En 1798, paraît _Dan tóka_, CHANSONS DE DANSE POUR HOMMES[12].
[Note 12: Le titre est trompeur, car le volume ne contient que des
poésies qui ne peuvent pas se chanter.]
Un volume de poésies où collaborent les dessinateurs Yékighi Tôrin, Yeishi,
Shighémasa, Outamaro, Hokousaï: chaque artiste apportant le dessin d'une
planche.
Une impression très soignée ressemblant à de la vraie aquarelle, avec le
marron comme couleur dominante dans les robes des femmes.
La même année Hokousaï publie, sous la signature _Kakô_, l'HISTOIRE
NATURELLE DES MONSTRES, _Wakémono Yamato Honzô_, dont le texte était donné
par Kiôdén.
Un livre aux allusions ironiques, sans doute à propos de la publication
d'un sérieux ouvrage sur l'histoire naturelle, et où l'imagination du
dessinateur se donne toute liberté dans la création de ses monstres, les
faisant, tour à tour, ridicules ou terribles. C'est dans l'effroi de
femmes se cachant la figure, d'hommes couchés à terre, un monstre aux
ailes de toile d'araignée, à la queue formée par le déroulement d'une
lettre japonaise, à la tête faite par des besicles jouant l'appareil
visuel de la libellule; c'est une tête de femme flottant sur l'eau, dont
les épingles de la chevelure lui donnent l'aspect d'un crabe; c'est un
arbre dont les feuilles sont des pièces d'or; c'est un oiseau à deux têtes,
un dessin faisant revivre la légende des deux oiseaux si amoureux l'un de
l'autre qu'ils semblaient ne faire qu'un oiseau.