chercher de l’eau qui manquait ; depuis huit jours déjà nous étions dans
le désert. Arrivé à la mare de Gastiatbé, nous la trouvons desséchée ;
les guides désespérés proposent d’aller au pays habité, mais il est
éloigné de trois ou quatre heures, disent-ils. On se met en route. Un
kilomètre plus loin, une tortue couverte de vase, que l’on poursuit,
nous fait découvrir une petite mare. C’était le salut pour tous. Le
lendemain, en effet, étant parti de nouveau à la découverte, je suis
trois jours pour atteindre le premier village du Ferlo et le cinquième
jour seulement je pus rentrer en communication avec mon personnel qui,
lui-même, avait quitté la mare épuisée (Mission du Djoloff-Ferlo,
1879).]
[Note 19 : Nous croyons le temps venu, pour éviter les équivoques, de
donner une définition rationnelle du Soudan. On doit entendre par Soudan
toute la région de l’Afrique centrale, qui s’étend de l’Océan au Nil,
ayant pour limite au Nord les sables de la zone saharienne, s’arrêtant
au Sud à la limite de la forêt dense. Le Soudan est un plateau qui se
développe à l’altitude moyenne de 5 à 600 mètres, arrosé par les grands
fleuves Sénégal, Niger, Chari et Bahu-el-Gazal, ce dernier affluent de
la rive gauche du Nil.
La caractéristique du Soudan est d’être un pays de plaine, favorable à
la culture des céréales et à l’élevage. La caractéristique de ses
rivières est de prendre leur source à des cotes peu élevées, de n’être
alimentées que par les pluies régulières. La caractéristique de sa
climatologie est que l’année s’y divise en deux saisons bien
distinctes : une saison de pluies de cinq mois, ininterrompue (juin à
octobre), une saison sèche de sept mois, également ininterrompue, à de
très rares exceptions près. La caractéristique des races qui le peuplent
est de présenter, au point de vue physique, l’ensemble des plus beaux
types de la race noire, au point de vue intellectuel et moral de
renfermer les éléments les plus élevés dans l’échelle de la civilisation
noire.
Au Soudan, les mœurs sont généralement douces ; même parmi les peuplades
les plus farouches, les coutumes barbares, telles que sacrifices humains
ou anthropophagie, n’existent point. L’état social est bien équilibré,
on y trouve la gamme complète des diverses formes de l’activité humaine,
depuis l’humble pasteur jusqu’à l’homme d’État.
Cette immense contrée peut être divisée en trois régions, qui sont :
1o Le Soudan occidental, de la côte au Niger (branche orientale) ;
2o Le Soudan central, du Niger au Tchad et au Chari ;
3o Le Soudan oriental, du Chari au Nil.
Le Soudan occidental comprend la Sénégambie ; on dénomme plus
particulièrement Soudan français la zone qui s’étend du Sénégal (de sa
source à Khayes) jusqu’au Niger (branche orientale). Ces régions étaient
autrefois improprement connues sous la dénomination de Haut-Fleuve ; on
a adopté la dénomination nouvelle sur les indications de ma carte des
Établissements français du Sénégal et de la notice qui y était jointe
(Challamel, 1886).
Le Soudan central comprend politiquement les grands empires du Sokkoto
et du Bornou.
Le Soudan oriental, d’après les actes diplomatiques européens, ressortit
à l’influence française sous la dénomination provisoire d’Établissements
français du Haut-Oubanghi.]
[Note 20 : Le tombeau d’Othman dan Fodia est à Sokkoto ; il est l’objet
d’une grande vénération et de nombreux pèlerins viennent le visiter.]
[Note 21 : Les Torodo (pluriel de Torobé) traitent de très haut les
Peuls, pasteurs qu’ils appellent Tarkas, sorte de synonyme de vil
peuple. Pour se distinguer des populations asservies sourhaïs, djerma,
etc., Torodo et Peuls appellent celles-ci Kado.]
[Note 22 : Lamorde en peul signifie capitale. Lamido, par abréviation
Lam, signifie roi.]
[Note 23 : Champs.]
[Note 24 : Extrait du journal de route.]
[Note 25 : Voile à la mode des Touaregs, constitué par un morceau de
turban qui, détaché de la nuque, passe au-dessus du nez pour venir se
rattacher sur le côté.]
[Note 26 : Le gros d’or ou mitkall pèse 3gr,8.]
[Note 27 : Capitale de l’Aïr.]
[Note 28 : Voir mon étude sur _Tombouctou et les Touaregs_ (Revue de
Paris du 1er mars 1894).]
[Note 29 : Dans une notice pour servir à l’étude de la carte des
Établissements français du Sénégal, publiée en 1886 chez Challamel, j’ai
fait la théorie hydrographique des rivières à débit variable qui
prennent leur source à des cotes relativement peu élevées et ne sont
alimentées que par les pluies périodiques. Je prie le lecteur que la
question intéresserait de vouloir bien s’y reporter.]
[Note 30 : Manga, quoique nom de peuplade et de province, est synonyme
de sel dans le Bornou.]
[Note 31 : Cet homme, appelé El-Hadj-Mohammed, je devais le retrouver
plus tard à Kouka ; il me servit à la fois de deuxième interprète et
d’agent de renseignements. C’était un honnête homme, à l’esprit fin et
délié, qui me rendit de très grands services.]
[Note 32 : Armes de jet à plusieurs pointes qui forment l’armement des
Tédas ou Toubbous. Le nom sous lequel on désigne cette arme au Sahara
est diangar-mangal.]
[Note 33 : La bouter est le thaler autrichien à l’effigie de Marie-
Thérèse et la date de 1769. Elle a seule cours au Bornou.]
[Note 34 : J’ai adopté pour _Tchad_ l’orthographe usuelle, mais en
kanori la prononciation serait plutôt _Tsade_, _Tsadi_. Les gens du
Bornou l’appellent aussi _Komadougou_ (amas d’eau).]
[Note 35 : Abba signifie prince.]
[Note 36 : Maïna, en toubbou, veut dire prince, et maï, toi.]
[Note 37 : J’ai omis de dire que ma maison se trouvait dans la partie
nouvellement construite entre les deux villes.]
[Note 38 : Cheval que je lui avais donné et qui avait été jusqu’à Kouka
la monture de Badaire.]
[Note 39 : Nos chronomètres ont tous deux refusé le service à Kouka
après deux ans de marche ; les huiles étaient desséchées.]
[Note 40 : Excellent fourrage pour les chameaux.]
[Note 41 : Sorte de graminée jaune de 20 à 25 centimètres de hauteur et
qui est le seul fourrage qu’on trouve dans le Sahara pour les chevaux.
Les chameaux aussi l’aiment beaucoup.]
[Note 42 : Viande d’antilope séchée.]
[Note 43 : _Kébir_ veut dire grand en arabe ; _kora_ a la même
signification en kanori.]
[Note 44 : Gros tambour porté sur un chameau, qui sert à réveiller la
nuit ou à faire rallier la caravane en cas de danger.]
[Note 45 : La _Gaie_. C’est en effet la plus jolie oasis du Sahara. Je
ne sais pourquoi elle n’est pas habitée. Il ne s’y trouve pas de
dattiers, mais ils y viendraient très bien.]
[Note 46 : Les Turcs disent « à la turque » par opposition de « à la
franca », qui désigne le service à l’européenne.]
[Note 47 : Quand on met les chameaux au pâturage, souvent on leur
entrave les pieds de devant pour leur laisser la liberté de marcher sans
pouvoir s’éloigner trop.]
[Note 48 : Dieu soit glorifié !]
[Note 49 : _Revue de Paris_ du 1er mars 1894.]
[Note 50 : Sous-préfet turc.]
[Note 51 : Ces positions ont été publiées dans les _Comptes rendus de la
Société de Géographie_ (séance du 16 mars 1894).]
[Note 52 : (P) Observation de la Polaire.]
Note du transcripteur :
Page 14, " successivement Richard, Toll " a été remplacé par
" Richard Toll "
Page 44, " anciens amis de Tickelinso " a été remplacé par
" Tiekelinso "
Page 44, " avec des scènes sembables dont " a été remplacé par
" semblables "
Page 191, " Géographie physique et polititique " a été remplacé par
" politique "
Page 235, " (Liptoko, Yagha, Torodi " a été remplacé par " Liptako "
Page 247 (x2), " Gaudo " a été remplacé par " Gando "
Page 248 (x3), " Gaudo " et " N’Gaudo " ont été remplacés par
" Gando " et " N’Gando "
Page 255, " Stanndinger et Ernst Hartrat " a été remplacé par
" Staundinger "
Page 255, " du Sud par Kaoura, B ni N’Goga, Gora " a été remplacé par
" Birni N’Goga "
Page 260, " voyage de M. Stanndinger " a été remplacé par
" Staundinger "
Page 287, " rapporté par Raffeuel dans " a été remplacé par
" Raffenel "
Page 290, " ils peuvent eixger du travail " a été remplacé par
" exiger "
Page 290, " Bir-Assion, situé à la frontière " a été remplacé par
" Bir-Assiou "
Page 307, " province de Mauga " a été remplacé par " Manga "
Page 307, note 30," Mauga, quoique nom de peuplade " a été remplacé
par " Manga "
Page 333, " mois de Morrahem 1308 " a été remplacé par " Moharrem "
Page 341 (x2), " Foulliès " a été remplacé par " Foulbès "
Page 341, " Clapperton et Ouduey " a été remplacé par " Oudney "
Page 347 (x2), " mulsuman " a été remplacé par " musulman "
Page 461, " Groupe de guerriers hobos " a été remplacé par " bobos "
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation et d’orthographe
ont été apportés.