Tout en publiant ces planches séparées, Hokousaï a continué, depuis 1804,
à publier de nombreux sourimonos, dont nous donnons un catalogue bien
incomplet, mais en signalant les plus beaux, les plus importants, les plus
originaux.
1805.
Une série des Poétesses de six planches.
Une série des CINQ ÉLÉMENTS.
Une série appelée _Téjin_, du nom d'un Kami, où une mère élevant, avec des
bras de tendresse, un enfant au-dessus de sa tête, lui fait cueillir des
fleurs de prunier.
Une série: LES DISTRACTIONS AU PRINTEMPS, série d'un format un peu plus
grand que le format ordinaire des séries de femmes, et du _faire_ le plus
raffiné.
Cette année étant l'année du boeuf, des représentations de toute sorte de
cet animal, comme un rocher qui en a la forme.
Parmi les grandes planches:
L'entrée d'un temple où, à la porte, un homme offre de l'eau aux fidèles
pour faire leurs ablutions.
Un marchand forain présentant, sur le seuil d'une habitation, des objets
de toilette à des femmes.
La fête des poupées, avec une nombreuse exposition sur un dressoir de ces
figurines en carton, et au milieu desquelles est dressé un _taï_ pour la
collation.
1806.
Une série de sept courtisanes, parmi lesquelles l'une d'elles, jouant du
schamisén, est du plus heureux mouvement.
Une série intitulée: LES DIFFÉRENTS PAYS, pays imaginaires, dont une
estampe vous montre: _le Royaume des Femmes_, où un certain jour de
l'année, sous l'influence d'un vent d'Ouest, les femmes deviennent
enceintes,--et toutes sont tournées vers le souffle de ce vent.
Et, comme cette année 1806 est l'année du tigre, il y a des femmes qui
portent des robes brodées de tigres.
Parmi les grandes planches:
Les sept dieux de l'Olympe japonais, sous la peau d'un immense lion de
Corée dont ils font les mouvements.
Le paysage de l'autre coté de la Soumida, et où se voit le temple
d'Asakousa.
Un bateau chargé de barriques de saké.
1807.
Deux enfants qui luttent.
Deux amoureux étendus l'un à côté de l'autre, la femme fumant une pipette.
Des natures mortes: deux poissons attachés à une tige de bambou; un masque
en carton, la face et le revers.
1808.
Un très petit nombre de sourimonos, parmi lesquels une grande planche
représentant un écran, un bol, une épingle à cheveux sur un plateau de
laque.
1809.
De petits sourimonos où sont des poissons, des coquilles, des plumes de
faucon pour épousseter les choses délicates.
Parmi les grandes planches:
La confection d'un étendard dont la devise est en blanc sur fond bleu, et
à laquelle travaillent six femmes, dans de jolies poses: un étendard qui
va être offert à Yénoshima, au temple de la déesse Bénten.
1810.
Quelques petites natures mortes, entre autres un sourimono représentant
des bâtons d'encre de Chine et une boîte à cachet.
1812[18].
Une nature morte représentant une coupe et un présentoir en laque.
[Note 18: Les années non inscrites, sont des années où l'on ne
connaît pas de sourimonos.]
1813.
Okamé lisant une lettre.
1816.
Kintoki jouant avec des animaux.
1817.
Des femmes habillées d'étoffes à damier le damier étant à la mode cette
année.
Une dame de la noblesse, accompagnée d'une suivante, passant devant une
grille où sont affichés des programmes de concert.
1818.
Deux planches d'un format carré qui va devenir le format habituel des
sourimonos.
1819.
Daïkokou se promenant au bord d'une rivière peuplée de lézards
fantastiques.
1820.
Réapparition de nombreux sourimonos dont la production était devenue
assez rare dans les années précédentes, et sourimonos où, chose curieuse,
apparaît l'influence de Gakoutei et de Hokkei, les deux élèves supérieurs
de Hokousaï.
Une série de monuments roulants de fêtes qu'on traîne dans les rues.
Une série de cinq poétesses.
Une série intitulée: COMPARAISON DE LA FORCE DES HÉROS DE LA CHINE ET DU
JAPON.
Parmi les planches détachées: une jeune fille en train de tirer une
épreuve près d'un graveur entaillant une planche; un Japonais tenant
contre lui, posée sur une table de _go_, une élégante poupée japonaise aux
colorations merveilleuses se détachant d'un fond d'or harmonieusement
vert-de-grisée. Et nombre de natures mortes, comme un bol de laque noire
et une boîte de baguettes à manger; comme une grande planche où sont
groupés un barillet de saké, une jonchée d'iris et de chrysanthèmes, un
panier d'oranges,--un sourimono exécuté pour un banquet donné à un
lettré.
1821.
Une série intitulée: LES FRÈRES DES SUJETS GUERRIERS DE LA CHINE ET DU
JAPON; une série rappelant les ressemblances entre les faits héroïques de
l'un et de l'autre pays.
Une grande série de métiers dont on ne sait pas le nombre.
Une série d'industries des bords de la mer.
Des natures mortes, parmi lesquelles une série de coquilles.
Une feuille isolée représentant un grand serpent blanc, ce serpent
porte-bonheur qu'on dit être l'annonce d'un évènement heureux pour celui
qui a la chance de l'apercevoir.
1822.
Une impression curieuse. Deux énormes perles jetant comme des rayons, deux
perles apportées à la reine Jingô par la déesse de l'Océan sortie de son
palais du Dragon: des perles qui avaient le pouvoir de faire baisser la
marée et qui lui ont permis de s'emparer de la Corée.
Une série de quatre planches intitulée: QUATRE NATURES, parmi lesquelles
un dessin de corbeau d'un grand caractère.
Et comme cette année où au bout de dix ans est revenu le cheval dans
le calendrier japonais, ce retour a incité Hokousaï à faire une de ses
séries les plus parfaites. Cette série en l'honneur du cheval, où dans
l'association des bibelots les plus divers, un objet comme un mors, une
selle, rappelle le cheval, porte la marque d'une petite gourde imprimée en
rouge. Et ce rappel du cheval va jusqu'à faire représenter à Hokousaï la
rue des Étriers où l'on vend des images, le quai des Écuries où, sauf le
nom, le cheval n'a rien à faire.
1823.
Une série d'acteurs de cinq planches, d'acteurs à l'imitation de Toyokouni,
et qu'Hokousaï signe: _I-itsou, le vieillard de Katsoushika faisant la
singerie d'imiter les autres_.
1825.
Deux grues au bord de la mer.
1826.
La princesse Tamamo-no-mahé, le renard à neuf queues métamorphosé en femme
et dont les neuf queues sont figurées par le gaufrage de l'impression dans
la traîne de sa robe.
1829.
Une femme à cheval sur un boeuf.
1835.
Un pêcheur au bord de la mer, la pipette à la bouche, une ligne entre
ses jambes croisées l'une sur l'autre. Hayashi, dans ce vieillard chauve,
au nez retroussé, à la bouche railleuse, à la physionomie d'un Kalmouck
ironique, serait disposé à voir un portrait d'Hokousaï. Et il serait amené
à cette hypothèse par la légende de la planche, qui est celle-ci: _Quelle
nouvelle chose que de voir pousser la jeune mariée_ (le nom d'une espèce
de salade de là-bas) _dans le sable de la plage!_ Or, cette impression
en couleur est faite pour le Jour de l'An de l'année qui a suivi celle
où l'on verra que Hokousaï est parvenu à arrêter les fredaines de son
petit-fils et à le marier, et dans ce mot à double sens il exprimerait la
joie que lui a causée l'entrée dans la maison de la «jeune mariée» de son
petit-fils.