Pour un nouvel essai sur la foi:
1º L’expérience mystique. Nouvelles idées sur la science et le dogme.
Qu’on peut être conduit à _croire_ de la même façon que vers la science:
pour s’expliquer des faits, pour leur trouver leurs raisons, les
coordonner.--Qu’il n’y a pas de raisons pour admettre que la
coordination scientifique soit _la vraie_. Que le soleil tourne autour
de la terre. Que cette interprétation est bien plus vraisemblable,
véritable, que la contraire. Sens de l’interprétation contraire. Sa
valeur relative.
2º Sur la Providence et la bonté de Dieu. Sur l’expérience de Dieu.
3º Sur les vertus chrétiennes, sur leur ressemblance à la vie dans ce
qu’elle a de plus ordinaire, de plus spontané. Ce sont des sources au
ras du sol: combien la charité naît près de l’âme! Combien il y a peu à
s’y hausser! Ce qu’il y a de commun à toutes les vertus chrétiennes,
c’est qu’elles ne naissent qu’après que l’orgueil est parti et qu’ainsi
toute la hauteur de l’âme a disparu.
4º Sur la sainteté. Que, même au moment où elle s’oppose le plus
follement à la vie, elle n’a pas cette raideur, ce manque d’à-propos et
de bon sens de la sagesse. C’est que si elle contredit cette vie
présente, elle est en accord avec une autre, que l’on sent sous elle,
qui lui donne du corps et de la vérité. Espèce de raison et de
compétence de la sainteté, opposée à la sagesse. Combien, même dans ses
excès, dans ses folies, le christianisme participe toujours du bon sens!