En lisant _Sainte Thérèse_ comme l’_Imitation_, je suis presque effrayé
parfois de voir que j’ai fait tout seul, dans l’ignorance la plus
absolue, justement ce qui a été reconnu le meilleur et recommandé par
les saints pour s’avancer vers Dieu. Je retrouve des conseils que j’ai
suivis sans les connaître, des pratiques que j’ai découvertes
spontanément. Et je pense que donc le chemin vers Dieu est une chose
patente, qui existe hors de nous, qu’il suffit de trouver; et alors
quelle preuve éclatante de la réalité de Dieu!
Mais surtout ce qui m’effraye, c’est de sentir que c’est Dieu lui-même
qui me l’a ouvert directement, qui m’a conduit sans se servir d’aucun
livre, qui m’a éclairé par un acte particulier, par une bienveillance
adressée à moi, à moi et non à un autre.
Car comment aurais-je sinon appris à pratiquer le premier degré
d’oraison, tel exactement que le décrit sainte Thérèse?
Et d’ailleurs, sa main seule peut expliquer ces progrès que j’ai faits
sans savoir comment; presque sans le _vouloir_. Car il n’y a pas
longtemps en somme que je désire vraiment me rapprocher de lui, que je
le veux explicitement.
Je reconnais dans cette préoccupation de Dieu pour moi l’intercession de
maman.