Mais revenons en arrière; revenons à ces années où, en même temps que
Hokousaï publie de nombreux sourimonos, il illustre un certain nombre
d'ouvrages.
En 1797, paraît _Hatsou Wakana_, LES PRIMEURS DES LÉGUMES VERTS.
Un volume rarissime, illustré en tout d'une seule planche d'Hokousaï, qui
signe: _Hokousaï Sori changé de nom._
Une paysanne en train de cueillir des herbes, à laquelle un enfant indique
que le soleil se couche, et qui se retourne une main devant les
yeux.
La même année paraît: _Yanaghi-no-ito_, CORDELETTES DU SAULE PLEUREUR, un
volume de poésies, dont l'illustration était due à Yeshi, Kitao Shighémasa,
et à Hokousaï, qui représente la rive de la mer, à Yénoshima, où déferle
une grosse vague, une planche qui a le doux coloriage et le joli gaufrage
d'un sourimono.
La même année paraît _Shunkiô-jô_, DISTRACTIONS DU PRINTEMPS, un volume de
poésies dont Hayashi n'a jamais rencontré qu'un seul exemplaire, un volume
aux nuances douces, amorties des planches, annonçant une publication faite
par une société d'amateurs.
Une impression charmante est la planche en couleur où Hokousaï a
représenté une collation dans la campagne, et où des femmes s'amusent à
faire flotter sur un cours d'eau des coupes à saké, et l'homme auquel le
courant l'apporte est obligé d'improviser une phrase poétique, sous peine,
s'il ne peut l'improviser, de boire trois coupes.
La même année paraît encore _Sandara Kasoumi_, LA BRUME DE LA CAMPAGNE, un
volume fait en collaboration avec Shighémasa et Tsoukané.
La planche qu'Hokousaï signe _Hokousaï Sôri_ nous fait voir une habitation
de la campagne dont sort une paysanne, un enfant à la main, un autre
enfant lié sur son dos par sa ceinture, tandis que dans le fond arrivent
des femmes de la ville suivies d'un porteur.
Des roses, des gris, des jaunes, qui sont comme l'aube de ces couleurs, et
au milieu desquelles éclate le rouge de la robe de l'enfant que la
paysanne tient par la main.