LE PRÉSENT ET L'AVENIR DE L'ESPAGNE.

Le désordre est grand dans l'Espagne contemporaine. Non-seulement tous

les rouages politiques et financiers, et la machine sociale tout

entière, sont disloqués; le désarroi existe surtout dans les esprits.

Aux rivalités provinciales s'ajoutent les haines de classes; chaque

ville, de même que chaque province et le royaume tout entier, est le

théâtre d'une guerre active ou latente, qui, suivant les circonstances,

tantôt s'assoupit et tantôt s'exaspère. Chose plus grave encore,

l'indifférence s'empare de ceux que la passion a lassés, et prépare

d'avance les populations à l'avidité, au vice, à la bassesse. Les ruines

de toute espèce amoncelées sur le sol de l'Espagne, pendant les

dernières années, par les incendies, la dévastation des champs, la

cessation des industries, sont vraiment incalculables. Les gouvernements

de divers partis qui se sont succédé en Espagne, ont tous vécu de

misérables expédients: ils ont vainement essayé de déguiser la

banqueroute sous des artifices de budget, les créanciers n'en ont pas

moins été frustrés, et les employés pauvres n'en sont pas moins restés

dans la vaine attente de leurs émoluments. En maints endroits, les

instituteurs ont dû fermer les écoles, reprendre la charrue ou mendier

sur les voies publiques; certains services de l'État ont été

complétement interrompus; l'administration a cessé son fonctionnement

régulier. Ce n'est pas sans raison que, dans un document officiel

récent, le gouvernement de la République mexicaine, renvoyant à son

ancienne métropole les termes de compassion dont celle-ci l'avait

souvent insultée, a fait des voeux pour que «l'ère des révolutions

puisse enfin se fermer dans la malheureuse Espagne!» Les Castillans ont

été blessés de ces paroles de commisération, mais ils ne peuvent nier

que plusieurs de leurs anciennes colonies du Nouveau Monde soient en

train de les distancer par la prospérité matérielle et la civilisation.

Cependant les progrès n'en sont pas moins réels, malgré la ruine

apparente. Pour juger avec équité l'Espagne de nos jours, il faut se

rappeler qu'un siècle ne s'est pas encore écoulé depuis les meurtres

juridiques de l'Inquisition. En 1780, une femme de Séville, «convaincue

de sortilége et de maléfice,» fut condamnée à être brûlée vive, et subit

son supplice. A la même époque, les possessions de main-morte occupaient

encore la plus grande partie de l'Espagne et l'oisiveté générale

empêchait d'exploiter le reste. L'ignorance était lamentable, surtout

dans les universités et les écoles, où les formules régnaient sans

conteste, au mépris de toute observation et du bon sens.

[Illustration: PAYSANS DE LA HUERTA ET CIGARRERA DE VALENCE. Dessin de

P. Fritel, d'après des photographies de M.J. Laurent.]

Depuis les grands événements qui ont inauguré le dix-neuvième siècle,

les Espagnols, secoués de leur torpeur, ont vécu dans la lutte

incessante, comme au milieu des flammes. Pourtant le pays, malgré des

reculs momentanés, a gagné, chaque décade, en population, en industrie,

en richesse. Il est vrai que les statistiques précises ne sont pas

nombreuses; depuis la révolution de 1868 surtout, aucune évaluation

sérieuse n'a été faite en Espagne: les gouvernements éphémères qui se

sont succédé n'ont publié que des chiffres trompeurs ou très-vaguement

approximatifs: c'est par l'examen et la discussion de rapports partiels

que l'on doit tenter d'arriver à la connaissance sommaire des choses.

[Illustration: Nº 161.--CHEMIN DE FER DE LA PÉNINSULE.]

[Illustration: Nº 162.--VALEUR COMPARÉE DES ÉCHANGES DANS LES PORTS DE

L'ESPAGNE.]

En premier lieu, le travail est beaucoup plus respecté qu'il ne l'était

jadis; tandis que les couvents se vidaient, les usines s'emplissaient.

Il est vrai que, grâce à la solidarité industrielle et commerciale des

peuples modernes, l'initiative du travail est en grande partie venue de

l'étranger. L'Espagne est redevable à la France, à l'Angleterre, à la

Belgique, d'une part très-considérable du développement de sa prospérité

matérielle. Non-seulement elle a reçu des ingénieurs, des chimistes, des

ouvriers en foule; mais c'est par milliards que l'argent des autres

nations d'Europe est venu s'appliquer à l'exploitation de ses ressources

de toute espèce. La Belgique et la France ont, à elles seules, prêté à

l'Espagne plus d'un milliard et demi de francs, avec un espoir de gain

qui ne s'est réalisé que dans un petit nombre d'entreprises, mais qui

n'en a pas moins enrichi le pays d'une manière permanente et l'a

rapproché du niveau industriel des autres contrées de l'Europe

occidentale. Les Anglais ont donné la plus vive impulsion aux progrès

agricoles en demandant aux Andalous leurs vins exquis, aux Castillans

leurs blés et leurs farines, aux Galiciens leurs bestiaux; ce sont eux

aussi qui ont le plus contribué à restaurer le travail des mines en

Espagne en exploitant les immenses richesses métallifères du district de

Huelva, de Linarès, de Carthagène, de Somorrostro et d'autres régions du

littoral maritime et du bord des fleuves. Pour l'industrie proprement

dite, les Français ont été les initiateurs les plus actifs de l'Espagne,

en fondant et en soutenant de leurs capitaux de nombreuses manufactures

dans la Catalogne, à Valence et dans les provinces Basques, et en

fabriquant une grande partie de l'outillage industriel des autres

provinces. Enfin, c'est aux capitalistes et aux ingénieurs de toute

nationalité que l'Espagne doit les lignes de bateaux à vapeur qui

forment une sorte de guirlande aux mailles nombreuses sur tout le

pourtour du littoral, et son réseau de chemins de fer, encore inachevé,

mais déjà fort considérable, puisqu'il rayonne de Madrid vers dix cités

du littoral péninsulaire, Barcelone, Valence, Alicante, Carthagène,

Málaga, Cádix, Lisbonne, Santander, Bilbao, Saint-Sébastien [202]. C'est

grâce à l'appui de ses soeurs d'Europe que la nation espagnole a pu

triompher de ces obstacles matériels qui séparaient les provinces de la

Péninsule les unes des autres et leur donnaient des intérêts tout

opposés, cause inéluctable de dissensions et de guerres civiles. Déjà

les petites villes de l'intérieur de l'Espagne commencent à changer de

physionomie. Naguère elles témoignaient du long sommeil de la nation

pendant les trois derniers siècles par l'immuable gravité de leur

aspect; on s'y trouvait comme transporté en plein moyen âge: les places,

les rues, les maisons à grilles ouvragées, rien n'était changé. De nos

jours, la transformation s'opère graduellement sous l'influence des

conditions économiques et de tout le milieu nouveau des moeurs et des

idées.

[Note 202: Évaluation approximative de la production de l'Espagne:

Agriculture 2,000,000,000 fr.(?)

Mines (1871) 156,775,000 »

Industrie, d'après Garrido 1,587,000,000 »

Commerce extérieur (1874):

Importation 382,000,000 fr.

Exportation 403,100,000 » 785,100,000 »

Flotte commerciale (1874) 509,800 tonnes

Développement des lignes de chemins de fer 5,600 kil.

]

Au point de vue intellectuel, les progrès de l'Espagne ont été plus

rapides. Certes, l'ignorance est encore bien grande, notamment sur les

plateaux des Castilles; l'école y est encore bien peu respectée;

plusieurs villes populeuses n'ont pas même un libraire; des catéchismes

et des almanachs sont toute la littérature des campagnes. Mais la part

que l'Espagne a prise au mouvement des lettres et des arts pendant ce

siècle prouve suffisamment que le pays de Cervantes et de Velazquez peut

se replacer au rang qui lui convient parmi les autres contrées de

l'Europe. Pour les oeuvres de la science proprement dite, les Espagnols

ont été plus en retard. Il faut constater qu'avec toutes leurs qualités

d'intelligence et l'action considérable qu'ils ont exercée sur le monde,

les chrétiens d'Espagne n'ont fourni à la civilisation qu'un seul homme,

l'Aragonais Michel Servet, dont les oeuvres scientifiques aient fait

époque dans l'histoire du progrès. Mais si les Castillans et les autres

Espagnols n'ont eu qu'un rôle de bien peu d'importance dans la marche

des connaissances humaines, les Arabes du Guadalquivir ont été longtemps

de véritables initiateurs. Pendant quelques générations ils ont été les

maîtres et les éducateurs de l'Europe en astronomie, en mathématique, en

mécanique, en médecine, en philosophie: l'ingratitude et la mauvaise foi

ont seules pu leur contester ce mérite. C'est un Arabe d'Espagne,

Alhazen, qui découvrit le phénomène de la réfraction atmosphérique et la

décroissance de densité de l'air en proportion des altitudes; un autre

Arabe de Séville a donné son nom à la science de l'algèbre; des

physiologistes de Cordoue connaissaient déjà bien des faits d'histoire

naturelle qu'on a retrouvés avec étonnement dans leurs écrits après les

avoir découverts à nouveau tout récemment. Le génie inventif des

musulmans d'Espagne se réveillera peut-être un jour chez leurs

descendants: c'est assez de plusieurs siècles de sommeil!

Il est à désirer aussi que l'adoucissement des moeurs accompagne le

progrès des intelligences [203]. C'est un véritable scandale que la

«noble science de la tauromachie» ait encore tant d'adeptes et que les

fêtes par excellence soient des massacres d'animaux, rendus plus

émouvants par le péril imminent de l'homme qui fait office de boucher.

Quoi qu'en disent les amateurs de la «couleur locale», les courses de

taureaux, de même que les combats de coqs, suivis avec tant de passion

par les Andalous, sont des amusements indignes, et la fière Espagne se

devrait à elle-même d'en avoir honte: on rougit de voir des hôpitaux,

comme celui de Valence, institués pour soulager l'humanité souffrante,

exploiter pour leur propre compte des arènes d'où les hommes, blessés ou

morts, sont emportés sur des civières sanglantes. Il est grand temps que

ces jeux barbares disparaissent comme ont disparu les «actes de foi»,

qui consistaient à brûler des hommes et que l'on venait de toutes parts

contempler avec une joie frénétique. Du reste, il paraît qu'en dépit des

journaux spécialement consacrés à la noble science du _toreo_, les

traditions du «grand art» se perdent; les _toreros_ s'en vont; l'école

de tauromachie, fondée à Séville en 1830, n'a pu se soutenir; à

Barcelone, la ville joyeuse par excellence, les courses n'attirent plus

les spectateurs; la plupart des grands cirques, à l'exception de celui

de Madrid, ne s'ouvrent que deux ou trois fois par an. Le respect de la

vie des animaux, sans lequel la vie des hommes est elle-même tenue pour

peu de chose, semble faire des progrès parmi les Espagnols; mais hélas!

que de sauvages retours vers la guerre et ses violences, les meurtres et

les égorgements en masse.

[Note 203: Statistique approximative de l'instruction en Espagne, en

1870:

Sachant Sachant Ne sachant

lire et écrire lire seulement ni lire ni écrire

Hommes 2,414,000 317,000 5,035,000

Femmes 716,000 389,000 6,803,000

___________ _________ ____________

Total 3,130,000 706,000 11,838,000

]

L'Espagne a le bonheur d'être débarrassée depuis une ou deux générations

d'une grande cause d'affaiblissement matériel et moral: elle n'a plus

son immense empire du Nouveau Monde. Argentins, Chiliens, Péruviens,

Colombiens, Mexicains ont secoué l'intolérable joug du monopole

castillan; ils se sont constitués en républiques indépendantes. La

métropole a été ainsi déchargée du soin de «faire le bonheur de ses

peuples d'outre-mer»; elle n'a plus eu à y maintenir l'inquisition,

l'esclavage, les monopoles commerciaux, les castes et les privilèges; on

l'a dispensée du soin d'y entretenir des armées et d'en extorquer des

impôts. Il est vrai que les anciennes colonies, devenues autonomes, ont

eu à passer, depuis leur émancipation, par de terribles crises de

révolutions et de contre-révolutions; la transition du régime colonial à

celui de la liberté s'est accomplie très-péniblement dans plusieurs des

nouvelles républiques; mais, en somme, elles ont grandement progressé en

population, en richesse, en activité commerciale, en importance

économique, depuis qu'elles se sont chargées de veiller elles-mêmes au

soin de leurs propres destinées. La mère-patrie et les colonies-filles

ont également gagné à la rupture du lien de force qui les rattachait

l'une aux autres.

Par malheur pour quelques colonies et pour l'Espagne elle-même, l'empire

transocéanique de la Péninsule ibérique n'a pas été perdu tout entier.

Sans compter les Canaries, qui sont assimilées aux provinces

continentales, et les _presidios_ ou bagnes de la côte marocaine, Cuba,

«la Perle des Antilles,» est restée au pouvoir du gouvernement espagnol;

Puerto-Rico a dû également garder dans ses villes les garnisons

étrangères; enfin, en d'autres parages de l'Océan, l'Espagne possède les

îles de Fernando Pó et d'Annobon, près des côtes de Guinée, et les

Philippines, les Carolines, les Palaos, les Mariannes, à l'orient du

continent d'Asie [204].

[Note 204:

Superficie. Population. Popul.

kilom.

Amérique Cuba...... 118,833 1,414,500 en 1887 12

Puerto-Rico 9,314 646,360 en 1866 69

Canaries... 7,273 284,000 en 1870 39

Fernando-Pó.

Afrique Annobon.... 1,266 35,000 » 27

Colonies de Guinée

Ceuta et Presidios.

Philippines. 170,600 7,500,000 en 1871 44

Asie et Carolines et Palaos 2,374 28,000 » 12

Océanie Mariannes.... 1,079 5,610 » 5

-------- ------------ ----

Total.... 310,739 9,913,470 29

]

On a souvent représenté ces possessions coloniales, et notamment Cuba et

les Philippines, comme une source de trésors pour l'Espagne. Le fait est

qu'après avoir été temporairement libérée du joug de la métropole

pendant les guerres de l'Empire, l'île de Cuba put fournir chaque année

des sommes considérables au budget du gouvernement de Madrid; grâce aux

privilèges dont les Péninsulaires jouissaient au détriment de tous les

indigènes, les immigrants d'Espagne pouvaient s'enrichir rapidement et

se donner des airs de maîtres; surtout les fonctionnaires d'un rang

élevé avaient toute facilité pour gagner rapidement des fortunes, et

maint personnage espagnol a su rétablir ses finances délabrées au moyen

de faveurs vendues à beaux deniers aux planteurs de Cuba et aux négriers

de toute nation. Les «capitaineries» des Antilles étaient briguées avec

la même ardeur que les proconsulats des provinces romaines, et pour les

mêmes motifs de lucre honteux. Mais si les colonies de l'Espagne donnent

à quelques-uns l'occasion de s'enrichir, soit par des voies honnêtes,

soit par le chemin de la fraude, ce sont là des avantages achetés aux

dépens des populations elles-mêmes. Cuba doit à son état de colonie

d'être encore cultivée par des mains esclaves; seule avec l'empire du

Brésil, elle a le triste honneur de tenir les noirs dans la servitude,

et tout récemment la traite se faisait impudemment sur ses rivages en

dépit des traités internationaux. Même les habitants blancs de l'île

sont tenus dans une complète sujétion administrative; le moindre

Espagnol, fraîchement débarqué de Barcelone ou de Cadix, peut prendre à

leur égard des allures de dominateur. Aussi la conséquence inévitable de

ces injustices a-t-elle fini par se produire. Depuis 1868, la guerre

civile dévaste le pays: d'un côté, les partisans de l'indépendance

républicaine de l'île et les noirs libérés; de l'autre, les immigrants

espagnols et les propriétaires d'esclaves, aidés par les troupes

régulières, se disputent la possession de l'île. Si la république des

États-Unis avait donné le moindre appui aux insurgés, ceux-ci l'eussent

facilement emporté; mais ils ont fait déjà beaucoup pour leur cause en

tenant leurs ennemis en échec pendant sept longues années de combats et

d'embûches.

De fréquentes insurrections ont également éclaté à Puerto-Rico, quoique

la configuration du terrain de cette île ne prête nullement à la guerre

contre des troupes organisées. Dans les Philippines, les populations de

races diverses, opposées les unes aux autres par la politique

traditionnelle de tous les gouvernements de conquête, ont été, en

général, très-dociles à leurs maîtres, bien que la servitude pesât

lourdement sur elles; mais à mesure que les habitants s'instruisent et

se civilisent, principalement sous l'influence des Chinois, ils

deviennent moins gouvernables, et déjà des conflits ont eu lieu, pleins

de menaces pour l'avenir. Si l'Espagne n'adopte pas à l'égard de ses

colonies une politique analogue à celle de la Grande-Bretagne, et ne

leur laisse pas une entière liberté administrative, elle est

certainement condamnée d'avance à perdre les restes de son domaine

colonial, après s'être épuisée en longs efforts de reconquête.

[Illustration: N° 163.--ZONE DE LA LANGUE CASTILLANE DANS LE MONDE,

COMPAREE A LA SURFACE DE L'ESPAGNE.]

Il est donc vivement à souhaiter, dans l'intérêt même de l'Espagne,

qu'elle n'use plus ses forces à continuer par delà les mers la vieille

politique des Charles-Quint et des Philippe II, et qu'elle reconnaisse

le droit des populations à disposer de leur propre sort. Elle sera la

première à en profiter, puisqu'elle pourra concentrer son activité sur

son développement intérieur. D'ailleurs, quoi qu'il arrive, l'influence

exercée par les populations de la péninsule Ibérique sur le reste du

monde est une de celles qui garderont encore leur valeur pendant de

longs siècles. Le fort génie de l'Espagne se révèle historiquement par

la durée de ses oeuvres dans tous les pays où elle domina pendant une

période plus ou moins longue de l'histoire. En Sicile, dans le

Napolitain, en Sardaigne, même en Lombardie, l'architecture et les

moeurs montrent encore combien puissante a été l'empreinte de ces

maîtres d'autrefois. Dans l'Amérique latine, mainte cité, quoique

habitée surtout par des Indiens et des métis, semble aussi parfaitement

espagnole que si elle se trouvait dans les plaines rases de

l'Estremadure, au lieu d'être dans les forêts du Nouveau Monde: on

dirait un quartier détaché de Badajoz ou de Valladolid. Les races

elles-mêmes, aztèques, quichuas et araucaniennes, ont été hispanifiées

par la langue, les moeurs, la manière de penser. Un territoire immense,

double de l'Europe en étendue, et destiné à nourrir un jour des

habitants par centaines de millions, appartient à ces peuples d'idiome

castillan, qui font équilibre aux populations de langue anglaise,

groupées dans l'Amérique du Nord. De toutes les nations d'Europe, les

Espagnols sont les seuls qui puissent avoir actuellement l'ambition de

disputer aux Anglais et aux Russes la prépondérance future dans les

mouvements ethniques de l'humanité. Quoi qu'il en soit, ils ont encore

en réserve une part considérable de travail dans l'oeuvre commune, grâce

à leur forte originalité, à leur caractère solide, à leur noblesse et à

leur droiture.

X

Nouvelle géographie universelle (1/19) I L'Europe meridionale (Grèce, Turquie, Roumanie, Serbie, Italie, Espagne et Portugal) · 第 122 / 153 题