LA DÉNONCIATION DE L’ESPION DOUBLE

Avant d’aller plus loin, une déclaration est nécessaire: je ne donne

aucun renseignement sur la manière dont nous avons obtenu des

révélations ou des dénonciations contre les Boches. Le contre-espionnage

doit encore rester secret. Mais il n’y a aucun inconvénient à dire ce

que les espions allemands ont fait chez nous, parce que les Allemands

le savent aussi bien et même mieux que nous.

Si nous parlons aujourd’hui des faits et gestes d’un espion double,

c’est que le Conseil de Guerre a cru devoir le condamner et qu’il

opérait autant pour nous que contre nous.

Le 18 avril 1918, notre service de renseignements d’Annemasse était

avisé par un informateur de Genève--le déserteur Corbeau, dit Saab,

espion double--qu’un déserteur français, espion allemand, allait passer

la frontière, avec une fausse permission, pour se rendre dans le centre

de Lyon d’abord, à Paris ensuite, avec une missive très importante.

Il devait tenter le franchissement de la ligne pendant la nuit dans les

environs de Saint-Julien-en-Genevois. Le but avoué de son voyage à Lyon

était de voir sa sœur. A Paris il allait constater surtout les effets du

bombardement. Il devait être de retour à Genève le 5 mai.

Notre informateur précisait que cet espion venait de rentrer de Paris,

et qu’à son retour il avait donné au service allemand des renseignements

précis sur un obus tombé entre le boulevard Beaumarchais et la station

du métro Saint-Paul.

A Lyon, l’agent devait attendre un complice, un réformé, chargé de lui

apporter des précisions sur les points de chute des obus. Ce n’est que

dans le cas où personne ne viendrait qu’il devrait se rendre dans la

capitale.

Le signalement de l’individu était donné, mais pas son nom. On ajoutait

encore qu’il devait être porteur d’un kilo de cocaïne.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 82 / 134 题