Notre coup d'essai devint la règle de notre vie, son plaisir lui fit

croire aisément que je l'aimerois toujours, elle m'accabloit d'amitiés,

et je fus obligée de la conjurer de modérer sa tendresse aux yeux du

public, quoique nous pussions nous donner les marques les plus fortes

sans craindre la médisance.

Le jeudi suivant, je ne manquai pas de ramener Roselie à Bourges; on

trouva qu'elle faisoit toujours de mieux en mieux.

J'allai souper chez monsieur le lieutenant général, mademoiselle de la

Grise y étoit, fort négligée et fort triste; je l'aimais encore, quoique

la petite comédienne eût pris le dessus, et je lui demandai avec amitié

ce qu'elle avoit; elle se mit à pleurer, et s'enfuit. Je lui reparlai

encore après souper.

--Hélas! madame, me dit-elle, pouvez-vous me demander ce que j'ai? Vous

ne m'aimez plus, et vous allez coucher à Crespon avec Roselie; elle est

plus aimable que moi, mais elle ne vous aime pas tant.

Je la laissois dire et ne savois que lui répondre, lorsque sa mère me

pria de passer dans son cabinet, et me dit que monsieur le comte des

Goutes, demandoit sa fille en mariage.

C'étoit un gentilhomme du pays, qui avoit huit à dix mille livres de

rente; je lui conseillai de ne pas manquer cette affaire-là, tant pour me

délivrer de l'importunité de la petite fille, que parce qu'elle étoit

bonne, et aussi à cause de mes remords. J'avois toujours peur que le

petit commerce que nous avions ensemble ne produisît quelque mauvais

effet qui eût étrangement embarrassé la compagnie, au lieu qu'avec

Roselie j'allois à bride abattue, sans avoir peur de faire un faux pas.

Huit jours après, on déclara le mariage de mademoiselle de la Grise avec

le comte des Goutes, et j'allai à Bourges leur faire mes compliments.

Je crus être obligée, en honneur et conscience, de donner des avis à

mademoiselle de la Grise.

--Ma chère enfant, lui dis-je, vous allez vous marier, il faut tâcher

d'être heureuse. Votre mari est bien fait, et paroît fort honnête homme,

il vous aime, mais il ne sera pas toujours amant, il faut vous attendre à

excuser ses humeurs. Vous êtes sage, il ne faut jamais lui donner lieu

d'être jaloux. Ne songez qu'à lui plaire, vous attacher à votre ménage,

avoir bien soin de vos enfants, si Dieu vous fait la grâce d'en avoir;

c'est la bénédiction du mariage et le plus doux lien des gens mariés.

Mais écoutez-moi, ma chère enfant, je crois que vous vous souvenez assez

des heureuses nuits que nous avons passées ensemble; souvenez-vous bien

de faire par raison, avec votre mari, la première nuit de vos noces, tout

ce que vous fîtes avec moi naturellement et sans savoir ce que vous

faisiez. Laissez-vous longtemps presser, défendez-vous, pleurez, criez,

afin qu'il croie vous apprendre ce que je vous ai appris; de là dépend

toute la douceur de votre vie. Je vous ouvre les yeux présentement, parce

qu'il le faut absolument; vous ne devez pas être en peine de votre

secret, je suis aussi intéressée que vous à le garder.

La pauvre fille se mit à pleurer. Sa mère entra dans le cabinet où nous

étions.

--Madame, lui dis-je, elle pleure, il faut louer sa modestie.

Sa mère la baisa:

--Ma fille, lui dit-elle, vous avez bien de l'obligation à madame la

comtesse; suivez les conseils qu'elle vous donnera, et cachez vos larmes.

Nous rentrâmes dans la chambre où étoit la compagnie. Le lendemain,

l'archevêque les maria lui-même, et trois jours après les mariés allèrent

à leur terre qui est à sept lieues de Bourges. Je leur promis de les

aller voir, et je leur tins parole deux mois après.

Elle étoit déjà grosse; je la trouvai occupée de son mari et du plaisir

d'avoir une maison arrangée. C'est un grand plaisir pour une jeune femme

qui sort de dessous l'aile de sa mère et qui ordonne en maîtresse. Il me

parut que je ne lui étois pas encore tout à fait indifférente, mais à la

fin la vertu fit en elle ce que l'inconstance avoit fait en moi.

Après Pâques, l'archevêque s'en alla à Paris, l'intendant n'étoit plus à

Bourges, toute la noblesse qui y passoit l'hiver étoit allée chacun dans

son village. Les comédiens ne gagnèrent pas de quoi payer les chandelles,

ils annoncèrent leur départ.

Roselie pleuroit nuit et jour dans la crainte de me quitter; j'en étois

aussi fâchée qu'elle. Je menai sa tante à Crespon, et lui dis que je

voulois faire la fortune de sa nièce, que si elle vouloit me la donner,

je la mènerois à Paris dans six mois, et la ferois recevoir à l'hôtel de

Bourgogne, sa capacité et mes amis m'assurant de réussir dans mon

dessein. J'appuyai ma proposition d'une bourse de cent louis d'or, que je

mis dans la main de la bonne tante; elle n'en avoit jamais tant vu

ensemble.

--Il faudroit, madame, que j'eusse perdu le sens, si je refusois la

fortune de ma nièce; je vous la donne, et j'espère que vous ne

l'abandonnerez pas.

Notre marché conclu, elle retourna à Bourges, et dit à la troupe qu'elle

n'étoit plus en peine de sa nièce, et que madame la comtesse s'en étoit

chargée. C'étoit une grande perte pour eux, mais telle est la destinée

des comédiens de campagne, dès que quelqu'un d'eux devient bon, il

quitte, et vient à Paris.

En effet, du Rosan leur joua bientôt après le même tour. Floridor

connoissoit son mérite et le pressoit depuis six mois d'aller à Paris. Il

étoit chef de sa troupe, et il aimoit la petite Roselie qu'il prévoyoit

devoir être un jour une bonne comédienne; cela le retenoit, mais quand il

vit que j'avois pris la petite fille, il n'hésita plus, il alla s'offrir

à l'hôtel de Bourgogne, et il fut reçu avec l'acclamation du public.

Dès que les comédiens furent partis, je retournai à ma maison, et ne vins

plus guère à Bourges; j'avois mis avec moi Roselie que j'aimois fort, et

madame la comtesse des Goutes s'en étoit allée avec son mari.

Je ne songeois plus à elle, une femme mariée ne m'étoit plus rien, le

sacrement effaçoit d'abord tous ses charmes. Monsieur le curé et le

chevalier d'Hanecourt nous tenoient compagnie; le chevalier avoit pris

son parti en homme sage, et s'étoit réduit à être de mes amis.

Je mis Roselie sur un autre pied que celui d'une comédienne; je lui fis

faire des habits fort propres, j'envoyai à Paris quatre de mes poinçons

de diamants, qu'on troqua contre de fort belles boucles d'oreilles que je

lui donnai. Je la menois partout avec moi dans les visites de mon

voisinage; sa beauté et sa modestie charmoient tout le monde.

Je m'avisai d'aller à la chasse et de m'habiller en amazone; j'y fis

aussi habiller Roselie, et la trouvai si aimable avec une perruque et un

chapeau, que peu à peu je la fis tout à fait habiller en garçon.

C'étoit un fort joli cavalier, et il me sembloit que je l'en aimois

davantage; je l'appelois mon petit mari; on l'appeloit partout le petit

comte ou monsieur comtin; il me servoit d'écuyer. Je me lassai de lui

voir une perruque, et lui fis couper un peu de cheveux; elle avoit une

tête charmante, ce qui la rendoit bien plus jolie; la perruque vieillit

les jeunes gens.

Ce divertissement étoit fort innocent et dura sept ou huit mois, mais par

malheur monsieur comtin eut mal au cœur, perdit l'appétit, prit la

mauvaise habitude de vomir tous les matins.

Je soupçonnai ce qui étoit arrivé, et lui fis reprendre ses habits de

fille, comme plus convenables à son état présent, et plus propres à le

cacher; je lui faisois mettre des grandes robes de chambre traînantes et

sans ceinture, on disoit qu'elle étoit malade; les migraines, les

coliques vinrent à notre secours.

La pauvre enfant pleuroit souvent, mais je la consolois en l'assurant que

je ne l'abandonnerois jamais. Elle m'avoua qu'elle n'avoit ni père ni

mère, et ne savoit d'où elle étoit; que sa tante étoit une tante

postiche, qui l'avoit prise en amitié à l'âge de quatre ans. Je ne

m'étonnai plus qu'elle me l'eût donnée si aisément.

Au bout de cinq ou six mois, je vis très bien que tout se découvriroit en

province, et avec scandale. L'aimant autant que je faisois, je songeai à

la mettre entre les mains de personnes habiles qui pussent la guérir d'un

mal qui n'est pas dangereux, pourvu qu'on ne l'aigrisse pas en le voulant

trop cacher.

Il falloit aller à Paris où l'on se cache aisément. Je recommandai ma

maison à monsieur le curé, et partis dans mon carrosse avec Roselie,

Bouju et sa femme, mon cuisinier à cheval. J'avois mandé à monsieur

Acarel de me louer une maison avec un beau jardin dans le faubourg

Saint-Antoine, résolue d'aller peu à la ville, jusqu'à ce que la petite

fût guérie.

Dès que je fus arrivée, je mis Roselie chez une sage-femme qui en eut

grand soin; je l'allois voir tous les jours et lui faisois de petits

présents pour la réjouir. Je ne songeois qu'à elle, je ne songeois point

à moi ni à me parer. J'avois des habits fort propres, et toujours des

coiffes, sans mettre jamais ni pendants d'oreilles ni mouches.

Enfin Roselie mit au monde une petite fille que j'ai fait bien élever, et

à l'âge de seize ans je l'ai mariée à un gentilhomme de cinq ou six mille

livres de rente; elle est fort heureuse. Sa mère, au bout de six

semaines, redevint plus belle que jamais, et alors je resongeoi aussi à

ma beauté. Je m'ajustai fort, et allai à la comédie avec deux dames de

mes voisines. Roselie y parut comme un petit astre; mais elle fut bien

étonnée, et moi aussi, lorsqu'elle vit sur le théâtre du Rosan qui

faisoit le personnage de Maxime dans _Cinna_.

Il nous reconnut aisément et vint nous voir dans notre loge. Il ne se

sentoit pas de joie, et il me parut que Roselie n'étoit pas fâchée. Je

lui dis où je demeurois, et lui permis de me venir voir. Nous le vîmes

dès le lendemain, et il ne finissoit point sur la beauté de la petite

fille; sa passion se réveilla.

--Madame, me dit-il, ma fortune est faite; je n'ai encore qu'une

demi-part, mais je l'aurai bientôt tout entière; c'est huit mille livres

de rente. J'épouserai Roselie, si vous me la voulez donner, et je me

flatte que faite comme elle est, si elle n'a point oublié à dire des

vers, je la ferai recevoir dans la troupe.

Je lui répondis que je lui en parlerois, et qu'il revînt dans trois ou

quatre jours.

Je lui en parlai dès la même nuit, en l'embrassant de tout mon cœur:

--Voyez, lui dis-je en pleurant, si vous me voulez quitter.

Elle dit assez froidement qu'elle feroit tout ce que je voudrois.

Cela ne me plut pas, et je résolus de la marier. Je la fis coucher dès le

lendemain dans une chambre séparée; cela la toucha, elle me crut en

colère; quand tout le monde fut couché, elle me vint trouver dans mon

lit, et me demanda cent fois pardon.

--Eh! madame, me dit-elle, quand je serois mariée, ne m'aimeriez-vous

plus?

--Non, ma chère enfant, lui dis-je, une femme mariée ne doit aimer que

son mari.

Elle se mit à pleurer, et m'embrassa si tendrement que je lui pardonnai

et m'imaginai être encore à Crespon.

Du Rosan revint et pressa. Je lui dis que Roselie n'ayant pas de bien, il

falloit voir, avant toutes choses, si elle seroit reçue dans la troupe.

--Non, madame, reprit-il comme un homme fort amoureux, je ne demande

rien; sa petite personne est un assez grand trésor.

Je ne l'écoutai pas, et lui dis que le lendemain j'irois à la comédie,

que Roselie seroit dans ma loge, fort parée, qu'il la fît remarquer à ses

camarades, et qu'après la pièce ils me vinssent tous prier de venir sur

le théâtre, quand tout le monde seroit sorti, pour faire dire quelques

vers à la fille.

Cela fut exécuté; on joua _le Menteur_; Floridor, après la pièce, nous

conduisit sur le théâtre, et pour me réjouir, je dis avec la petite fille

des scènes de _Polyeucte_, que nous avions dites ensemble plus de cent

fois.

Les comédiens étoient dans l'extase, et sans autre examen vouloient

recevoir Roselie, mais je m'y opposai.

--Il faut, leur dis-je, consulter le public. Faites-la afficher, qu'elle

joue cinq ou six fois, et puis vous verrez.

Du Rosan trouvoit cela bien long, et moi je le trouvois bien court. Il

falloit, le lendemain des noces, renoncer pour jamais à ce que j'aimois;

je m'y résolus pourtant et ne voulus point empêcher l'établissement de ma

chère enfant; je m'étois aussi aperçue qu'elle ne haïssoit pas du Rosan.

Elle joua publiquement sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, et dès la

première fois, le parterre la fit taire à force d'acclamations. Les

comédiens la reçurent dans les formes, et lui donnèrent en entrant une

demi-part.

Elle n'avoit point d'habits de théâtre, ils sont fort chers; je lui

donnai mille écus pour en avoir, et du Rosan lui en donna autant. Il

commença à presser son mariage; je reculois toujours; tantôt c'étoient

des habits que je lui faisois faire, tantôt c'étoit du linge; je voulois

faire la noce chez moi.

Enfin le jour fatal arriva; Roselie fut mariée, et je ne lui touchai plus

le bout du doigt. Je fis la noce à mes dépens, et l'accablai de petits

présents. Je lui avois donné à Crespon des boucles d'oreilles de quatre

mille francs.

Dès que la petite fille fut mariée, je ne songeai plus qu'à moi, l'envie

d'être belle me reprit avec fureur; je fis faire des habits magnifiques,

je remis mes beaux pendants d'oreilles qui n'avoient pas vu le jour

depuis trois mois; les rubans, les mouches, les airs coquets, les petites

mines, rien ne fut oublié; je n'avois que vingt-trois ans, je croyois

être encore aimable, et je voulois être aimée.

J'allois à tous les spectacles et à toutes les promenades publiques;

enfin j'en fis tant que plusieurs gens me reconnurent et me suivirent

pour savoir où je logeois.

Mes parents trouvèrent mauvais que je fisse encore un personnage qu'on

avoit pardonné à une grande jeunesse; ils me vinrent voir, et m'en

parlèrent si sérieusement que je me résolus de quitter tout ce badinage,

et pour cela j'allai voyager tout de bon en Italie. Une passion chasse

l'autre: je me mis à jouer à Venise, je gagnai beaucoup, mais je l'ai

bien rendu depuis.

La rage du jeu m'a possédé et a troublé ma vie. Heureux si j'avois

toujours fait la belle, quand même j'eusse été laide! Le ridicule est

préférable à la pauvreté.

[Illustration: déco]

[Illustration: déco]

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES DE M. L'ABBÉ DE CHOISY, QUI N'ONT PAS ÉTÉ IMPRIMÉS, 3 vol.

manuscrits, in-4º. _Bibliothèque de l'Arsenal_, sous la cote: 35 _B.

Lettres_. On lit, en tête du premier volume, cette note autographe du

marquis d'Argenson: «Ces ouvrages de l'Abbé de Choisy m'ont été remis

après sa mort et sont tirés d'une quantité de papiers inutiles qu'il

avait négligés. J'ay rangé en ordre ce qui m'a paru bon et passable. Mon

dessein étoit qu'ils ne sortissent pas de mon cabinet. Mais parmy

quelques personnes à qui je n'ay pu refuser d'en donner lecture, il y en

a qui ont pris sur elles à mon insu de donner au public la plus grande

partie de ces mémoires dont cecy est l'original. L'Abbé Dolivet, son amy,

croyt que l'austheur avoit fini les mémoires pour l'histoire de Louis

XIV, et qu'il brûla, un an avant que de mourir, ce qui en manque icy.

Ces mémoires sont au premier volume.»

Le tome III contient les _cinq fragments de la vie de cet ecclésiastique

habillé en femme_, titre dont nous nous sommes inspirés après Paul

Lacroix. Le second fragment et le quatrième sont intervertis.

* * * * *

_Histoire de Mme la Comtesse des Barres, à Mme la Marquise de Lambert_,

Anvers, 1735, in-12 de 138 p. Edition donnant seulement une partie des

_Aventures_. Elle a été réimprimée à Bruxelles, en 1736, et à Paris en

1807. On en attribue la publication à l'abbé Langlet-Dufresnoy. Gay croit

qu'elle aurait été en outre réimprimée sous ce titre: _Histoires

secrettes de plusieurs demoiselles, leur aventures galantes_. Paris,

Tiger, s. d. in-12.

* * * * *

_Vie de M. l'Abbé de Choisy, de l'Académie Française_. Lausanne, 1742,

in-8º. Réimprimé sous la même rubrique en 1748. Edition légèrement

augmentée, donnée par l'Abbé d'Olivet.

* * * * *

_Aventures de l'Abbé de Choisy habillé en femme_. Quatre fragments

inédits à l'exception du dernier qui a été publié sous le titre:

_Histoire de la Comtesse des Barres_; précédés d'un avant-propos par M.

P. L. (Paul Lacroix). Paris, Jules Gay, 1862. Pet. in-12 de XXII-120 p.

Tiré à 115 exemplaires. Réimprimé cinq fois: en 1870, Bruxelles, pour

Jules Gay; en 1880, Bruxelles, pour Gay et Doucé; en 1880, Bruxelles,

pour Kistemaeskers; en 1880, Bruxelles, avec un document inédit par Mme

Marc de Montifaud; enfin, en 1884, toujours sous la rubrique Bruxelles,

in-18.

[Illustration: déco]

TABLE

NOTICE 1

CHAP. I.--Premières intrigues de l'abbé de Choisy

sous le nom de Madame de Sancy 11

CHAP. II.--Les amours de M. de Maulny.--Rupture.--Mademoiselle

Dany 46

CHAP. III.--Les intrigues de l'abbé avec les petites

actrices Monfleury et Mondory 67

CHAP. IV.--La Comtesse des Barres 72

BIBLIOGRAPHIE 143

4623.--Tours, imprimerie E. ARRAULT et Cie.

Aventures de l'abbé de Choisy habillé en femme · 第 6 / 6 段