La femme est plus subjecte, ardente, & affectionnee en amour que
l’homme.
Juven.
Le lict est plein de noise, ou la femme apporte grand doüaire.
Senec.
Amour de folle femme, enfer, le feu, & la terre, ne disent jamais c’est
assez.
Marc.
Marie (fille de Caton) interrogee pour quoy elle ne se remarioit: Parce
(dit elle) que je ne trouve homme qui me vueille plutost que mes biens.
Gyrol.
Nourrir une pauvre femme, c’est une chose difficile, & supporter une
riche, grand tourment.
Patric.
La condition de la fille se cognoist par le naturel de la mere, & est à
presumer qu’une mere chaste & pudique, entretient ses filles en honneur:
& celle qui hayt reproche & infamie, ne souffrira à sa fille aucun vice.
Foy.
Hebr. ii.
La foy est le fondement des choses que l’on espere, & certification des
choses non apparantes.
Hebr. ii.
Il est impossible de plaire à Dieu sans foy.
R. xiiii.
Tout ce qui n’est point faict en foy, est peché.
Eph. iii.
Vous estes sauvez de grace, par la Foy, ce n’est point de vous, mais du
don de Dieu, non point par les oeuvres, afin que nul ne se glorifie:
Nous sommes son oeuvre creé en Jesus Christ.
Gal. ii.
L’homme n’est point justifié par les oeuvres de la Loy, sinon par la foy
de Jesus Christ afin que nous soyons justifiez par la Foy de Jesus
Christ, & non point par les oeuvres de la Loy, par ce que nulle chair
n’est justifiee par les oeuvres de la Loy.
Ro. iiii.
La promesse n’a point esté faicte à Abraham, ou à sa semence, d’estre
heritiers du monde par la Loy, mais par la justice de la Foy.
Rom. iii.
L’homme est justifié par Foy sans les oeuvres de la Foy.
S. Amb.
La Foy est le fondement de justice.
Patric.
Peu de foy est adjoustee aux personnes constituees en miseres &
pauvreté.
Patric.
Foy est une chose fort loüable. Il n’est rien plus deshonneste à gens
d’authorité, que de rompre la foy & encourir en une note d’infamie,
laquelle tousjours dure.
Fols.
Senec.
Ceux sont proprement fols, qui loüent les voluptez mondaines.
Cicero.
Nul fol heureux, nul sage qui ne soit heureux.
Mena.
Celuy qui fait au contraire de bien, doit estre reputé fol.
Isocra.
On feint que Protheus se change en plusieurs formes, aussi les pensees
des fols sont diverses & muables.
Euseb.
Ceux la sont naturellement fols, qui honnorent les riches & mesprisent
les sages ornez de science.
Socra.
Ainsi que les luxurieux ne peuvent estre gueris de leurs maladies, aussi
les fols ne peuvent trouver remede contre leurs adversitez.
Cicero.
Les fols desirent souvent ce qui leur est ou seroit dommageable.
Isocr.
Les Pelerins s’esgarent souvent par les chemins, aussi les fols du
sentier de vertu.
Socra.
Ainsi que le vin tourné n’est point desiré aux banquets, aussi ne sont
les fols en compagnie honneste.
Arist.
Il vaut mieux estre pauvre, que fol.
Folie.
Cicero.
C’est le propre de folie de voir les vices d’autruy & ignorer les siens.
Tertul.
C’est une folie de blasmer les choses non entendues, encore qu’elles
meritassent d’estre hayes.
Platon.
Pense quel grand mal c’est de folie, qui cache les fautes que nous
commettons.
Cicero.
C’est folie d’estre curieux d’estre cogneu des hommes: & ne se point
cognoistre soy-mesme.
Vives.
C’est grande folie de commettre un crime soubs les arres d’une cupidité
de vie incertaine.
Vives.
C’est folie de disputer, s’il n’y a espoir de profiter.
Bion.
Bion interrogué que c’est de folie, dit, que c’estoit empeschement de
felicité.
Force.
Cicero.
Le propre de force, est de ne craindre rien, ne faire conte de toutes
choses humaines, & estimer que rien intollerable ne peut advenir à
l’homme.
Isocra.
Force avec prudence ayde beaucoup mais sans icelle elle nuict.
Arist.
Force sans prudence, est temerité.
Perian.
Ne fay rien par force, mais plustost par douceur.
Patric.
Force, Prudence, Justice, & Temperance, sont quatre soeurs, qui sont
aliees ensemble en telle sorte que l’une sans l’autre ne peut estre.
Fort.
Patric.
Celuy doit estre reputé fort, qui est appareillé à mourir honnestement:
& se trouve volontiers à tous hazards, ne se trouble pour aucun tumulte,
& ne s’effraye par crainte.
Patric.
Il n’est rien si fort qui ne puisse estre debilité & rompu par force:
mais vaincre son courage, & refrener ses passions, c’est le propre de
l’homme constant, & celuy qui le faict, ne peut seulement estre comparé
aux hommes parfaicts, mais participe beaucoup de la divinité.
Platon.
Platon enquis, Qui estoit le plus fort des humains, respondit, Celuy,
qui peut moderer ses passions.
Cicero.
Celuy veritablement est fort qui ne se trouble point és adversitez.
Senec.
Celuy doit estre estimé fort, qui deschasse les vices comme ennemis.
Cicero.
Ceux qui repoussent l’outrage, doivent estre reputez forts, & non pas
ceux qui les font.
Fortune.
Patric.
Les anciens idolatres estimoient fortune estre une Deesse, qui estoit
cause du bien ou du mal: mais tout se fait par la providence divine.
Flateur.
Quin.
Cicero.
Un Royaume est plus souvent destruit par la ruze & cautelle d’un
flateur, que par les ennemis.
Cicero.
Le monde est si corrompu, que qui ne sçait flater, ou apparoir estre
envieux, ou orgueilleux, n’est point le bien venu.
Socra.
Fuis comme chose abominable la benevolence des flateurs.
Socra.
Les loups sont semblables aux chiens, & les flateurs aux amys:
neantmoins ils desirent choses differentes.
Phano.
Comme Acteon fut devoré par ses chiens: aussi plusieurs par les
tromperies des flateurs.
Plutar.
Les chasseurs prennent les Lievres à l’aide des chiens: aussi les
flateurs les fols avec fauces loüanges.
Gain.
Chilo.
Ayme plustost faire ton dommage, que d’acquerir un gain deshonneste.
Gendarme.
Xenop.
Le gendarme qui pour convoitise de vivre prend la fuitte, est fol: car
souvent par vertu on se sauve, & void on trop plus tuer & s’accuger de
gens en fuyant la mort, que de ceux qui bataillent virillement & avec
grand courage.
Gentilhomme.
Vives.
Gentilhomme est, estre bien nay, & naturellement apte à vertu.
Gloire.
Vives.
Gloire est, estre bien nommé, & en bonne reputation, à cause de vertu.
Cicero.
Gloire est un renom illustre, de plusieurs grands benefices faicts
envers son pays, & envers un chacun.
Cicero.
Nature nous a limité le corps de la vie bref: mais celuy de la gloire
fort grand.
Horace.
On ne trouve homme qui apres avoir prins peine ne desire gloire, comme
soulde & loyer de ses labeurs.
Aristo.
Qui est celuy qui prendroit tant de peine jour & nuit: si la gloire
devoit terminer par mesme fin que la vie?
Ovide.
Gloire donne force à l’esprit, que par la cupidité de loüange, faict que
le coeur entreprend chose honneste.
Valer.
Il n’est homme si humble, que quelquefois ne soit surpris de quelque
affection de gloire.
Gourmandise.
Patric.
Gourmandise faict plus mourir de gens que ne faict le glaive ou la
famine.
Hypocr.
Hypocrates escrit, que ceux qui sont adonnez à gourmandise, ne sont
jamais en santé, & ne vivent pas longuement: leurs ames sont empeschees
de sang, comme si elles estoient envelopees de fange, & ordure: &
pourtant ne pensent rien de celeste, mais ont tousjours le coeur à la
cuisine.
Gourmand.
Patric.
Les gourmands sont tousjours indispos, assiduellement malades, & peu
souvent en santé, leur vie est brefve: nul gouffre n’engloutoit plustost
le bien de l’homme que gourmandise: tant plus un gourmand est remply,
tant plus a faim: tant plus disne, tant plus veut il souper: il n’y a
possession si ample, ne mesnage si bien aorné, ne richesses si grandes,
qu’en peu de temps ne soyent noyez & confondues dedans le ventre d’un
gourmand.
Diog.
Diogenes voyant la maison d’un gourmand exposee en vente, dit par
facecie, Je me doutois bien que ceste maison tousjours remplie & saoulee
de vin & de viandes à la fin vomiroit son maistre.
Guerre.
Vives.
Guerre est le comble de tous maux, par laquelle l’homme surmonte la
cruauté de toutes bestes.
Vives.
On peut assez juger quelle horreur a nature de la guerre, veu qu’elle a
engendré l’homme sans armes.
Vives.
Il n’est possible que l’homme puisse faire guerre sans peché & offence.
Cicero.
Guerre ne doit estre entreprise pour autre fin qu’afin qu’on puisse
vivre en paix.
Patric.
Gens de guerre doivent contemner le commandement de ceux qui les
induisent à combatre injustement, & soubs mauvaise querelle.
Heresie.
Vives.
C’est heresie pleine d’impieté, de se mocquer des sainctes Escritures &
de convertir le sens naturel d’icelles en resveries, & inventions
superstitieuses.
Patric.
Heresie est d’estre obstiné en une opinion mauvaise, & contraire à la
parolle de Dieu.
Homme.
Patric.
L’homme se doit cognoistre soy-mesme, il s’esleve par si grande gloire,
qu’il pense estre dominateur de la machine ronde, & qu’il peut dompter
tous les animaux, & ce pendant n’est autre chose qu’un animal mortel,
caducque & debile.
Vives.
L’homme est capable de corps, & d’esprit: le corps est faict des
elemens, & l’esprit divin semblable à Dieu.
Cicero.
L’homme naturellement n’est apte à bien faire, ains enclin à mal.
Ovide.
L’homme void souvent ce qui luy est bon & utile: neantmoins fait le
contraire.
Aristo.
L’homme est le meilleur d’entre toutes les bestes, quand il obeit à
raison, & le pire quand il se desvoye et sort des limites de raison.
Bias.
Ne loüe point un homme ignorant par ses richesses, ains par sa vertu.
Colum.
L’homme ne faisant rien apprend à mal faire.
Patric.
Un Tigre n’exerce point sa cruauté sur un autre Tigre: un Lion ne faict
la guerre à un autre Lion, un Dragon n’est ennemy au Dragon: mais
l’homme tant est de nature perverse, prend plaisir de nuire à son
semblable, & est celuy d’entre les bestes qui vit le plus mal asseuré.
Vives.
L’homme est suject à faire faute, mais c’est aux fols de perseverer en
leurs pechez.
Platon.
L’homme n’est point nay pour soy-mesme mais pour son pays, ses enfans &
prochains.
Vives.
Tu apprendras des sages à estre homme de bien, des fols à estre mieux
advisé, tu ensuivras ce que les sages loüeront, & tu eviteras ce qui
sera loüé par les fols.
Vives.
L’homme doit penser trois choses: Comme il doit estre sage, comme il
doit bien dire, & comme il doit bien faire.
Vives.
Il n’est homme si hors de sens qu’il ne desire plustost parvenir au lieu
ou il pretend faire sa demeure, que demourer en chemin.
Vives.
Il n’est possible d’avoir bonne estime de celuy, entre les mains duquel
on se met avec crainte.
Arist.
Aristote interrogué que c’estoit de l’homme, dit: C’est l’exemple de
maladie, proye du temps, jeu de fortune, image de ruine, balance
d’envie, & calamité: et le reste flegme et cholere.
Patric.
L’homme est nay pour contempler les choses celestes, & mesme on le juge
par sa face eslevee en hault, & par l’esprit.
Patric.
La nature de l’homme est telle qu’il ne cognoist son bien jusques à ce
qu’il est perdu.
Cicero.
C’est chose mal seante à l’homme, de ne vouloir faire ce qu’il commande
à un autre.
Patric.
Veu que tu es homme, tu dois considerer la commune condition, & te
souvenir que tu es mortel.
Vives.
L’homme qui cherchera le Royaume de Dieu & sa Justice, n’aura jamais
faute de ce qui luy est necessaire.
Vives.
L’homme ne face à autruy, que ce qu’il luy voudroit estre faict.
Honneur.
Vives.
Il convient porter honneur aux bons seulement.
Patric.
L’honneur qui s’acquiert par science est plus loüable, que la gloire
receue des faicts de guerre.
Honneur nourrit les arts, & par icelle sommes enflammez à acquerir
gloire.
Demo.
Donner honneur à aucun plus qu’il ne merite, c’est donner occasion aux
fols de mal penser.
Cicero.
C’est honneur d’accuser les meschans & deffendre les bons.
Cicero.
Honneur se doit acquerir par vertu, & non point par finesse.
Platon.
Honneur est un bien divin, & ce que font les meschans ne merite honneur.
S. Aug.
Qui pourra endurer un riche homme estre mis au siege d’honneur, &
l’homme honneste & sage estre mesprisé.
Thal.
Tu dois porter honneur (apres Dieu) à ton Prince & à ses Lieutenans, par
ce que par eux le pays est gouverné en paix, la justice administree, les
meschans corrigez, et les ennemis repoussez.
Histoire.
Patric.
Histoire est le tesmoignage du temps, maistresse de la vie, lumiere de
verité, et messagiere d’antiquité.
Patric.
Histoire nous propose devant les yeux les faits heroiques des hommes
vertueux, par lesquels nous pouvons acquerir la maniere de bien &
vertueusement vivre: eviter les dangers & folles entreprises, estre
prudens & subtils aux affaires.
Patric.
L’histoire nous enflamme, à ce qui est honneste, elle deteste les vices,
mesprise les meschans, loüe les bons & vertueux.
Jesus Christ.
Vives.
Le fondement de nostre salut est croire en Jesus Christ nostre
Legislateur, & que le sainct Esprit procede de luy, sans lequel nous ne
pouvons faire, ne penser chose qui soit bonne.
Act. iiii.
Il n’y a point de salut sinon en Jesus Christ, il n’y a point d’autre
nom donné entre les hommes, par lequel nous puissions estre sauvez.
Mat. xi.
Venez à moy vous tous qui estes affligez, & vous serez soulagez.
Act. xiii.
Par iceluy vous est annoncee la remission des pechez: qui croit est
justifié par Jesus Christ.
Vives.
Il a moyenné la paix entre Dieu & le Genre humain, & a esté autheur de
nostre salut, estant vray Dieu & vray homme.
Vives.
Il est venu en ce monde pour avoir compassion du genre humain, pour nous
enseigner la droicte voye que nous devons tenir pour parvenir à Dieu:
non seulement a enseigné un chemin tressur, mais aussi l’a demonstré par
ses oeuvres & sa vie, laquelle rend tesmoignage de sa bonté, & ses
miracles de sa grande puissance.
Innocent.
Patric.
L’innocent ne craint point les Loix ne les tesmoins, l’accusateur ne le
rapporteur: Il n’est subject à aucun, il n’obeit à nully: & ne faict
tort ny injure à personne.
Injure.
Socra.
Rendre injure pour injure, est autant que de laver la boüe avec la boüe.
Lev. xx.
Tu ne tiendras point ton courroux, et ne te vengeras point de l’injure
que l’on t’aura faicte.
Aristi.
Aristipus estant injurié, dit, tu es le maistre de mal dire, & moy
d’escouter.
Ire.
Patric.
Ire est une perturbation de l’esprit, cruelle & mal seante à l’homme
humain: elle change la doulceur de l’homme en la cruauté des bestes,
contrainct souvent faire, ce dont incontinent on se reprend.
Lacta.
Si l’homme qui tient son ire gouverne Royaume, il trouble tout, respand
le sang humain, faict tresbucher les citez, trouble le peuple, & rend
les provinces desertes & inhabitables.
Senec.
Il n’y a chose qui face l’homme plus enclin à ire, que le nourrissement
delicat.
Senec.
Persuasion de felicité a de coustume de nourrir l’ire.
Heracli.
C’est chose moins difficile de batailler contre volupté, que contre ire.
Patric.
L’ire change la nature de l’homme en nature de beste sauvage.
Jeunesse.
Patric.
Jeunesse se commence, quand les enfans commencent à parler
parfaictement, & qu’ils sont en aage pour estre instruits aux bonnes
disciplines.
i. Pie. v.
Jeunes gens soient subjects aux anciens, & se monstrent humbles envers
eux, parce que Dieu resiste aux orgueilleux, & donne grace aux humbles.
Juge.
Cicero.
C’est l’office d’un Juge d’avoir au conseil gens de bien, sçavoir la
Loy, observer la Religion, & garder inviolablement la Foy, faire cesser
toute haine, envie, querelle, et convoitise.
Cicero.
Aux Juges est requis d’avoir vertu, specialement Force & Prudence.
Cicero.
Es choses de grande importance on regarde le soleil, puis les effects,
puis apres les issues.
Cicero.
Le juge est corrompu plustost par le beau parler des Advocats, que par
argent: toutesfois on prise celuy qui obtient par son eloquence, et qui
corrompt par pecune est puny.
Exode.
Tu constitueras des Juges, afin qu’ils jugent le peuple par juste
jugement, tu ne renverseras point le droit, & n’auras regard aux
personnes, tu ne prendras aucuns presens, car le present aveugle les
yeux des sages.
Deut.
Escoutez Juges, & jugez droictement, entre l’homme & le frere, &
l’estranger: Vous n’aurez acception de personne: & supporterez autant le
pauvre que le riche, vous ne craindrez la face de personne, car le
jugement est à Dieu.
Deut.
Juges advisez ce que vous faictes, car vous n’exercerez point le
jugement des hommes, mais le jugement de Dieu: Dont il vous sera faict
selon les choses jugees, la craincte de Dieu soit en vous, ne faictes
point d’iniquité vers le Seigneur Dieu, n’ayez acception de personne de
convoitise de dons.
Justice.
Caius.
Justice est de n’offenser personne, & rendre à un chacun ce qui luy
appartient.
Emped.
Justice est le fondement de compagnie humaine, qui a esgard à la
Religion Chrestienne.
Patric.
L’office de Justice, est de ne tromper personne, & de Prudence de garder
d’estre trompé.
Cicero.
Il n’y a mal plus grand en Justice, que quand soubs couleur de justice,
ceux sont reputez gens de bien qui sont malins & meschans.
Langue.
Vives.
La langue est souvent cause de bien & de mal, parquoy la convient
brider, afin qu’elle ne nuise à soy-mesme.
Vives.
Nul n’est digne d’estre en authorité, qui ne met point de loy à sa
langue.
Thal.
Tu ne dois point avoir en la langue autre chose que tu as en la pensee.
Thal.
La mauvaise coustume des simulateurs, est que leurs coeurs pensent d’un
& leurs langues dient d’autre.
Salom.
Malediction à l’homme qui a le coeur double, tu dois estre tel ce
jourd’huy qu’hyer.
Liberal.
Cicero.
Celuy est vrayement liberal, qui de ses richesses rachette les
prisonniers qui sont detenus par guerre, & pirates de mer: ou celuy est
liberal qui prend sur soy les debtes de ses amis, qui ayde à marier les
pauvres filles.
Cicero.
Sois liberal à celuy qui le merite.
Patric.
C’est un acte de coeur noble, d’estre liberal, & faire service à un
chacun. Ceux qui sont bienfaicteurs, semblent imiter Dieu qui tousjours
eslargist ses bienfaicts aux humains.
Bito.
Ce n’est pas liberalité si tu donne plus par affection de vaine gloire,
que par misericorde.
Cicero.
Il en y a plusieurs convoiteux de gloire qui ravissent aux uns pour se
monstrer liberaux aux autres.
Liberté.
Just.
Liberté est chose precieuse & qu’on ne pourroit assez priser.
Patric.
Gens de coeur & de vertu ayment plustost mourir, que de perdre leur
liberté.
Patric.
C’est à faire à gens simples & de petite condition, de se laisser mettre
soubs le joug.
Epi.
Il vaut trop mieux vivre en liberté, et sans peur avec pauvreté, qu’en
servitude avec grandes richesses.
Senec.
Celuy doit estre reputé estre en liberté, qui souhaitte seulement les
choses qui sont en sa puissance.
Loy.
i. Tit.
La Loy est bonne si on en use bien. La Loy n’est pas pour les justes,
ains pour punir les meschans.
Rom. vi.
Je n’ay point cognu peché sinon par la Loy, je ne sçavois que c’estoit
de concupiscence, sinon que la Loy m’eut dit, Tu ne convoiteras point.
Gal. iii.
La Loy a esté nostre conducteur, pour venir à Jesus Christ, afin que
nous soyons justifiez par la Foy. La Loy a esté donnee par Moyse: mais
la grace a esté faicte par Jesus Christ.
Ezech. xx. c.
Ne cheminez point aux Loix de voz Peres, & n’observez point leurs
jugemens, ne soyez point soüillez en leurs Images. Je suis le Seigneur
vostre Dieu. Cheminez en mes commandemens, & gardez mes ordonnances.
Cicero.
Nous sommes enseignez par les Loix à dompter noz appetits, & reprimer
toute convoitise, garder ce qui est nostre, ne convoiter ce qui est à
autruy.
Platon.
La Cité n’est de longue duree en laquelle les Loix ne commandent point
aux Magistrats, mais les Magistrats aux Loix.
Pausa.
Il faut que les Loix soient par dessus les hommes, & non pas les hommes
par dessus les Loix.
Patric.
Les Loix civilles servent bien peu si elles ne sont conjoinctes au
commandement de Dieu.
Eras.
Il est expedient qu’il y ait peu de Loix, & encores icelles de claire
interpretation, à fin qu’on n’ait point de besoing de ceste maniere
d’hommes praticiens, qui se nomment advocats, ce qui (à la verité) est
un tiltre d’honneur: mais maintenant l’avarice, & trop grande convoitise
d’argent donne mauvais bruit à cest estat.
Platon.
Il n’est rien plus dangereux que d’interpreter les Loix au plaisir des
hommes.
Erasm.
Ainsi comme en maladie n’est point de besoing d’experimenter nouveaux
remedes, si les vieux ont esté trouvez bons, aussi ne faut il point
faire des Loix nouvelles, si les anciennes sont utilles & bonnes.
Arist.
En vain sont establies Loix s’il n’y a gens de bien pour les faire
garder & advient souvent que les Loix bien aornees par la malice des
gouverneurs & officiers, tournent au detriment de la Republique.
Mariage.
Platon.
Il n’y a rien en la vie humaine, ou on trouve plus de consolation,
amitié plus ferme & accomplie, qu’en mariage.
Le mariage joinct ensemblement Citoyens avec Citoyens par bonne amitié,
reconcilie les inimitiez.
Ysodo.
Il y a trois biens en mariage, foy, lignee, & mistere.
He. xiii.
Mariage est entre tous honnorable, & la couche sans macule, mais Dieu
jugera les paillards.
Mary.
i. Cor. vi.
Le mary rende la benevolence deue à sa femme: aussi pareillement la
femme à son mary.
La femme n’a point de puissance de son corps, ains son mary.
Col. iii.
Marys aymez voz femmes, & ne soyez point rigoureux vers elles.
Martyrs.
Ap. vi.
Je voy soubs l’autel les Ames de ceux qui ont esté tuez pour la parolle
de Dieu, & pour le tesmoignage qu’ils avoient: Et crioient à haute voix,
disant, Jusques à quand Seigneur sainct & veritable, ne juge tu point, &
ne venge tu point nostre sang, de ceux qui habitent en la terre: Et leur
furent donnees à chacun robbes blanches, & leur fut dit, qu’ils se
reposassent encores un peu de temps, jusques à ce que leurs compagnons
serviteurs fussent accomplis & de leurs freres, qui devoient aussi estre
martirisez comme eux.
J. x. vi.
Vous serez contristez, mais vostre tristesse sera convertie en joye.
Apo. ii.
Sois fidele jusques à la mort, & je te donneray la couronne de vie.
Math. xiii.
Les justes resplendiront comme le Soleil au Royaume de leur Pere.
Ma. xv.
Venez les beneits de mon Pere possedez le Royaume lequel vous est
preparé des la fondation du monde. Puis dira à ceux qui seront à la
fenestre: Maudits departez vous de moy au feu eternel, & allez au
tourment eternel: Vous justes venez à moy, & joüissez de la vie
eternelle.
Medecine.
Celsus.
La Medecine est necessaire pour la vie humaine: L’agriculture promect
nourrissement & la médecine santé.
Vives.
Si la Medecine du corps est necessaire, d’autant plus l’est celle de
l’Ame, sans laquelle le corps ne peut estre bien dispos.
Mediocrité.
Horace.
Vertu consiste en mediocrité, & vice en exces.
Bito.
On acquiert plus de loüange par mediocrité, que par exces.
Senec.
Toute chose qui est trop, se convertit en vice.
Horace.
Il y a moyen en toutes choses, & certaines limites & fins, lesquels la
vertu n’outrepasse point.
Mere.
Phamo.
Celle n’est point vraye mere qui permet nourrir son enfant d’autre laict
que du sien: car les mammelles ne sont donnees à la femme pour
l’aornement de sa poictrine: mais Nature les luy a donnees, pour le
nourrissement de l’enfant.
Patric.
La bonne mere chaste & pudique qui a vescu sans blasme, ne permettra à
ses enfans chose qui ne soit honneste.
Menteurs.
Cicero.
Les hommes sont souvent menteurs contre ceux qu’ils ont en hayne.
Arist.
Les menteurs pour recompence de leurs menteries ont cecy, qu’encores
qu’ils disent verité, ne sont jamais creuz.
Eccle. xx.
Un laron vaut mieux qu’un menteur ordinaire: mais tous deux auront
confusion pour leur part.
Mensonge.
Eccles. xx.
C’est un mauvais blasme à un homme, que mensonge: toutesfois il est
souvent en la bouche folle.
Eph. iiii.
Otez le mensonge, & parlez verité chacun avec son prochain.
Menace.
Psam.
Garde toy de menacer autruy, et ne desire te venger d’autruy, car à Dieu
seul appartient la vengeance.
Misericorde.
Mat. xi. S. L. vi.
Certes si vous sçavez que c’est, Je veux misericorde & non point
sacrifice: vous n’eussiez point condamné les innocens, car aussi le Fils
de l’homme est Seigneur mesme du jour, du repos, & est licite de bien
faire és sabaths.
Mort.
Cicero.
Cela doit estre imprimé en nous, dés nostre jeune aage, de ne point
craindre la mort: Car si nous en avons craincte, nous vivons en
perpetuel tourment.
Isocra.
Nature a condamné un chacun à mourir, mais les vertueux ont ce don
propre de mourir avec gloire & loüange.
Ap. xxiii.
Bien heureux sont les morts qui meurent en la grace de Dieu, l’Esprit
dit qu’ils reposent de leurs labeurs, & leurs oeuvres les suivent.
Epi.
Il y a des gens qui sont de telle nature qu’ils desirent mourir, & non
mourir.
Mus.
Puis que c’est une chose arretee & certaine qu’il convient une fois
mourir, je n’estime point celuy qui meurt tard heureux: mais celuy qui
meurt avec honneur.
Simoni.
La mort est la medecine, & fin de tous noz maux.
Aristo.
Il n’est rien meilleur à l’homme, que de naistre: ne rien meilleur que
de mourir au commencement de la vie.
Patric.
Il ne faut pas porter impatiemment ce qu’on ne sçauroit vaincre par
force, ne par conseil, ains estimer que par la mort ne nous advient
chose nouvelle, ne rien outre la condition de tous mortels: parquoy ne
se faut contrister de ce qui est commun à chacune creature. Que nous
sert-il de lamenter & plaindre, sinon que nous sommes veuz plus legers,
& inconstans par cela?
Erasm.
Nous ne devons point plourer la mort d’autruy, si elle n’est
deshonneste: car nous n’estimons point celuy estre le plus heureux, qui
aura vescu plus longuement, mais plus honnestement.
Cicero.
La mort est le bout & extremité de toutes choses qui est le departement
de l’Ame & du corps.
Cicero.
Il n’y a rien semblable à la mort que le dormir.
Socra.
La mort est incertaine: en sorte que personne ne se peut asseurer de
vivre un an, non pas jusques à la vespree.
Cicero.
Qui est celuy tant soit-il jeune qui soit certain de vivre jusques au
Soleil couché?
Platon.
Il faut que tout meure, & la mort, est la fin de misere & d’adversité.
Ecclesi. xx.
Ne pleurez point sur les morts, parce qu’ils reposent.
Ecclesi. xxviii.
Il n’y a point de retour de la mort, & ne te proffitera de rien de te
tourmenter et fascher d’icelle.
Sa. xii.
David, de son enfant mort dit, Pourquoy ploreroy-je? Le puis-je faire
revenir? J’iray à luy, & il ne viendra point à ensevelir les morts.
Job. xiiii.
L’homme qui est mort ne se releve plus & ne se reculera jusques à ce que
les Cieux ne seront plus.
Math. xxii.
Dieu n’est point le Dieu des morts, ains des vivants.
Deut.
En toy ne sera trouvé homme qui face passer son fils, ou sa fille par le
feu, ne Magitien usant de Magique, ne homme ayant regard au temps &
oyseaux, ne Sorciers, ne Enchanteurs, ne hommes demandans conseil aux
esprits familiers, ne Devins demandans advis aux morts: car tous ceux
qui font telles choses sont abomination devant le Seigneur.
Luc. vi.
Les vivans ont Moyse & les Prophetes, qu’ils les oyent, s’ils ne les
veulent ouyr aussi ne croiront-ils point aux morts quand ils
ressusciteroient.
i. Sam. xxviii.
Saul fut puny pour avoir demandé conseil à la Sorciere, & aux morts.
Jer. xxii.
Ne pleurez point le mort, & ne soiez point esmeuz pour luy, ains celuy
qui vient de naistre, car il ne retournera plus, & ne voira plus la
terre de sa nativité.
Cicero.
Celuy qui craint la mort, laquelle on ne peut eviter, ne peut vivre en
tranquilité & repos de son esprit.
Cicero.
Celuy qui ne craint point la mort, s’acquiert grand secours & moyen pour
vivre heureusement.
Cicero.
La mort n’espouvente point l’homme sage, combien qu’elle luy soit tous
les jours preparee.
Socra.
La mort honneste jamais ne doit estre fuye, mais plustost desiree.
Musique.
Patric.
La Musique delecte l’esprit & rend les hommes plus prompts, & alaigres à
la chose militaire.
La Musique doit estre receue en la Cité de liberté, pourveu qu’elle ne
donne que plaisir.
Nature.
Vives.
Nature nous a enseigné ce qui est necessaire d’avoir: & folie a inventé
ce qui est superflu.
Vives.
Si tu donne à nature ce qui luy est necessaire, elle y prend plaisir: &
si tu luy donne chose superflue elle en est debilitee.
Cicero.
Nature vaut mieux sans doctrine, que doctrine sans nature.
Cicero.
J’ay cogneu plusieurs gens d’excellent esprit, qui sans avoir esté
endoctrinez, ont estez grands personnages & vertueux: en sorte que l’on
pouvoit juger qu’ils avoient une nature en eux, plustost divine
qu’humaine.
Phalar.
Nature a pourveu aux commoditez de tous les animaux, aux uns donnant
toisons, plumes, escailles & autres semblables: mais elle a produit les
hommes tous nuds, & denuez de force: tellement que pour pourvoir à ses
necessitez il faut qu’il travaille avec soing, labeur & industrie.
Necessité.
Leod.
Necessité enseigne Nature & pouvoir à l’advenir, & s’accommoder à ce qui
est propre pour pourvoir à la necessité des hommes.
Patric.
Necessité a plus d’efficace que nul art, qui ne se fortifie point d’ayde
accoustumer: mais quiert & invente chose nouvelle pour sa deffence.
Noblesse.
Salust.
La vraye noblesse, est de s’appuyer à sa propre vertu, & non à celle de
ses Majeurs.
S. Chr.
Que sert la noblesse, à celuy qui est soüillé de vice? Que nuist à celuy
l’obscure race s’il est aorné de vertu.
Senec.
Le noble coeur se delecte és choses vertueuses, & ne verrez point les
choses d’excellence prendre plaisir aux choses viles.
Quin.
La vraye noblesse vient de vertu, & les autres choses sont de fortune.
Fab.
Nous n’estimons point qu’aucun merite le tiltre de noblesse à cause de
sa naissance, & de sa race, ains pour l’excellence de sa vertu.
Patric.
Il est beaucoup meilleur d’estre en bonne reputation par actes vertueux,
que d’estre meschant, & se couvrir de la vertu, & noblesse de ses
Majeurs.
Patric.
Il faut vivre en sorte que l’on soit commancement & exemple de vertu à
sa posterité.
Patric.
Il ne faut point degenerer, & obscurcir la gloire de ses ancestres par
sa mauvaise vie.
Patric.
Noblesse sans bonté engendre orgueil, & richesse sans vertu, insolence.
Socra.
On reprochoit à un qu’il n’estoit point de noble sang, lequel respondit:
Tant plus suis digne de loüange, par ce que ma noblesse commance à moy.
Socra.
Socrates interrogué que c’estoit que noblesse, dit, c’est une temperance
de l’ame et du corps.
Boet.
La noblesse du sang d’autruy ne te rend noble si tu ne l’acquiers
toymesme.
Apul.
La noblesse n’est à considerer selon le sang, ains selon les vertus.
Vives.
Noblesse est d’estre cogneu par l’excellence & hautesse de sa vertu,
estre issu de gens vertueux & estre semblable à eux.
Vives.
Noblesse, honneur, puissance, & dignité, nous ont esté delaissez d’une
vaine gloire & antique persuasion des hommes, laquelle Jesus Christ a
arrachee du coeur des siens, & depuis a esté semee entre les Chrestiens
comme Zizanie, que le diable ennemy des hommes a semé parmy la bonne
semence.
Vives.
D’autant plus q’un homme est noble, et bien nourry, tant moins se doit
estimer, mais se montrer modeste, gratieux & humain: car arrogance ne
procede que de personne hebetee, & non pourveue de sçavoir &
d’honnesteté.
Vives.
C’est le propre d’un homme noble, & bien nay, de pardonner & remettre
les offences: Tenir sa rancune, & aymer vengeance, c’est à un homme
cruel & inhumain.
Officiers.
Aristo.
En une Republique bien ordonnee, ceste loy doit avoir lieu, que nul
office ne soit à vendre: mais qu’un chacun en soit pourveu selon ce
qu’il a merité.
Cicero.
Les officiers d’une Cité sont la Loy parlante, & les Loix sont officiers
muetz.
Isocra.
Les Officiers doivent preferer l’utilité publique à leur profit
particulier. Ainsi comme les ordonnances doivent commander aux
officiers, aussi les officiers doivent commander au peuple.
Euseb.
Celuy qui tient office, & establit loix, ne doit estre gouverné par sa
seule puissance, mais avec dignité & bon entendement se recognoistre par
dessus tous les autres.
Exode.
Pourvoy entre le peuple de gens vertueux, craignans Dieu, hommes
veritables hayssans avarice.
Orgueilleux.
Vives.
L’orgueilleux est tousjours en discord avec les humbles, encores
beaucoup plus avec les autres orgueilleux.
Oysiveté.
Patric.
Oysifs ne doivent estre tollerez en une Cité bien policee, car les
hommes ne faisans rien, apprennent à mal faire.
Ovide.
Si tu fuis oysiveté, Cupido ne te pourra nuire de ses darts.
Parler.
Patric.
Il est beaucoup plus seant de se taire quand il est requis, que de
parler à temps.
Patric.
Deux peuvent bien chanter ensemble: mais non pas parler.
Cicero.
Autant de fois que nous parlons: autant de fois lon juge de nous.
Simoni.
Je ne me repents jamais de m’estre teu, mais bien d’avoir trop parlé.
Socra.
Zenon voyant un jeune homme, qui estoit fort addonné à parler, luy dit,
Sache que nature nous a donné deux aureilles, & une langue, qui veut
signifier qu’il faut plus escouter que parler.
Platon.
Platon dit à un qui parloit trop en une compagnie, Sache que mesure de
parler n’est pas à celuy qui parle, mais a celuy qui escoute.
Cicero.
Ne parle point beaucoup à table si tu ne veux faillir.
Perian.
Quand tu seras interrogué, respons à propos & non legerement.
Vives.
Il est meilleur d’escouter avec les gens sages, que de parler.
Macr.
On n’apparoit point moins sçavant en se taisant qu’en parlant.
Mam.
Plus grande science & prudence est de se taire que de parler.
Bias.
Tu dois plus escouter que parler: car tu ne seras point repris de te
taire, mais bien de trop parler: Le fol en quoy resemble-il mieux aux
sages? C’est quand il se tait: car lors on ne cognoist point sa follie.
Bias.
Sois prompt à escouter & tardif à parler: car il y a moins de peché à
mal ouyr qu’à mal parler.
Paroles.
Platon.
Paroles lascives & salles, doivent estre extirpees hors de la bouche,
tout ainsi comme la poison des viandes.
Caton.
Ne t’accoustume point à parler legierement, et garde que tes paroles ne
previennent tes pensees.
Peché.
Vives.
Ne nous persuadons point que noz pechez s’effacent par or, argent, ou
encens: mais par la grace du Seigneur: laquelle par la foy engendre en
nous une bonté & syncerité de coeur.
Vives.
Il n’est possible de penser mal plus pernicieux que d’estre separé par
peché de l’amour du Seigneur.
Eras.
Il n’y a rien plus miserable, que d’obeir aux pechez & passions
sensuelles. Qu’y-a-il plus laid qu’estre serviteur d’appetit desordonné?
d’ire, d’avarice, d’ambition, & autres maistres insolens & desreglez,
qui s’attribuent jurisdiction sur les hommes?
Perian.
Reprens non seulement les pecheurs, mais aussi ceux qui se preparent à
faire vice.
Peres.
Eph. vi.
Peres ne provoquez point voz enfans à courroux, mais entretenez-les avec
modestes instructions & remonstrances en la doctrine du Seigneur.
Col. iii.
Vous peres n’irritez point voz enfans à fin qu’ils ne se descouragent.
Eccl. iii.
La benediction du pere rend les maisons des enfans fermes: mais la
malediction de la mere demolit les fondemens.
Maxi.
Les peres qui, en oubliance & mespris de leur sang par les allechemens &
mignardises des marastres malicieuses, cherchent d’exhereder leurs
propres enfans & d’en supplanter des estrangers, sont grandement à
blasmer et despourveuz de leurs sens & entendement.
Erasm.
Un bon pere se doit plustost efforcer à delaisser à ses enfans bonne &
honneste renommee qu’abondance de bien, pour ce qu’il est transitoire:
mais le bon bruit est immortel.
Par vertu on peut acquerir or & argent: mais par or on ne peut acquerir
bonne renommee.
Nava.
Le pere doit employer toute la peine qu’il prend, à faire soigneusement
endoctriner ses enfans en bonnes moeurs & en la craincte du seigneur.
Bito.
Il n’y a rien qui soit plus à craindre, que d’avoir des enfans qui
denigrent de l’honnesteté du pere.
Pytha.
Tel que tu auras esté envers ton pere, tels aussi seront tes enfans
envers toy.
Papir.
Si le pere cognoist que son enfant soit docile & de bon esprit, il ne
doit rien espargner pour le faire parvenir aux sciences des bonnes
lettres.
Beren.
Le pere ne doit rien plus desirer, que d’avoir son enfant bien apprins &
sçavant, lequel non seulement doit souffrir d’estre vaincu de luy, en
tout genre de loüange & de vertu, mais aussi estimer que l’honneur &
dignité de son fils luy est une palme de victoire.
Patric.
Ce qui rend plus tenu & obligé un enfant envers son pere, est quand il
congnoit que par son moyen il a esté instruit, et est parvenu à la
cognoissance des bonnes lettres.
Caius.
Alexandre confessoit qu’il n’estoit point moins tenu à son precepteur,
qu’à son pere, pource que l’un luy avoit donné le commencement de vie, &
l’autre luy avoit donné la maniere de bien & vertueusement vivre.
Prosperité.
Perian.
Si tu es en prosperité, gouverne tes affaires avec modestie: & en
adversité, avec prudence.
Ne te fie à la prosperité, par ce qu’il n’y a chose plus muable que
fortune.
Raison.
Patric.
Raison est la gouvernante, & maistresse de tous les faicts loüables sans
laquelle lon ne peut rien dire ne penser qui soit bon: C’est celle la
qui nous separe des bestes, & faict que nous sommes veuz approcher de la
nature des Dieux.
Religion.
Vives.
Religion & pieté Chrestienne, tend à ceste fin, que d’introduire une
serenité & tranquillité dedans les esprits humains: à fin qu’estans
paisibles & mortifiez, en nos affections, nous soyons semblables à Dieu
et aux Anges.
Renommee.
Ovide.
L’homme, apres son Ame n’a rien plus cher ne precieux, que bonne
Renommee, laquelle une fois perdue, est tenu en mespris.
Plin.
Plusieurs craignent la mauvaise renommee: mais peu craignent leur
conscience.
Thal.
Efforce toy d’acquerir bonne renommee, & la grace d’un chacun.
Reprendre.
Vives.
Ne reprens autruy, que premier tu ne vois sur toy s’il y a rien à
prendre.
Vives.
Croy que celuy t’ayme, qui te reprend amiablement.
Vives.
Si tu trouve mauvais d’estre reprins, fay que tu ne commette chose digne
de reproche.
Resjoüir.
Vives.
C’est à faire à l’homme cruel de se resjoüir du mal d’autruy.
Vives.
Il ne te faut point trop resjoüir s’il t’est venu quelque accroissement
de bien à l’adventure: car il y a si grande mutation de fortune en
toutes choses, que souvent douleur est voisine de folle & vaine
resjoüissance.
Riche.
Patric.
Il ne faut pas s’enrichir au dommage & detriment d’autruy.
Richesses.
Perian.
Il advient peu souvent, que l’on soit excellent en richesses et en
bonté.
Pythag.
Il est malaisé de retenir le cheval sans frain, ne aussi les richesses
sans prudence.
Vives.
Richesses ne sont point pierres precieuses, rares metaux, bastimens
sumptueux, ne beaux meubles: mais sont n’avoir faute des choses qui sont
necessaires pour la garde & tuition de la vie humaine.
Vives.
Si tu n’es pourveu de richesses, garde toy bien d’en acquerir avec perte
de la moindre vertu du monde.
Vives.
Avoir trop grande abondance de richesses, qu’est-ce autre chose qu’une
pesante charge, & empeschement de trop de bagage.
Calm.
Richesses ne peuvent honnorer l’homme sans vertu: mais vertu sans
richesses donne grand lustre et credit à l’homme vertueux.
Democ.
Si tu ne desire point de richesses, le peu te semble beaucoup.
Simoni.
Simonides interrogué lequel il aymeroit le mieux, ou richesses ou
sçavoir, dit, J’en doubte: mais je voy tousjours les sages portez des
riches.
Sage.
Patric.
On vient plustost à bout des grandes affaires par le conseil d’un sage
homme, que non point par les opinions de plusieurs indiscrets.
Platon.
Un homme sage ne se courrouce point quand on le vitupere: et ne se
glorifie point quand on le loüe.
Cicero.
Il n’y a rien qui soit plus à blasmer à un sage, que de dire, Je n’y
pensois pas.
Sagesse.
Vives.
Sagesse est de se cognoistre soy-mesme.
i. Co. iii.
La sagesse mondaine est follie vers Dieu.
Sacrifice.
Vives.
Le vray sacrifice que nous devons à Dieu, est de purger nostre Ame des
perverses affections, de ne porter rancune à nostre prochain, nous
mettre en devoir de profiter à un chacun.
Santé.
Vives.
Santé est bonne habitude, tant du corps que de l’Ame.
Secret.
Socrat.
C’est simplesse contempler les secrets de Nature, & negliger l’estat de
nostre vie.
Thales.
Ce que tu entreprens, tiens-le secret, à fin que si tu ne viens à ton
attente tu n’en sois mocqué.
Sepulchres.
Patric.
La mode des Egiptiens, est de faire bastir des magnifiques & somptueux
sepulchres, estimant que par leur folle & superstitieuse religion, ils
peuvent servir de domicile aux morts.
Sobrieté.
Patric.
Sobrieté conserve nostre santé, faict la vie de plus longue duree,
conduit l’esprit, & le corps entier, & sain jusques à la fin de l’aage.
Socrat.
Socrates par sa grande sobrieté ne fut jamais trouvé malade.
Temperance.
Chal.
Temperance est celle qui dompte les pensees: & qui deffend à l’homme de
ne desirer que chose licite.
Temerité.
Isocra.
Temerité & folle hardiesse sans advis ne conseil, mettent souvent
l’homme en danger.
Temps.
Vives.
Le temps consomme toutes choses, et esclarcit les choses faulses, &
faict que les vrayes sont cognues.
Patric.
Le temps est plus precieux que toute autre chose car quand il est passé
ne se peut recouvrer.
Chilo.
Ne pers point ton temps: car il n’y a rien si clair & precieux
qu’iceluy, lequel soudain & avec un moment s’envole.
Verité.
Patric.
Tu dois porter telle reverence à la Verité, que pour chose, tant soit de
grande importance, ne t’en dois varier n’avoir aucun respect aux
richesses, amys, prieres, ou crainte de mort.
Cicero.
Le proffit de mesnage n’est point de longue duree: aussi le dommage de
verité ne nuit pas longuement.
Vives.
Il y a tousjours consentement du vray avec le vray: mais ce qui est faux
ne s’accorde avec verité ny avec mensonge.
Vives.
La reputation que tu auras d’estre veritable, aura plus de foy que tous
les grands sermens que les autres feront.
Vertu.
Horace.
Celuy qui desire attaindre & parvenir au degré de vertu, ne peut sans
peine et labeur.
Vives.
Vertu est une pieté & affection envers Dieu & les hommes, & volonté de
bien faire.
Cicero.
Vertu ne peut estre au regne de volupté.
Vives.
Tout ce qui se faict avec vertu ne peut estre que honneste & loüable.
Bias.
Disputer de vertu & vivre en peché sont actes differents.
Patric.
Entre les choses de ce monde, vertu est la plus excellente.
Vale.
Vertu est fuir vice comme ennemy capital, & hair ceux qui sont addonnez
à volupté mondaine.
Cicero.
Vertu est aucunement affoiblie par oysiveté & reforcee par peine &
travail.
Horace.
Celuy qui a vertu, a tout ce qui luy est necessaire.
Cicero.
Il est trop meilleur servir à vertu, par peine & labeur (cognoissant
qu’apres s’ensuit un loyer de gloire & honneur) que servir à volupté
avec plaisir charnel, qui n’apporte que tristesse & mort.
Caton.
Si vous faictes chose (disoit Caton) vertueuse, le travail et le labeur
se departiront: & le bien faict tant que vivrez vous demeurera: Mais si
vous faictes quelque chose par oysiveté, & plaisir desordonné, votre
volupté en un moment cessera, & le mal-faict tousjours vous
accompagnera.
Solon.
Toutes choses passent, mais la seule vertu demeure entiere, qui rend son
Autheur loüable: Au contraire vice est vituperable qui rend son Autheur
infame.
Cicero.
Celuy est digne de loüange, qui par sa vertu est parvenu en hault estat,
& non pas celuy qui par richesses, faveurs, & par la calamité d’autruy
est eslevé en dignité.
Les coeurs des humains sont esmeuz à aymer, quand ils cognoissent
parfaictement la vertu de ceux avec lesquels ils hantent.
Lact.
Si vertu eschet à l’homme, il luy eschet aussi la beatitude & felicité.
Cicero.
Il y a en nous des semences de vertu, lesquelles si nous laissons venir
en accroissement, il n’y a doubte que naturellement, nous ne parvenions
à une fin heureuse.
Patric.
Alexandre souloit dire qu’il aymoit mieux surmonter les autres en vertu
qu’en puissance.
Cicero.
Plusieurs s’attribuent le nom de vertu, mais ils ignorent ce qu’elle
vault.
Thal.
Vertu fuit le vice comme son contraire, Qui veut acquerir le renom
d’estre estimé vertueux, faut qu’il s’abstienne de tous vices, non
seulement des vices exterieurs, mais aussi des interieurs qui demeurent
en la pensee.
Thal.
Addonne toy aux choses vertueuses, & honnestes, à fin que tu en puisses
avoir honneur & bonne renommee.
Solon.
Vertu est loüable de soy, laquelle porte son honneur avec elle, & bien
souvent est loüee des meschans, contre leur gré: elle ressemble à la
palme, que tant plus est courbee contre bas, tant plus elle se redresse
en hault: aussi tant plus vertu est oppressee, tant plus est
resplendissante.
Vie humaine.
Lact.
Combien que ceste vie humaine soit remplie de plusieurs calamitez: ce
neantmoins est desiree d’un chacun.
Alcib.
Il ne faut rien desirer en la vie humaine, sinon ce qui est conjoinct
avec vertu & honnesteté.
Patric.
La vie d’un bon homme privé est trop plus seure que la vie de celuy qui
a charge.
Vives.
Le temps de dormir n’est compté entre le temps de vie, car la vie n’est
que veue.
Volupté.
Platon.
Volupté est le nourrissement de tous maux, elle tue & pervertit la bonne
nature de l’esprit, rompt & debilite le corps, hebete l’entendement,
oste le conseil de raison.
Cicero.
Volupté est l’amorce de tous maux, par laquelle les hommes sont prins
comme le poisson à l’ameçon.
Perian.
Les voluptez du corps se passent bien tost, mais vertu demeure.
Fin.