12 novembre 1914. (2e carnet, page 27).

La façon extraordinaire dont Dieu se cache à qui ne veut pas le voir,

contrastant avec la croissante évidence de son apparition à qui a

commencé de le distinguer au fond de ses ombres--Pascal.

Pourquoi Dieu se cache-t-il alors qu’il est capable d’être si clair?

Étudier cette extraordinaire région où il se meut: à la fois tout

proche, sensible par mille effets, comme par une sorte de température

qui rayonne de lui, et d’autre part toujours obstinément invisible, de

sorte que si le petit éveil n’est pas donné, s’il n’y a pas quelque

chose dans l’âme qui commence, on peut rester toute une vie à côté de

lui, _dans lui_, sans s’en douter.

Mais pourquoi ce voile incroyable mis sur la vue des infidèles, et qui

semble si inexplicable aux chrétiens?--Chercher dans la psychologie de

Dieu.

Joie, trouble, de retrouver véritable, constatable directement, tout ce

qu’on avait appris sur Dieu et sur ses voies. Relire Pascal. En écartant

son romantisme, il est vraiment un de ceux auxquels _je tiens_ le plus.

Ce qu’il a fait ressemble essentiellement à ce que je veux faire:

l’expérience de Dieu, la constatation directe de ses habitudes, de ses

préférences, de ses moyens, en un mot de ses voies. Ce que j’aime c’est

cette attitude de savant en face du règne mystique. Et puis il est un de

ceux qui ont su reconnaître le véritable instrument, cette faculté

indéfinissable et impossible à confondre, la seule appropriée.

Exactitude du moyen, comme le géomètre qui, au moment qu’il faut, prend

dans sa boîte le compas qu’il faut.

A la trace de Dieu · 第 60 / 151 题