LA ROSE

O ma pauvre rose effeuillée,

Charme, regret, parfum, trésor,

Toi que ses lèvres ont mouillée,

O fleur, parle-moi d'elle encor.

C'est dans un bal que je l'ai vue,

Blanche avec des lèvres de feu.

Une douce flamme ingénue

Brillait dans son profond oeil bleu.

C'était, je crois, la nuit dernière

Que je la vis pour en mourir.

Il n'est point de pire misère,

Et pourtant ma douleur m'est chère

Et cher aussi son souvenir.

Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866 · 第 58 / 212 题