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En 1848, un an avant sa mort, Hokousaï publie _Yéhon Saïshiki-tsou_,

LE TRAITÉ DU COLORIS, sur la couverture duquel on voit Daïkokou déroulant

un kakémono où sont gravés le titre du volume et le nom de l'auteur, et

où la première planche représente, au-dessus d'un petit rapin japonais

préparant l'encre de Chine, le peintre dans une espèce de danse de

Saint-Guy picturale, peignant un pinceau dans la bouche, un pinceau dans

chaque main, un pinceau dans chaque pied.

Le traité qui est rédigé par Hokousaï, sous le nom d'Hatiyémon, mérite

d'être traduit dans quelques-unes de ses parties. Il commence ainsi:

L'ignorant Hatiyémon dit: J'ai fait ce petit volume pour apprendre aux

enfants qui aiment à dessiner la manière facile de colorier... publiant

ce petit volume à bon marché, dans l'espoir que tout le monde pourra

l'acheter et donner à la jeunesse l'expérience de mes quatre-vingt-huit

ans.

Dès l'âge de six ans, j'ai commencé à dessiner, et pendant

quatre-vingt-quatre ans j'ai travaillé dans l'indépendance des écoles,

ma pensée, tout le temps, tournée vers le dessin. Or donc, comme il

m'est impossible de tout exprimer en un si petit espace, je voudrais

seulement apprendre que le vermillon n'est pas la laque carminée,

que l'indigo n'est pas le vert, et aussi apprendre, d'une façon

générale, le maniement du rond, du carré, et des lignes droites ou

courbes; et si j'arrive, un jour, à donner une suite à ce volume,

je mettrai les enfants en état de rendre la violence de l'Océan,

la fuite des rapides, la tranquillité des étangs, et chez les vivants

de la terre, leur état de faiblesse ou de force. En effet, il y a des

oiseaux qui ne volent pas très haut, des arbres à fleurs qui ne

produisent pas de fruits, et toutes ces conditions de la vie autour

de nous méritent d'être étudiées à fond, et si j'arrive à persuader

les artistes de cette vérité, j'aurai le premier _traîné ma canne_ sur

le chemin[20].

[Note 20: J'aurai le premier indiqué le chemin.]

Puis, c'est un tableau d'une cinquantaine de couleurs employées par

le maître, et à la page suivante, au-dessus de deux mains qui tiennent

un pinceau penché, délayant de la couleur dans une soucoupe, ces

recommandations:

Les couleurs ne doivent être ni trop épaisses, ni trop claires, et le

pinceau doit se tenir couché; autrement il produit des malpropretés;

--l'eau du coloriage plutôt claire que foncée, parce qu'elle durcirait

le ton;--le contour jamais trop net, mais très dégradé;--n'employer la

couleur que lorsqu'elle a reposé et qu'on a rejeté la poussière montée

à la surface;--la couleur fondue avec le doigt, et jamais avec le

pinceau; ne passer la couleur que sur les lignes noires de l'ombre,

où seulement la couleur peut se superposer.

Et ce sont les couleurs spéciales qu'il faut employer pour colorier les

animaux et les plantes, représentés en noir dans les planches qui se

succèdent,--pour colorier le hoho, le coq, l'aigle, les canards, les

poissons.

Le noir lui fait dire:

Il y a le noir antique et le noir frais, le noir brillant et le noir

mat, le noir à la lumière et le noir dans l'ombre. Pour le noir

antique, il faut y mêler du rouge; pour le noir frais, c'est du bleu;

pour le noir mat, c'est du blanc; pour le noir brillant, c'est une

adjonction de colle; pour le noir dans la lumière, il faut le refléter

de gris.

À propos de fleurs, Hokousaï nous révèle un curieux ton de l'aquarelle de

là-bas: c'est le _ton du sourire_. Mais écoutez le vieux maître:

Ce ton appelé le ton du sourire, Waraï-gouma, est employé sur la figure

des femmes pour leur donner l'incarnat de la vie, et aussi employé pour

le coloriage des fleurs. Pour le fabriquer ce ton, voici le moyen:

il faut prendre du rouge minéral, _shôyén-ji_, fondre ce rouge dans

de l'eau bouillante, et laisser reposer la dissolution: c'est un secret

que les peintres ne communiquent pas.

Hokousaï ajoute:

Pour les fleurs, on mêle généralement de l'alun à cette dissolution:

mais ce mélange brunit le ton. Moi, j'emploie bien aussi l'alun, mais

d'une manière différente, due à mon expérience. Je le bats longtemps

dans un godet et le tourne sur un feu très doux jusqu'à ce que le

liquide soit desséché complètement. Cette matière ainsi obtenue, on

la conserve à sec, pour s'en servir, en la mélangeant avec du blanc.

Et pour obtenir ce blanc teinté d'un soupçon de rouge, j'étends le

blanc d'abord, et ensuite en délayant le _shôyén-ji_ dans beaucoup

d'eau, et le laissant précipiter au fond de cette eau à peine teintée,

passée sur la gouache, j'obtiens la coloration voulue.

Ce qu'il y a de curieux dans le professorat d'art d'Hokousaï, c'est

l'indépendance que prêche à ses élèves le maître indépendant, leur

déclarant _qu'ils n'aient pas à croire qu'il faut se soumettre servilement

aux règles indiquées, et que chacun, dans son travail, doit s'en tirer

selon son inspiration_.

La même année, il publie un second volume portant le même titre, où il

dit: _Dans le premier volume, j'ai indiqué les couleurs à l'état général,

dans celui-ci, je m'occupe des couleurs à l'état liquide_; et ce sont des

procédés, comme dans l'autre volume, pour peindre un lion de Corée, un

sanglier, des lapins.

Dans le premier volume, un moment, il nous entretient du procédé

hollandais de la peinture à l'huile de l'Europe, disant: Dans la peinture

japonaise, _on rend la forme et la couleur, sans chercher le relief, mais

dans le procédé européen on recherche le relief et le trompe-l'oeil_, et

Hokousaï conclut, sans parti-pris, qu'on peut admettre les deux procédés.

Dans ce second volume, faisant sans doute allusion à des planches de

Rembrandt qu'un critique américain l'accusera d'avoir transportées dans le

vieux sacro-saint dessin japonais, Hokousaï parle du procédé hollandais de

l'eau-forte, du procédé qui consiste à dessiner sur le cuivre recouvert

d'un vernis, et annonce qu'il dévoilera ce procédé dans le volume suivant.

Mais ce second volume du TRAITÉ DU COLORIS devait être la dernière

publication du peintre.

Un second livre, où Hokousaï professe longuement, est le _Riakougwa-haya

shinan_, LEÇON RAPIDE DE DESSIN ABRÉGÉ, ouvrage paru en trois volumes, le

premier en 1812, le second en 1814, le troisième sans date.

Dans le premier volume, aux croquis assez brutaux, il y a une chose

curieuse: que chaque dessin soit un Darma, soit un scolopendre, il est

reproduit dans les contours de sa forme par les lignes courbes de moitiés

de circonférences, de quarts de circonférences, et de temps en temps par

un carré.

Dans la préface[21], Hokousaï blaguant les anciens, s'exprime ainsi:

[Note 21: La préface est de Kiôrian, mais elle est répétée dans le

_Shoshin Yédéhon_, MODÈLES DE DESSINS POUR LES COMMENÇANTS, sous

le nom d'Hokousaï.]

Les anciens ont déclaré que la montagne se fait avec la hauteur de dix

pieds, les arbres avec la hauteur d'un pied, le cheval avec la hauteur

d'un pouce, l'homme avec la grosseur d'un haricot, et ils ont proclamé

que c'est la loi de la proportion dans le dessin. Non, les lignes du

dessin, ça consiste en des ronds et des carrés... Maintenant notre

vieil Hokousaï, lui, a pris une règle et un compas, et c'est avec cela

qu'il a dessiné toutes les choses pour en bien déterminer la forme:

un procédé qui ressemble un peu à ce vieux moyen de tâtonner avec le

pinceau-charbon (_morceau de bois brûlé, du fusain_). Or, celui qui

apprendra à bien manoeuvrer la règle et le compas, il pourra arriver

à exécuter les dessins les plus fins et les plus délicats.

Et à la fin du volume, ces lignes sont encore d'Hokousaï:

Ce livre apprend la manière de dessiner au moyen du compas et de la

règle, et celui qui travaillera à l'aide de ce moyen apprendra par

lui-même la proportion des choses.

Dans le second volume, Hokousaï se représente peignant avec la bouche, les

mains, les pieds, dessin que nous trouvons répété en 1848 dans le TRAITÉ

DU COLORIS, et c'est une série de dessins assez semblables aux dessins

géométriques du premier volume, mais qui seraient inspirés par la

contexture des mots de la langue japonaise. Dans ce volume en une langue

impossible, aux localités invraisemblables, et sous des noms imaginaires,

moquant le style de rivaux et de concurrents, Hokousaï plaisante ainsi:

En aimant le style prétentieux de Hé-ma-mousho-Niûdô, le peintre

Yama mizou Téngou, de Noshi-Koshi yama, s'est approprié l'art

incompréhensible de ses dessins. Or, moi qui ai étudié ce style près

de cent ans, sans y rien comprendre plus que lui, il m'est cependant

arrivé ceci de curieux, c'est que je m'aperçois que mes personnages,

mes animaux, mes insectes, mes poissons ont l'air de se sauver du

papier. Cela n'est-il pas vraiment extraordinaire? Et un éditeur, qui

a été informé de ce fait, a demandé ces dessins de telle façon que je

n'ai pu lui refuser. Heureusement que le graveur Koizoumi, très habile

coupeur de bois, s'est chargé, avec son couteau si bien aiguisé, de

couper les veines et les nerfs des êtres que j'ai dessinés et a pu les

priver de la liberté de se sauver. Ce petit volume, je l'affirme, sera

un bijoux précieux pour la postérité, et les personnes entre les mains

desquelles il se trouvera, doivent l'étudier avec toute confiance.

Et il signe: _Yamamizou Téngou Téngoudo Nettétsou_ (fer chaud).

Dans le troisième volume, qui est toujours une suite de dessins cherchés

d'après la forme des mots, et où en haut des pages il y a la figuration de

ces mots au-dessus des sujets dessinés, la première image représente le

peintre qui a signé la préface du second volume Téngou Téngoudo,

présentant un dessin à un Téngou, à un de ces génies aux cheveux en poils

de bête, au nez en vrille[22], et Hokousaï met en tête de ce volume:

Ce livre apprend le dessin sans maître. On a emprunté les lettres,

les caractères de la calligraphie pour faire l'étude plus facile à

l'élève. Dans chaque dessin, la marche du pinceau est indiquée par le

numérotage, afin que les enfants puissent retenir l'ordre de la marche.

Mais ce livre n'est pas pour l'enfant seulement; les grandes personnes,

les poètes par exemple, qui veulent exécuter un dessin rapide dans une

société, seront aidées par ce livre. C'est donc les préliminaires du

dessin cursif.

[Note 22: La tête de Téngou est formée par les mots Yama (montagne)

et Mizou (eau), et la tête du peintre par une réunion de caractères

faisant hé-ma-mou-sho.]

À la fin du volume, Hokousaï ajoute:

L'idée qui m'a fait faire ce volume vient de ce que, un soir, chez moi,

Yû-yû Kiwan _nom fantaisiste_ m'a demandé: Comment peut-on apprendre à

faire un dessin d'une manière rapide et facile? Je lui ai répondu que

le meilleur moyen était un jeu qui consistait de chercher à former

les dessins d'après les lettres, et j'ai pris mon pinceau, et lui ai

montré comment on peut facilement dessiner. Quand j'ai eu exécuté deux

ou trois dessins l'éditeur Kôshodô, qui était là, n'a pas voulu laisser

perdre ces dessins, et il m'a fait dessiner tout un volume, qu'on doit

regarder, au fond, comme une distraction, comme un amusement pour rire.

Autour de ces deux traités techniques écrits par Hokousaï, il n'est

peut-être pas sans intérêt de grouper les albums d'Hokousaï traitant

spécialement du dessin et du coloris, dont les préfaciers ont été sans

doute inspirés dans leurs préfaces par les théories, les idées, les

ironies d'Hokousaï.

Ainsi dans l'album intitulé _Hokousaï Sogwa_, DESSINS GROSSIERS D'HOKOUSAÏ,

publié en 1806, et dont la première planche représente le génie

fantastique de l'encre de Chine, le préfacier Sakaudô, se faisant

l'interprète des conversations du peintre, s'exprime dans ces termes:

«Il n'est pas difficile de dessiner des monstres, des revenants, mais,

ce qu'il y a de difficile, c'est de dessiner un chien, un cheval, car ce

n'est qu'à force d'observer, d'étudier les choses et les êtres qui vous

entourent, qu'un peintre représente un oiseau qui a l'air de voler, un

homme qui a l'air de parler. Or, le talent extraordinaire du vieillard

Taïtô (Hokousaï) n'est que le résultat de ce travail, de cette observation

dans laquelle il a apporté cette attention infatigable que j'ai toujours

admirée et qui a fait de lui le grand artiste indépendant et le maître

unique.»

Ainsi l'album _Shosin Yédéhon_, MODÈLES DE DESSIN POUR LES COMMENÇANTS,

sans date (deux volumes dont le second est en couleur), où la succession

des coups de pinceau à donner est indiquée par un numérotage venant

d'Hokousaï, et où, pour une étude de tête de profil, la marche du pinceau

est ainsi indiquée: 1, le front; 2, la ligne du nez; 3, la narine;

4, le dessus de la bouche en partie cachée par la robe; 5, l'oeil;

6, le sourcil; 7, l'intérieur de l'oreille; 8, le contour, et les cheveux

de 9 à 16.

Ainsi le RÉPERTOIRE RAPIDE DE DESSIN, sous le titre de _Yéhon hayabiki_,

qui a suivi la LEÇON RAPIDE DE DESSIN ABRÉGÉ, et qui a paru en deux

volumes publiés en 1817 et 1819.

Ces albums, qui contiennent par page 50 ou 60 silhouettes humaines de la

grosseur d'un insecte, sont une sorte d'inventaire et de catalogue de tous

les motifs de dessin classés sous la première lettre de leurs noms: le

premier volume commençant à la lettre i et le second finissant à la lettre

_sou_, la quarante-septième et dernière lettre de l'alphabet japonais.

Dans ce recueil, la tête est presque toujours indiquée seulement par le

contour de l'ovale. Et ce mode de dessin, adopté par Hokousaï, vient à

la suite d'une discussion avec un ami du peintre, qui soutenait que la

physionomie d'un être humain ne pouvait être reproduite qu'avec le dessin

de ses yeux et de sa bouche: discussion dans laquelle Hokousaï se fit fort

de rendre l'expression, la vie d'un visage, en ne les y dessinant pas[23].

[Note 23: Le _Mousha Bouri_, RÉPERTOIRE DES GUERRIERS, est un

recueil dans le même genre que le RÉPERTOIRE RAPIDE DE DESSIN, et

qui donne la nomenclature des guerriers célèbres. A la fin de ce

volume, publié en 1841, Hokousaï annonce qu'il prépare un volume sur

les poètes et les artistes célèbres, mais ce volume n'a pas paru.]

Ainsi, dans l'album d'_Ippitzou gwafou_, LE DESSIN A UN COUP DE PINCEAU,

album publié en 1823, et où un seul coup de pinceau donne si curieusement

la silhouette d'oiseaux qui volent, de tortues qui nagent, de lapins qui

digèrent, et de Japonais et de Japonaises dans toutes les actions de leur

vie. Ici, le préfacier avoue que ce mode de dessin n'a pas été inventé par

Hokousaï, qu'il est de l'invention de Foukouzénsaï de Nagoya, et que, dans

un séjour dans cette ville, Hokousaï a été intéressé par ce procédé de

dessin et, craignant qu'il ne se perdît, il a dessiné différents sujets de

la même façon, pour que, plus répandu, il soit connu par la postérité[24].

[Note 24: Un autre album, intitulé _Sôhitsou gwafou_, ALBUM DE

DESSIN CURSIF, publié par Hokousaï en 1843, est fabriqué un peu dans

le même esprit de coloriage.]

Ainsi l'album intitulé _Santaï gwafou_, ALBUM DE TROIS DIFFÉRENTES SORTES

DE DESSINS, imprimé en 1815, où Hokousaï signe Taïto, et dans lequel le

préfacier Shokousan-jïn, traduisant la pensée du peintre, dit: «Dans

la calligraphie il y a trois formes, et ce n'est pas seulement dans la

calligraphie que ces trois formes existent, c'est dans tout ce que

l'oeil de l'homme observe. Ainsi, lorsqu'une fleur commence à s'épanouir,

sa forme est, pour ainsi dire, une forme rigide; lorsqu'elle est

défleurie, sa forme est comme négligée; lorsqu'elle tombe à terre, sa

forme est comme abandonnée, désordonnée.» Et au milieu de différentes

images, une planche d'orchidée, trois fois répétée, est comme la

confirmation de l'idée un peu paradoxale du peintre.

Ainsi l'album _Hokousaï Gwashiki_, MÉTHODE DE DESSIN D'HOKOUSAÏ, publié

avec la collaboration de ses élèves, d'Ohsaka, Sénkwakou-teï, Hokouyô,

Sekkwatei, Hokoujû, Shunyôtéi, Hokkei, et où le préfacier fait ainsi

l'éloge d'Hokousaï: «La peinture est un monde à part et celui qui veut y

réussir doit connaître par coeur les diversités des quatre saisons et

avoir au bout des doigts l'habileté du créateur. Le Katsoushika Hokousaï

de Yédo aima cet art dès l'enfance, eut pour unique maître la nature, et

il a pénétré le mystère de l'art; enfin c'est l'unique grand peintre de la

peinture ancienne et de la peinture moderne. Depuis des années il a donné

des albums pour servir aux élèves, mais des albums insuffisants aux

demandes. Et aujourd'hui l'éditeur Sôyeidô a demandé au maître un nouvel

et plus complet album qui servira de méthode pour la jeunesse.»

Et à la fin de toutes ces révélations sur l'art du maître, qu'elles

émanent de ses amis ou de lui-même, donnons la plus curieuse de toutes,

que Hokousaï, en 1835, jeta en tête des CENT VUES DU FOUZI-YAMA:

Depuis l'âge de six ans, j'avais la manie de dessiner la forme des

objets. Vers l'âge de cinquante ans, j'avais publié une infinité de

dessins, mais tout ce que j'ai produit avant l'âge de soixante-dix ans

ne vaut pas la peine d'être compté. C'est à l'âge de soixante-treize

ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie,

des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des

insectes.

Par conséquent, à l'âge de quatre-vingts ans, j'aurai fait encore plus

de progrès; à quatre-vingt-dix ans je pénétrerai le mystère des choses;

à cent ans je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et

quand j'aurai cent dix ans, chez moi, soit un point, soit une ligne,

tout sera vivant;

Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens ma

parole.

Écrit à l'âge de soixante-quinze ans par moi, autrefois Hokousaï,

aujourd'hui Gwakiô Rôjin, le vieillard fou de dessin[25].

[Note 25: _L'Art Japonais_, par Gonse. Quantin. 1883, t. I.]

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 64 / 154 题