Sur la _bonté_ de Dieu. Combien je la sens sur moi! Je vois très bien
pourquoi d’autres en doutent, et comment le mal du monde peut leur faire
croire qu’elle n’est qu’un mot. Mais moi! Je l’ai trouvée surabondante.
Pour la comprendre, pour l’apercevoir, il faut d’abord perdre cette idée
qu’elle consiste uniquement dans une distribution de bonheur. Moi, je la
vois partout, à chaque instant de ma vie et jusque dans cette terrible
frottée que je viens de recevoir.
La reconnaissance que je sentais tout à l’heure à la messe? Que c’était
bon? Comme cela me menait facilement à l’amour! Quelle pente délicieuse!
Moment que je voudrais retrouver souvent!
Ce qu’il y a de si doux avec Dieu, c’est de sentir qu’on ne mérite pas
tout ce qu’il vous donne! qu’il vous est à jamais impossible d’être égal
à une telle bonté, et que par conséquent on peut renoncer tout de suite
à la reconnaître et se laisser aimer sans paroles, sans mouvement, tout
entier consenti et perdu.