Je pensais tout à l’heure aux dangers épouvantables dont les miens sont
entourés, dont ils resteront entourés jusqu’à la fin de la guerre. Et je
sentais ce monde-ci tellement fragile, notre situation ici-bas tellement
menacée, notre logement si pareil à une cabane agitée par le vent, qu’il
me fallait à tout prix imaginer un autre monde, où l’on pût compter sur
les choses, où l’on fût à l’abri de la surprise et du dévalisement, où
tout reposât sur soi-même. C’est un des grands topos de la religion
catholique. Mais c’était la première fois que je _sentais_ cela.