La façon extraordinaire dont Dieu se cache à qui ne veut pas le voir,
contrastant avec la croissante évidence de son apparition à qui a
commencé de le distinguer au fond de ses ombres--Pascal.
Pourquoi Dieu se cache-t-il alors qu’il est capable d’être si clair?
Étudier cette extraordinaire région où il se meut: à la fois tout
proche, sensible par mille effets, comme par une sorte de température
qui rayonne de lui, et d’autre part toujours obstinément invisible, de
sorte que si le petit éveil n’est pas donné, s’il n’y a pas quelque
chose dans l’âme qui commence, on peut rester toute une vie à côté de
lui, _dans lui_, sans s’en douter.
Mais pourquoi ce voile incroyable mis sur la vue des infidèles, et qui
semble si inexplicable aux chrétiens?--Chercher dans la psychologie de
Dieu.
Joie, trouble, de retrouver véritable, constatable directement, tout ce
qu’on avait appris sur Dieu et sur ses voies. Relire Pascal. En écartant
son romantisme, il est vraiment un de ceux auxquels _je tiens_ le plus.
Ce qu’il a fait ressemble essentiellement à ce que je veux faire:
l’expérience de Dieu, la constatation directe de ses habitudes, de ses
préférences, de ses moyens, en un mot de ses voies. Ce que j’aime c’est
cette attitude de savant en face du règne mystique. Et puis il est un de
ceux qui ont su reconnaître le véritable instrument, cette faculté
indéfinissable et impossible à confondre, la seule appropriée.
Exactitude du moyen, comme le géomètre qui, au moment qu’il faut, prend
dans sa boîte le compas qu’il faut.