[Résumé]
En 2010, dans le cadre de son programme de préservation des
langues menacées, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture) lance un atlas interactif
des langues en danger dans le monde. La version en ligne gratuite
est complémentaire de la version imprimée payante (3e édition,
2010), réalisée sous la direction de Christopher Moseley, et
disponible en anglais, en français et en espagnol, suite aux deux
premières éditions publiées en 1996 et 2001. L’atlas interactif
comprend 2.473 langues en juin 2011, avec un moteur de recherche
par pays ou région, par nom de langue, par nombre de locuteurs,
par vitalité et par code ISO 639-3. Les noms des langues sont
indiqués dans leurs transcriptions en français, en anglais et en
espagnol. Les noms alternatifs (variantes orthographiques,
dialectes ou noms en caractères non latins) sont également fournis
dans de nombreux cas.
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En 2010, dans le cadre de son programme de préservation des
langues menacées, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture) lance un atlas interactif
des langues en danger dans le monde.
La version en ligne gratuite est complémentaire de la version
imprimée payante, la dernière édition en date étant la 3e édition
(2010), réalisée sous la direction de Christopher Moseley et
publiée en trois langues (français, anglais, espagnol). Les deux
premières éditions datent respectivement de 1996 et 2001.
L’atlas interactif comprend 2.473 langues en juin 2011, avec un
moteur de recherche par pays ou région, par nom de langue, par
nombre de locuteurs de/à, par vitalité et par code ISO 639-3.
Les noms des langues sont indiqués dans leurs transcriptions en
français, en anglais et en espagnol. Les noms alternatifs
(variantes orthographiques, dialectes ou noms en caractères non
latins) sont également fournis dans de nombreux cas.
# La vitalité des langues
Le rapport de l’UNESCO sur la vitalité et le danger de disparition
des langues établit six niveaux de vitalité: sûre, vulnérable, en
danger, sérieusement en danger, en situation critique, éteinte.
«Sûre» signifie que la langue est parlée par toutes les
générations et que la transmission intergénérationnelle est
ininterrompue. Les langues concernées ne sont donc pas incluses
dans l’atlas.
«Vulnérable» signifie que la plupart des enfants parlent la langue,
mais qu’elle est restreinte à certains domaines, par exemple la
maison.
«En danger» signifie que les enfants n’apprennent plus la langue
comme langue maternelle à la maison.
«Sérieusement en danger» signifie que la langue est parlée par les
grands-parents. Si la génération des parents peut la comprendre,
les parents ne la parlent pas entre eux ou avec les enfants.
«En situation critique» signifie que les locuteurs les plus jeunes
sont les grands-parents et leurs ascendants, et qu’ils ne parlent
la langue que partiellement et peu fréquemment.
«Éteinte» signifie qu’il n’y a plus de locuteurs. L’atlas inclut
les langues éteintes depuis les années 1950.
# Comment définir une langue en péril
À quel moment une langue est-elle considérée comme en péril? Comme
expliqué par l’UNESCO sur le site de l’atlas interactif, «une
langue est en péril lorsque ses locuteurs cessent de l’utiliser,
réservent son usage à des domaines de plus en plus restreints,
emploient un moins grand nombre de registres ou de styles de
parole, et/ou arrêtent de la transmettre à la génération suivante.
Aucun facteur ne détermine à lui seul si une langue est en
danger.»
Selon les experts de l’UNESCO, il importe de considérer les neuf
critères suivants: (1) la transmission de la langue d’une
génération à l’autre, (2) le nombre absolu de locuteurs, (3) le
taux de locuteurs par rapport à l’ensemble de la population, (4)
l’utilisation de la langue dans les différents domaines publics et
privés, (5) la réactivité d’une langue face aux nouveaux domaines
et médias, (6) l’existence de matériels d’apprentissage et
d’enseignement de la langue, (7) les attitudes et politiques
linguistiques au niveau du gouvernement et des institutions, y
compris son usage et son statut au niveau officiel, (8) les
attitudes des membres de la communauté vis-à-vis de leur propre
langue, (9) le type et la qualité de la documentation.
Quels sont les facteurs de disparition d’une langue? Selon les
mêmes experts, «une langue disparaît lorsqu’elle n’a plus de
locuteurs ou que ceux-ci se mettent à parler une autre langue - en
général, une langue de plus grande importance utilisée par un
groupe plus puissant. Les langues sont menacées par des forces
externes telles qu’une domination militaire, économique,
religieuse, culturelle ou éducative, ou par des forces internes
comme l’attitude négative d’une population à l’égard de sa propre
langue. Aujourd’hui, les migrations accrues et l’urbanisation
rapide s’accompagnent souvent de la perte des modes de vie
traditionnels et d’une forte pression en faveur de l’utilisation
d’une langue dominante qui est nécessaire - ou perçue comme telle
- à une vraie participation totale à la vie civique et au progrès
économique.»