Lecture de l’Évangile selon saint Marc, l’autre jour, à la carrière.
Ai-je bien le droit d’avouer qu’il y a quelque chose là-dedans qui ne me
va pas? Le côté dur, presque perfide, le côté oriental, ou plutôt juif.
Et aussi le côté symbole trop exact, trop minutieux, les paraboles mal
aérées, trop cramponnées à leur objet.
Mais maintenant je sais qu’il y a des foules de choses qui me dépassent,
que je ne peux pas comprendre maintenant, que j’apprendrai à comprendre
peu à peu, pour lesquelles je dois demander à Dieu des lumières, qui ne
me seront certainement pas refusées, pourvu que je sache les attendre
avec simplicité.
C’est déjà l’essentiel que d’être arrivé à la conviction qu’il y a des
vérités hors de moi, plus hautes que moi, qui se passent de moi, qu’il
faut conquérir. C’est déjà beaucoup que de ne plus tout soumettre à mes
petites premières impressions, que d’avoir confiance en bloc dans la
vérité, que de ne plus m’inquiéter que de la digérer morceau par
morceau. Je crois bien que c’est cela l’essentiel de la foi.
Dire que c’est si simple, si naturel et que ça paraît si absurde!
Encore un mot de Claudel qui porte ses fruits en moi après des années.