Une carpe dont le milieu du corps est traversé dans l'eau, où elle nage,
par un rayon lumineux.
Signé: _Hokousaï I-itsou manji_. (Hokousaï à 75 ans).
H. 29.--L. 34.
Collection Hayashi.
Shishin, l'un des 108 héros du roman de Souikô.
De profil, tourné à droite, la tête levée en l'air, tenant un bâton
d'une main rejetée derrière le dos, Shishin est habillé d'une robe
de dessous bleue, sa robe de dessus tombée autour des reins; il a,
aux pieds, des espèces de bottes de cuir lui montant jusqu'aux
genoux, et ses bras nus sont tatoués de neuf dragons.
Un dessin à l'aquarellage noyé, mettant autour des contours et des
plis des teintes délavées, semblables à celles des bords de mers et
d'océans dans nos atlas.
Signé: _Manji, vieillard fou de dessin à 80 ans_.
H. 120.--L. 52.
Riki, un autre héros des 108, surnommé le _Tourbillon noir_, à cause de la
rapidité avec laquelle il faisait tourner sa hache.
De face, debout, les traits farouches, le menton appuyé sur sa
main gauche, sa main droite tenant sa hache homicide. Une anatomie
rocheuse, comme inspirée par les statues de pierre des Niô à la
porte des temples, avec des chairs couleur brique, et quelques
touches de bleu dans le noir de l'encre de Chine des vêtements.
Même signature et même grandeur que le premier.
Les deux pendants font partie de la collection Hayashi.
Un faisan, la tête retournée près d'une tige de pissenlit.
Signé: _Hokousaï_ (de 1800 à 1806).
H. 31.--L. 54.
Un faisan.
Signé: _Manji, vieillard fou de dessin à 80 ans_.
H. 29.--L. 57.
Ces deux dessins font partie de la collection de M. Hayashi.
Kwakou Shighi, le ministre populaire de la Chine, le ministre a la plus
nombreuse famille de tous les ministres de la terre, représenté assis sur
une chaise tournante, la tête penchée vers sa femme, et entouré de plus de
vingt-quatre enfants.
Un kakémono d'une facture dure, mais avec un effort chez Hokousaï de faire
plus portrait qu'il ne fait d'ordinaire, dans ces têtes d'enfants, au ton
rose de la pêche, et avec des rehauts de blanc sur le nez et les paupières.
Signé: _Manji, vieillard fou de dessin, autrefois Hokousaï changé de
nom, vulgairement Nakashima Tetzouzô Fouji-wa-no Tamékazou, à l'âge
de 88 ans_.
H. 100.--L. 43.
Le même sujet vers 1807, plus ancien de 40 ans.
H. 61.--L. 55.
Ces deux compositions font partie de la collection Hayashi.
«Le Lever.» Femme habillée d'une robe grise semée de fleurettes blanches,
tenant en main un _yutô_, une cafetière en laque semée de pétales de
fleurs d'oranger, servant au transport de l'eau chaude, qu'elle s'apprête
à verser dans un bol de porcelaine décoré de paysages bleus, posé sur un
plateau à pied, près d'une brosse à dents en bois.
Signé: _Hokousaï_.
H. 114.--L. 44.
«Le Coucher.» Femme qui va se coucher, en train de changer le papier de
son oreiller, sa tête sortant du rose de sa robe de dessous, et son corps
flottant dans les plis d'une robe de dessus d'un gris mauve, sillonné de
petits oiseaux de mer appelés au Japon _miyakodori_.
Même signature et même dimension que le _Lever_.
Ces deux kakémonos font partie de la collection de M. Hayashi.
Un troisième kakémono: la moustiquaire de cette série, est chez M. Gonse.
Tchôriô, conseiller d'État, rencontrant sur un pont Kosékikô, vieillard
mystérieux qui lui remet un rouleau avec l'étude duquel il met en état le
prince, son maître, de renverser l'Empereur qui a fait la grande muraille
de la Chine.
Dessin de premier jet, avec quelques légères colorations dans le
barbotage de l'encre de Chine.
Signé: _Sur la demande de Yeisai Soshû; Hokousaï Sôri a fait ce
dessin_. Le dessin n'est pas signé, mais porte un cachet où il y a
le nom de _Tokimasa_ (vers 1798).
H. 115.--L. 47.
Collection Hayashi.
Sur un fond brunâtre, une grande branche tortillarde de prunier en fleurs,
rien qu'à l'encre de Chine avec les fleurs gouachées de blanc: un kakémono
d'un relief extraordinaire, où le noueux, l'excorié, le liégeux d'un vieux
bois, sont rendus d'une manière miraculeuse.
Signé: _Katsoushika Hokousaï_ (1806-1807).
H. 126.--L. 52.
Trois grandes lanternes posées l'une à côté de l'autre. De la peinture
décorative enlevée rapidement.
Non signé.
H. 118.--L. 51.
Ces deux kakémonos appartiennent à M. Hayashi. Ils faisaient partie d'un
paravent de six feuilles, dont deux maintenant sont en possession de M.
Vever, et deux en possession de M. Monnet, paysagiste.
Femme lisant une pièce de théâtre, dans un mouvement de tête abaissée, au
cou cassé. Coloration de la figure avec le blanc d'une face de pierrot,
mais une robe aux tons changeants, semés de fleurettes de _lespedèze_, sur
laquelle tranche le ton d'une ceinture verdâtre aux dessins jaune d'or. Un
oiseau volant au-dessus de la tête de la liseuse.
Signé: _Hokousaï_.
H. 119.--L. 51.
Collection Hayashi.
Femme de profil tournée à droite, à la tête de face surmontée de
l'étoilement des épingles de sa chevelure, et avec le délicat ovale de
sa figure sortant du rose d'une robe de dessous. Un dessin d'une grâce
contournée charmante; la robe ayant aux épaules comme le renflement d'un
dolman et se creusant à la rentrée des reins sous la ceinture, toute
bouffante en avant et se répandant et s'étalant aux pieds en un large
ondoiement. Des colorations, comme si le papier _buvard_ sur lequel elles
sont posées trempait dans l'eau; et un noir assoupi des cheveux, et un
incarnat du visage, pour ainsi dire imperceptible, et un nuageux des
plis de la robe qui semble impossible à obtenir. Un des plus désirables
kakémonos d'Hokousaï.
Signé: _Taïto_ (1887).
H. 107.--L. 29.
Collection Hayashi.
Handaka, un disciple de Bouddha, élevant en l'air un bol d'où sort une
fumée qui se change en dragon.
Dessin d'un déchiquetage personnel à Hokousaï, et où les étoffes ont
l'air de lanières volantes, comme si cette animation un peu exagérée, que
l'artiste met dans les corps, il voulait la porter dans les étoffes. Lavis
à l'encre de Chine sur un ton rosâtre.
Signé: _Hokousaï Taïto_ (1815).
H. 100.--L. 43.
Collection Hayashi.
Un prêtre shintoïste tenant un arc auquel sont attachées des poésies.
Facture tout à fait grossière, barbouillage inharmonique.
Signé: _Manji, vieillard de 85 ans_ (1844).
H. 95.--L. 29.
Collection Hayashi.
Un aigle, au moment où il se pose sur le rocher d'un écueil.
Un des kakémonos d'Hokousaï, à la coloration la plus puissante, et qui
porte en haut cette curieuse note: «L'année dernière, le 28 du 11e mois,
l'oiseau était vu à Kazousa et, le 18 du mois suivant, il fut pris à
Sounamoura, et l'ordre de le dessiner fut donné à Hokousaï, 6e mois
1848.»
Signé: _Manji autrefois Hokousaï, vieillard fou de dessin,
vulgairement Nakashima Tétsouzô_ (et en vérité) _Foujivara no
Tamékazou, à l'âge de 88 ans_.
H. 123.--L. 52.
Collection Hayashi.
Kakémonos des six Poètes, panneaux détachés d'un paravent:
Ariwara no Narihira,
Ohtomo no Kouronoushi,
Boun-ya no Yasouhidé,
Sôjô Hénjô.
Peintures décoratives enlevées d'un pinceau rapide.
Signé _Katsoushika Hokousaï_ (1806-1812).
H. 130.--L. 53.
Collection Hayashi.
Omono Komati,
Kisén Hosshi.
Ces deux panneaux complétant les six Poètes, et de la même
dimension, et portant la même signature que les quatre autres,
nous les retrouvons dans la collection de M. Vever.
Un _Katsouo_ (poisson ressemblant au maquereau), dont une tranche a été
enlevée, posé sur une tige d'oeillet; un autre avec un navet: ce poisson
se mangeant avec du navet râpé.
Signé: _I-itsou Hokousaï_ (vers 1823).
H. 92.--L. 27.
Collection Hayashi.
Un vol de pluviers au-dessus d'un cours d'eau, par un jour de neige.
Kakémono d'une exécution poussée au fini.
Signé: _Hokousaï Tokimasa_ (1799-1800).
H. 110.--L. 26.
Collection Hayashi.
Un shôjô, un petit génie du saké, à la chevelure rouge envolée derrière
lui, soulevant de ses deux bras en l'air un barillet de saké.
Signé: _Hokousaï, fou de dessin_ (1801-1805).
H. 84.--L. 26.
Collection Hayashi.
Apparition de monstres. Une tête énorme, à côté d'une tête de vieille
femme, au long cou d'un serpent, sortant d'une boîte.
Non signé.
H. 31.--L. 57.
Collection Hayashi.
Apparition. Derrière une lanterne de tombeaux, décorée de feuilles de
nénuphar (un symbole bouddhique), une femme, d'une main appuyée sur un
bâton, la tête enveloppée d'une chevelure épaisse, les yeux creux, le nez
décharné, les dents se détachant en blanc d'un trou noir, les chairs
livides éclairées par la blafarde lueur de la lanterne.
Dessin fait pour une audition de Hayashiya Shôzô, conteur d'histoires
de revenants, au moment où l'on éteignait les lumières et où ne
restait éclairé que le dessin d'épouvante.
Signé: _Manji, vieillard fou de dessin, à l'âge de 80 ans_ (1839).
H. 56.--L. 27.
Collection Hayashi.
Deux têtes coupées, aux traits contractés, au blanc de l'oeil injecté de
sang, attachées par une cordelette à une tige de bambou. Peinture qu'on
sent faite d'après nature, sur un morceau de soie entièrement recouverte
de gouache, et qui joue la peinture à l'huile.
Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_ (1847).
H. 32.--L. 53.
Lanterne de cimetière avec la planchette de prière; un serpent sortant de
la lanterne renversée.
Non signé.
H. 32.--L. 53.
Ces deux kakémonos, qui appartiennent à Hayashi, faisaient partie d'un
paravent de 18 feuilles, que, sauf ces deux sujets, Hayashi a refusé
d'acheter: les seize autres représentant des cadavres en liquéfaction.
Femme habillée d'une robe à l'imitation d'une queue de paon et sur
laquelle neige un prunier en fleurs.
Peinture à la gouache, jouant la peinture à l'huile, sur une planchette
destinée à être attachée par un clou à un pilastre ou à une colonne.
Non signé.
Collection Hayashi.
Un homme, un masque de Téngou, sur la figure, dansant et chantant, mène le
branle de trois petits Japonais, aux joyeuses gambades.
Dessin du faire le plus léger et le plus spirituel.
Signé: _Manji, vieillard fou de dessin_ (80 ans).
H. 91.--L. 29.
Collection Hayashi.
Daïkokou et Yebisou en voyage.
Dessin caricatural en une aquarelle très pochée.
Signé: _Hokousaï, fou de dessin_.
H. 75.--L. 28.
Collection Hayashi.
Paysage représentant, très modifiée, la vue de Tsou-kouba du _Shashin_.
Non signé, mais portant le cachet d'Hokousaï.
H. 29.--L. 45.
Collection Hayashi.
Shôki en marche, un chapeau-parasol sur son sombre visage, les mains
croisées sous ses larges manches.
Un dessin à l'encre de Chine sur un fond brunâtre, qui a quelque
chose de farouche dans sa noire tonalité.
Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_.
H. 67.--L. 26.
Collection Hayashi.
La poétesse Seishônagon, la première romancière du roman d'amour au Japon,
et qui a écrit, au VIIIe siècle, LE CAHIER DE L'OREILLER. Elle est
représentée, ainsi que toutes les femmes de la noblesse dont sont sorties
les poétesses, avec les deux mouches à l'encre de Chine sur le front,
appelées, je crois, _hòshi_ et les cheveux épars sur le dos, lisant un
rouleau sur une petite table devant laquelle elle est accroupie.
Signé: _Hokousaï Taïto_ (1817).
H. 99.--L. 39.
Collection Hayashi.
Yébisou rapportant un _taï_ dans un panier accroché derrière son dos.
Dessin à l'encre de Chine avec quelques colorations rouges et bleues:
gai dessin aux traits spirituels et au lavage léger.
Signé: _Sôri_ (1795-1798).
H. 91.--L. 25.
Shôki, en train de lire, derrière le dos d'une femme, la lettre qu'elle
vient de recevoir.
Même facture que le kakémono précédent.
H. 85.--L. 27.
Ces deux kakémonos font partie de la collection Hayashi.
Cascade de Nounobiki (de la Toile accrochée), chute d'eau dont les ondes
ont les ondulations horizontales d'une toile mollement suspendue en l'air,
et qui sont dans le dessin rehaussées de gouache, avec la poussière de
l'eau sur les rochers rendue dans une imitation parfaite par une poussière
de blanc d'argent.
Signé: _Hokousaï_ (1800).
H. 102.--L. 27.
Collection Hayashi.
Une _guésha_ en promenade, de profil, tournée à gauche, une lanterne
derrière elle. Elle est habillée d'une robe noire ocellée de plumes de
paon.
Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_.
H. 82.--L. 28.
Collection Bing.
Une vieille blanchisseuse, son panier sous le bras. Lavis à l'encre de
Chine.
H. 86.--L. 27.
Collection Bing.
Un bord de rivière. Encre de Chine.
Signé: _Hokousaï_
H. 34.--L. 56.
Collection Bing.
Diable à la figure verte, accroupi devant une pipe et une tasse de saké.
Aquarelle.
Signé: _Manji à 88 ans_.
H. 18.--L. 15.
Collection Bing.
Une femme versant du saké à un vieillard.
Kakémono à la finesse d'un sourimono.
Signé: _Gwakiôjin_.
H. 38.--L. 38.
Collection Bing.
Un Shôski en pied, tout peint à l'encre rouge, sauf les yeux, et le trait
serpentant de la bouche. Ces peintures sont, je crois, considérées au
Japon comme des préservatifs des maladies.
Signé: _I-itsou à 75 ans_.
H. 64.--L. 27.
Collection Bing.
Ouvrier nettoyant la neige sur un tonneau, se détachant d'un ciel d'hiver,
tout _ouateux_ de neige[29].
[Note 29: Kakémono qui a été reproduit dans une petite impression
en couleur.]
Signé: _Hokousaï Taïto_.
H. 98.--L. 30.
Collection Bing.
Réunion d'une tortue de longévité, de la perle sacrée, d'une lettre de
bonheur: dessin d'un groupement plein de style.
Signé: _Manji_.
H. 95.--L. 33.
Collection Bing.
Le pèlerin Saïghiô, ayant quitté la cour, assis sur un tertre, et
contemplant la campagne avec des yeux contemplatifs d'ascète.
Signé: _Hokousaï_.
H. 64.--L. 27.
Collection Bing.
Un prunier en fleurs, sous le clair de lune. Encre de Chine qui a
l'admirable papillotage de la lumière sur ces arbres, en leur floraison.
H. 136.--L. 21.
Collection Bing.
Une langouste dessinée avec la science ichthyologique du Maître.
Signé: _Hokousaï_.
H. 85.--L. 29.
Collection Bing.
Un vieillard, fait avec le lavage brutal des vieilles années du peintre.
Signé: _Hokousaï_,--bien certainement une signature fausse sur un
dessin vrai, mais du temps où Hokousaï signe _Manji_.
H. 74.--L. 20.
Collection Bing.
_Guésha_, habillée d'une robe noire, aux transparences de la plus grande
habileté, et marchant de profil tournée à gauche, ainsi que presque toutes
ses études de courtisanes.
H. 119.--L. 29.
Collection Bing.
Un kakémono, divisé en trois compartiments. Entre une poésie chinoise et
une poésie japonaise, dans la bande étroite du milieu, un paon, la tête
soulevée pour attraper une araignée, pendant au bout d'un fil. Une
aquarelle extraordinaire, où le maître a rendu la vie remuante de la
plume: l'un des plus merveilleux kakémonos d'Hokousaï que j'aie vus.
Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_.
Collection Bing.
Diables s'abritant sous le chapeau de Shôki. Peinture aux anatomies
fragmentées, et aux colorations brutales non fondues, et ressemblant à des
morceaux de mosaïque: peinture typique du _faire_ des dernières années
d'Hokousaï.
Signé: _Manji_.
H. 80.--L. 55.
Collection Gonse.
Un faucon sur une branche de sapin. Aquarelle.
Signé: _Manji_. Mais je crois le dessin antérieur à cette signature,
qui y aurait été postérieurement apposée.
H. 68.--L. 21.
Collection Gonse.
Un coq et une poule. Aquarelle de la plus grande intensité.
Signé: _Gwakiô rôjin, à l'âge de 80 ans_.
H. 36.--L. 56.
Collection Gonse.
Hotei couché à terre, enfonçant les mains dans son sac. Peinture d'un
grand relief, aux délicats détails du costume vert et bleu perdus dans
la masse, et aux belles lignes du sac.
Non signé.
H. 29.--L. 46.
Collection Gonse.
Tige de bambou où vont se poser deux moineaux: la tige de bambou à l'encre
de Chine, les moineaux pochés de ces rougeâtres et brunâtres taches
qui font des moineaux d'Hokousaï de petites oeuvres de la plus grande
maîtrise.
Ce kakémono, qui vient de la vente de l'atelier de Kiôsaï, et qui est
signé: _Katsoushika-tiyémon, à l'âge de 85 ans_, a, en tête, une lettre
d'envoi autographe du peintre, avec un croqueton de salutation semblable
à ceux qu'il jette en tête de ses lettres à ses éditeurs, et l'envoi est
fait à un ami habitant près du pont de Nakabashi, qu'il appelle dans sa
lettre: _Fleur de Nakabashi_.
H. 90.--L. 33.
Collection Gonse.
Femmes ramassant des coquillages et les portant dans un bateau. Amusante
scène se détachant de profonds lointains, mais d'un faire un peu miniaturé,
un peu petit.
Signé: _Hokousaï Katsoushika_.
H. 42.--L. 45.
Collection Gonse.
Kiyomasa, en son costume de guerre précieusement travaillé, sous son
casque à cornes, se voit superbement piété, une main appuyée sur le manche
de son sabre, dans l'enveloppement turgide de ses épaulières.
Signé: _Hokousaï I-itsou_.
H. 70.--L. 27.
Collection Gonse.
Princesse dans une tempête de neige, au bord de la mer, suivie de deux
serviteurs, dont l'un tient un parapluie au-dessus de sa tête. Une magique
représentation du floconnement de la neige dans l'air avec, dans un coin
du ciel, la fonte lumineuse de fleurs roses de pruniers, sous cette tombée
de blancheur. Ce serait la mise en scène de la légende de Komati réclamant
du ciel la pluie.
Non signé.
H. 79.--L. 27.
Collection Gonse.
Un chasseur qui vient de tuer un sanglier, en train de le lier avec une
corde. Aquarelle au doux lavage, amorti, assoupi.
H. 33.--L. 42.
Collection Gonse
Guésha, la tête de trois quarts, baissée dans un penchement à gauche, et
habillée d'une robe de soie noire brodée de fleurettes aux transparences
rendues par la plus habile aquarelle.
Signé: _Hokousaï_.
H. 105.--L. 27.
Collection Gonse.
Un prunier en fleurs. Lavis où l'arbuste est traité à l'encre de Chine, et
les fleurs gouachées de blanc, de la plus parfaite exécution artistique.
Signé: _Hokousaï Sôri_.
H. 120.--L. 35.
Collection Gonse.
Yoshitsouné, sous son casque à cornes, et revêtu d'une armure rouge, que
dépassent derrière les flèches de son carquois et le manche d'un de ses
deux sabres. Spécimen d'une des peintures les plus parfaites et les plus
travaillées d'Hokousaï.
Non signé.
H. 81.--L. 40.
Collection de M. Gonse, qui a donné le pendant au Louvre, faisant
partie d'un paravent composé de trois compartiments.
Blanchisseuse agenouillée, battant le linge, dans un paysage montagneux.
Signé: _Hokousaï Sôri_.
H. 105.--L. 42.
Collection Gonse.
Femme sous une moustiquaire, agenouillée, et d'une main tendue en l'air en
train de brûler, avec une petite mèche enflammée, des moustiques, dans un
mouvement de grâce qui dessine la molle et ressautante ligne de son dos.
Très originale peinture où, dans la pénombre verdâtre de la moustiquaire,
la femme en sa robe à fleurettes apparaît, ainsi que dans la coloration
glauque d'un aquarium, au jour tombant, tandis que, comme opposition, se
voit tout lumineux un petit morceau de sa robe fleurie, sur laquelle est
relevée la moustiquaire.
Signé: _Hokousaï Sôri_.
H. 122.--L. 43.
Collection Gonse.
Ce kakémono est le complément du «Lever» et du «Coucher», les deux
kakémonos en possession de M. Hayashi.
Tête de Darma. Lavis d'une beauté tout à fait singulière. Une noyade
d'encre de Chine où, dans le _flou_ du lavis, les traits du saint
apparaissent avec quelque chose de la solidité d'une sculpture qu'on
apercevrait au fond de l'eau.
Non signé.
H. 59.--L. 28.
Collection Gonse.
La marchande de fagots. Un boeuf sur lequel est un abri en roseaux et que
conduit par la bride une femme fumant sa pipette. Une aquarelle où, sur la
massivité sombre de l'animal, se détache l'éclatant bariolage de la robe
de la conductrice.
Signé: _Taïto Hokousaï, changé de nom_.
H. 85.--L. 31.
Collection Gillot.
Un vieux marchand d'écumoires en bambou pour la poudre de thé, appelées en
japonais _tchasén_, accroupi à terre, au milieu de l'étalage des objets de
sa vente. Un barbouillage d'encre de Chine, rehaussé de blanc, avec un ton
de chair sur la figure et les mains; et où les petits yeux écarquillés, le
nez en point d'interrogation, la bouche égueulée du marchand, montrent,
sous quatre coups de pinceau, toute la narquoiserie d'une physionomie
japonaise.
Signé: _Katsoushika Mousén hôshi, ou le prêtre sans le sou de
Katsoushika, à 65 ans_ (1824).
H. 65.--L. 35.
Collection Gillot.
Sur un mortier du riz, un coq qui n'est pas l'éternel coq de profil
d'Hokousaï, mais un coq de trois quarts, piété de côté dans une attitude
batailleuse; un coq au rouge vineux de sa crête s'enlevant sur le noir de
sa queue et de son poitrail: le coq le plus artistique des coqs du maître,
et dont la pochade prend, à distance, le trompe-l'oeil de l'aquarelle la
plus achevée.
Signé: _Taïto, autrefois Hokousaï_.
H. 80.--L. 29.
Collection Gillot.
Un sanglier détalant dans la neige. Une merveille que ce déboulement
galopant, où sont si bien dessinées les délicates pattes en mouvement, du
lourd animal.
Signé: _Manji, vieillard de 88 ans_ (1847).
H. 32.--L. 32.
Collection Gillot.
Le prêtre Saïguio, poète voyageur, regardant, sur un pont, une grue
volante dans le haut du ciel. L'homme, la main appuyée sur un bâton, est
penché à droite, la tête cachée par son chapeau. Un dessin aux dessous
solides, ressentis, sous des colorations éteintes, où se voient une besace
au vert joliment passé, une robe jaunâtre aux cassants des plis relevés de
filées de gouache. Un des beaux kakémonos que j'aie vus et qui, exécuté
dans les dernières années de sa vie, a le doux enveloppement du beau temps
de son talent.
Signé: _Manji, vieux de 85 ans_.
H. 95.--L. 28.
Collection Gillot.
Deux canards mandarins à l'aquarelle: l'un, la tête levée, l'autre
fouillant la vase.
Signé: _Manji_.
H. 97.--L. 27.
Collection Vever.
_Sékizoro_. Trois danseurs du Jour de l'An, tenant dans chacune de leurs
mains un bâton. Un dessin à l'habile groupement, et où un danseur de face
se voit entre deux danseurs de dos, comme dans une ascension pyramidale.
Signé de la signature de ses derniers temps.
H. 125.--L. 52.
Collection Vever.
La poétesse Ono Komati, avec ses deux mouches au front des femmes de la
noblesse et sa belle chevelure noire dépassant par derrière la traîne de
sa robe, d'une main tenant un grand éventail qui lui masque la gorge et le
bas du visage. Elle est vêtue d'une robe de dessous rouge, sur laquelle
est jetée une robe de dessus à fleurettes.
Non signé.
H. 132.--L. 55.
Collection Vever.
Le prêtre Kisén. Il est vu de dos, avec sa calvitie au milieu de la
couronne de ses cheveux, et un bout de profil perdu qui ressemble à un
profil de gorille. Appuyé sur un bâton, il est habillé d'une robe noire,
sur laquelle est jetée comme une couverture à larges bandes, couleur de
rouille.
Non signé.
H. 132.--L. 55.
Collection Vever.
Ces deux kakémonos de Komati et du prêtre Kisén faisaient partie de la
collection des six Poètes, dont quatre sont encore dans la collection de
M. Hayashi.
Une chute de cascade, dans laquelle remontent deux carpes, avec des
parties visibles et des parties noyées par la chute d'eau, dont le
rejaillissement de l'écume est fait, à s'y tromper, au moyen de
gouttelettes éclatées de gouache.
Signé: _Gwakiôjin_.
H. 109.--L. 48.
Collection Vever.
Un piège à oiseau. Un baquet appuyé sur un bout de bambou que le moindre
contact doit faire chuter et sous lequel il y a du grain. Vers le baquet
descend une volée de moineaux dont l'un, sur le bord du baquet, est prêt
à s'y glisser. Facture large.
Signé: _Gwakiôjin_.
H. 125.--L. 52.
Collection Vever.
Sur la nuit noire d'un ciel dans lequel un éclair fait une éclaircie, le
terrible Yorimasa, le général de Minamoto, contorsionné dans un mouvement
de force qui dessine toute son anatomie herculéenne, tend un gigantesque
arc dont la flèche va tuer le Nouyé, animal fantastique à la tête d'un
tigre, au corps d'un taureau, à la queue d'un serpent.
Signé du cachet: _Svastica_[30].
H. 100.--L.42.
Collection Vever.
[Note 30: Svastica, un mot qui viendrait du sanscrit, et dont le
signe est la représentation, en forme de tourniquet, du croisement
de deux morceaux de bois, l'un sur l'autre, par allusion au feu
des temps primitifs. Ce signe exprimerait le nombre dix mille, ou
plutôt un nombre indéfini, que les Japonais prononcent _man_ ou
_manji_--et ce signe, Hokousaï l'a adopté un temps pour sa
signature.]
Au-dessus de feuilles de _momiji_, une théière suspendue au bout d'une
longue attache de fer passant sur une inscription contenue dans la
figuration d'une sorte de tablette appelée, au Japon, papier à poésie
(_tansakou_).
Voici ce que raconte cette théière à saké suspendue à un arbre. Sous
l'Empereur Takakoura (XIIe siècle), un souverain poète, dans le jardin
impérial, un jour de la fin d'automne, trois domestiques balayeurs
avaient fait chauffer du saké pour se mettre un peu de chaleur au corps.
L'Empereur, sorti de son palais pour admirer le coucher du soleil dans le
bois d'érable, alors tout rouge, arriva seul, là où se tenaient les trois
balayeurs. Le sans-gêne de ces domestiques du palais valait leur renvoi
mais, avant que quelqu'un de sa suite pût les punir, l'Empereur s'écria
sur un ton de bonne humeur: «Quel plaisir de voir ces pauvres gens
partager mon inspiration poétique! Cela me rappelle la célèbre ligne
ancienne qui dit: «Dans ce bois chauffant le saké, en brûlant les rouges
feuilles d'érable...» Et les balayeurs furent pardonnés. Généralement le
sujet est représenté avec les trois balayeurs habillés en blanc et coiffés
de chapeaux noirs. Mais ici Hokousaï supprime les personnages.
Le _tanzakou_, placé au milieu, porte: «Le plaisir de la vie est d'admirer
les vues des quatre saisons, avec la lune, la neige, les fleurs, la
montagne verte, le bois à feuilles rouges, dont une partie tapisse la
terre.»
Signé: _Sajimoti_.
Le papier en large, placé en tête du kakémono, est une lettre
d'Hokousaï qui recommande un élève au docteur Sanghino, lettre
signée: _Le paysan Hatiyémon, habitant en face de la pharmacie
Jôsaï_. Datée le 12e jour du 7e mois (probablement de la même année
1843).
H. 78.--L. 23.
Collection Haviland.
Oiseaux sur un baquet renversé, près d'un oeillet et de marguerites: les
marguerites gouachées de blanc avec un tel art qu'elles semblent brodées.
Signé: _Katsouskika Hokousaï_.
H. 25.--L. 32.
Collection Haviland.
À demi abritée par un paravent, une femme en train de se coiffer, les deux
mains élevées au-dessus de sa tête, et soulevant par derrière sa natte à
l'aide d'une grosse épingle à cheveux. Accroupie dans un mouvement plein
de grâce, son miroir, qu'on ne voit pas, est posé sur le genou d'une jambe
remontée; dans ce mouvement, un sein sort de sa robe et, sous la robe,
s'entrevoit un rien du dessous de la cuisse et du pied de la jambe qui
porte le miroir.
En ce kakémono, certainement un des plus soignés, et des plus parfaits du
maître, Hokousaï a cherché une opposition entre la finesse de la linéature,
pour ainsi dire graphique, faisant le contour des mains, du visage, du
sein, de la cuisse, du pied, et le ton neutre et le lavage un peu brutal
de la robe.
Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_.
H. 97.--L. 32.
Collection Haviland.
Au-dessus d'une cascade, au milieu de fleurs de cerisier, un aigle, le
corps ramassé, la tête tendue et projetée en bas comme s'il s'apprêtait à
fondre sur une proie. Peinture au cruel dessin de la tête, au solide noir
et au beau fauve de la plume hérissée, et comme soulevée par l'instinct
carnassier. C'est la même étude mais, je crois, plus poussée que celle de
l'aigle pris à Sounamoura, en 1848, et qui est dans la collection de M.
Hayashi.
H. 106.--L. 54.
Collection Manzi.
Sous la pleine lune, une courtisane en marche vers la droite; elle est
dans une robe de dessous jaunâtre étoilée de fleurs rouges, sur laquelle
est rabattue une robe de dessus bleuâtre décorée de glycines blanches.
Signé: _Gwakiôjin Hokousaï_ (1801-1805).
H. 115.--L. 30
Collection de Goncourt.
Une courtisane, vue de trois-quarts dans une robe décorée de branchettes
de sapin lavées d'encre de Chine, sur lesquelles se détachent des grues
volantes, gouachées de blanc.
En haut est jetée cette poésie, signée Méjiro Sanjin:
«Le Bouddha exploita la loi religieuse. Le premier prêtre exploita le
Bouddha, les prêtres de la postérité continuent à exploiter leur ancien
maître, et toi tu exploites ton corps. Ton commerce consiste à calmer la
fièvre des passions. Au fond la réalité c'est le néant, et le néant c'est
la réalité. Le feuillage offre sa verdure et la fleur sa couleur. La lune
se baigne dans le lac, mais ce n'est là que son image.»
Kakémono signé: _Gwakiôjin Hokousaï_ (1801-1805).
H. 115.--L. 30.
Collection de Goncourt.
En Hollande, au musée ethnographique de Leyde, M. Gonse cite trois
kakémonos représentant des courtisanes, kakémonos non signés mais dignes
de lui être attribués.
En Angleterre, au British Museum, venant de la collection Anderson,
un kakémono en couleur sur soie (Sise 21-5/8 x 32-3/8) représentant:
«Tamétomo et les diables dans l'île des diables.» Le héros est assis
sur un rocher, près de trois diables qui essayent avec de grands efforts
son arc. M. Anderson dit dans son catalogue que c'est une peinture d'une
grande vigueur et très expressive dans les figures: peinture exécutée dans
l'année où Hokousaï illustrait la sixième partie du CROISSANT DE L'ARC,
roman qui est l'histoire fabuleuse de Tamétomo.
Il est signé: _Katsoushika Hokousaï_.
Ce dessin, en haut duquel est une poésie de Bakin, l'auteur du roman, est
datée: _Une nuit d'hiver de 1811_. La boîte du kakémono porte une
inscription du petit-fils de Bakin, disant que cette peinture, conservée
dans sa famille, avait été exécutée au moment où Bakin écrivait son roman.
Dans la collection de M. Ernest Hart, à Londres, se trouvent cinq
kakémonos:
1° Des oies sauvages: kakémono signé _Manji à 88 ans_.
2° Okamé lapidant un diable avec des haricots. Aquarelle cursive,
légèrement colorée en rose et bleu. Ce kakémono, où l'opposition est
charmante entre la grâce d'Okamé et la hideur du diable épouvanté, est
une des plus remarquables peintures du maître en Angleterre. Il est signé
_Manji_, et provient de l'ancienne collection Wakai.
3° Trois chiens jouant. Signé: _I-itsou_.
4° Guerrier chinois. Signé: _Gwakiô-rôjin Hokousaï_.
5° Une Japonaise. Signé: _Hokousaï Taïtô_.
Dans la collection de M. S. M. Samuel, un kakémono, que le propriétaire
considère comme un chef-d'oeuvre.
Une femme debout s'habillant et se regardant dans un miroir: Signé:
_Hokousaï_.
En Amérique, dans la collection de M. Morse de Boston, dit M. Gonse dans
son ART JAPONAIS, est conservé un kakémono (H. 17 pouces) représentant un
guerrier japonais au milieu d'un passage montagneux, qui serait d'une
harmonie exquise dans les rouges, les verts, les gris.
De nombreux kakémonos existeraient encore chez M. Fenellosa.
Enfin, voici plusieurs kakémonos d'Hokousaï qui font partie de la riche
collection du Japonais Homma Kôsô, à Sakata, et dont les reproductions
photographiques ont été publiées dans le _Magazine of Art Japanese_,
paraissant en japonais et en anglais, à Tôkiô.
Le premier est un grand arbre penché sur les rapides d'une rivière, au
milieu duquel est assis un petit berger qui, de là, regarde le
Fouzi-yama.
Le second est une courtisane entre ses deux petites accompagnatrices,
appelées _Kamourô_.
Les autres, au nombre de douze, et formant les panneaux d'un paravent, ont
pour titre: LES PEINTURES DES SIX TAMAGAWA (des six rivières du même nom,
dans six provinces différentes).
1° Une cascade.
2° Un bûcheron qui se repose sur son fagot.
3° Le poète Nô-in-hôsshi s'inspirant de la nature.
4° Une envolée de pluviers au-dessus d'un bord de rivière tout couvert de
neige.
5° Un village de la province de Mousashi au bord de l'eau.
6° Des femmes blanchissant du linge.
7° Le cours d'une rivière de la province d'Ohmi, coupé par le feuillage
des arbres de la rive.
8° Un poète ancien en contemplation devant la lune.
9° Une carpe, traversée dans l'eau de la rivière de la province de Ki-i,
par des rayons lumineux.
10° Un coin de jardinet de la province de Settsu, au milieu duquel est
du linge à laver.