--Pas du tout, Albéric a un père et ce qui lui reviendra légitimement;
ils étaient bien libres, et ont très bien fait de choisir Sylvaine. Joli
agrément qu’Albéric leur aurait procuré! Il aurait probablement séduit
la femme de chambre.
--Jules, respectez-moi!
--Je vous respecte, chère amie; mais, enfin, nous sommes édifiés sur la
conduite d’Albéric. Le voilà maintenant collé avec ce petit modèle, une
fille qui a l’air d’un écureuil; il prétend que c’est par amour de l’art
et par économie. Je les ai rencontrés hier nez à nez dans la rue. Avec
un garçon comme le mien, je suis bien aise de ne pas avoir la
responsabilité de Sylvaine.
C’était la manière dont M. Gardonne se justifiait à lui-même de s’être
séparé de sa pupille; il oubliait que sa première idée avait été un
mariage entre Albéric et Sylvaine. Mme Gardonne fut charmée de voir son
mari dans de pareils sentiments, et cela la rendit indulgente pour son
beau-fils.
--Il ne faut pas exagérer la légèreté d’Albéric; il m’a promis de venir
aux vacances, j’espère l’influencer pour le bien.