Sensation des limites toutes prochaines de mon cœur, de l’énorme monde
dont il est entouré, de la difficulté de la charité. Comment faire
craquer ça?
De temps en temps j’ai de brèves visions de tout ce qu’il y a de misère,
d’horreur, de pitié autour de moi. Mais c’est comme un rayon entre deux
nuages, comme une rapide éclaircie en moi. Aussitôt je redeviens
enfermé. Que faire pour maintenir sans cesse présente devant moi cette
image de la souffrance des autres?
En rentrant, il faudra essayer de pratiquer la charité matérielle, de me
forcer à des œuvres, de tâcher de me donner par la pratique l’amour du
prochain, comme je me suis donné un peu, par la pratique, l’amour de
Dieu. (Je me souviens du conseil de Claudel). Il y a là une ankylose à
résoudre, un membre à désarticuler, à faire marcher de force.