L’historique des faits qui se sont passés avant l’arrestation de
Constantin Coudoyannis a été exposé en détail par la danseuse que nous
avons appelée Yvonne. Devant le 3ᵉ Conseil de guerre, elle recommença
son récit avec des précisions. Certainement c’est à elle qu’on doit la
capture de ce dangereux espion.
Une autre femme avait aussi été mêlée à l’affaire: elle avait succédé à
la danseuse après le pseudo départ de Constantin, qui, n’ayant pas osé
aller à Genève, était resté à Paris, et ne vint retrouver Yvonne que
deux mois après.
Constantin avait sérieusement travaillé. Il avait d’abord été recueillir
des renseignements dans les ports sur les mouvements de navires. Puis il
s’était spécialisé dans la question des fabrications de guerre. Il avait
essayé de pénétrer dans les usines du Creusot, de Saint-Chamond, de
Saint-Etienne, mais en vain, semble-t-il. Il tenta aussi de s’introduire
dans un établissement militaire d’Angers et réussit à entrer dans la
poudrerie de Bourges. Il fit ensuite le tour du camp retranché de Paris
et dressa la liste des usines militarisées.