5 octobre 1915. (7e carnet, page 51).

En lisant _Sainte Thérèse_ comme l’_Imitation_, je suis presque effrayé

parfois de voir que j’ai fait tout seul, dans l’ignorance la plus

absolue, justement ce qui a été reconnu le meilleur et recommandé par

les saints pour s’avancer vers Dieu. Je retrouve des conseils que j’ai

suivis sans les connaître, des pratiques que j’ai découvertes

spontanément. Et je pense que donc le chemin vers Dieu est une chose

patente, qui existe hors de nous, qu’il suffit de trouver; et alors

quelle preuve éclatante de la réalité de Dieu!

Mais surtout ce qui m’effraye, c’est de sentir que c’est Dieu lui-même

qui me l’a ouvert directement, qui m’a conduit sans se servir d’aucun

livre, qui m’a éclairé par un acte particulier, par une bienveillance

adressée à moi, à moi et non à un autre.

Car comment aurais-je sinon appris à pratiquer le premier degré

d’oraison, tel exactement que le décrit sainte Thérèse?

Et d’ailleurs, sa main seule peut expliquer ces progrès que j’ai faits

sans savoir comment; presque sans le _vouloir_. Car il n’y a pas

longtemps en somme que je désire vraiment me rapprocher de lui, que je

le veux explicitement.

Je reconnais dans cette préoccupation de Dieu pour moi l’intercession de

maman.

A la trace de Dieu · 第 106 / 151 题