LE LÉGISLATEUR COMPÉTENT

La démocratie, telle qu’elle existe de nos jours, empiète donc sur le

pouvoir exécutif, l’asservit et l’absorbe, empiète sur le pouvoir

administratif, l’asservit et l’absorbe, le tout par l’intermédiaire de

ses représentants, les législateurs, qu’elle choisit à son image et

c’est-à-dire qu’elle choisit incompétents et passionnés, puisque aussi

bien, comme dit Montesquieu, se contredisant peut-être quelque peu: «Le

peuple n’agit jamais que par passion.»

Or que devraient être les législateurs? Tout le contraire, ce me semble,

des législateurs tels que les fait la démocratie. Le législateur idéal

devrait être très informé et tout à fait dénué de passions.

Il devrait être très informé, non pas tant de ce qui est dans les

livres,--quoique encore il dût avoir des connaissances juridiques assez

étendues, pour ne pas faire, ce qui arrive à chaque instant, exactement

le contraire de ce qu’il veut faire--que du tempérament et de l’esprit

général du peuple pour lequel il fait des lois.

Car il ne faut commander à un peuple que ce qu’il peut supporter de

commandement et de prescriptions, et le mot de Solon est admirable: «Je

leur ai donné les meilleures des lois qu’ils peuvent souffrir»; et le

mot du Dieu des Juifs est vénérable: «Je vous ai donné des préceptes qui

ne sont pas bons»; c’est-à-dire qui n’ont que la bonté que votre

méchanceté peut admettre, «ce qui est l’éponge, dit Montesquieu, de

toutes les difficultés qu’on peut faire sur les lois de Moïse.»

Le législateur doit donc connaître le tempérament et l’esprit du peuple

puisqu’il fait des lois; il doit être expert en psychologie des peuples,

comme disent les Allemands. Et notez qu’il doit connaître le

tempérament, le caractère et l’esprit général de son peuple, sans avoir

ce tempérament, ce caractère et cet esprit; car en matière de passions,

d’inclinations et de tendances, éprouver n’est pas connaître et au

contraire éprouver est ne pas connaître et connaître a pour condition ne

pas éprouver.

Le législateur idéal, ou simplement suffisant, doit donc connaître les

inclinations générales de son peuple et les dépasser et les dominer,

puisqu’il a pour mission en partie de les satisfaire, en partie de les

combattre.

_En partie de les satisfaire_ ou au moins de les ménager, puisqu’une loi

qui contrarierait absolument le tempérament d’un peuple serait la jument

de Roland, aurait toutes les qualités du monde avec l’unique défaut

d’être morte et même morte-née. Donnez aux Romains une loi de droit des

gens, une loi prescrivant le respect des peuples vaincus, elle ne sera

jamais exécutée et, de plus elle habituera, par une sorte de contagion,

à ne pas exécuter les autres. Donnez aux Français une loi libérale, une

loi prescrivant de respecter les droits individuels de l’homme et du

citoyen, la liberté étant pour les Français, comme dit le baron Joannès,

«le droit de faire ce qu’on veut et d’empêcher les autres de faire ce

qu’ils veulent», cette loi ne sera jamais que médiocrement et

péniblement exécutée et habituera à ne pas exécuter les autres.

Le législateur devra donc connaître les inclinations de son peuple pour

savoir la limite où il devra s’arrêter en les contrariant.

_En partie de les combattre_; car la loi dans une nation--ou elle n’est

qu’un règlement de police--doit être ce qu’est la loi morale dans

l’individu; elle doit être une contrainte prolongée en vue d’un résultat

salutaire; elle doit être un frein aux passions funestes, aux velléités

nuisibles et aux caprices dangereux; elle doit combattre le moi; pour

beaucoup mieux dire, elle doit être le moi rationnel combattant le moi

passionnel. C’est ce que Montesquieu veut faire entendre quand il dit

que les mœurs doivent combattre le climat et les lois combattre les

mœurs.

La loi doit donc combattre dans une certaine mesure les inclinations

générales de la nation. Elle doit être sa règle, un peu aimée, parce

qu’on la sent bonne; un peu crainte, parce qu’on la sent dure; un peu

odieuse, parce qu’on la sent relativement hostile; respectée, parce

qu’on la sent nécessaire.

C’est cette loi-là que doit faire le législateur et par conséquent il

doit être extrêmement fin connaisseur de toute l’âme du peuple pour

lequel il fait des lois, aussi bien des parties de cette âme qui

résisteraient que des parties de cette âme qui peuvent accepter et aussi

bien de ce qu’il peut faire accepter sans résistance que de ce qu’il ne

peut hasarder sans risquer d’être impuissant.

Voilà la compétence principale et essentielle qu’il doit avoir.

D’autre part, il doit être sans passion. La «modération», cette vertu si

vantée par Cicéron et qui est en effet une rare vertu si on prend le mot

dans son sens complet et si on entend par cela _l’équilibre de l’âme et

de l’esprit_, doit être le fond même du législateur: «Je le dis, affirme

Montesquieu, _et il me semble que je n’ai fait cet ouvrage que pour le

prouver_, l’esprit de modération doit être celui du législateur; le bien

politique, comme le bien moral se trouvant toujours entre deux limites.»

Rien n’est difficile à l’homme comme de se défendre contre les passions

et par conséquent au législateur comme de se défendre contre les

passions du peuple dont il est, sans compter les siennes propres:

«Aristote, dit Montesquieu, voulait satisfaire tantôt sa jalousie contre

Platon, tantôt sa passion pour Alexandre; Platon était indigné contre la

tyrannie du peuple d’Athènes; Machiavel était plein de son idole, le duc

de Valentinois. Thomas More, qui parlait plutôt de ce qu’il avait lu que

de ce qu’il avait pensé, voulait gouverner tous les États avec la

simplification d’une ville grecque. Harrington ne voyait que la

République d’Angleterre, pendant qu’une foule d’écrivains trouvaient le

désordre partout où ils ne voyaient pas de couronne. Les lois

_rencontrent_ toujours les passions et les préjugés du législateur [soit

siens, soit communs à lui et à son peuple]. Quelquefois _elles passent

au travers_ et s’y teignent; quelquefois elles y _restent_ et s’y

_incorporent_.»

Et c’est précisément ce qu’il ne faudrait point. Il faudrait que le

législateur fût dans le peuple comme la conscience dans le cœur de

l’homme, connaissant toutes ses passions, connaissant toute leur

étendue, connaissant toute leur portée, ne se laissant pas tromper par

leurs prestiges et leurs hypocrisies et leurs déguisements; tantôt les

combattant de front, tantôt les combattant les unes par les autres,

tantôt favorisant un peu l’une aux dépens d’une autre plus redoutable,

tantôt cédant du terrain, tantôt en regagnant; toujours adroit, toujours

habile, toujours modéré; mais ne se laissant, par ses ennemies

naturelles, ni entamer, ni intimider, ni amuser, ni circonvenir, ni

conduire.

Il faudrait même, pour ainsi parler, qu’il fût plus consciencieux que la

conscience, puisque la loi qu’il fait il ne peut pas tout à fait oublier

que, s’il la fait pour les autres, il la fait aussi pour lui et qu’à ce

qu’il décrète aujourd’hui il va obéir demain--_semel jussit semper

paruit_.--Il doit donc être exactement, littéralement désintéressé, ce

qui lui est plus difficile qu’à la conscience qui n’a aucune peine à se

donner pour cela.

Il doit, non seulement être sans passion, mais se dépouiller de ses

passions, qui plus est. Il doit être, figurons-nous cela par hypothèse,

une passion qui deviendrait la conscience. Comme dit Jean-Jacques

Rousseau:

«Pour découvrir les meilleures règles de Société qui conviennent aux

nations, il faudrait une intelligence supérieure qui vît toutes les

passions des hommes et qui n’en éprouvât aucune; qui n’eût aucun rapport

avec notre nature et qui la connût à fond, dont le bonheur fût

indépendant de nous et qui pourtant voulût s’occuper du nôtre; enfin

qui, dans le progrès des temps se ménageant une gloire éloignée, pût

travailler dans un siècle et jouir dans un autre.»

C’est pour cela que l’ingénieuse Grèce a supposé que certains

législateurs, après avoir fait adopter leurs lois à leur peuple et après

avoir fait jurer à leurs concitoyens d’observer leurs lois jusqu’à ce

qu’ils revinssent, se sont exilés et confinés au loin dans une retraite

inconnue. C’était peut-être pour enchaîner leurs concitoyens par le

serment ainsi prêté; mais n’était-ce point pour ne pas obéir aux lois

qu’ils avaient faites; ou plutôt, faisant leurs lois, ne s’étaient-ils

pas donné toute liberté de les faire rigoureuses, en se promettant de se

dérober par la fuite à la nécessité de leur obéir?

Proudhon disait: «Je rêve une république si libérale que j’y fusse

guillotiné comme réactionnaire.» Lycurgue fut peut-être un Proudhon qui

fondait une république si sévère qu’il savait qu’il n’y pourrait pas

vivre, mais qui faisait le ferme propos de la quitter du jour où elle

serait faite. Solon et Sylla sont restés dans l’État auquel ils avaient

donné des lois. Il faut les mettre au-dessus de Lycurgue qui a quitté le

sien, l’excuse de Lycurgue étant, du reste, que, très probablement, il

n’a pas existé.

Il reste cette légende qui signifie que le législateur doit être

tellement au-dessus de ses passions, comme des passions de son peuple

que, comme législateur, il fasse des lois devant lesquelles, comme

homme, il soit, d’une manière ou d’une autre, très intimidé.

Cette modération, au sens que nous avons restitué à ce mot, inspire du

reste quelquefois au législateur, comme nous l’avons indiqué, la pensée

d’insinuer la loi plutôt que de l’imposer, ce qui n’est pas toujours

possible; mais ce qui l’est assez souvent. Montesquieu rapporte ceci de

Saint Louis, roi: «Voyant les abus de la jurisprudence de son temps, il

chercha à en dégoûter les peuples. Il fit plusieurs règlements pour les

tribunaux de ses domaines et pour ceux de ses barons, et il eut un tel

succès que, très peu de temps après sa mort, sa manière de juger était

pratiquée dans un grand nombre de cours des seigneurs. Ainsi ce prince

remplit son objet, quoique ses règlements n’eussent pas été faits pour

être une loi générale du royaume, mais comme un exemple que chacun

pourrait suivre et aurait intérêt à suivre. Il ôta le mal en faisant

sentir le meilleur. Quand on vit dans ses tribunaux, quand on vit dans

ceux de quelques seigneurs une manière de procéder plus naturelle, plus

raisonnable, plus conforme à la morale, à la religion, à la tranquillité

publique, à la sûreté de la personne et des biens, on la prit et on

abandonna l’ombre. _Inviter quand il ne faut pas contraindre, conduire

quand il ne faut pas commander, c’est l’habileté suprême._»

Et Montesquieu ajoute avec, assurément, un peu d’optimisme, mais enfin

c’est encourageant: «La raison a un empire naturel: on lui résiste; mais

dans cette résistance elle trouve son triomphe; encore un peu de temps

et l’on sera forcé de revenir à elle.»

Cet exemple est bien lointain et s’applique peu à quoi que ce soit de

nos jours. Cependant considérez la loi, renouvelée du droit

ecclésiastique, sur le repos du dimanche. La mettre dans le Code a été

une faute, parce qu’elle contrariait un trop grand nombre d’habitudes

françaises et en quelque sorte la complexion nationale elle-même; et

l’on s’exposait à ce qui est arrivé, à savoir: à ce qu’elle fût très peu

exécutée et avec des difficultés infinies. On pouvait l’édicter sans la

mettre dans le Code. Que l’État accorde la liberté du dimanche à tous

ses fonctionnaires, à tous ses employés, à tous ses ouvriers; qu’il soit

entendu, ce qui pouvait l’être par l’effet d’une simple circulaire du

ministre de la Justice, que les infidélités des ouvriers au contrat de

travail consistant en refus de travailler le dimanche ne seront jamais

punies; la loi du repos hebdomadaire existe sans être promulguée, existe

par insinuation et persuasion et s’arrête dans ses effets là où elle

doit s’arrêter, aux cas où la nécessité de travailler le dimanche est

tellement évidente aux yeux des ouvriers, comme à ceux des patrons, que

les uns et les autres s’y soumettent comme à la force des choses; et, en

deçà, elle a assez de force pour modifier, sans les bouleverser, les

habitudes séculaires de la nation.

Voyez encore tel cas où dans la loi même, dans la loi inscrite au Code,

le législateur procède par insinuation ou recommandation. Le législateur

du commencement du XIXe siècle avait dans l’esprit qu’il était dans les

bienséances que le mari surprenant sa femme en flagrant délit d’adultère

la tuât et aussi son complice. Cette idée peut être discutée; mais enfin

elle était celle du législateur. En a-t-il fait une prescription légale?

Non; il l’a inscrite dans la loi sous forme d’insinuation, de

recommandation discrète, d’encouragement affectueux; il a écrit ces

mots: «en cas de flagrant délit le meurtre est excusable.» Ce n’est pas

ce texte que j’approuve; c’est cette manière d’indiquer la loi sans

l’imposer, d’indiquer ce qu’on juge d’une bonne pratique sans l’ordonner

que j’estime possible, puisqu’on en voit des cas, et puisque, dans

d’autres cas que celui-ci, je la trouverais excellente.

Enfin une des qualités essentielles du législateur est la prudence à

changer les lois existantes et c’est cette prudence essentielle qui

exige le plus de lui qu’il soit exempt de passions ou qu’il soit maître

de celles qu’il a. La loi en effet n’a d’autorité réelle que quand elle

est ancienne; ou plutôt il y a deux cas: où la loi n’est qu’une coutume

passée en loi et alors elle a une très grande autorité dès sa naissance,

parce qu’elle bénéficie de toute l’ancienneté de la coutume d’où elle

est sortie; ou la loi n’est pas une coutume passée en loi et, au

contraire, elle contrarie une coutume; et alors il faut, pour qu’elle

ait de l’autorité, que par la longueur de temps elle soit devenue

coutume elle-même.

Dans les deux cas, on le voit, c’est bien réellement l’ancienneté de la

loi qui fait sa force d’autorité sur les hommes. La loi a comme une

végétation et elle est tendre arbrisseau d’abord, puis son écorce se

forme et se durcit, et ses racines s’enfoncent profondément dans le sol

et se cramponnent aux rochers.

Il faut donc une extrême circonspection à remplacer le vieux tronc par

le jeune arbrisseau: «La plupart des législateurs, dit Usbek à Rhédi,

ont été des hommes bornés que le hasard a mis à la tête des autres et

qui n’ont presque consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies... Ils

ont souvent aboli sans nécessité les lois qu’ils ont trouvées établies,

c’est-à-dire qu’ils ont jeté les peuples dans les désordres inséparables

des changements. Il est vrai que, par une bizarrerie qui vient plutôt de

la nature que de l’esprit des hommes, il est quelquefois nécessaire de

changer certaines lois. Mais le cas est rare et lorsqu’il arrive, il n’y

faut toucher que d’une main tremblante; on y doit observer tant de

solennité et y apporter tant de précautions que le peuple en conclut

naturellement que les lois sont bien saintes puisqu’il faut tant de

formalités pour les abroger.»--Montesquieu était ici, comme il l’est

souvent, tout à fait aristotélicien; car Aristote écrivait: «Il est

évident qu’il y a certaines lois à changer, à certaines époques; mais

cela exige beaucoup de circonspection; car, lorsque l’avantage est peu

considérable, _étant dangereux d’habituer les citoyens à changer

facilement les lois_, il vaut mieux laisser subsister quelques erreurs

du législateur et des magistrats. Il y aura moins d’avantage à changer

les lois que de danger à donner l’habitude de désobéir aux magistrats»

[en considérant la loi qu’ils appliquent comme éphémère, inconstante et

toujours à la veille d’être changée].

Connaissance des lois des principaux peuples; connaissance, et profonde,

du tempérament, du caractère, des sentiments, des passions, des

penchants, des opinions, des préjugés et des coutumes du peuple auquel

il appartient, modération d’esprit et de cœur, absence de passions,

désintéressement, sang-froid et même ataraxie: telles sont les qualités

du législateur idéal et même c’est trop dire; telles sont les qualités

qui sont presque nécessaires à un homme pour faire une bonne loi; telles

sont presque, en vérité, les qualités élémentaires du législateur.

On a bien vu que c’est aussi presque le contraire de tout cela que la

démocratie aime chez son législateur et pour ainsi dire exige de lui.

Elle nomme des incompétents, des ignorants presque toujours, j’ai dit

pourquoi; et elle nomme des hommes deux fois incompétents, je veux dire

des hommes chez qui la passion neutraliserait la compétence si la

compétence existait.

Il y a même ce fait curieux à observer. C’est tellement à cause de leurs

passions, et non malgré leurs passions, c’est tellement _parce que_

passionnés et non _quoique_ passionnés que la démocratie choisit ses

mandataires et elle les choisit si bien pour les raisons pour lesquelles

elle les devrait exclure; que l’homme capable de modération, de justesse

d’esprit, de vue nette du réel et du possible, de réalisme et d’esprit

pratique, pour se faire nommer et pour arriver à pratiquer toutes ces

vertus, commence par les dissimuler avec soin et par afficher bruyamment

tous les défauts contraires. Il a des paroles de guerre civile pour se

faire nommer au poste où il compte bien défendre et assurer la paix; et

il faut, pour qu’il puisse devenir un pacificateur, qu’il commence par

faire figure de séditieux.

Tous les favoris du peuple passent par ces deux phases et fournissent

ces deux stades, et il faut qu’ils parcourent tout le premier pour

pouvoir s’engager dans le second.--«Ne vaut-il pas mieux commencer que

finir par être conservateur?»--Non pas; car on ne peut pas être

conservateur puissant et exercer la puissance conservatrice, qu’on n’ait

commencé par être anarchiste.

Le peuple est tellement habitué à ces évolutions qu’il ne fait plus

qu’en sourire. Il y a pourtant cet inconvénient que le conservateur qui

a un passé de séditieux a une autorité toujours mêlée et contestée et

passe une partie de sa vie à expliquer les raisons du vaste détour qu’il

a décrit et que ce lui est embarras et entraves.

Toujours est-il que le peuple ne nomme que des passionnés vrais ou faux

qui, ou bien resteront toujours des passionnés et c’est le gros des

législateurs, ou bien deviendront des modérés très mal entraînés à leur

nouveau rôle. Et ces passionnés, pour parler du gros, de l’immense

majorité, se déchaînent dans la législation au lieu d’y travailler avec

prudence, sang-froid et sagesse. Les règles précédemment indiquées sont

très précisément renversées. Ce ne sont pas les passions populaires que

les lois répriment ou refrènent; c’est des passions populaires que la

loi est l’expression même. Les lois sont une suite de mesures des partis

les uns contre les autres. Les lois proposées sont des batailles

livrées; les lois votées sont des victoires; et voilà autant de

définitions qui condamnent les législateurs et qui incriminent le

régime.

V

Le culte de l'incompétence · 第 10 / 27 题