DANS UNE BAL COSTUMÉ--A UN SANCHO PANÇA

--Pardon ... est-ce au seigneur Sancho ou à son âne que j'ai l'honneur

de parler?

* * * * *

--AU BAL DE L'OPÉRA--

A un sauvage.

Eh! Peau-Rouge!... est-ce que c'est vrai que dans ton quartier les

forêts sont encore vierges?

* * * * *

--Voyons, monsieur, offrez donc un rafraîchissement à madame.... A son

âge, cela ne peut pas lui faire de mal.

* * * * *

A un vieux.

--Pardon, monsieur. C'est bien au doyen des centenaires de France que

j'ai l'honneur de parler!

* * * * *

--Madame est blanchisseuse? j'ai reconnu cela tout de suite ... en

voyant ses battoirs.

* * * * *

A un municipal, à la porte du foyer.

--Dites-moi un peu: vous n'auriez pas vu, par hasard, passer un monsieur

en habit noir?...

* * * * *

A un arrivant.

--Monsieur arrive de Cancale?... C'est dommage, on n'en veut plus.... La

soupe est servie.

* * * * *

Au même arrivant.

--Mais comme vous voilà fripé, jeune homme!... Vous étiez donc bien

serrés, dans cette bourriche?

* * * * *

A un nez dans le genre de celui de Polichinelle.

--Toi, tu as un joli nez, c'est vrai; mais c'est bien dommage que tu

n'en aies qu'un. Si tu pouvais te procurer la paire, je t'assure que tu

ferais de l'argent.

* * * * *

Une voiture à stores baissés rentre à Paris au petit trot. A l'octroi,

l'employé entr'ouvre la portière et dit:

--Vous n'avez aucune déclaration à faire?

--Merci ... c'est fait.

Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866 · 第 146 / 212 题