pour n'avoir peur ni de l'un, ni des autres,
je n'en révère pas moins l'Éternel, je n'en aime pas moins mes
semblables. Seulement, j'ai examiné le fond, j'ai analysé l'essence de
la religion chrétienne, et je crois l'avoir mieux comprise que tous ceux
qui s'en disent les apôtres. Je la crois progressive, perfectible, par
la permission, par la volonté même de son divin auteur; et, quoique je
sache bien que je suis hérétique au point de vue de l'Église actuelle,
je suis pénétré, dans ma conscience, de la pureté de ma foi et de
l'orthodoxie de mes principes. Je ne suis donc pas athée quand je viole
les commandements de l'Église; car ces commandements me paraissent
insuffisants pour les temps où nous vivons, et l'Église a le droit et le
pouvoir de les réformer. Elle a mission de conformer ses institutions
aux droits et aux besoins progressifs des hommes. Elle l'a fait de
siècle en siècle depuis qu'elle s'est constituée; pourquoi s'est-elle
arrêtée dans sa marche providentielle? Pourquoi, elle qui fut
l'expression des perfectionnements successifs de l'humanité, et qui
marcha si glorieusement à la tête de la civilisation, s'est-elle
endormie à la fin de sa journée, sans songer qu'elle avait un lendemain?
Se croit-elle donc finie? Est-ce le vertige de l'orgueil ou l'épuisement
de la lassitude qui l'entrave ainsi? Ah! je vous l'ai dit souvent, je
songe à son réveil, je le pressens, j'y crois, j'y travaille, je
l'attends avec impatience, je l'appelle de tous mes voeux! Aussi, je
ne veux pas sortir de son sein, je ne veux pas être exclu de sa
communion, parce que je ne pense pas qu'un schisme sorti d'elle et
arborant un nouvel étendard puisse être dans la véritable voie du
progrès religieux. Pour faire schisme ouvertement, il faut se séparer du
corps de l'Église, faire scission avec son passé comme avec son présent,
conséquemment perdre tous les bénéfices, tous les avantages, tous les
fruits de ce passé riche, glorieux et puissant. L'humanité, habituée à
marcher dans la voie large et droite de l'Église, ne peut se détourner
dans les sentiers que par fractions et par intervalles. Toujours elle
sentira, dans ses institutions religieuses comme dans ses institutions
civiles, le besoin irrésistible de l'unité. Il faut un culte à la
société, un seul et indivisible culte. L'Église catholique est le seul
temple assez vaste, assez antique, assez solide pour contenir et
protéger l'humanité. Pour toutes ces nations éparses sur la face de la
terre, qui n'ont encore qu'une foi incertaine et des rites grossiers, le
catholicisme est la seule morale assez nettement rédigée et assez
simplement formulée dans sa sublimité, pour adoucir des moeurs
farouches et illuminer les ténèbres de l'entendement. Aucune philosophie
moderne, que je sache, ne s'est constituée au point où est l'Église, et
n'est en droit de porter sur l'enfance des nations une lumière aussi
pure. Je crois donc à l'avenir et à l'éternelle vie de l'Église
catholique, et je ne veux pas me séparer des conciles (quoique je
regarde ce qu'ils ont fait comme insuffisant et inachevé), parce que
nulle autorité nouvelle ne pourra jamais revêtir un caractère aussi
sacré. Malgré mon admiration pour Luther et ma sympathie pour les idées
de réforme, je ne me serais point enrôlé sous cette bannière, eussé-je
vécu à la grande époque de cette insurrection généreuse. Il me semble
que j'aurais compris dès lors qu'en consommant son divorce avec ces
grands pouvoirs consacrés par les siècles, le protestantisme signait son
arrêt de mort dès le jour de sa naissance. Oui, je crois que l'Église,
décrépite et agonisante en apparence, cache sous ses cendres attiédies
une étincelle d'éternelle vie, et je veux que tous les travaux et tous
les efforts de la foi et de l'intelligence tendent à ranimer cette
étincelle et à faire de nouveau éclater la flamme sur l'autel. Je veux
conserver l'omnipotence du pape et l'infaillibilité du concile, afin que
de nouveaux conciles se rassemblent, revisent l'oeuvre des conciles
précédents et rajustent le vêtement du culte à la taille des hommes
grandis et fortifiés.
Entre autres réformes que je voudrais voir discuter et consacrer, je
vous citerai une de celles qui m'a le plus occupé depuis que je suis
prêtre: c'est l'abolition du célibat pour le clergé. Et ne croyez pas,
Lélia, que j'aie été influencé par mes passions individuelles, ou par
les sourdes réclamations du jeune clergé. Nous ne gardons pas assez
fidèlement notre voeu, nous autres, qui le trouvons difficile et
terrible, pour que nous ayons absolument besoin d'une sanction publique
à nos infidélités. J'ai cherché plus haut la cause des dangers et des
inconvénients funestes attachés au célibat des prêtres, et je l'ai
trouvée dans l'histoire. J'ai vu la puissance, l'intelligence et les
lumières se conserver dans les castes sacerdotales des antiques
religions, à cause du mariage des prêtres et de l'éducation particulière
qui créait aux pères de dignes successeurs dans la personne de leurs
fils. J'ai vu l'Église chrétienne garder la royauté intellectuelle
au-dessus de celle des monarques de la terre, tant qu'elle s'est
recrutée dans son propre sein; mais, en prononçant l'arrêt du célibat,
pour ses membres, elle a mis son existence en un danger où il est
merveilleux qu'elle n'ait pas déjà succombé, mais où elle succombera si
elle ne se hâte de retirer cette loi fatale. Elle le fera, je n'en doute
pas; elle comprendra qu'en recrutant ses lévites indistinctement dans
toutes les classes, elle introduit dans son sein les éléments les plus
divers, les plus hétérogènes, les plus inconciliables: partant, plus
d'esprit de corps, plus d'unité, plus d'Église. L'Église n'est plus une
patrie où l'héritage enchaîne les âmes et baptise les initiations; c'est
un atelier où chaque mercenaire vient recevoir le paiement de son
travail, sauf à mépriser secrètement ses engagement. Et de là,
l'hypocrisie, ce vice abominable dont la seule idée répugne à toute âme
honnête, mais sans lequel le clergé n'eût pu se maintenir jusqu'ici
comme il l'a fait tant bien que mal, à travers mille désordres, mille
mensonges et mille bassesses dont l'Église a été forcée de garder le
secret, au lieu de rechercher et de punir: grand témoignage de faiblesse
et de dissolution!
J'ai dû vous donner ces explications pour me justifier sous un certain
rapport. Je ne crois pas à la sainteté absolue du célibat. Notre
Seigneur le Christ en a prêché l'excellence, sans en consacrer
l'obligation; et il en a prêché l'excellence aux hommes abrutis par
l'abus des jouissances grossières, aux hommes qu'il est venu instruire
et civiliser. S'il a investi ses apôtres d'une éternelle autorité, c'est
que, dans les prévisions de sa sagesse infinie, il savait qu'un jour
viendrait où le célibat serait dangereux à son oeuvre divine, et où
les successeurs des apôtres auraient mission de l'abolir. Ce jour est
venu, j'en suis certain, et l'Église ne tardera pas à le proclamer. En
attendant, nous manquons à nos voeux. Sommes-nous excusables? Non,
sans doute; car notre doctrine sainte est la doctrine d'une perfection
idéale vers laquelle nous devons tendre sans cesse, quoi qu'il nous en
coûte; et ici la vertu, la perfection consisteraient, dans la position
difficile où nous sommes, à sacrifier nos penchants et à vivre
irréprochables dans l'attente d'une sanction à nos instincts légitimes.
Cette faiblesse misérable qui m'empêche d'agir ainsi, je la réprouve, je
m'en accuse. Condamnez-la, ma sainte! mais, ô mon Dieu! ne me confondez
pas avec ces impudents vulgaires qui s'en vantent, ou avec ces lâches
menteurs qui s'en défendent. Cette sorte de fourberie n'est plus
possible aujourd'hui qu'aux derniers des hommes. Pour peu que nous nous
sentions quelque chose dans l'âme, nous savons bien que la partie
importante de notre oeuvre en ce monde n'est pas de promener par les
rues une face pâle et des regards abaissés vers la terre, afin de
frapper les hommes de terreur et de respect, comme les fanatiques de
l'Inde ou les moines du moyen âge. Nous faisons bon marché de ces
austérités, et surtout de la crédule vénération dont elles étaient jadis
l'objet. Nous avons d'autres travaux à accomplir, d'autres enseignements
à donner, un nouveau développement à imprimer. Nous sommes, ou du moins
nous devons être les instigateurs à la vie, et non pas les gardiens de
la tombe.
Et cependant nous taisons nos faiblesses, direz-vous! Nous n'avons pas
le courage de proclamer ce droit que nous nous arrogeons
individuellement et dont l'exercice hardi serait un énergique appel à de
nouvelles institutions. Mais cela, nous ne pouvons pas le faire, puisque
nous ne voulons pas nous séparer du corps de l'Église, et perdre nos
droits de citoyens dans les assemblées de la cité sainte. Nous subissons
la souffrance et la gêne de cette position fausse où nous place
l'obstination ou l'incurie de notre législation. Et nous ne sommes pas
des fourbes pour cela; car nous trouverions aujourd'hui plus
d'encouragement à nos désordres que nous ne rencontrions jadis
d'antipathie et d'intolérance pour nos faiblesses. Oui, je vous
l'assure, moi qui connais bien le monde et les hommes dispensateurs des
arrêts de l'opinion, on aime mieux chez nous les moeurs faciles,
dissolues même, que l'austérité farouche; parce que nos égarements
marquent l'ivresse du progrès, tandis que leur vertu ne témoigne qu'une
opiniâtreté rétrograde.
Ne m'accusez donc pas de lâcheté, au nom du ciel! ma soeur, car il
faut plus de courage aujourd'hui pour se taire que pour se dévoiler.
Accusez-moi de faiblesse sous d'autres rapports, j'y consens. Oh! oui,
blâmez-moi de n'être pas le disciple pratique de l'idéal, et de vivre
ainsi en contradiction avec moi-même. Il me semble que vous pouvez me
ramener à la vertu; car vous me la faites chérir chaque jour davantage,
ô noble pécheresse, retirée à la thébaïde pour contempler et pour
prophétiser! Hélas! parlez-moi, donnez-moi du courage et priez pour moi,
vous que Dieu chérit!
Adieu! Je reçois à l'instant même l'autorisation de vous proposer pour
abbesse à votre communauté. Cette proposition équivaut à un ordre. Vous
voilà donc princesse de l'Église, Madame. Il faut maintenant servir
l'Église. Vous le pouvez, vous le devez. Tout votre sexe a les yeux sur
vous!