leur avait été donnée habitable, verte et douce, bien revêtue d'arbres
et d'herbages! Le voilà, le suprême aboutissement de ce que de pauvres
esprits s'obstinent à appeler le progrès! Oh! combien étaient sages ces
penseurs des vieilles civilisations, qui ne permettaient la science
qu'aux représentants de certaines castes sacrées, jugés dignes d'en
détenir les néfastes secrets! Aujourd'hui, le moindre imbécile joue des
explosifs à sa fantaisie, le plus laid et le plus obtus des professeurs
allemands possède la clef des arcanes de la chimie et exerce sa patience
de termite à en tirer le plus diabolique rendement possible pour
bouleverser notre sol et exterminer en masse, à la grosse, notre
précieuse jeunesse française. Rien que cela d'ailleurs est presque une
condamnation de la science, qu'elle soit accessible à un peuple
incurablement barbare et que, pour en développer les effets, il suffise
de s'y appliquer d'une façon obstinée, avec une ténacité à peine
intelligente. Bien inférieur, en effet, ce peuple-là, qui n'excelle que
dans les industries précises, serviles et terre à terre, et n'a pas su
reconnaître encore à quels inutiles sacrifices son kaiser le mène, et à
quelles hécatombes sans compensations! Quand donc ouvriront-ils les
yeux, ces êtres aux obéissances moutonnières, pour distinguer les vraies
mobiles du Monstre, qui lutte et qui tue avec la rage d'une bête forcée
au gîte, non pour défendre l'Allemagne, mais pour défendre sa propre
personnalité, sa dynastie, sa morgue, son trône maculé de sang et de
cervelle! Quand donc cette plèbe à tête carrée, qui se confie à de si
impudents consommateurs de vies humaines, comprendra-t-elle qu'il
suffirait de jeter par-dessus bord, comme nous disons en marine, le
kaiser, avec sa plus immédiate séquelle, pour se réhabiliter déjà un peu
aux yeux de l'humanité, et obtenir la paix!...
Dans le lugubre désert de crevasses et de boue, un écriteau sur bois
blanc, au bout d'un bâton, m'indique de quitter la grande artère par où
s'écoule le fleuve pesant des convois, le fleuve écrasant tout, et de
prendre un vague chemin de traverse qui me mènera où j'ai mission
d'aller.
Il y a comme un soulagement physique à n'être plus englobé dans tout ce
vacarme et ces trépidations du grand ravitaillement militaire, mais il y
a aussi une mélancolie à quitter cette foule de soldats avec qui on
cheminait depuis des heures, à s'éloigner de toutes ces vies françaises
qui vont gaiement affronter le Minotaure, et demain peut-être seront
fauchées; on aimerait mieux les suivre, entraîné dans leur élan vers
cette partie du front où les camions les conduisent, que de se retrouver
seul, à s'enfoncer froidement dans les désolations d'alentour. Sur ce
nouveau chemin, que continue d'inonder la pluie, un silence soudain
m'enveloppe, un silence ponctué, il va sans dire, par les coups de
canon, mais ponctué à longs intervalles, à cause de ce déluge toujours,
qui ralentit toute bataille...
Bientôt mon auto ne veut plus rouler, sur la fange à moitié liquide; la
pousser plus loin serait courir le risque de l'embourber sans
possibilité de sauvetage; il est plus prudent de la laisser là, de
mettre pied à terre et de m'embourber moi-même. D'ailleurs le but de ma
course n'est plus bien loin; je l'_entendais_ depuis longtemps, et à
présent je l'aperçois déjà, à travers les myriades de petites rayures
tracées dans l'air par cette pluie; c'est là-bas, ce groupe de choses
tristement fantastiques, qui, au-dessus de l'horizon, se remuent en se
profilant sur la pâleur morte du ciel. On dirait de gros tuyaux d'usine,
mais qui seraient doués d'un étrange mouvement presque animal; ils se
lèvent, puis s'inclinent, puis se relèvent, et chaque fois qu'ils sont
dressés, c'est pour vomir, avec un bruit de tonnerre, quelque lourde
masse, comme jadis les volcans avaient seuls la force d'en projeter: des
blocs de fonte qui jaillissent dans le ciel, jusqu'à des hauteurs de six
kilomètres et puis s'en vont retomber au loin, bien au delà du champ de
la vue, pour éventrer des abris boches, faire des écrasis de corps
humains. En général, par de tels temps pluvieux et bouchés, ils ne
_travaillent_ pas, nos nouveaux canons géants; mais c'est nécessaire
aujourd'hui pour une _préparation_ urgente; on les a donc malgré tout
mis à l'oeuvre. Et, avec une régularité, une tranquillité terrifiantes,
ils oscillent ainsi, ayant l'air de se mâter d'eux-mêmes, pour leur
besogne de juste vengeance.
Ce fut, on le sait, une des plus chères conceptions de leur kaiser, que
celle des canons monstrueux. Il s'était imaginé nous apporter avec cela
les paniques et les déroutes! Bien entendu, pour nous en défendre, il
nous en a fallu de pareils, mais quelques mois nous ont suffi, et nous
les avons. Ce que, lui, avait mis quarante-quatre ans à inventer, les
Alliés, qui, hélas! ne se méfiaient pas et n'avaient rien prévu, en deux
ans à peine l'ont reproduit et dépassé. Alors, que lui reste-t-il donc
comme supériorité intellectuelle, au monstre de Berlin, prince de toutes
les ruines et de tous les deuils? Et, par ailleurs, en a-t-il assez
accumulé de bévues, dans sa tortueuse politique, et de fausses
prévisions, et de calculs imbéciles! A part quelques coups de fourberie
éhontée qui lui ont réussi, ou failli réussir, qu'a-t-il fait autre
chose, que tuer par surprise! Et dire que cette légende s'était naguère
accréditée, chez les esprits simples de chez nous, qu'il avait du génie,
du moins un certain génie, dans certaines branches inférieures. En
réalité, il n'avait même pas celui de la destruction, puisque nous, par
représailles, nous l'avons distancé tout de suite. Son génie, allons
donc! Non, qu'on nous laisse tranquille avec cet histrion de la mort!...
Décidément, la nuit tombe sur ces désolations infinies de la Somme. Pour
aujourd'hui, ils ont terminé leur besogne, nos canons géants, qui se
dressaient et se recouchaient au commandement, avec la docilité
d'énormes bêtes apprivoisées. Comme on fait aux chevaux qui ont fini
leur course du jour, on les couvre, on les enveloppe d'immenses housses
et on va les emmener à l'arrière, à l'abri,--car ils ont chacun sa
locomotive et ses rails. Le tragique désert de boue, où ils faisaient
tant de bruit tout à l'heure, et qui a entendu tant de batailles, tant
de cris de fureur et d'agonie, va sans doute ce soir redevenir
silencieux dans l'obscurité, silencieux d'un angoissant silence de
cimetière; les autres canons, tous ceux du lointain, se taisent aussi;
il ne se passera rien cette nuit, parce qu'il pleut trop. Et bientôt,
dans ces solitudes où la mort fait semblant de dormir, on n'entendra
plus que les averses froides, qui continuent obstinément leur espèce de
pianotage perpétuel sur l'eau de toutes ces flaques rondes.
FIN
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Vertige 1
Fragments d'un journal intime 25
Lormont (Georges) 49
Nos matelots 63
Mademoiselle Anna, très humble poupée 79
Alsace! 81
Une furtive silhouette de S. M. la Reine Alexandra d'Angleterre 97
Femmes françaises pendant la grande guerre 109
Un «secteur tranquille» 113
Un petit monde que n'ont pas atteint nos vertiges 125
L'adieu de Paris au général Gallieni 137
Une demi-douzaine de petites constatations 143
Le prince assassiné par _Eux_ (Youzouf-Yzeddin) 147
La femme turque 161
Simple gentillesse entre voisins 183
Les patiences souterraines 197
New-York entrevu par un Oriental très vieux jeu 211
Nos amis d'Amérique 253
Il pleut sur l'enfer de la Somme 261
4905-3-17.--PARIS.--IMP. HEMMERLÉ & Cie.
Rue de Damiette, 2, 4 et 4 _bis._
DERNIÈRES PUBLICATIONS
Collection in-18 jésus à 3 fr. 50 le volume
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=AICARD (JEAN),= _de l'Acad. française_
Des Cris dans la mêlée 1
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L'Oiseau Vainqueur (9e mille) 1
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A travers l'Europe sanglante. Ill. 1
=BARBUSSE (HENRI)=
Le Feu (51e mille) 1
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En marge de la Grande Guerre 1
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Celles qui les attendent 1
Victor et ses Amis (4e mille) 1
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La Belgique Terre d'héroïsme (5e m.) 1
=CHARRIAUT (H.) ET L. AMICI-GROSSI=
L'Italie en guerre 1
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Les grandes batailles de l'Histoire De l'antiquité à 1913 (6e mille) 1
Les Transformations de la Guerre (6e mille) 1
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La Guerre souterraine 1
=FARRÈRE (CLAUDE)=
Quatorze Histoires de Soldats (20e m.) 1
=FINOT (JEAN)=
Civilisés contre Allemands (4e m.) 1
=FOLE[:Y] (CHARLES)=
Sylvette et son blessé 1
=FORGE (HENRY DE)=
Ah! la belle France! (3e mille) 1
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Les Contes de la Guerre (3e mille) 1
Le Capitaine Dupont (4e mille) 1
=HIRSCH (CHARLES-HENRY)=
Mariée en 1914 (6e mille) 1
Chacun son devoir (6e mille) 1
=LE BON (Dr GUSTAVE)=
Enseignements psychologiques de la Guerre européenne (24e mille) 1
Premières conséquences de la Guerre 1
=MACHARD (ALFRED)=
La Guerre des Mômes (3e mille) 1
=MAËL (FRED CAUSSE-)=
L'Ile qui parle 1
L'Ame d'un Canon 1
=MANDELSTAMM (V.)=
La Cosaque (4e mille) 1
=MARGUERITTE (PAUL),= _de l'Acad. Goncourt_
L'Embusqué, roman (30e mille) 1
Contre les Barbares 1914-1915 (5e m.) 1
L'Immense Effort. 1915-1916 (3e m.) 1
=NION (FRANÇOIS DE)=
Pendant la Guerre (4e mille) 1
Son sang pour l'Alsace (4e mille) 1
Les Décombres (3e mille) 1
=PÉLADAN (JOSÉPHIN)=
La Guerre des Idées 1
=RICHEPIN (JEAN),= _de l'Acad. française_
Proses de Guerre (4e mille) 1
La Clique 1
=RICHET (CHARLES)=
Les Coupables 1
=ROSNY AINÉ (J.-H.),= _de l'Acad. Goncourt_
Perdus? (5e mille) 1
=TIMMORY (GABRIEL)=
La Colonelle von Schnick 1
5780.--Paris.--Imp. Hemmerlé et Cie. 3-17
NOTES:
[1] Napoléon Ier fut, si je ne me trompe, l'un de ces nonnitiés qui
citait la régularité des tournoiements célestes comme preuve de
l'existence de Dieu.
[2] Quelques nouvelles hypothèses, assez admissibles, viennent d'être
émises sur la genèse du soleil, mais elles soulèvent encore,--et
toujours et toujours,--de nouveaux _pourquoi_ plus effroyables; alors, à
quoi bon?
[3] On connaît les lézards à membranes et même le lézard à plumes
(archéopterix) qui fut essayé après lui.
[4] On s'en occupe déjà beaucoup, de nos soldats aveugles, je le sais
bien, pour leur trouver du travail, leur assurer l'existence matérielle;
mais il faudrait aussi les distraire de leur déchéance affreuse, en
faisant pénétrer dans leur nuit de belles images colorées, en les
intéressant à des aventures réelles ou imaginaires, qui leur
apporteraient la diversion et l'oubli; ce serait au moins aussi utile
que de leur donner du pain.
Or, cette petite histoire du sergent Lormont, qui est une entre mille,
je l'ai notée sur la prière d'un aveugle éminent, M. Maurice de La
Sizeranne, je l'ai notée pour attirer un peu l'attention sur son oeuvre
admirable, car il a consacré sa vie aux autres aveugles ses frères. Il
dirige et il enrichit, par tous les moyens en son pouvoir, une
bibliothèque pour ceux qui lisent sans yeux, qui lisent en promenant les
doigts sur des feuillets blancs piqués d'innombrables trous d'épingle.
Qui dira tout le bien qu'il a déjà fait, en rendant à tant et tant de
pauvres êtres, isolés dans leur nuit, cette joie de lire! Mais sa
bibliothèque, qui suffisait à peine avant la guerre, se trouve
aujourd'hui n'avoir plus le quart des volumes qu'il faudrait. Quand nos
combattants, aveugles d'hier, ont été amenés là, au bras de quelqu'un,
pour emprunter de ces livres spéciaux à leur usage, souvent ensuite il
s'en retournent déçus et plus tristes: on a été obligé de leur en
refuser, parce qu'ils étaient tous en lecture,--et l'argent manque pour
en préparer d'autres.
On a déjà tant donné, dans notre pays, donné à pleines mains pour nos
blessés, que l'on donnera bien encore, il me semble, pour apporter un
peu de détente et d'enchantement aux plus terriblement touchés d'eux
tous, à ceux qui n'y voient plus. Si l'on n'a pas déjà souscrit
davantage pour cette oeuvre, c'est surtout, j'en suis convaincu, parce
qu'on n'y pensait pas, parce qu'on ne savait pas. Je demande donc, ici,
que l'on vienne au secours de la si précieuse bibliothèque, que la
guerre, hélas! n'a que trop mise à l'ordre du jour.
[5] Des détachements de matelots en armes, presque tous des survivants
de l'Yser, garnissaient ce jour-là la scène du Théâtre Français,
entourant M. Pierre Loti qui, pour finir, s'est adressé à eux.
[6] Voir la brochure de Mme Juliette Adam: _Non, l'Alsace n'est ni
germaine ni germanisante._
[7] Pluriel arabe d'Ouled-Naïl.
[8] On sait que les Ouled-Naïlia sont devenues souvent, contre
l'étranger, d'héroïques guerrières.
[9] Celui du sultan Mahmoud.
[10] A cette même conférence, Mme Bartet venait de lire une lettre de
jeune femme turque.
[11] Aujourd'hui de pauvres irresponsables ont complètement défiguré
l'exquis village, en bâtissant juste au-dessus de la place du jeu de
pelote, au-dessus du glorieux fronton suranné, une villa moderne avec
faïences polychromes.--P. L.
[12] Aujourd'hui, hélas! on y va en auto!
[13] Aujourd'hui tous les châtaigniers ont achevé de mourir; ils ne sont
plus que des squelettes grisâtres, se desséchant au soleil.--P. L.
[14] Aujourd'hui un barrage en a fait un véritable lac souterrain, où se
reflètent les piliers de la voûte. Il faut franchir ce lac dans un
batelet pour aborder aux longues galeries pleines d'ombre.
[15] Beaucoup de ces voûtes ont été stupidement dépouillées de leurs
franges, de leurs pendantifs millénaires, la commune de Sare les ayant
vendus à un entrepreneur qui les a fait briser à coup de masse. Soixante
charrettes qui en étaient remplies, se sont dirigées vers Biarritz, et
les stalactites, qui avaient été l'oeuvre des temps sans nombre, ont
servi à construire l'une des plus grotesques parmi ces villas qui
déshonorent la côte basque depuis qu'elle est, «aménagée» pour le
tourisme.--P. L.
[16] A l'entrée de la grotte, on vient, hélas! de construire pour les
touristes une maison et un restaurant qui ont changé ces aspects
millénaires.--P. L.
[17] La grande tragédienne américaine, chargée du rôle de la _Fille du
Ciel_.
(Note du transcripteur)
changes faites:
Abd-ul-Hamid => Abdul-Hamid
FARRÉRE => FARRÈRE
* * * * *
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PRIX GONCOURT _40e mille_
Henri BARBUSSE
LE FEU
(_Journal d'une Escouade_)
ROMAN
Réformé du temps de paix, le poète et romancier Henri Barbusse a, dès le
commencement des hostilités, contracté un engagement pour la durée de la
guerre. Il a été cité plusieurs fois à l'Ordre du jour. Voici le texte
de sa plus récente citation:
«D'une valeur morale supérieure, s'est engagé volontairement pour la
durée de la guerre; a refusé d'être versé dans la territoriale, malgré
son âge et son état de santé. S'est toujours offert spontanément pour
toutes les missions dangereuses, et notamment pour aider à installer,
sous un feu violent, un poste de secours avancé dans les lignes qui
venaient d'être conquises sur l'ennemi.»
Au cours d'un congé de convalescence--pour le dédier à la mémoire de ses
camarades tombés à côté de lui, à Crou[:y] et à la cote 119--il a écrit ce
poignant roman: =Le Feu=, qui porte en sous-titre cette mention: «Journal
d'une escouade», et qui est sans doute l'oeuvre la plus sincère et la
plus vibrante que l'on ait écrite sur la guerre.
=Le Feu=,--qu'a couronné, comme on le sait, l'Académie Goncourt--n'est pas
seulement un superbe document; c'est un roman admirable et captivant.
Un volume in-18.--Prix: =3= fr. =50=
_Envoi contre mandat-poste_
Librairie ERNEST FLAMMARION, 26, Rue Racine, PARIS
Paul ACKER
_9e mille_
L'OISEAU VAINQUEUR
ROMAN
Paul Acker est mort, on le sait, en service commandé, le 27 Juin 1915,
près de Thann. Il repose, aujourd'hui, dans le cimetière de Moosch, en
Alsace reconquise.
=L'Oiseau vainqueur= est le dernier roman que Paul Acker ait écrit en
entier.
=L'Oiseau vainqueur= est le roman d'amour d'un aviateur; c'est une oeuvre
délicieuse, une oeuvre émouvante et captivante.
Il faut lire =L'Oiseau vainqueur= avant de le placer, d'un geste
mélancolique et pieux, dans sa bibliothèque, à côté des oeuvres exquises
de ce fin, subtil et pénétrant romancier, qui, mort à quarante ans à
peine, laisse cependant des oeuvres aussi élégantes, aussi parfaites que
=Le soldat Bernard=, =Les demoiselles Bertram=, =Les Deux Amours=, =Les
Exilés=... ou cet =Oiseau vainqueur=.
Un volume in-18.--Prix: =3= fr. =50=
_Envoi contre mandat-poste_
Librairie ERNEST FLAMMARION, 26, Rue Racine, PARIS
Claude FARRÈRE
_20e mille_
QUATORZE HISTOIRES DE SOLDATS
On se souvient du grand succès qu'avait obtenu, à la veille de la
guerre, le beau livre que Claude Farrère avait publié alors sous ce
titre: =Dix-sept histoires de marins.=
Claude Farrère vient de donner en librairie une oeuvre nouvelle: =Quatorze
histoires de soldats.= C'est un livre admirable.
Bien qu'il contienne, comme son titre l'annonce, quatorze histoires
séparées, le nouveau livre--le nouveau chef-d'oeuvre de Claude
Farrère--est vraiment, à proprement parler, un roman. C'est le roman des
soldats.
Toute l'âme des soldats, vibrante, chevaleresque, héroïque, y est
chantée par un de leurs frères, qui est aussi un conteur merveilleux, et
un merveilleux poète.
=Un volume in-18.--Prix 3 fr 50
_Envoi contre mandat-poste_
Librairie ERNEST FLAMMARION, 26, Rue Racine, PARIS
Paul MARGUERITTE
(DE L'ACADÉMIE GONCOURT)
_30e mille_
L'EMBUSQUÉ
ROMAN
=L'Embusqué=?... C'est l'histoire dramatique de ces êtres déconcertants
que l'opinion publique raille et flétrit avec tant de justice.
Avec quel tact et quelle force vengeresse M. Paul Margueritte nous
dévoile un de ces cyniques déserteurs du devoir! Il le montre, esquivant
le front par ruse et adresse, flagellé bientôt par le mépris de la femme
qui l'adore, et finalement châtié comme il le mérite.
=L'Embusqué= tout palpitant de vérité, d'amour, d'indignation et de
douleur, comporte, malgré l'ignominie de Maxime Archer, un noble
réconfort, car à travers la faute et le rachat de la touchante
Henriette, nous assistons au drame de la guerre; nous admirons les
vertus de la famille française; et nous retrouvons, dans la mâle
conduite de Pierre Forment, l'époux magnanime, toute la vaillance de
notre race et tout l'héroïsme de nos soldats.
C'est un roman passionné et passionnant.
Un volume in-18.--Prix: =3 fr. 50=
_Envoi contre mandat-poste_
5460--Paris.--Imp. Hemmerlé et Cie.--1-17
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