Voyons maintenant les principaux exploits des premiers de ces messieurs.
C’est _Michel Cayer Barrio_ qui joue le principal rôle. Agé de 25 ans,
il avait déserté en 1916. Il travailla d’abord à Genève à des travaux de
terrassements, puis il trouva moins fatigant de s’installer au café
Amodru. Il prit comme maîtresse la sommelière, une Française nommée
Boeglé, et s’installa avec elle, en janvier 1917, quai du Cheval-Blanc,
où il monta une boutique d’épicerie; sa maison devint bientôt un second
repaire de contrebandiers, de déserteurs et d’espions.
Cette femme Boeglé venait souvent en France; elle se rendait aux
Echelles pour faire des communications au beau-père de Cayer, nommé
Escoffier, un insoumis suisse... Celui-là manquait à la collection!
Ici commence le drame. Soit que Cayer eût pris une autre maîtresse, soit
que la femme Boeglé fût dégoûtée du métier d’espionne, elle se suicida:
on la trouva pendue.
C’était en mars 1918. Mais avant de mourir cette femme avait dénoncé à
la police suisse Cayer et Murat.
La police de Genève ouvrit une enquête, sans résultat, naturellement!