LA FIN DE L’ODYSSÉE

Murat, qui avait toujours fait preuve d’une grande lucidité d’esprit et

d’une mémoire parfaite, bien que fils d’alcoolique, simula tout à coup

la folie vers la fin de l’instruction et parvint à obtenir des experts

un certificat d’aliénation mentale, ce qui le sauva du bagne. Sa folie

consistait à crier constamment: «Pas de fusils, la guillotine. Je ne

veux pas être fusillé, je veux être guillotiné et tout de suite!»

Il était si fou que, au bout de huit jours, _il s’évada_!... On ne l’a

pas retrouvé.

Sa sœur, Marie Murat, dite Marthe, infirmière, ne fut condamnée qu’à un

an de prison pour recel d’espion.

Le sieur Guaspare vit que le système de la simulation avait du bon et il

se mit à imiter Murat, tant et si bien que, une demi-heure avant de le

conduire à Vincennes, on commua sa peine en celle des travaux forcés à

perpétuité. C’est tout à fait à la dernière minute qu’il obtint sa

grâce. Sur les registres de la justice militaire, Guaspare passe pour

avoir été fusillé le 2 février 1920 en même temps que Funk Rullolf,

condamné pour une autre affaire. Il est bien en vie et est aujourd’hui

au bagne.

Guaspare avait demandé à contracter mariage avec la femme Schadeck. A ce

moment il croyait qu’il allait être fusillé. Mais cette femme était déjà

partie pour la Guyane, et la cérémonie ne put être célébrée. Le condamné

n’avait d’ailleurs demandé cette faveur que pour rompre la monotonie de

sa détention et se procurer une légère distraction.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 91 / 134 题