18 octobre 1924. (1er carnet, page 66).

Pour un nouvel essai sur la foi:

1º L’expérience mystique. Nouvelles idées sur la science et le dogme.

Qu’on peut être conduit à _croire_ de la même façon que vers la science:

pour s’expliquer des faits, pour leur trouver leurs raisons, les

coordonner.--Qu’il n’y a pas de raisons pour admettre que la

coordination scientifique soit _la vraie_. Que le soleil tourne autour

de la terre. Que cette interprétation est bien plus vraisemblable,

véritable, que la contraire. Sens de l’interprétation contraire. Sa

valeur relative.

2º Sur la Providence et la bonté de Dieu. Sur l’expérience de Dieu.

3º Sur les vertus chrétiennes, sur leur ressemblance à la vie dans ce

qu’elle a de plus ordinaire, de plus spontané. Ce sont des sources au

ras du sol: combien la charité naît près de l’âme! Combien il y a peu à

s’y hausser! Ce qu’il y a de commun à toutes les vertus chrétiennes,

c’est qu’elles ne naissent qu’après que l’orgueil est parti et qu’ainsi

toute la hauteur de l’âme a disparu.

4º Sur la sainteté. Que, même au moment où elle s’oppose le plus

follement à la vie, elle n’a pas cette raideur, ce manque d’à-propos et

de bon sens de la sagesse. C’est que si elle contredit cette vie

présente, elle est en accord avec une autre, que l’on sent sous elle,

qui lui donne du corps et de la vérité. Espèce de raison et de

compétence de la sainteté, opposée à la sagesse. Combien, même dans ses

excès, dans ses folies, le christianisme participe toujours du bon sens!

A la trace de Dieu · 第 54 / 151 题