Cinq semaines s’écoulèrent lentement. Le _Sagamore_ arrivait
régulièrement le samedi, mais jamais il ne mentionna Tilbury Foster. La
patience de Sally fut alors à bout et il s’écria avec colère:
--Maudites soient ses entrailles! Il est immortel!
Aleck le reprit sévèrement et ajouta d’une voix solennelle et glacée:
--Que dirais-tu si tu étais retiré brusquement de la vie après avoir
laissé échapper une telle pensée?
Sally répondit sans avoir suffisamment réfléchi:
--Mais je m’estimerais encore heureux qu’elle se soit échappée.
Il lança cela par orgueil, voulant répondre quelque chose et ne trouvant
rien de mieux sur le moment. Puis il s’esquiva, craignant d’être écrasé
dans une discussion avec sa femme.
Six mois passèrent. Le _Sagamore_ gardait toujours un silence obstiné
sur le sort de Tilbury. En attendant, Sally avait plusieurs fois tenté
de «jeter une sonde», c’est-à-dire de suggérer qu’il faudrait _savoir_.
Aleck s’était montrée tout à fait indifférente à ces suggestions. Sally
résolut alors de réunir toutes ses forces et d’attaquer de front. Il
proposa donc de se déguiser et d’aller au village de Tilbury pour y
découvrir subrepticement quelles pouvaient être leurs espérances. Aleck
s’opposa à ce projet dangereux avec beaucoup d’énergie et de décision.
Elle dit à son mari:
--A quoi peux-tu bien penser? Vraiment tu ne me laisses pas respirer. Il
faut te surveiller tout le temps comme un petit enfant pour l’empêcher
de marcher dans les flammes. Tu resteras exactement où tu es.
--Mais voyons, Aleck! Je pourrais très bien le faire sans que personne
le sache, j’en suis certain...
--Sally Foster, ne sais-tu pas que pour cela il te faudrait poser des
questions sur notre parent?
--Bien sûr. Mais, et puis après? Personne ne se douterait de qui je
suis.
--Ah! entendez-le. Un jour, il faudra que tu prouves aux exécuteurs que
tu ne t’es jamais informé. Et alors?
Il avait oublié ce petit détail. Il ne répondit rien; il n’y avait rien
à répondre.
Aleck ajouta:
--Et maintenant, sors cette idée de ta tête et n’y pense plus. Tilbury
t’a préparé ce piège. Ne vois-tu pas que c’est un piège? Il est sur ses
gardes et il compte bien que tu te laisseras prendre. Eh bien! il sera
déçu, du moins tant que je tiendrai le gouvernail, Sally!
--Eh bien?
--Tant que tu vivras, serait-ce cent ans, ne fais jamais d’enquête!
Promets.
--Je promets, je promets, dit le brave homme avec un soupir et à
contre-cœur.
Aleck se radoucit alors et dit:
--Ne sois pas si impatient. Nous prospérons. Nous pouvons attendre, rien
ne presse. Notre petit revenu certain augmente tout le temps. Quant à
l’avenir, je n’ai pas encore fait fausse route, cela s’empile par mille
et dix mille. Il n’y a pas une autre famille dans le district qui ait de
si belles espérances. Déjà nous commençons à rouler dans l’abondance. Tu
sais cela, n’est-ce pas?
--Oui, Aleck, c’est certainement vrai.
--Alors sois reconnaissant de tout ce que le bon Dieu a fait pour nous
et cesse de te tourmenter. Tu ne t’imagines pas, n’est-ce pas, que nous
aurions pu arriver à ces résultats prodigieux sans son secours et son
aide?
--N... non, dit-il en hésitant, je suppose que non. Puis, il ajouta avec
beaucoup de sentiment et d’admiration: et cependant, je crois du fond
du cœur que tu n’as besoin d’aucune aide dans l’élaboration de tes
combinaisons financières.
--Oh! _tais-toi_. Je sais bien que tu ne penses pas à mal et que tu ne
cherches pas à être irrévérencieux, pauvre homme, mais tu ne sembles pas
pouvoir ouvrir la bouche sans laisser sortir des choses qui font
trembler. Tu me tiens dans un perpétuel émoi. Je crains maintenant pour
toi plus que pour nous tous. Autrefois je n’avais pas peur du tonnerre,
mais maintenant, quand je l’entends, je...
Sa voix sombra, elle commença à pleurer et ne put achever sa phrase.
Cela alla au cœur de Sally; il la prit dans ses bras, la caressa et la
consola. Il lui promit une meilleure conduite et, tout en se
réprimandant lui-même, il implora son pardon en se frappant la poitrine.
Il était de bonne foi et peiné de ce qu’il avait fait; il était prêt à
n’importe quel sacrifice pour y remédier.
Par conséquent, il y réfléchit longuement et profondément dans la
solitude et il se décida à faire ce qui lui paraîtrait le mieux. Il
était facile de promettre de changer de conduite, il avait tant de fois
promis déjà... Mais cela ferait-il quelque bien et surtout un bien
permanent? Non, ce ne serait que provisoire, il connaissait sa
faiblesse et l’avouait avec chagrin. Il ne pourrait pas tenir sa
promesse, il fallait trouver quelque chose de mieux et de plus sûr: au
prix de ruses fort habiles, il économisa longtemps sou par sou et
lorsqu’il eut assez d’argent, il mit un paratonnerre sur la maison.
Quels miracles l’habitude ne peut-elle faire accomplir! Et comme les
habitudes sont vite et facilement prises! aussi bien les habitudes
insignifiantes que celles qui nous transforment complètement. Si, par
accident, nous nous réveillons à deux heures du matin deux nuits de
suite, nous avons raison de nous inquiéter, car un accident semblable
peut créer une habitude: l’usage du whisky pendant un mois peut... mais
inutile d’insister: nous connaissons, tous, ces faits ordinaires de la
vie.
L’habitude de bâtir des châteaux au pays des songes, l’habitude de rêver
en plein jour, comme elle grandit vite! Quelle jouissance elle devient!
Comme nous volons à des enchantements nouveaux et délicieux à chaque
moment de loisir, comme nous aimons nos chimères, comme nous savons
endormir nos âmes et nous enivrer de nos propres fantaisies trompeuses!
Oh! oui, et combien notre vie irréelle s’emmêle et se fusionne vite et
facilement avec notre vie matérielle de telle façon que nous ne pouvons
plus les distinguer l’une de l’autre!
Aleck s’abonna bientôt à un journal quotidien de Chicago et à
l’_Indicateur des Finances_. Douée d’un singulier flair financier, elle
les étudia aussi consciencieusement, toute la semaine, qu’elle étudiait
sa Bible le dimanche. Sally était perdu d’admiration en remarquant avec
quelle sûreté se développaient le génie et le jugement de sa femme en
tout ce qui concernait le soin de leurs capitaux tant matériels que
spirituels. Il était aussi fier de la voir exploiter audacieusement les
affaires de ce monde que de bénéficier de la conscience avec laquelle
elle savait se prémunir en vue de l’avenir éternel. Il remarqua qu’elle
n’avait jamais cessé de tenir la balance égale entre ses affaires
terrestres et ses affaires religieuses. Dans les deux cas, comme elle le
lui expliqua un jour, il s’agissait de capitaux; mais en ce qui concerne
les capitaux terrestres, elle ne s’en préoccupait, et ne les plaçait que
pour les déplacer en vue de la spéculation, tandis que, dans le second
cas, elle plaçait ses capitaux spirituels une fois pour toutes et dans
une affaire de tout repos. Ainsi, elle ne perdait pas la tête et elle
savait se garantir un bon avenir--dans tous les cas et de toutes les
façons.
Il ne fallut que quelques mois pour former l’imagination de Sally et
d’Aleck. Chaque jour l’ébullition de leur cerveau se faisait plus
intense. En conséquence, Aleck gagnait de l’argent imaginaire beaucoup
plus vite qu’elle n’avait rêvé de pouvoir le faire au début, et
l’habileté de Sally à en dépenser le surplus grandit en proportion.
Aleck s’était tout d’abord accordé douze mois pour spéculer sur les
charbons, tout en reconnaissant que ce délai pourrait peut-être se
réduire à neuf mois. Mais c’était là un petit travail, un travail
d’enfant, dû à des facultés financières qui n’avaient encore rien
appris, rien expérimenté... qui ne connaissaient pas tous les
perfectionnements possibles: les perfectionnements arrivèrent bientôt;
alors les neuf mois s’évanouirent et le placement imaginaire des dix
mille dollars revint triomphant avec trois cents pour un de profit
derrière lui en moins de trois mois!
Ce fut une grande journée pour les Foster. Ils en restèrent muets de
joie... muets aussi pour une autre raison: après avoir beaucoup
surveillé le marché, Aleck avait fait dernièrement avec crainte et
tremblement son premier essai. Elle risqua les derniers vingt mille de
l’héritage. En esprit, elle vit grimper la cote, point par point--avec
la possibilité constante d’une chute imprévue... A la fin, son anxiété
devint trop grande; elle était encore novice dans l’art de l’achat à
découvert et non endurcie encore... Elle avait donc, par une dépêche
imaginaire, donné l’ordre de vendre. Elle dit que quarante mille dollars
de bénéfice étaient suffisants. La vente fut effectuée le jour même où
ils apprirent l’heureuse issue de l’affaire des charbons.
Donc, ce soir-là, ils restèrent ébahis et bien heureux, tâchant de
s’habituer à leur bonheur et de se faire à l’idée qu’ils valaient
actuellement cent mille dollars en bon argent solide et imaginaire.
Ce fut la dernière fois qu’Aleck se laissa épouvanter par la spéculation
ou plutôt son anxiété ne parvint plus comme cette fois-ci à troubler son
sommeil et à pâlir sa joue.
Ce fut vraiment une soirée mémorable. Petit à petit, l’idée qu’ils
étaient riches prit profondément racine dans leurs âmes et ils se mirent
à chercher des placements. Si nous avions pu voir avec les yeux de ces
rêveurs, nous aurions vu leur petit cottage en bois, si gentil et si
propret, faire place à une belle bâtisse où briques à deux étages et
entourée d’une grille en fer; nous aurions vu un triple lustre accroché
au plafond; nous aurions vu l’humble devant de foyer devenir un Brussels
resplendissant à 10 francs le mètre; nous aurions vu la cheminée
plébéienne remplacée par un phare orgueilleux aux portes de mica. Nous
aurions vu bien d’autres choses encore, par exemple, le cheval, la
voiture, le traîneau, le chapeau haut-de-forme... et tout le reste.
A partir de ce moment-là et bien que leurs filles et les voisins n’aient
toujours continué à voir que le petit cottage, ce petit cottage était
devenu une maison à deux étages pour Aleck et Sally et pas une nuit ne
se passa sans qu’Aleck ne se fît un grand souci des imaginaires notes de
gaz et ne reçût pour toute consolation que l’insouciante réponse de
Sally:
--Eh bien, quoi! nous pourrons toujours payer ça!
Avant d’aller se coucher ce premier soir de leur richesse, le couple
décida qu’il fallait se réjouir de quelque façon... Ils donneraient un
grand dîner... Oui, c’était une bonne idée. Mais quelle raison donner
aux enfants et aux voisins? Ils ne pouvaient songer à dévoiler le fait
qu’ils étaient riches. Sally y aurait consenti, il le désirait même,
mais Aleck ne perdit pas la tête et s’y opposa catégoriquement. Elle dit
que l’argent était aussi réel que s’il était dans leur coffre-fort, mais
qu’il fallait attendre qu’il y fût en réalité. Elle établit sa ligne de
conduite sur cette base et elle demeura inébranlable. Pour elle, le
grand secret devait être gardé vis-à-vis des enfants et du monde entier.
Ils furent donc très perplexes. Il fallait se réjouir, ils y tenaient à
tout prix, mais puisqu’ils devaient garder le secret, quel prétexte
donner? Aucun anniversaire n’était proche. Sally, poussé à bout,
s’impatientait. Mais brusquement il eut ce qu’il lui parut être une
magnifique inspiration. Tout leur ennui s’évanouit en une seconde; ils
pourraient célébrer la découverte de l’Amérique. C’était une idée
splendide!
Aleck fut extrêmement fière de Sally. Elle dit qu’_elle_ n’y aurait
jamais songé, mais Sally, bien que gonflé de joie et d’orgueil, essaya
de n’en laisser rien voir et dit que ce n’était vraiment rien, que
n’importe qui aurait pu y penser. A quoi l’heureuse Aleck répondit avec
un élan de fierté:
--Oh, certainement, n’importe qui! oh, n’importe qui! Hosanna Dilknis
par exemple ou peut-être Adelbert Pistache... Oh, oui! Eh bien, je
voudrais bien les y voir, voilà tout! Bonté divine, s’ils arrivaient à
penser à la découverte d’une île de quarante kilomètres carrés, c’est,
je parie bien, tout ce qu’ils pourraient faire; mais pour ce qui est
d’un continent tout entier, voyons, Sally Foster, tu sais parfaitement
qu’ils se feraient une entorse au cerveau, et même alors, ils n’y
arriveraient pas!
... La chère âme! Elle savait que son mari était intelligent et si, par
affection, elle jugeait cette intelligence au-dessus de sa valeur,
sûrement elle était pardonnable pour une erreur si douce et aimable.
V
La fête projetée se passa à merveille. Les amis de Foster, jeunes et
vieux, étaient tous présents. Parmi les jeunes se trouvaient Flossie et
Grâce Pistache et leur frère Adelbert qui était un jeune ferblantier
plein d’avenir. Il y avait aussi Hosanna Dilkis jeune, un plâtrier ayant
à peine fini son apprentissage. Depuis bien des mois, Adelbert et
Hosanna s’étaient montrés très assidus auprès de Gwendolen et
Clytemnestra Foster, et les parents des deux jeunes filles en avaient
témoigné leur entière satisfaction. Mais ils se rendirent compte alors
que ce sentiment n’existait plus. Ils sentaient que leur nouvelle
condition financière avait élevé une barrière sociale entre leurs filles
et les jeunes ouvriers. Leurs filles pouvaient désormais regarder plus
haut, c’était même leur devoir. Elles ne devaient pas viser à épouser
moins qu’un homme d’affaires ou un avocat... Mais papa et maman s’en
chargeraient et il n’y aurait pas de mésalliance.
Néanmoins, ces projets et ces pensées demeuraient cachés et ne firent
pas ombrage aux réjouissances de la fête. Tout ce que les invités purent
lire sur la physionomie de leurs hôtes, ce fut un contentement calme et
hautain. Leur maintien grave et digne força l’admiration et l’étonnement
de tous les assistants. Tous s’en aperçurent, tous en parlèrent, mais
personne n’en devina le secret. C’était un profond mystère. Trois
personnes différentes firent sans malice la même remarque sur cette
apparente prospérité: «On dirait qu’ils ont fait un héritage!»
Et c’était bien vrai.
La plupart des mères auraient pris en main la question matrimoniale à
l’ancienne façon. Elles auraient fait un long discours solennel et sans
tact--un discours fait pour manquer son but en causant des larmes et des
révoltes secrètes; et les mêmes mères auraient gâté davantage leur jeu
en défendant aux jeunes ouvriers de continuer leurs assiduités auprès de
leurs filles. Mais la mère des petites Foster était d’une nature
différente, elle était pratique. Elle ne parla de la chose ni aux jeunes
gens, ni à personne, sauf à Sally. Il l’écouta et comprit, il comprit et
il admira. Il dit:
--Je saisis ton idée. Au lieu de mépriser les échantillons offerts et de
gâter le marché en blessant des sentiments légitimes, tu cherches
simplement d’autres échantillons pour le même prix et tu laisseras faire
le reste à la nature. C’est la sagesse, Aleck, la sagesse solide comme
un roc. Où est ton élu? As-tu déjà jeté l’hameçon?
Elle n’avait encore rien fait. Il fallait qu’ils examinent ensemble
l’état de ce que Sally appelait le «marché». Pour commencer, ils
discutèrent le jeune Brodish, avocat de talent, et Fullon, un jeune
dentiste. Il aurait fallu que Sally les invitât à déjeuner.
--Mais, pas tout de suite, rien ne presse, dit Aleck. Il faut les
surveiller et attendre, une grande lenteur ne nuirait jamais dans une
affaire si importante.
Il arriva que cette façon de voir fut sage aussi, car, avant trois
semaines, Aleck fit une affaire qui porta ses imaginaires cent mille à
quatre cent mille de la même espèce. Pour la première fois, les Foster
eurent du champagne à dîner... Pas du vrai, mais une qualité assez
ressemblante pour contenter leur imagination montée. Ce fut Sally qui le
proposa et Aleck consentit par faiblesse. Au fond, ils étaient tous les
deux troublés et honteux, car M. Foster faisait partie de la Société de
tempérance et aux enterrements il en portait les insignes: un large
baudrier qui faisait peur aux chiens. Sa femme appartenait à la Ligue
des W. C. T. U. et adhérait à tout ce que cette ligue implique de vertu
sans tache et de rigide sainteté. Mais voilà! La vanité des richesses
commençait à se loger dans leurs cœurs et à y faire son travail
accoutumé! Ils agissaient, pour prouver une fois de plus la triste
vérité démontrée déjà bien des fois dans le monde: savoir que la
pauvreté surpasse tous les bons principes pour défendre l’homme contre
les vices et la dégradation. Ils valaient désormais plus de quatre cent
mille dollars. Ils reprirent la question matrimoniale; il ne fut
question, ni du dentiste, ni de l’avocat, il n’y avait plus lieu, ils
étaient forcément disqualifiés. Ils causèrent du fils du banquier et du
fils du docteur, mais, comme dans le cas précédent, ils décidèrent
d’attendre et de réfléchir, d’aller lentement et sûrement.
La chance vint de nouveau de leur côté. Aleck, toujours en éveil, vit
une occasion, très risquée à la vérité, mais elle eut l’audace de faire
le pas... Un temps de doute, de frissons, de terrible malaise survint,
car l’insuccès aurait équivalu à la ruine complète... Puis vint le
résultat et Aleck, à demi morte de joie, pouvait à peine maîtriser sa
voix lorsqu’elle dit à Sally:
--L’incertitude est passée, Sally, et nous valons un million!
Sally pleura de reconnaissance et dit:
--Oh! Electra, joyau entre toutes les femmes, chérie de mon cœur, nous
sommes enfin libres, nous nageons dans la richesse, nous n’aurons plus
besoin de compter. Ce serait le cas où jamais d’acheter une bouteille de
vraie «veuve Cliquot».
Et il sortit de l’armoire une bouteille de bière brune qu’il offrit en
sacrifiée, en disant:
--Au diable la dépense!
Elle le réprimanda doucement, les yeux tout humides de joie.
Ils reléguèrent le fils du banquier et le fils du docteur et s’assirent
pour considérer les titres du fils du gouverneur et du fils d’un
sénateur.