VII

Mais revenons en arrière; revenons à ces années où, en même temps que

Hokousaï publie de nombreux sourimonos, il illustre un certain nombre

d'ouvrages.

En 1797, paraît _Hatsou Wakana_, LES PRIMEURS DES LÉGUMES VERTS.

Un volume rarissime, illustré en tout d'une seule planche d'Hokousaï, qui

signe: _Hokousaï Sori changé de nom._

Une paysanne en train de cueillir des herbes, à laquelle un enfant indique

que le soleil se couche, et qui se retourne une main devant les

yeux.

La même année paraît: _Yanaghi-no-ito_, CORDELETTES DU SAULE PLEUREUR, un

volume de poésies, dont l'illustration était due à Yeshi, Kitao Shighémasa,

et à Hokousaï, qui représente la rive de la mer, à Yénoshima, où déferle

une grosse vague, une planche qui a le doux coloriage et le joli gaufrage

d'un sourimono.

La même année paraît _Shunkiô-jô_, DISTRACTIONS DU PRINTEMPS, un volume de

poésies dont Hayashi n'a jamais rencontré qu'un seul exemplaire, un volume

aux nuances douces, amorties des planches, annonçant une publication faite

par une société d'amateurs.

Une impression charmante est la planche en couleur où Hokousaï a

représenté une collation dans la campagne, et où des femmes s'amusent à

faire flotter sur un cours d'eau des coupes à saké, et l'homme auquel le

courant l'apporte est obligé d'improviser une phrase poétique, sous peine,

s'il ne peut l'improviser, de boire trois coupes.

La même année paraît encore _Sandara Kasoumi_, LA BRUME DE LA CAMPAGNE, un

volume fait en collaboration avec Shighémasa et Tsoukané.

La planche qu'Hokousaï signe _Hokousaï Sôri_ nous fait voir une habitation

de la campagne dont sort une paysanne, un enfant à la main, un autre

enfant lié sur son dos par sa ceinture, tandis que dans le fond arrivent

des femmes de la ville suivies d'un porteur.

Des roses, des gris, des jaunes, qui sont comme l'aube de ces couleurs, et

au milieu desquelles éclate le rouge de la robe de l'enfant que la

paysanne tient par la main.

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 14 / 154 题