Elle reprit:--Vous savez bien que je n'ai jamais rien fait par intérêt
d'argent, mais toujours par intérêt pour vous; que je ne vous ai jamais
trompé ni menti; que vous n'avez jamais pu m'adresser de reproches...
--Mais oui, ma bonne Julie.
--Eh bien, Monsieur, ça ne peut pas durer plus longtemps. C'est par
amitié pour vous que je ne disais rien, que je vous laissais dans
votre ignorance; mais c'est trop fort, et on rit trop de vous dans le
quartier. Vous ferez ce que vous voudrez, mais tout le monde le sait; il
faut que je vous le dise aussi, à la fin, bien que ça ne m'aille guère
de rapporter. Si Madame rentre comme ça à des heures de fantaisie, c'est
qu'elle fait des choses abominables.
Il demeurait effaré, ne comprenant pas. Il ne put que balbutier:
«Tais-toi... Tu sais que je t'ai défendu...»
Elle lui coupa la parole avec une résolution irrésistible.
--Non, Monsieur, il faut que je vous dise tout, maintenant. Il y a
longtemps que Madame a fauté avec M. Limousin. Moi, je les ai vus plus
de vingt fois s'embrasser derrière les portes. Oh, allez! si M. Limousin
avait été riche, ça n'est pas M. Parent que Madame aurait épousé. Si
Monsieur se rappelait seulement comment le mariage s'est fait, il
comprendrait la chose d'un bout à l'autre...